______ « And just forget the world » *« Kapitel 13 »*

Inside my heart is breaking
My make-up may be flaking
But my smile still stays on

_________________STANDORT VON JUNE
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- June ? Tu as tué April.

Une voix sonore, & le déclic du téléphone. Troisième fois depuis une heure. Quinzième fois de la journée. Premier appel, mon portable vibre contre ma cuisse. Je sors négligement l`objet et décroche. Appel masqué. « Assassin. » Ca raccroche. Je ris d`une mauvaise blague, l`oeil inquiet. Les minutes passent, & le manège recommence. « Salope. Criminelle. Tu as tué April. Regarde ce qu`elle est devenue. Imbécile. Salope. Salope ... »
Idiots. Ils sont idiots. Des messages anonymes, des idioties brûlantes. Le répondeur sature depuis que je ne décroche plus. Les larmes viennent. De rage, de colère. Comment savent-ils ? Perfide ambiance. C`est à ce moment là que Bill entre. D`habitude il m`évite, pas là. Mon portable sonne à nouveau quand la porte s`ouvre.

- Tu ne décroches pas ?
- Non, articulais-je à voix basse.

Il relève enfin la tête & me regarde. Bizarre. Mes joues sont noires, mon coeur est de cendre.

- Pourquoi ?
- Je ... Je ...

Je me jette dans ses bras. Il me repousse tendrement, & prend mon téléphone, qui sonne une nouvelle fois. Acharnement.

- Allo ? Dit-il

Puis son visage devient plus pâle, plus blanc. Il relâche son bras.
Salope. Salope. Hypocrite. Traite. Assassin. Aîe. Tu l`as tué. Tu as tué April. Arrêtez. Tu as tué la reine. Qu`on lui coupe la tête. ARRÊTEZ ...

- Qui c`est ?
- Je sais pas ...
- Y`a vraiment des salauds
- Pourquoi tu me défends ?

Pas de réponse. Juste ses bras contre moi, et mes pleurs dans sa nuque. Il me serre, m`enlaçe, me pardonne. & moi je voudrais hurler. Hurler cette débilité. Mais rien ne sort, juste des larmes, mystérieusement pathétiques.

_______Phone Game.
_______________________Tut. Tut. Tut.

_________________STANDORT VON BILL
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Je n`avais plus envie de parler à June. Non pas par caprice, ou par dégoût, mais je crois que je n`en pouvais plus de la voir ainsi. Parfois elle souriait, parfois elle pleurait, mais chaque fois qu`April était là, elle n`arrêtait pas de sombrer. Le tragique qui émanait de la jeune fille avait fini par me lasser. Je l`ai aimé, je crois. Plus que d`ordinaire, au début de notre rencontre. Puis peu à peu, mes sentiment s`éteignaient, à force que le temps passait. Jusqu`à ce que je l`observe, là, pleurant. Encore, me disait mon esprit. Mais cette fois, c`était différent.

_____« Arrête de fuir June ... Tu l`as tué. Tu as tué April. »

Elle m`a paru alors si fragile.

_________________STANDORT VON MERYL
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Il était un sourire autrefois. Aujourd`hui, il n`était qu`une ombre. Une moitié perdue, et tout s`effondre. Il semble avancer, & mimer un rire, mais au fond, nous savions qu`il avait tout perdu. Il finissait sa dernière année. Les examens approchaient, et il n`avait pas le courage d`ouvrir un livre. Il survivait, au lieu de vivre. _______(...)

- Meryl ? Qu`est ce que tu fais dans les toilettes des garçons ?
- Faut que j`te parle, entre ...

Deux adolescents. Une cabine, et un verrou. Un sourire, une incompréhension.

Fallait pas m`quitter tu vois, il est beau le résultat. Je fais rien
que des bêtises ; des bêtises quand t`es pas là

- Tu as tout perdu, hein ?
- Meryl, on a déjà eu cette discussion ...
- Non, attend. Tu as tout perdu n`est ce pas ?
- Qu`est ce que tu veux ?
- Ma vengeance.

Une vengeance qui nous ferait souffrir. Mais ce n`était plus possible de souffrir davantage. La crédulité d`Universal m`aide à tenir. & la sienne. Il est là, assis sur le socle de la cuvette. Pauvre garçon. Perdant, seul, abandonné. ____Elle est où ta soeur jumelle, Matthew, hein ? Elle est où la moitié de ton âme ?

Fallait pas gâcher mon c½ur ... Des bêtises quand mes yeux pleurent.

- Lasst uns des ersten Schrittes von Aprill auf dem Herzen von June gedenken !
- Quoi ?
- Laissez nous évoquer le souvenir du premier pas d`April sur le coeur de June

__________________________________________& To be continued

_________________STANDORT VON APRIL
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Seulement l`enfer ne peut pas être ici ...
N`est-ce pas ?

Aussi loin que je m`en rappelle, June avait toujours ris à mes côtés, & je l`avais toujours accompagné. Toujours.

Il y a un moment où j`ai eu une absence. Je ne saurais dire à quel moment tout a changé. Quel était ce jour où le soleil s`est levé avec comme sournoiserie de voiler nos existences ? Mon existence, surtout. À partir de quand ai-je réellement sombré dans un désordre où le nom de June n`apparaissait plus à côté du mien ? Au fond, çà avait toujours été April & June. & si on emmenait April et June au parc ? & si on inscrivait April et June à la même école ? & si on invitait April et June à notre soirée ? Toujours deux. L`une sans l`autre n`avait jamais été une chose inscrite dans l`ordre du temps. Pourtant, elle s`est échappé. Et j`ai eu la prétention de respirer à plein poumon l`air de ce monde qui avait tourné; Basculant dans un avenir absolument vide. Ma vie était devenue creuse. Point de non retour. Je me suis perdue. Orpheline à dix sept ans. J`avais toujours été avec elle. J`étais presque née en même temps qu`elle. J`ai poussé mon premier cri avec elle, autant que j`ai fais ma première chute de vélo en pleurant comme elle. Elle a été mon enfance, le seul point d`attache que j`ai depuis que je suis née. Enfin, née. Depuis qu`on m`a balancé sur la terre avec un arrière goût de malheur. Nous étions la partie gauche & la partie droite d`un corps imparfait mais humain. Nous étions chacunes bourrées de qualités et de défauts, que nous compensions l`une l`autre, jusqu`à résoudre l`erreur génétique de nos gènes : Nous n`étions pas soeurs.
Juste amies.

J`ai oublié ce qu`était le sourire. Je me complais depuis quelques semaines dans un minable studio que je paye en servant dans le café d`en dessous. Allant de tables en tables, avec un plateau pour seul ami, j`ai oublié ce qu`était la vie facile. Autrefois, le compte en banque de mes parents assuraient chacunes de mes conneries, chacunes de mes folies. Je suis arrivée à un point où tout çà n`a plus d`importance. J`ai oublié ce que c`était que l`argent, et la richesse. Je cherche juste à combler le vide sentimental qui s`est emparé de moi le jour où elle nous a séparé. Vous riez, me semble-t-il, de cette dépendance absurde que j`ai à son égard ? Permettez-moi d`être insolente. Je vous emmerde profondément. Je vous emmerde sincèrement. Vous avez la vie facile, vous. Assis devant votre écran, ou pire, allongé dans votre lit à lire nos écrits. Vous vous dites qu`on vous ressemble, et que finalement, on a pas de chance, n`est ce pas ? Je la sens d`ici, votre pitié. Et çà me répgne. Je la sens battre dans vos veines aussi rapidement que votre sang. Souillé, d`ailleurs, comme votre nature humaine. Vous n`êtes qu`étranger à tout çà, et pourtant, j`entends d`ici vos soupirs désabusés, vos sursauts, vos larmes sur vos joues, et j`en passe. Vous n`êtes que spectateur d`une tragédie vicieuse et sans avenir. C`est trop tard, maintenant. C`était avant qu`il fallait nous sauver. J`aurais dû nous sauver. Je pourrais vous dire, à vous qui croyez maitriser à la fois la plume et le scénario, que je vous voudrais que vous me la rendiez. Oui, rendez-la moi. Mais je ne sais que vous ne répondrez pas, alors je me tais. Je pourrais aussi prier Dieu, ou n`importe quelle autre autorité spirituelle. Blasphème. Pourtant, plus j`avance, et plus je me dis que le ciel n`est qu`un prétexte. L`enfer, et même Satan, sont ici-bas, n`est ce pas ?

Elle réprésente l`air qui manque à mes poumons, et vous
ferriez bien de nous jalouser de ne pas trouver un amour
aussi exclusif.

Je voudrais vous tuer de cette histoire. Qu`au lieu de lire, vous la viviez, afin que chaque mot vous brûle comme les écrire me déchire. Je voudrais vous noyer dans cet océan de folie. Océan dans lequel je me suis perdue il y a longtemps, et dont je n`atteinds plus la surface. Mes poumons sont remplis d`une eau à la fois sale et loin d`être sainte. Je m`etouffe avec mes propres mains, placées contre ma nuque. Mains qui ne la touchent plus.

« Laissez-moi vous exposer la jouissance dévastatrice,
puisqu`à présent je ne connais plus que la désolation. »

Je me souviens encore de ces vacances. Sorties sur sorties, je me questionnais parfois sur ce que faisait June. Première fois qu`elle s`éloignait autant. J`espérais chaque soir la voir à l`entrée de chaque boîte, l`entendre appeller chacun de nos amis, la voir marcher digninement sur les pavés de Paris. Mais chaque jour montrait une nouvelle histoire drôle. June n`était plus. On se questionnait. Où était-elle ? Que lui arrivait-elle ? J`aurais dû aller voir. J`aurais dû la sauver quand il en était temps. Nous sauver, par la même occasion. J`aurais dû prétendre voir arriver la catastrophe. J`aurais dû voir que la plus belle aventure au monde allait voir le fin FIN clôturer son histoire. Comme un film dont on n`aime pas l`aboutissement. Sauf que même avec une télécommande, ou un sachet de pop corn dans la main, on ne peut rien faire, sinon observer le générique s`étendre sous une musique absourdissante.
Le pire, dans tout çà, c`est que je l`ai revu. De trop nombreuses fois, puisqu`à chaque fois, elle ouvrait un peu plus la blessure béante de mon coeur. Je voyais sa détresse comme elle voyait la mienne. On était paumées, déchirées, déjà. Elle se foutait de tout, avec sa nonchalence et sa façon de dire Merde. Pourtant, je ne l`avais jamais vu si tourmentée. Je ne la savais pas si tourmentée. Chaque fois, je devais me tourner vers elle. Elle se foutait de tout, et je la suivais. J`aurais eu besoin d`elle, à cet instant, pour ne plus m`écrouler. Pour me dire que çà valait la peine de vivre, quand même. J`aurais eu besoin de son rire, là. Son rire qui m`aurait dis que tout irait bien, que notre amour ne mourrait jamais. M`aurait-elle juste dit " Je t`aime ", j`aurais pû me débrouiller pour trouver n`importe quoi. Juste pour qu`on continue de vivre l`une dans l`autre.

« Je t`en prie souris-moi, que je puisse croire encore
que le soleil se lève vraiment chaque matin. »

T`avais pas le droit de m`abandonner avant l`heure, tu sais ?
On devait mourir à deux. & toi, tu étais là, avec ton air supérieur. Je pars, April. La vérité résonne encore dans ma cage thoraxique. Je l`observais dans son mutisme soudain et je me suis surprise à vouloir la tuer, pour m`enterrer avec elle dans cette chambre à la manière des amants de Vérone. On nous aurait retrouvée ainsi, dans un espace qui déclencherait plus tard notre décadence. Je l`ai observé pendant de long mois m`ignorer, et tout ce que je savais faire, c`était frapper le mur de mon poing, assez fort pour que mes articulations blanchissent, et que çà saigne. J`y ai pris goût, finalement. Car çà faisait si mal que j`en oubliais quelques secondes la pincée de sel qu`elle mettait sur ma blessure. Sauf que la douleur revenait toujours plus forte, et plus lancinante après. Alors je recommençais. Jusqu`à ne plus pouvoir voir une partie de mon bras non ensanglanté.

« Je la regardais supporter sa douleur tout seule et je voulais en
mourir, de ne pas trouver les mots pour l`ouvrir à ma dévotion malhabile. »

Utopiquement, je croyais que personne ne pouvait nous séparer. Je nous imaginais si forte qu`on aurait vécu à deux, jusqu`à mourir le même jour. J`imaginais juste une vie à parcourir, des moeurs & des normes à contourner, des traitrises et des idioties à supporter. Mais certainement pas des lois, qu`elle aurait posée elle-même dans l`ombre de notre crime. Je ne pensais pas que plus qu`à des jurés, cela allait être à elle que j`allais devoir m`adresser. Vraiment pas. Plus j`avançais, plus je sentais qu`on allait prendre des coups tous plus insoutenables les uns que les autres. À tel point qu`on ne puisse plus se relever un jour. Mon coeur est en sang, et elle le savait. J`aurais préféré qu`on me tue. Qu`elle me tue de ses propres mains plutôt qu`elle me plonge dans une suite sombre et malhabile. La vérite me brule à tel point que j`en ai la peau calcinée.

J`aurais tellement voulu que notre intimité ne se dévoile pas. J`aurais voulu que sa souffrance se voit dans votre regard scandalisé. Elle aurait pu marquer sur sa peau les relents de honte, de culpabilité, et de regret. Sentez-vous seulement à quel point notre histoire est pire encore qu`une simple tragédie ? Souffrez-vous avec moi ? Non. Evidemment que non. Vous êtes assis confortablement dans votre vie, à l`abri du dehors et de la haine. Vous vous cachez derrière des masques d`hypocrisie. Vous lisez, mais qu`est-ce que ça peut bien vous faire, au fond ? Comprenez-vous seulement ? Non, non. Vous ne le pouvez pas. Même moi, je ne comprends pas. Rien ne peut être comparé à cet aveu qui s`est échappé de ses lèvres. Rien ne peut rivaliser à l`absolu terrifiant de ses paroles. Nous n`avons plus rien dis. Nous n`avons plus jamais ris. On était arrachée l`une à l`autre, et c`est la seule pensée qui me restait. Plus d`ivresse, de touchers, de paroles, d`elle. Plus rien, rien.

Plus rien.
Vous auriez dû être là pour comprendre, dans l`ombre de cette chambre mortuaire, à sentir l`air s`aloudir, et devenir pire encore qu`un poison. Vous auriez dû voir la détresse qui se déversait dans notre corps duquel nos respirations haletées venaient de mourir. Cette chambre mortuaire, où nous venions de mourir dans la tristesse sans fin de nos ébats. Je l`ai vu fermer les yeux comme on laisse couler les larmes, et j`ai su qu`elle allait pleurer, et partir, pour que je ne vois pas ses larmes. Je la connaissais par coeur, & d`une certaine façon, ça me faisait mal. Je pourrais le regretter mais à présent je sais qu`elle est encore en vie. Je la devine à quelques rues de moi, et pourtant plus loin encore que si j`étais à l`autre bout du monde. Si proches, et si loins. Quand on était enfant, on pouvait tout me dire, tout me railler, tout me faire. Je savais que je ne me laisserais pas abattre, parce qu`elle serait là, et soudée à moi quoi qu`il advienne. Je savais qu`en rentrant le soir, chez elle, ou chez moi, il y aurait quelqu`un. Mais le vent a tourné. Je me suis débattue pendant quelques temps. J`ai hurlé, scandé, cherché à ce qu`elle revienne, parce qu`affolée de voir la mort arriver si vite, je n`ai pas voulu lâcher les quelques pièces d`espoir qu`il me restait. Je ne comprenais pas. D`habitude, je gagnais nos corps à corps. Elle s`amusait à se laisser tomber, son rire éclairant ma vie. Et puis, finalement, j`ai lâché prise. J`ai cessé de bouger parce qu`elle avait cessé de me tenir. Elle était partie, et je me débattais dans ma solitude.
Je n`aurais pas dû abandonner.

À chaque rencontre, elle m`offrait une souffrance des plus extrèmes et je me rassurais en sachant qu`elle la ressentait aussi. De la crispation de ses doigts à ses yeux menteurs jusqu`au bout, je savais qu`elle avait commis un crime que j`aurais pû faire à sa place. Se quitter. « Je suis désolée m`aurait-elle dis. Je suis désolé, April... » Mais rien que le silence, et des yeux cernés de noirs. Je lui aurais tout pardonné. Sauf d`avoir abandonné. Je ne me pardonnerais jamais. J`aurais pu hurler, puisque les larmes avaient trop coulé. Là, au milieu de cette foule, de ce monde insoutenable dans lequel je développais une crise de claustrophobie. Le monde entier était lui même trop isolé. Je n`entendais plus que mon coeur, et ses battements de peur. La sien était ailleurs.
On était séparées.

Je n`ai jamais cessé de vouloir la retrouver, de vouloir tout oublier, pour disparaitre dans l`amour que j`avais pour elle. M`ennivrer de son odeur, et envoyer le monde se faire foutre. La prendre par la main et l`emmener dans un endroit où personne ne nous verrait, et où je pourrais être en adoration de cette complémentarité absolue de nos deux essences. Attendre. L`attente était mon quotidien, mon seul rythme de vie. La seule mélodie qui accompagnait chacuns de mes pas tandis que les gens me regardaient tomber. Lentement, sans doute. Cette absence innomable qui ruinait ma détermination, mon courage et mon apparence. Au début, je voulais me battre. Me battre contre elle, et pour elle. Je voulais surmonter ces blessures ignores, et faire encore semblant d`être forte. Pouvoir être forte sans elle, pour que tous ces êtres stupides qui me voyaient y croient. Je voulais encore qu`on m`admire, qu`on nous admire, tout en nous condamnant. Ma seule folie avait été d`aimer June à en mourir. Je suis fière, de celle que vous appellez criminelle. June est ma vie, et au fond, elle m`accompagne dans ma souffrance. Je referais tout, si c`était à refaire. & je ferais encore ma plus grande erreur : Faire de June ma vie, à tel point qu`on voit au premier coup d`oeil qu`elle vit en moi. Que chaque pli de ma peau, chaque sourire de mes lèvres, et chaque geste montrent qu`elle est là.
Je voulais leur geuler rien qu`en respirant tout ce que j`avais dans l`âme, c`est-à-dire, elle.

Il n`y aura pas de foutu retour en arrière. Plus jamais, plus aucun. Parce que si on se retrouve, on se jettera à corps perdu dans ces émotions, dans ce besoin qu`on a l`une de l`autre et on en crèvera. Des jours que je me demande où elle a caché nos promesses. Si tu tombes, je tombe. Au fond, on n`avait pas tord. Nous sommes finalement tombées à deux. Vous ne croyez pas ? Oh, et au fond, votre avis, je n`en ai rien à foutre. Vous n`êtes là que parce qu`il nous faut des lecteurs. Ou pas. Plus je le dis, moins je m`en persuade. Mais je n`ai d`estime pour personne. Pas plus que je n`en ai pour moi, pour tout vous dire. Les mots dérivent, se perdent et s`écrivent.

Et si ça devait être le dernier jour, que personne ne me le dise. Pas encore, pas encore. Alors je ne mourrais pas encore. C`était le dernier jour, le dernier jour. & nos rêves se brisaient sur nos sourires à mesure que les notes venaient éteindre nos espoirs. Qu`on ne nous le dise pas encore, mais c`était bien en train de se finir. Qu`on ne nous le dise pas encore, mais c`était le dernier jour. Je ne l`ai jamais réellement retrouvé. Elle a quitté ma vie ce soir là, pour faire d`un autre endroit son monde. Pourtant, parfois, j`aime le dire que dans un sens, j`en fais parti, puis que je respire le même air. Et alors, à cette condition seulement, l`existence ne me semble plus si terne. Si vide. J`étais elle, avant d`être moi. En elle, avant d`être en moi. Appellez çà erreur, elle en reste ma plus belle. J`en prends toutes les conséquences.

« Non, il n`y a ni morale ni loi qui nous retienne, il n`y a pas de raison. Il n`y a que lui et la façon dont je dois rester dans ses parages pour notre propre survie. On pourrait appeler ça une erreur, c`est vrai, mais j`appelerais plutôt ça une douceur inespérée, le seul bonheur qu`on aura pu posseder, le seul qui ait vraiment un sens. Le seul qui puisse combler une existence. Mais continuez d`appeler ça une erreur, au fond je n`en ai plus rien à faire. Puisque cette folie baigne mon atmosphère. »

Une pourriture nommée monde. Des visages honteusement menteurs. Vous, qui êtes en train de détourner le regard avec gêne, et tristesse. Pauvre enfant, vous dites-vous. Pauvre ? Mais non, riche de souffrance. Je suis plus en vie que n`importe qui & j`aspire à mourir. Vous me dégoûtez d`être aussi lâches. Vous n`avez jamais eu l`audace de faire ce pas vers nous, les gens tristes et au plus bas. Ce pas qui aurait pu nous sauver et qui nous aurait libérés de toutes nos souffrances.
Vous nous appellés suicidaires, n`est ce pas ?

Evidemment, oui.
L`enfer est ici.

_________________STANDORT VON GUSTAV
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- PUTAIN JUNE ...
- QUOI ?

Des cris. Ils sont devenus habitudes.
Je les regarde, l`air blessé. Pourquoi en viennent-ils à se haïr ?

_______- Gustav, j`crois qu`il va falloir qu`on la laisse, June ...

- Tu te rends compte de ce que tu me dis ? Relança Bill
- Oui, je m`en rends compte. Arrête de te plaindre, merde Bill. T`as tout pour être heureux. T`es priviligié, heureux, vivant ...
- Avec une adolescence survolée, une vie perdue. Notre notoriété nous étouffe. On ne peut plus vivre, on doit servir de modèle, être toujours à la hauteur ...
- Bill, te passe pas en victime. T`es pas le plus à plaindre ...
- Tu l`es plus, sans doute ?
- Ce n`est pas moi non plus.

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- Allô ?
Sa voix est faible, presque inaudible.

- Oui, April, c`est Tom. Tu sais ...
- Je sais qui tu es, me coupe-t-elle
- Écoute, je ne veux pas te déranger longtemps. Est-ce que tu saurais juste si June a des antécédents cardiaques ?
- C`est à dire ? Répondit-elle avec un soupçon d`inquiétude
- Est-ce qu`elle a déjà fais des crises, des choses comme çà ?
- Elle a toujours été une grande sportive, donc je ne pense pas.
- Une grande sportive ?
- Ca t`étonne ?
- Oui.

_________________STANDORT VON JUNE
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Le visage pâle, mes paupières tombent. Mourir de fatigue, d`amour, et de folie. La décadence qui s`empare de ton quotidien. Spectatrice muette de sa propre décadence. J`assiste à la dernière représentation, mais j`acquière une certaine lassitude.
__J`ai trop visionné le spectacle, pitié, changez d`acteurs.

Une odeur de tabac froid, et les cendres éparpillées. Je regarde cette loge dans un soupir. Ils sont là, ils chantent, jouent, rient et vivent. Je faisais parti d`eux. Mais maintenant ? Le silence se fond dans l`ennui, et j`entends juste une faible mélodie au loin. J`ai l`impression qu`on m`arrache un à un les morceaux détruits de mon c½ur. Je soupire, mes mains glissant sur le cuir d`une veste. Un sourire. Ils m`ont attrapé dans un piège. Un piège nommé affection. Libérée de son emprise, je redeviens June. J`avais cru devenir une autre. J`ai pensé rennaître de mes erreurs, de mes malheurs, et au fond, non. « Assassin. » Les insultes résonnent. Elles me salissent, mais l`étant déjà, cela ne change rien. J`aurais beau frotter le corps, à m`en décoller la peau, il y aura toujours cette impression de saleté autour de moi. Comme une aura, un peu trop noire pour une adolescente de dix huit ans. Assasin. Je le savais. Tous ces mots qu`ils me hurlent sont ceux que je me dis déjà, ceux qui sont ancrés dans ma vie, imprégnés dans mon ombre. Tatoués sur mon âme, mêlés à mon sang.

___Ils m`oublieront, n`est ce pas ?

Wenn dieser tag der letzte ist bitte sag es mir noch nicht.

___Inévitablement, je sortirai de leur vie.

Wenn das das ende für uns ist sag`s nich` - noch nich`

Je resterai la « Salope »
Salope. Salope. Salope. Je vis à travers la connerie que je m`injecte.

Je souris d`ignorance. Je suis là, immobile dans cette loge qui n`est pas mienne, et dans cette odeur qui m`entoure. Eux. Juste eux. Un semblant de vie, un espoir de retour. & en fait non, le néant. Le vide. Est-il possible que sans elle, je ne sois rien ? Comment ai-je pu prétendre vivre sans elle ? Je tousse, m`étouffe. Le reflet que le miroir me rejette me déplait. Je suis là, pâle et maigre. Maigre de douter. Maigre de vomir. J`ai beau vomir mes tripes entières, et mon âme hurlante, je garde toujours un semblant de reste pour y retourner. Encore, et toujours. Ce blanc immaculé m`attire, et je vomis, pour rien, et tout à la fois. De tout, de rien, de moi. Je me croyais presque invincible, et je me perdais dans mes propres illusions. Mon corps refuse cette nouvelle apparence, autant que je refuse la vie. Une loge, et une sombre mélodie. Je l`entends hurler. Tokio Hotel. C`est de la merde. En conserve, et en tout. Je déteste. Ils jouent de façon basique. La batterie suit la basse, la basse suit la guitare. Bill m`est devenu insupportable. Hautain, et prétentieux. Je les hais. Mais c`est parce que j`ai de la haine que je les aime. Je ne connais que les quatre garçons, j`oubli les musiciens. Trop nuls, dépendants, assourdissants.

_______& vous appelez çà du rock n`roll ?

« - Dis June, tu trouves pas qu`ils sourient moins ?
- Evidemment ... Y`en a plus que pour le pognon. Le fric, le fric, le fric. C`est plus de la musique qu`ils vendent, c`est des intérêts. Ils sont humains, normaux. Et c`est parce qu`ils sont humains qu`ils se sont perdus
- Ouais ... Mais tu vois, j`arrive pas à arrêter de les écouter.
- C`est comme la drogue. Tu ne t`en sors jamais. C`est de la merde, et on l`écoute. En boucle, en large, et en travers. April, quand ils seront de nouveau inconnus, on sera là, d`accord ?
- Ouais. Une promesse, encore. On sera là »


___Ich bin da, an deiner seite.

Les critiquer, les toiser, l`air hautain et fier. Juste pour mieux les apprécier. Savoir qui ils sont, ce qu`ils font, et savoir que çà ne vaut plus rien. Juste du commerce. Des belles gueules et des groupies. Succession des Beatles ? Un point commun, les groupies. Le reste, rien. C`est du vide, du flou, du néant. Ils sourient plus, ils attendent l`argent. Ils ne jouent plus, ils veulent la récompense. Rançon de la gloire, superbe défilé. Le monde est moche, et ils en font partis. Ce sourire amusé, coquin, ému. Non plus cette peur dans leur regard. Plus rien, des habitués. Juste des machines à fric, tout juste bons à attendre le chèque. & pourtant, inlassablement je les écoute. Inlassablement, je les aime. More & more.

Décevante solitude. Nous sommes seuls, de la naissance à la mort. La pire est celle que je me suis infligée. Obligée de tout quitter, pour mieux sombrer. Se murer de mauvaises décisions, et enchaîner les mauvais choix. Une spécialité qui me fait jubiler. Jubiler, à gerber. J`en viens à détester ma mère. Et cette corbeille de fruit vide. Ce silence, cette absence. « Ich hasse dich. » L`égoisme de deux êtres, rêvant de mêler leurs caresses pour former un troisième être. Ils appellent çà famille, j`appelle çà oubli. Je voudrais oublier, cesser d`exister. Mais c`est la seule chose qu`on ne peut contrôler. On nous pousse dans le vide, dans la vie, aussi seul et triste qu`une caricature ratée de la solitude. L`avortement n`est pas un droit, c`est un devoir. Cessez l`amour, bannissez le. Propagande. Je vous demande d`arrêter d`aimer. C`est d`la merde. Merde, comme m e r d e. Merde, merde, et merde. En d`autres termes, je vous demande de cesser de vous accoupler comme des idiots pour former des êtres comme moi. Ratée. Tu connais ce mot ? Non ? Cette sensation de brouillon. Mes parents avaient certainement perdu la gomme. Pauvres idiots. J`approuve Steven. Le seul à avoir compris que çà ne pourrait jamais être pire qu`ici. Drôle de roue. « Steven ? Nase. Blaireau. Nul. Idiot. Seul. » & la réparation. On change de vis, on change de clef. « June ? Assassin. Salope. Conne. Pute. »

Pute. Pute. Pute.
À mourir. Je suis à mourir, je suis à gerber. Gerber. Gerber sa haine, gerber son nom. June ? Il n`y a pas pire nom. Pas pire destinée, ni tête. Je me répugne, de mon existence à ma mort. Tout. Une tâche, une ombre, une absence. Je suis devenue inefficace, effacée, déchue. Une copie ratée, un zéro barré. Tout me porte à croire que je suis au bas de l`échelle. Je suis la pire des trainées.

____________& le pire ? J`en serais presque fière.

D`âge en âge, on ne fait que changer de folie, disait Pierre Claude Nivelle de La Chaussée. Je fatigue de mentir, je fatigue de séduire. La loge me répugne, et la claustrophobie est pire qu`étouffante. Sortir, m`enfuir, détruire.

& vous disiez que je méritais April ?

So schwierig das auch immer sein mag, ich vergesse dich.
Aussi dure que ce soit , je t`oublierai.

Comment faire souffrir la personne qu`on aime le plus au monde et garder la tête haute ?
Simple. On ne peut pas. La tête s`enfonce, loin. & elle se perd.

_______J`ai perdu . . .


_________________STANDORT VON ONZE
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Voilà bientôt trois heures que je suis assise, à cette place, dans ce petit café. & j`attends. Je viens de sortir des studios, fatiguée des quelques bruits qui courrent les couloirs. Je bois lentement mon quatrième verre de coca, l`esprit ailleurs. Puis, je l`aperçois enfin. Cette fille, souvent présente devant le batiment. Cette fille à la fois absente et omnisciente. Elle est seule. Elle s`assoit, & commande directement. Les minutes passent. Je suis en face, mon coca sur ma table, son cocktail sur la sienne. On a déjà commandé plusieurs fois. À nous deux, nous avons consommé un nombre interdit de verres. La nuit tombe. Et les gouttes de pluie effleurent nos pieds. Je me lève alors, & contourne ma propre table pour prendre place sur la chaise qui est restée vide en face d`elle. J`ai attendu assez. J`en connais assez d`elle.

- Bonjour

J`ai attendu qu`elle pose son verre contre ses lèvres pour parler. Elle me regarde, l`air inquiet et prête à se lever, mais mon air courtois la fait rester. Elle repose son verre & me regarde. Je pose la paire de lunette que je portais quelques secondes avant, sur la table. Ses grands yeux me regardent, et attendent certainement l`énonciation d`un nom, ou l`esquisse d`un sourire, mais je sais qu`elle me reconnait. Elle attend. & me répond enfin.

( . . . )


_________________STANDORT VON KATIA
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- ... Faut qu`on arrête tout çà ... Faut que tout çà, çà cesse. J`suis fatigué de me lever en me demandant chaque matin si elle est vivante ... Oh attend, çà sonne sur mon portable ... Allo ?
- Bonjour. Est-ce que June est là ?
- Vous êtes un ami de June ?
- Oui ...
- Je suis la maman de June. Vous ne saviez pas qu`elle était partie d`ici ?
- Ah ... euh ... Non.
- Actuellement, June a disparu depuis de long mois.

( ... ) Si vous voulez, vous pourriez peut-être avoir de ses nouvelles ? Pourriez-vous lui parler ? Pourriez-vous lui dire que sa maman l`aime ? Pourriez-vous l`appeller afin qu`elle revienne vite ?

_________________STANDORT VON JUNE
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- Recule, dit elle.
- Eh, je réponds, tu sembles oublier un petit détail, c`est que moi aussi, je suis armé.
- Recule, dit elle
- D`ailleurs, je précise, mon flingue est mieux que le tien.
- Recule dit elle, et ce qui me glace le sang pour la suite, elle ajoute avec un cynisme dont je ne la savais pas capable : je cadre. Recule.


L`étonnement. Je relis ce livre pour la centième fois au moins. La changement, les renversements de situation. L`eau s`écoule sur mes joues. Il n`y a rien de triste. Mais Marion est comme moi. La même bulle, qui éclate. J`enlève mon marque page d`entre deux feuilles de papier. Une photo d`elle. Ou de nous. Zerbrochen. Je la déchire lentement. Je ne pourrais plus marquer le livre. Tant pis. Elle est belle, sur cette photo. Pas de cicatrices sur son corps, à cette époque. Pas de douleur, de larmes, d`horreur. Rien. Juste un sourire malin, & des yeux taquins.

________Un garçon, elle, & moi.
_______Alek ? Alek, April & June. Jaa.

Devoir utiliser l`imparfait.

Je ne te déteste même pas. Je déteste juste le mal que je te fais.
Je revois tes poignets, & ton absence de graisse. Tes yeux cernés, maquillés de noir comme une veuve trop blessée. Trop perdue par la vie. Étourdie par cette dernière, tu t`es égarée dans les chemins de ma folie. April, je t`en supplie, il est temps, va-t-en. Effuye-toi de mon emprise, de ma connerie ... Cours au loin. C`est ta dernière chance de t`en sortir. Mon ange, il faut que tu apprennes à voler par toi même. Ma respiration ne correspond plus aux battements de ton coeur. Je me dois de te haïr. Pour ta survie.

Paradoxe.

Excuse-moi. Mais je nous brise.
Je t`aime.

_____- Dis June ? Tu viens ce soir, on va jouer un peu ?
_____- J`essaye, d`accord ?
_____- Pas de problème. Essaye de sonner Bill
_____- Je peux pas t`prévenir toi ?
_____- Si tu préfères ... Mais vous pourrez pas rester éternellement comme çà

Tu vois, je suis incapable de rester dans leurs bras. Je leur prépare un nouveau drame. Je suis scénariste, article, & critique. Nul, nul, et nul. Un film mauvais, dont l`actrice principale se décide à tout foutre en l`air, comme d`habitude.

« Vos noms ne s`accordent plus. »

Je me rappelle de tous nos moments, tandis que tu t`évertues à les effacer.
Pourquoi ne me dis-tu pas çà ? Cette vérité, aussi blessante que mauvaise ?

Tu te détruis par ma faute et moi j`en souris.
Nos ébats ne sont plus qu`un lointain souvenir qu`ils peinent à se remémorer.
Ouvres la fenetre, tu y verras un couple, lui il est cocu, la faute ? demande au voisin du dessus.

Nina & Kler
_____- June ? Non, elle vient pas. Elle m`a dit qu`elle avait un peu mal à la tête
_____- Faudrait qu`elle aille voir un médecin, non ?
_____- On lui dira demain. On passera la chercher, d`accord ?

Demain existe-t-il ?

_____- T`en profiteras pour t`excuser Bill
_____- Ouais ...

Leur naïveté est surprenante. & moi je reste vide. Vidée de tout, et d`elle.

« Tu ne m`as jamais comprise, et puis de toute façon ce n`est pas ce que j`attendais de ta part. Pourquoi ne te venges tu pas simplement de moi ? Pour tout ce que je te balance. Tu sais, je le vois dans tes yeux que je te dégoute, mes yeux ne pétillent pas pour rien. Je m`en amuse même. Si je voulais être polie je dirais que je suis une femme sans scrupules, une garce. La vérité c`est que je suis une salope. La vraie. Celle qui brise tes os et te coupe la respiration. Je sors, ça empeste la mort ici. Vis tu encore ? »
Nina & Kler

« Le désir de mourir c`est le désir de vivre ailleurs. »

Je titube sous l`impact du choc. Ma vie entière tourne autour d`un rien. Un rien qui se creuse, et qui ne se remplit plus. Les rues m`agressent, autant que le regard des gens. Je suis moche, hein ? Moi qui autrefois était si belle. Je suis dehors, à vagabonder dans la rue, alors que je viens de recevoir un pire présent que les appels. Les insultes faisaient parties de moi. Pas ce dernier cadeau. Cadeau du diable. Une enveloppe blanche, à l`écriture soignée. Mon adresse. Mon nom. Mon absence. & me voilà, à ouvrir. Lentement, sûrement. Un CD tombe de la pochette. J`hésite, et finalement l`écoute.

- Quoi de pire ? Les mots ne suffisent pas, il faudrait les inventer. Mettre des mots sur les maux pour mieux les panser. Se mettre à nu, se faire violence, se ressasser le passé encore et encore. Un manque indescriptible, un mal d`une douceur insoutenable, un appel au secours inaudible, une tendre et brûlante caresse, une réalité qui t`ouvre grand les bras. S`y réfugier, plonger la tête la première et suffoquer, un bien-être infini qui te parcoure le corps ...

J`appréhende la suite. Je la devine. Je me revois entrer dans la classe, évitant cette personne qui partageait ma vie.

- ... et puis plus rien. Le néant, la descente aux enfers, la déchéance, la vie, la vraie. Celle qui t`opprime, te crache dessus à la moindre fausse note, t`oblige à marcher la tête haute sans jamais l`abaisser. Un immense tas de mensonges, un ramassis de merde, une montagne de banalités. Les ailes de l`oiseau se sont brisées l`autre soir, il s`écrase. Je le sais, je le sens, je le suis. Cet être, c`est moi, c`est elle, mon tout. L`oxygène manque là-haut, mes poumons ne se remplissent plus, j`en oublie de respirer, je ne vole plus. Les paysages autrefois magnifiques ont été brûlés, il ne reste que des cendres. Le paradis a disparu. J`écris cette lettre avec mon sang. Il coule doucement dans mes veines telle une drogue douce parcourant tout mon corps mais en en oubliant quelques parties au passage. Une piqûre de bonheur, un instant de plaisir. Elle est ma vie, elle est mon sang, empoisonné. Elle me détruit lentement, m`assassine un peu plus chaque seconde, elle me tue, je brûle à l`intérieur. J`écris cette lettre pleine de solitude, l`âme errant en peine dans les rues étroites et sombres de ma vie. Un dédale sans issue. L`impression qu`il ne se passe plus rien, la peur. Chaque jour, je meurs un peu plus que la veille. Prête à décrocher la lune si elle le voulait, elle ne brille pas cette nuit. Souvenirs, sourire trop longtemps figé, des instants volés, des moments de silence qui voulaient tout dire. Se nourrir l`une de l`autre tellement j`étais toi, tu étais moi. Elle est ma souffrance, ma vie. Celle qui hante chacune de mes nuits, un ange dans le ciel. C`est elle ma souffrance toute entière.

Mon corps vacille sous le poids de la vérité. Les morceaux de puzzle sont rassemblés, j`entends le texte en entier. Je manque cruellement d`air, mais j`ai pris l`habitude. Un petit papier tombe. « Assassin ». Sombre habitude. Je sens les liens se resserrer. Ma respiration est si lente que j`entends les coups, au fond de ma poitrine, se ralentir. Point de non retour, mon torse explose. J`ai l`impression que je me noie. Mais ce n`est rien. Juste l`étouffement que je mérite. Je ne suis qu`un pâle reflet d`une réalité trop abjecte. Je voudrais fermer les yeux et rester sur cette image de moi. Une de mes plus belles représentations, aussi tragique que dérisoire. Un cadavre vivant.

Never thought I`d have to retire

Je veux qu`on me laisse crever autant que je laisse les autres vivre.
J`aimerais qu`on me réapprenne encore à sourire, même s`ils l`avaient déjà fais. Je suis une mauvaise élève, j`ai déjà oublié la leçon. Je voudrais que Tom me reprenne dans ses bras, et que Bill me dise que tout ira bien. Il arrive toujours à faire en sorte que je crois à ce mensonge effronté, tellement pathétique qu`il en est fourbe. Je voudrais qu`ils aient le courage, encore une fois, de venir essuyer mes larmes alors que je me traîne au sol.

« Mon c½ur est en sang, tu le sais, tu le sens, ou peut-être
est-ce le tien mais c`est la vérité, la stricte vérité. »

Steven est mort. Je n`avais jamais vécu. J`aimerais dire que je n`ai jamais saisi l`ampleur de la situation. Que cette gravité m`était inconnue et que j`agissais sans réfléchir. Mais c`est faux. J`étais consciente de tout, et j`ai fuis. J`ai fermé la porte à double tour, alors que j`aurais dû la laisser ouverte. J`ai voulu me faire passer en victime en clamant haut et fort qu`elle était coupable. Là où il n`y avait qu`amour, je n`ai vu que vice. Je suis partie, les yeux fermés, l`espoir lâché. Je n`ai plus rien tenté, jusqu`à ce qu`elle ne se retrouve à terre, totalement brisée. Jusqu`à ce que je sois certaine qu`elle ne se relèverait pas. Oui, dites le, je suis ignoble. Votre pensée me fait jubiler. Je suis l`amie sournoire, révélée ennemie. Je suis ignoble n`est-ce pas ?
Je regrette.

Le monde nous tuait assez pour que je n`en ai besoin d`en rajouter. Je l`ai fais pourtant. Je la martelais de coup pour qu`elle oublie qu`elle puisse s`en remettre. Laissée au sol comme un cadavre d`animal, je suis partie, détournant les yeux. Aujourd`hui, je ne peux plus me faire face. Je savais qu`elle tenait à moi, plus qu`elle ne savait le dire. Nous étions inséparables. À la vie, à la mort. À la mort, alors. J`ai pris le seul chemin vers la sortie de ce monde, sans hésiter. Puis, j`ai effacé les traces. Elle n`a jamais retrouvé son chemin. Pourtant, j`aurais pu tuer pour elle. Génocide humain. J`aurais pu exterminer le genre humain pour elle, & égorger homme et femme. Délicieuse folie qui m`hante quand elle est là, et pire quand elle ne l`est pas. Une folie qui s`échappe par chacun de mes pores. Plus rien ne me retient de détruire ce qui m`entoure, puisqu`elle n`est plus. Tout était bon, tant que çà la faisait chuter. Le moindre mot, le moindre regard.
Indubitablement, elle est tombée.

Froidement.
J`ai glissé mon regard dans le sien. J`ai compris. C`était fini. J`avais fini par la tuer. Comment ai-je pû soutenir ce regard sans ciller ? Elle avait l`air surprise, comme si elle ne me reconnaissait pas. Je ne me reconnaissais pas non plus. Je ne me reconnaissais pas, mais je n`ai rien fais pour changer çà.
J`ai entendu les mots, sortir de ma bouche, détruire son existence encore plus que tout ce que j`avais pu faire jusque là. Je n`ai plus bougé. J`ai entendu ses cris, et ses pleurs, & je n`ai rien fais. Il m`aura fallu bien du temps pour comprendre que j`étais morte ce jour-là, avec Steven. À une puissance qu`April n`a pas su combattre.

__- June, laisse moi du temps, d`accord ? J`ai besoin de réfléchir.

Je ne vais pas pleurer, Bill. Je ne sais plus pleurer.

__- Je ne sais plus ce que ça fait, tout ça, Bill. La douleur, la souffrance, l`abandon. J`ai oublié tout çà, Bill. __J`ai oublié, quand j`ai cessé d`être humaine. Quand j`ai cessé de vouloir me voir dans vos yeux et de __faire vivre votre musique entre mes mains. J`ai oublié, Bill, quand j`ai décidé que je voulais t`oublier toi.

& elle, par la même occasion. Jusqu`à ce que je me mente, encore. Je vais bien.
Et je me suis dit qu`après tout, la vie n`était peut-être pas si mal. Entre deux douleurs mensongères.

Aide de Zonea

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& un treizième chapitre, enfin. Quinze pages, encore, et encore. Disons qu'à présent, on préfère rassemblé plusieurs chapitres en un seul. & nous trouvons chaque fois des choses à rajouter, à redire, à ré-écrire. L'autre fois, nous avons comparé les premiers chapitres aux derniers, et une observation nous est venu, nous avons changé. L'écriture est si différente, même en quelques mois. Ca reste incroyable. Bon, & sinon Mélina, nous avons quand même fais de belles rencontres sur cette fanfiction, dont également Flo <3

Bon, sinon, ici, l'intrigue avance petit à petit. Disons qu'on arrive à deviner que June va encore s'éloigner de ce qu'elle a, c'est à dire sa vie avec les Tokio Hotel. On a également la vision de Katia, la maman de June, qui elle n'attend qu'une chose, le retour de sa fille. Pour ce chapitre, encore, sachez que ce sera triste ( Comme d'habitude, en fait ). Mais nous espérons que vous continuerez à nous suivre, même si beaucoup nous ont lâché en cours de route =$

Asma & Morgan__________& continuez de voter, nous sommes 3ème à présent :)

Edit 20h10
: Plusieurs de vos commentaires font (enfin) une critique : le manque d'action. Or, ce chapitre évoque harcèlement pour June, & un changement mental. Je suis assez d'accord pour dire qu'il n'y a ici quasiment aucuns faits, mais comment faire agir les personnages si nous ne vous parlons pas avant de ce qu'il se passe dans leurs têtes ? Notez d'ailleurs qu'April semble peu à peu s'abandonner, & quitter June. Que Bill ne ressent plus les mêmes sentiments pour June, et que cette dernière sombre de plus en plus dans une amère folie. Le manque d'action peut souler, mais il est parfois assez important.

Theres-something-here: Si vous écrivez des choses comme ça , c'est que vous le vivez non ?
( Merci à toi, d'où le prénom est inconnu, d'ailleurs pour ton soutien <3 Tout comme pour Etrangle moi :) )

Pour répondre, et en résumant, Zerbrochen est une histoire vraie. Ou au trois quart vrai. Disons que tout est basé sur du vécu, oui. Alors c'est peut-être pour çà que nous y mettons nos tripes, et nos sentiments. Peut-être aussi pour çà que c'est dur, et loin d'être rose. D'ailleurs, dans la vraie vie, il n'y a pas toujours d'action. Laissez au temps son temps. & sachez que l'action reviendra au prochain chapitre :) Ne vous inquiétez pas. Mais en tout cas, merci de votre sincérité :)

& puis, nous sommes là pour vous faire haïr June ( voir April ), alors, quand on vous fait vous révoltait, on est fière (H)

# Posté le lundi 11 février 2008 04:22

Modifié le lundi 11 février 2008 14:35

______ « Il ne me reste plus qu'à obtenir des ailes. Comme promis, je ne vais pas t'abandonner, June. » *« Kapitel 14 »*

_•• _____ « Il ne me reste plus qu'à obtenir des ailes. Comme promis, je ne vais pas t'abandonner, June. » *« Kapitel 14 »*
_________________STANDORT VON APRIL
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Le même chemin, encore, mais à l'inverse, à reculons. Elle m'a tout dit, tout craché à la figure, je suis détruite mais soulagée. Je peux enfin commencer mon deuil de June. Long et difficile, mais je peux y arriver. Auto-persuasion. On met de côté mais on ne pardonne jamais vraiment. Ou du moins, on n'oublie pas. On n'efface pas le mal qui nous ronge et nous fait vivre. Pourtant, je crois en moi. Je dois me relever, continuer à marcher et même qui sait, un jour, me mettre à courir. Courir pour rattraper le temps perdu, courir pour sourire, courir pour me dire que je suis quelqu'un sans elle, courir pour être libre, courir encore et encore, toujours plus vite. Et vivre. Le changement ne sera peut-être pas brutal mais il viendra. Je dois le faire, je suis dans l'obligation de me reprendre, de revivre, comme avant. Enfin, non. Vivre comme je le voudrais. Mais le passé reste, demeure tel une tache d'encre que le papier aurait bu et qu'on aurait jamais prit le temps d'effacer. Et elle grandit. Je ne faisais que me rattacher au passé, espérant toujours un signe même le plus insignifiant de sa part. Me dire qu'elle m'aimait encore un peu. Peine perdue. Je veux renaitre, je le ferais.

Ca partait d'une bonne intention. Si seulement. Si seulement j'avais su. C'est fini, jamais je ne revivrais. Je suis morte.________Avec Elle.

Ce soir, je suis de retour chez moi, à Paris, la merveilleuse, la fascinante. 18 ans, ça se fête. Pourtant, rien d'extravagant. Retour aux sources. Un vide demeure. Un malaise s'installe. Au fait, j'ai emmené Onze avec moi. Durant ces dernières semaines, j'ai petit à petit appris à la connaître. Personne mystérieuse, aux multiples facettes. Simple et si compliquée à la fois. Elle est source de réconfort. Sa famille ne lui manque pas, elle a donc accepté de venir en France pour mon anniversaire. Non, elle ne remplacera pas le manque mais elle peut essayer de la boucher autant que possible. Non, elle ne remplacera pas ma vie mais elle peut essayer de l'égayer. Non, elle ne remplacera ses sourires mais elle peut essayer d'en dessiner l'esquisse. Je ne veux plus faire la même erreur, je ne veux plus accorder aveuglement ma confiance, je ne veux plus faire semblant d'aimer. Je ne veux plus combler le trou avec un bout papier mâché et déposé à la hâte. Je veux que cette douleur s'estompe même si je sais qu'il ne s'en ira jamais complètement. Je veux la laisser de côté et avancer. J'ai appris de mes erreurs du passé sans faire une croix dessus. I'm here without you baby, but you're still on my lonely mind. Oui, tu le hantes et le hanteras toujours. Tu es tout ce que je suis. Et ce, à jamais. Promesses.
Alors que je prépare l'apéritif à grignoter dans le salon tout en papotant avec Onze, Matthew rentre des cours. Il ferme la porte derrière lui, s'essuie les pieds sur le paillasson, se retourne prêt à crier, la mine renfrognée. Lui aussi a changé mais dans le bon sens du terme. Sa barbe d'un jour, ses cheveux en bataille et ses yeux verts pénétrants lui donnent l'air tout droit sorti d'un film où l'acteur principal serait un bel amant courtisé par toutes les plus belles femmes de la ville. Je croise son regard, empli de reproche et d'amertume. Son sac sur le dos, il passe de l'autre côté de la table. Je le suis du regard espérant le sien en retour. Transparente. Je baisse les yeux et sens la main de Onze se poser sur mon épaule comme pour me réconforter. Ca n'a pas forcément toujours été la joie entre nous deux mais il est mon double et ne m'a jamais laissée pour compte. Il est sûrement allé s'enfermer dans sa chambre ou alors, faire la morale à mon sujet à maman. En parlant d'elle, je ne l'ai pas encore vue depuis que je suis rentrée, hier soir. Je suis plus que mal à l'aise vis-à-vis de Onze qui espérait passer une bonne soirée.

- Tu n'irais pas lui parler ?
- J'ose pas.
- Mais ce n'est que ton frère, enfin, je suppose. Tu n'as pas fait les présentations x)
- C'est mon jumeau, Matthew. Il m'a déjà fait mal. Enfin, je veux dire ..
- N'essaye pas de te justifier. Je ne t'oblige à rien. Soit dit en passant, très charmant le frère.

Mon regard replonge dans le plat de chips que je fixe sans aucune raison. Depuis quand les pommes de terre sont-elles à ce point fascinantes ? Onze pose sur moi un regard compatissant compréhensif. Elle est rassurante et me redonne le peu de confiance en moi qu'il me reste. Reine déchue, mais fière. Mais je ne pense pas que Matthew souhaite avoir une discussion seul à seul avec moi après ce qui s'est passé la dernière fois. Je crains mon frère, le comble. Ensembles, nous allons poser les plats sur la table du salon et nous asseyons dans le fauteuil en cuir noir, face à l'écran de télévision noir. Noir, couleur adéquate à ma vie, à ma situation, à mes yeux, à son c½ur et au mien. Partagé en deux, une part pour l'amour et l'autre destinée à la haine. Je me saisis de la télécommande et appuie sur un bouton noir au hasard. Je me recroqueville, les genoux collés contre moi, dans le fond du sofa et regarde les images défiler. Aussi vite que ma vie est passée, aussi mal construite que mon existence, aussi pathétique que .
Un courant d'air se fait sentir depuis le salon, je frissonne. Une porte claque, je frotte mes mains l'un contre l'autre. Des pieds sont en contact rugueux avec le paillasson d'entrée, je tourne doucement la tête. Une silhouette se tient droite et crispée dans l'entrebâillure du salon, je souris intérieurement. N'osant pas montrer la joie que j'éprouve en voyant cette si jeune et si belle femme devant mes yeux. Son long manteau noir entouré d'une ceinture fermée par un n½ud noué à la va vite en s'en allant précipitamment de son job, une jupe cintrée brune, des collants noirs montrant ses fines jambes, des talons aiguilles s'accordant avec le reste de sa tenue et, pour rajouter une touche sophistiquée tout en restant elle-même, un chignon tenu par un simple crayon et un maquillage parfait. Heather, la reine en son temps. Et pourtant je ne la reconnais plus. Son sourire a bel et bien disparu laissant place à une mine fatiguée, des traits tirés et des cernes plus ou moins masquées par le fond de teint. Un masque qu'elle laisse tomber dès que le seuil de cette maison de malheur est franchie.

- Bonjour mademoiselle.

Elle tourne les talons et pose son sac sur la table de la cuisine autrefois couverte de bouteilles et de cannettes en tout genre. Je regarde Onze d'un air désolé et reconcentre mon attention sur ces images qui continuent de défiler, inlassablement. Marteler l'esprit à coups de poings pour y ancrer des idéaux , bombarder les yeux de senteurs et de saveurs exquises, mettre le sexe au rang de simple m½urs populaire, montrer qu'on peut être mieux qu'un autre, faire saliver, faire douter, amuser, tout est bon pour attirer l'attention. Et j'y connais un rayon.
L'atmosphère régnant dans cette maison est pesante, pleine de haine et de ranc½ur. On ne dit rien mais on pense si fort.

_________________STANDORT VON JUNE
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- NOOOOOOOOOOOOOOOOON
- June, June ... Calme toi, c'était juste un cauchemar. Un cauchemar, d'accord ?

________( . . . )

- April ?

Évidemment non, je suis seule. Au fond, je devrais m'en foutre, mais son esprit reste là, autour de moi, à me narguer. Regarde ce que tu deviens sans moi. Regarde où çà nous a conduis, hein. Tu es contente ? Tu es fière de toi maintenant ? Assez. J'en ai assez. De tout, et de rien. J'en ai marre de tourner dans cette chambre. Marre de voir mon passé dans chaque reflet. Marre de leurs absences, de leurs changements. J'en ai plus qu'assez de tout çà. D'un geste violent, je descend ma valise du haut de l'armoire, sur laquelle elle traine depuis quelques mois. Oui, assez. J'en ai plus que marre de tout çà. Et au fond, Bill a raison. On a besoin de temps. Et çà ne peut plus durer. Je dois faire une chose. Une seule chose avant de mettre mes vêtements dans cette valise, et de tourner le dos à cette vie. Lentement, je compose un numéro sur mon téléphone.

- Bonjour, vous êtes bien chez les Ulhde - Non, June, tais-toi et arrête de rire comme une idiote ... Juuuune - Désolée. Vous êtes donc bien chez nous, veuillez laisser un message ...
- Maman ? Je rentre à la maison. Je ne sais pas quand tu auras ce message, mais qu'importe les conséquences. Je rentre à la maison. Maman ? Je regrette tu sais ...

Je la revois s'effondrer. Je la revois affronter mes yeux de droguée, mes yeux abimés et mon corps tué. Je la revois, et je me rends compte que je dois mettre fin à cette masquarade. Un étranger à la situation me dirait que je n'ai pas le droit, pas après avoir tout détruit ; que je suis gonflée ... Tant pis.

________________Was it a dream ?

- June ?

Je me retourne. Tom est derrière la porte entrouverte. De sa position, il ne peut voir la valise ouverte, et me sourit donc. Il est beau, Tom. Même avec son sourire idiot, et son visage fermé, parfois froid. Ils m'ont sauvé. Ils sont totalement antipathiques, mais ils m'ont sauvé. Et malgré ma haine, je les aime. Parce qu'ils ont fait de moi ce que je ne savais pas être.
Pardon, Tom.

- On va en ville, tu viens ?
- Non, je dois finir de taper un dossier pour David. Je vous vois demain, d'accord ? Je ne vais pas trop veiller ce soir.
- D'accord. Tu passes au studio demain matin ?
- Oui, promis
- D'accord :) À demain alors.
- Tom ?
- Oui ?

Je m'avance, et m'effondre dans ses bras. Il sourit, malgré son air étonné, et ressere ses bras autour de moi. Je sens que c'est fini. La fin rôde autour de nous comme un poison infâme. Dernière étreinte. Une dernière danse, un vertige, et le silence, comme le dit la chanson.

Elles signent de leurs larmes. L'alliance qui les condamne

- Hey June, çà va ?
- Oui. J'avais juste besoin de m'assurer que tu avais toujours la même façon d'étreindre les gens !
- Oh ;)

Il s'éloigne en éclatant de rire. Comme d'habitude.
La porte se ferme derrière lui, et l'obscurité revient dans la chambre. Là, au milieu du désordre traine une valise. Il y a eu des tas de nuits. De toutes sortes, surtout. Il y a eu les nuits de plaisir, de solitude, de sang, de froid, de peur, d'horreur. Mais ce soir, je n'arriverai pas à dormir. Tourner, tourner, encore et encore, presque inlassablement. Des nuits interminables. Le tic tac régulier de l'horloge et le coeur au bord de l'explosion. Des nuits infernales, et diaboliquement sales. La saleté. On dit qu'un esprit sain réside dans un corps sain. Et si le corps se sali, d'une manière, ou d'une autre, l'esprit suit ? Je suis sale. Sale jusqu'à la moelle, de telle façon qu'après plusieurs douches, je reste crasse. J'ai beau frotter ma peau jusqu'à la faire rougir de douleur, je n'arrive pas à me séparer de cette horreur qui me recouvre. Non, ce soir, je ne réussirai pas à dormir. La nuit tomben, les rires s'effaçent, puis le silence. Un cri, parfois dans la rue, parfois dans ma tête. Je ne dormirai pas. Jusqu'à m'en faire vomir de rage.

« Maman, je rentre à la maison »

Je regrette. L'illusion est finit, et la bande n'a plus d'espace. Il faut qu'on finisse le tournage maintenant, m'a-t-on dit. Allez June, le tournage est fini, il faut que tu rentres. Je m'imagine passer la porte comme si je revenais réellement d'un pays chaud où je ne faisais que m'amuser devant une caméra. C'est un peu çà, dans le fond, sauf qu'il n'y a jamais eu de caméra braquée sur moi. Merde. Comment ai-je fais pour tenir ? Loin d'eux, loin d'elle ? Prise de conscience. Le sol est bien trop brutal, ma chute trop rapide. Ces nuits là, je regardai l'obscurité. Ma valise est posée dans un coin, et l'horreur dans un autre. Je n'ose pas regarder la porte, parce que j'ai peur. J'ai eu cette peur toute la journée, sauf que la nuit, je suis faible. J'imagine qu'un d'eux rentrerait, juste pour me dire bonne nuit, et qu'en allumant la lumière, il apperçoit cette valise à peine fermée, contenant des mois de notre vie. Une vie que je ne veux plus quitter. Pourtant, je le dois. Et même si j'espère au fond qu'ils viendront me dire bonne nuit, ils ne le feront pas. Surtout pas ce soir. J'ai promis d'être là demain. Je ne serais pas là.

Weightless.. Bare.. Faithless... Scared

Les yeux brulant, la réalité ailleurs. Celle qu'on ne peut s'imaginer sans l'avoir vécu. Ma maladie a un nom. L'un des plus beaux, mais la pire à soigner. J'ai nommé amour. Mon symptome ? April. Ma guérison ? Les garçons. Je me suis faite bousculée il y a plus de 19 ans. Cette nuit là, je devrais être avec elle, dans le noir, ma main dans la sienne pour qu'elle souffle ses bougies. Mais rien qu'un silence pesant dans cette chambre vide. Mon cerveau est rongé, mais ne saigne pas. Je crois que mon coeur lui même ne peut plus saigner. Je n'entends même plus ses battements. Je me suis retrouvée dans cette vie avec un autre coeur, le sien. Elle a toujours été là. Dans les bons comme dans les mauvais moments. Et pourtant, c'est moi qui l'ais quitté.

_____Se souvenir ranime ; vouloir se souvenir détruit, disait Claire France.

Mon tout, tu as aujourd'hui, ou demain si tu préfères, un an de plus. Et je suis là, assise par terre dans cette chambre où la poussière ne loge pas, mais où le vide s'empare de moi. Les mains contre mes tempes, je hurle contre le bruit que fait mon ventre : Faim. Vide. Horreur. Je sais que demain, tout ira mal. Je sais que demain, je vais aller mal. J'ai le ventre qui se tord de noirceur. Je voudrais devenir aveugle. Pousser mes yeux, et les enfoncer loin dans mon crâne pour ne plus jamais voir ce reflet qui me tend les bras. D'un sourire hypocrite, je continue de voir qui je suis. Et je ne suis rien.

Haïr son corps, le porter en fardeau. Maigrir encore, laisser saillir ses os.
Courir sans cesse ne jamais se rendre. Jusqu'à ne plus sentir ses jambes
Vomir parce qu'on se fait horreur. Jusqu'à vomir son coeur

Tu vois, tout çà, çà a commencé quand tu es sorti avec Adrien. Adrien ou le plus beau garçon du collège. Nous avions douze ans, et j'ai eu peur. Peur de te perdre, et de me retrouver seule. Et comme toute adolescente, j'ai remarqué que j'étais un peu plus grosse que toi. Enfin, mon reflet l'a remarqué, puisque déjà à l'époque, j'étais bien plus maigre que toi. Pourtant, j'avais l'impression qu'un surplus de chair me tiraillait. Alors j'ai commencé par ne plus manger le midi. Je devenais faible, et j'avais l'impression d'être nue devant le regard de tout le monde. J'avais l'impression qu'en me regardant, ils comprendraient tout. Que j'étais à leur yeux une espèce de boule informe. C'était écrit sur mon front, sur mon corps. Et toi, tu ne voyais rien. Nous passions de garçon en garçon et je continuais de me trouver horrible. J'étais perdue. Mais tu vois, à cette époque, personne n'a compris, même toi. Parce que personne ne pouvait imaginer çà. Parce que ce genre de chose, çà n'arrive qu'aux autres.
& quand ça nous arrive, on devient un autre. On meurt.

De ses courbes, contempler les vestiges. Rester sourdes aux signaux des vertiges.
Face à soi cracher sur le miroir. Et gémir jusqu'au soir.
Ensemble elles font naufrage. Elles se cherchent un visage

Je ne m'accroche a rien. Je suis lourde. Je suis grosse, je suis sale et je vieillis. Comme toi tu as pris un an. Je suis désespérée, mais je ne dois pas paraître faible. Ce jour, où je suis loin de toi, est le plus affreux de toute ma vie. Mais il doit rester un jour normal.
Il y a quelques temps, nous étions encore amies. J'ai perdu depuis bien longtemps la notion de ce terme. Peut-on encore prétendre l'être ? Quelqu'un le peut-il ? J'ai la prétention de croire que personne ne peut être aussi proche que nous l'étions. Toi et moi, ce n'était pas juste de l'amitié. C'était bien plus. Bien plus que de l'amour, ou que des confidences d'adolescent. Tu avais ma vie entre tes mains. Et je crois que j'ai eu la tienne. J'ai malheureusement été trop maladroite. Tu n'aurais jamais du me la confier. Parfois je me claque la tête au mur de t'avoir fait sourire. Tes mots me brulent encore. Ich Hasse Dich. Tu vois, tes Je t'aime sonnaient faux, sur la fin. J'ai eu l'impression d'un désaccord. Accords perdus. Je me suis sentie balancée dans une partition que tu avais jeté. Et je sais comment les mots t'affectent. Je pourrais t'écrire des choses bien mieux que tu ne l'as jamais ressenti, encore. Je pensais que je t'aimais, mais tu vois, c'était bien plus que çà. C'est bien plus que çà. J'ai juste fermé les yeux sur la réalité avant que tu ne prennes mes larmes. J'ai eu trop peur que tu arrives à me prendre également cette partie de moi. Peut-être que j'étouffais ? Peut-être simplement que c'était trop facile, cette relation ? J'ai menti. Depuis des mois, je mens. Et ils l'ont vu. Ils me quittent. J'ai l'impression d'être encore une fois la victime. Ne suis-je bonne qu'à çà ? Mon sourire est une blessure ouverte sans toi. Ce jeu, ne jamais avoir mal, nous l'avions décidé. Amies jusqu'à la mort, et au fond, on avait pas si tord. Quitter le jeu, c'était te quitter. Et te quitter, c'est la pire chose que j'ai jamais faite.

_________________STANDORT VON GUSTAV
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- June ? Tom m'a dit que tu devais passer ce matin, mais t'es pas ... June ?

J'entre à peine, et je découvre une chambre vide. Je tourne, tourne, jusqu'à devenir fou. C'est vide, vide de présence. Dans mes illusions, je vais jusqu'à ouvrir les tiroirs, ouvrir l'armoire, ou soulever le tapis. Rien. Rien, ni personne. Ni derrière les rideaux, ni sous le lit. Je cherche dans les endroits où personne ne pourrait être. Mais June a toujours eu l'habitude de se glisser là où on ne croyait pas qu'elle irait. Les c½urs, par exemple. Surpris de cette absence, j'ouvre une seconde porte je parcoure du regard la salle de bain, et j'ouvre l'armoire à pharmacie. Plus rien, non plus. Juste une vieille boîte. Je retourne à nouveau dans la chambre. Peut-être n'est-ce qu'un rêve. Mais ouvrant une dernière fois les portes, je ne peux que m'assurer de la réalité. Vide, la penderie est vide. Plus de vêtements par terre. Partie ? Plus de brosse à dent dans la salle de bain. Partie ? Plus de draps sur le lit. Partie ? Plus de paquets de nourriture par terre. Partie ? Plus de rires ? Plus de cris ? Plus de June ?

- June ? JUNE ?

Je perds mon sang froid. Où est-elle ? Comment est-ce possible ? J'hurle à m'en déchirer la voix. Je perds patience, en fait. Je n'arrive pas à savoir distinctement ce que je hurle, mais je pense que je l'engueule. Elle est folle. Et elle n'avait pas le droit de nous quitter. Vous voyez, Tokio Hotel ou non, nous restons des humains. Des humains qu'elle avait malgré tout conquis. Parce que même si elle nous agaçait, on s'était attachée à cette boule de nerf, qui riait, pleurait, et vivait. Où est June ? Elle avait promis, non ? Menteuse. Elle avait promis d'être là aujourd'hui. Elle devait passer au studio, comme Tom l'a dit. Mais c'est une chambre vide qui m'accueille, et un c½ur meurtri qui pleure.
Je me relève, et ouvre les rideaux en les tirant. Je suis fatigué de cette obscurité, mais elle s'y habituait. Puis, là, dans un coin, j'aperçois un petit carton. Il n'est pas grand, et il est oublié. Pauvre de lui. Lentement, je m'agenouille et je tire sur un des côtés. Mes yeux parcourent les papiers chiffonnés. Son écriture, fine et gracieuse se lit à travers des dizaines et des dizaines de papier. Des lettres pour nous, pour April, pour ses parents. Des lettres par paquets, égarées dans un vulgaire carton.

« Tu sais, je les ai réellement hais, ces garçons. Ils me dégoutaient, autant qu`ils me donnaient envie de vomir. Mais plus j`avance avec eux, plus je me rend compte que je n`aurais jamais pû vivre sans eux. En réalité, ils sont assez fidèles à l`image que j`avais d`eux. Sinon qu`ils m`acceptent comme je suis. Les premiers temps, il y avait une certaine réticence. Mais peu à peu, nous avons appris à cohabiter. Aujourd`hui, nous partageons les mêmes sourires. La musique est omniprésente, autant lorsqu`ils sont sur scènes, que lorsqu`on s`amuse au babyfoot, ou à faire des batailles d`eau. Je suis devenue une autre personne, et pourtant, je n`oublie pas que tu me constituais toute entière. C`était il y peu que j`ai compris énormément de choses à leur propos. Je les avais mis de côté, sans savoir qu`ils me reviendraient encore plus fort. Je n`aurais jamais pensé qu`ils pouvaient prendre autant de place dans mon coeur. Mon c½ur qui était en lambeaux le jour où ils l`ont récupéré. Et ils ont tout réparé, à coup d`aiguilles, de ciseaux, de fil et d`epingles à nourice. Je ne comprends toujours pas, ce que moi, la petite bourgeoise hautaine, fait dans leur monde. Je travaille & je jouis de la vie qu`ils m`offrent. La gomme laisse des traces, alors ils ont décidé de changer de feuille. Je ne saurais pas t`expliquer. Tu vois, eux, c`est juste des rires, soirées, et des plaisanteries. C`est une complicité, une franche rigolade, et de la musique. Eux, ce sont les stars innacessibles, et même l`erreur. C`est des pleurs, des confidences, et trop de cigarettes. C`est de l`amitié, et c`est une vie. Parce que depuis qu`ils sont là je me sens bien, j`ai retrouvé la sourire, grace à eux. Et mine de rien on évolue, tous, ensemble. »

J'aurais dû être meilleur couturier, non ?
La vérité me saute aux yeux, et elle me manque déjà. Pourtant, j'ai l'impression que cette boule, au fond de ma gorge, n'est rien de tout çà. J'ai l'impression que ce malaise vient d'ailleurs. Je suis là, assis au sol, les genoux repliés, et je me demande pourquoi je me sens soudainement si mal. Bill entre, quelques temps après, sûrement inquiet de ne pas m'avoir vu revenir. Il regarde la chambre d'un air grave, mais ne dit rien.

- June s'est enfui, Bill ...
- J'y peux rien. On a du boulot, Gus`
- Merde Bill, elle est part...
- J'en peux plus, répondit-il sous la sonnerie de mon portable. Il est temps qu'elle se libère.
- Attend ... Allo ? Dis-je en décrochant mon portable et en me relevant.

_________________STANDORT VON BILL
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J'attends. June est partie et par fierté, je ne dis rien. Je tais cette angoisse qui s'échappe de mon coeur et ce soudain mal qui m'envahit. Par orgueil, je laisse Gustav se lamenter alors que je prétends le travail. Jusqu'à ce que son portable sonne. A cette seconde précise, je croyais que rien ne pouvait être pire que ce départ. Et au fond, je me rassurais en me disant qu'elle irait peut-être mieux. Enfin, je croyais. Car en voyant le visage de Gustav pâlir, j'ai compris que rien ne serait plus pareil.
_________Jamais.
_______Rien. ______________ Der Letzte Tag

_________________STANDORT VON JUNE
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______( Un peu avant )

Je suis partie.
Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. De plus en plus seule, j'atteins le dix neuvième hiver. Des fragments de souvenirs chamboulent mon c½ur. Je suis une vagabonde, les poches remplies de conneries. Les poches pleines, je perd mon pantalon. Et lassée, je n'essaye plus de le rattraper. J'le laisse juste glisser, tomber encore plus bas que je ne le suis déjà. Nue, je suis nue. Nue, et nulle. Ma valise est restée derrière moi. Je l'ai laissé dans le hall de la gare. De toute façon, le train ne part pas avant la fin de la journée. Je rentre. Et en attendant, mes pas traversent les rues. Marcher dans un couloir qu'on ne peut imaginer. Étroit, je traine des pieds. Je pense à elle. Elle, elle, et toujours elle. Des rideaux foncés, et tirés, pour qu'on soit coupées du monde. L'ombre d'un lit, et une chaise. Deux manteaux dessus, et une couette cachant deux adolescents en dessous. Des rires, des éclats de vies, et une odeur de cigarette qui se mélange à l'air ambiant. Mon c½ur est de travers, et personne ne le voit.

« Hier je t'admirais. Aujourd'hui je t'aide, demain je t'aime. Promis. »

Lentement, la nuit tombe. Il y a un carrefour. Les souvenirs m'envahissent, et je frotte légèrement ma jupe. Un couple attend avec moi au feu. Il est rouge. Je ne regarde pas sa couleur. Là, en face, sur le trottoir, j'observe lentement. Steven me sourit. Il me tend la main. Et moi, j'avance. J'entend un cri. Mais j'avance.


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- Dis Indy, tu m'écoutes ?
- Oui Anka ... Comme d'habitude, je t'écoute. Tu veux peut-être que je te répète tout ce que tu viens de me dire ? Tu viens de m'annoncer qu'on ferait mieux de faire une pause, une fois encore, parce que comme à l'ordinaire, tu commences à douter de tes sentiments, et ...

Deux adolescents, apparemment en couple, se tenaient non loin d'une jeune fille aux yeux cernés, et aux cheveux noirs corbeaux. Cette dernière portait à sa main un imposant sac. Le garçon, lui, portait des cheveux mi-longs. Il les remit derrière ses oreilles alors que sa petite amie grognait de mécontentement. Encore une fois, il ironisait. Ces derniers ne faisait pas attention à la jeune inconnue, et préféraient se disputer à la lueur des premiers rayons de soleil. Ils ne pouvaient pas savoir. Comment auraient-ils pu ? Le garçon répétait ce que lui disait son amie, tout en tournant sur lui même, de façon à passer alternativement du carrefour au trottoir. Le feu, jusqu'alors vert, passa au rouge.

- ... pour finalement me dire qu'on se remettra ensemble dans deux jours parce que ... Oh merde ... !
- Quoi ? Qu'est ce qu'il y a ? S'interrogea la jeune fille en regardant dans la direction du carrefour. Quel est le prob ... MERDE ! MADEMOIIISELLE !

Il commençait à faire beau. Juste quelques personnes traversaient les rues, et très peu s'étaient déjà levés pour travailler. Sauf quelques rares lève-tôt, obsédés par leur travail. Et puis ce couple. Couple qui se sépara quand le garçon se jeta derrière l'inconnue lorsqu'elle traversa au rouge. Il eut quelques secondes d'étonnement, et finalement commença à courir. Juste assez lentement pour apercevoir la voiture qui n'avait pas su freiner. Et tandis qu'elle tournait légèrement la tête vers son nouvel interlocuteur, il n'y eut qu'un bruit de choc. Un corps qui se soulève, et qui retombe.

_________________STANDORT VON GEORG
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Reste encore un peu. Même si je t'en veut

- Ce matin, sur le carrefour ( nom ), une adolescente s'est faite percutée de plein fouet par une voiture. Le feu était apparement rouge pour la piétone, mais les quelques témoins de la scène ont certifié qu'elle avait juste eu le temps de crier un nom et s'est élancé sur la ...
- Arrêtez de regarder la télé, s'énerva David en éteignant le poste. Bill et Gustav ont bientôt vingt minutes de ret...
- Attend ...

La voix de Tom n'estqu'un murmure. Mon meilleur ami demande juste, livide, à ce que David rallume la télé. Un clic. L'image revient. Nos sourires se perdent, alors que l'accident est filmé en direct. La victime va être annoncée. Notre vie va changer. Encore, et encore.
Puis, dans un silence incroyable, la photo de June apparait.

- Si quelqu'un reconnait cette jeune fille, où est de sa famille, veuillez contacter au plus vite le comissariat le plus proche. N'ayant aucuns papiers sur elle, la jeune fille a besoin d'être autorisée à recevoir une opération

Je n'ai pas le temps de réagir que Tom est déjà parti en courant de la salle. Au loin, j'entend les touches du téléphone du couloir. Tout çà en ne pouvant détacher mes yeux de la photo à l'écran.
_______Tout s'effondre.

_________________STANDORT VON MERYL
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( Flash Back )

- Tu veux dire que June est avec Tokio Hotel ? Je ne te crois pas.
- Moi non plus je ne te crois pas
- Prenez mon portable et allez dans les images. (...)
- Ho putain , Meryl ...
- Vous me croyez maintenant ?

& today.

Elle avait eu cette façon de me répéter à quel point elle me haissait. Pourtant, quand Matthew m'a appelé, presque nerveux d'avoir vu que sa soeur venait de rentrer, mon coeur a battu trop vite pendant quelques secondes, puis il s'est calmé. Je n'ai cru à sa haine que quelques secondes. J'ai à peine eu le temps de prendre ma veste que j'étais déjà dehors à parcourir les rues. Mais je ne comprenais pas encore quel était ce sentiment qui me pesait, comme un mauvais présentiment, un présage venu tout droit des entrailles. Pourquoi avais-je peur d'aller jusqu'à elle ? Pourquoi avais-je peur de demain ? Ce demain qui changea notre vie à tous. Je m'étais réveillée le matin, presque guérie. Et je me coucherais avec un sentiment de vide impressionant. Je nous revoyais avec Matthew insulter June.

___________Arschloch.

Bitch. Slag. Asshole. Whore. Dicky. Screw you.

J'arrive, je tape, et je rentre, sans rien demander. Ma présence ne fait se relever aucune tête. Ils sont là, froids et absents, assis autour d'une table dressée pour Matthew. Je vois qu'April a encore maigri. Je l'imagine à genoux dans les toilettes, et ma haine reprend le dessus. Pourquoi sont-ils ici, inanimés ? Pourquoi les yeux d'Heather sont rouges d'avoir trop pleuré, et les poings de Matthew trop abimés d'avoir frappé ? Pourquoi doit-on tous payer les erreurs de June ? Pourquoi est-ce à nous de payer son départ ? April a dix-neuf ans. Il est temps de lui donner une seconde chance. Et très vite, les larmes montèrent

- Pourquoi personne ne parle ? Sanglotais-je. Pourquoi personne ne rit lors de cet anniversaire ? On devrait être là, à sentir l'ivresse du champagne et le goût moelleux du gâteau au chocolat ...
- Ce n'est pas possible, déclara enfin April

Je vis qu'Heather relevait enfin la tête. L'inconnue parlait enfin. Cette enfant qu'elle avait rejeté parlait enfin. Sa voix fut hésitante, et légèrement tragique, mais elle avait parlé.

- Pourquoi ? Demanda Matthew
- June n'est pas là ...

... & çà fait presque vide.

( ... )________________

On sonne.
Heather ne laisse à personne l'occasion de se lever, et s'en va docilement jusqu'à la porte. De loin, des brides de mot nous viennent, mais rien de clair. April se lève, et je la suis. En fait, nous la suivons tous. Et mes ennemis sont là. Là, droit, sans sourires, immobiles. D'apparence, on dirait qu'ils n'ont pas dormi depuis des heures. La voix d'Heather est sèche.

- Sortez s'il vous plait
- Nous voudrions parler à April, c'est urgent ...

Urgent ? Qu'y-a-t-il d'urgent à encore la détruire ? Les mains d'Heather se serrent, mais je l'observe se décaler. Sans un mince sourire, Georg pénètre dans l'entrée, et à la lumière du hall, j'arrive à entrevoir son regard. Je rêve ou il a pleuré ? Un garçon comme lui sait-il pleurer ? Le peut-il juste ? Il s'avance, lentement. Et il passe devant moi, sans même un regard. Il cherche April, la trouve, s'avance. Cette dernière est pâle. Mon amie, mon amour de toujours. La fille pour qui je pourrais déplacer la terre ... Il y a un échange de regard, et un bruit de chaise raclée. Matthew sort de la pièce et monte à l'étage. Je devrais faire pareil, mais je reste immobile, sentant Tom se mettre à côté de moi dans l'encadrement de la porte. Un autre regard vers lui. Ce n'est plus des larmes qui sortent de ses yeux, c'est pire. Les yeux ravagés par la tristesse, il attend que son ami parle. Je commence à ressentir à nouveau ce mauvais pressentiment ? Demain ne sera-t-il que larmes ?

- Georg ? Parla enfin April. Que se passe-t-il ?
- April, assied toi, répondit-il en allemand.
- Georg, arrête ...

Pourtant, April s'est assise rapidement. Georg a serré les poings et s'est mordu la lèvre. Au coin de ses yeux, j'ai apperçu que d'autres larmes menaçaient de couler. Tom s'est tourné, tournant le dos à la scène.

- Reste calme, d'accord ... June est ...
- Quoi ? S'exclama April en se relevant. QUOI ? GEORG DIS MOI PUTAIN ...
- June est ...
- JUNE EST QUOI ? MERDE ! TOOOM !

Tom s'est tourné, le regard vide.

- June est à l'hôpital April. Elle a eu un accident grave.

_______Il était 00h48.
Le monde venait de s'arrêter de tourner.

_________________STANDORT VON HEATHER
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Je ne comprenais rien de ce qu'il disait. Je n'ai jamais su la façon dont il lui a annoncé, où ce qu'il savait. Mais nous avons juste eu le temps de voir April s'effondrer en hurlant. Je me suis précipitée sur elle, juste assez pour recevoir un coup. Elle avait les poings serrés au sol, et les larmes qui coulaient. Je n'ai pas compris. En vérité, je crois que je n'ai jamais compris ce qui les liait.

_________________STANDORT VON APRIL
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« Il y a des choses qu'on ne refait pas, des erreurs qu'on ne répare pas,
des gens qu'on ne récupère pas & alors April c'est mieux comme ça ,
oublie-là elle n'en vaut pas la peine ... »

#. Der. Blick. Zurück. Ist. Schwarz. #

Les cheveux soyeux et parfaitement ordonnés, les yeux aux reflets verts embués de larmes, la carrure protectrice, il entre dans la pièce. Je m'avance vers lui et aperçoit Tom appuyé contre l'embrasure de la porte, les regard tirant vers le bas. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai un mauvais pressentiment, quelque chose qui ne devait pas arriver avait eu lieu. Mon c½ur accéléra sa cadence alors ralentie par le poids des maux. Mon regard se posa un coup sur Georg, un coup sur Tom, un coup sur Matthew, sur Meryl, ma mère, Onze. Aucun sourire, les traits tirés, les yeux fatigués de pleurer, le corps épuisé de supporter cette folie qui nous poursuivait, nous tuant chaque jour un peu plus, un peu plus vite, un peu plus fort. Mais quand cela s'arrêtera-t-il ? L'acharnement du sort. Nous ressemblions tous à des âmes en peine. Seule Onze parvenait à éclairer faiblement, très faiblement; imperceptiblement les recoins de cette pièce souillée par le mensonge, la peur, la souffrance et le mépris.
Alors que le silence nous écrasait tous, je questionna Georg sur le pourquoi de leur venue.

Tout se passa très vite. Trop vite. Une respiration, et l'annonce de son arrêt. L'air entre pour ressortir aussitôt. Les secondes ne ralentissent pas. J'ai l'impression d'être aspiré dans la mauvaise nouvelle.

« June est à l'hôpital April. Elle a eu un accident grave. »
Hôpital. Hôpital. Hôpital. Et puis, c'est quoi un accident grave ? Ca veut dire quoi, çà hein ?

La réponse fut fatale. Prévisible, certes, mais ressemblait à une lame aiguisée jusqu'à la pointe. Et on me l'enfonce. Une fois, deux fois, trois fois, ...
Et je saigne encore.

________Ne me dites pas que çà veut dire mourir ...

_________________STANDORT VON GEORG
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Neuf heures, et vingt deux minutes.
Le facteur vient de déposer le courrier. Et sans réfléchir, Heather se lève pour le récupérer. Lorsqu'elle revient, son visage n'exprime rien. Elle tend juste, sans un mot, un magasine à Tom et à moi. Je regarde vaguement le titre, et je sens affluer le sang dans mes veines.

« Les Th entretiennent une adolescente en fuite, maintenant entre la vie et la mort en Allemagne »

Une photo de June illustre l'article, et une autres représentant des restes de l'accident est superposée à cette dernière. J'ouvre le magasine à la page annoncée, et je parcours rapidement l'article. June, adolescente partie de chez elle. Parents inquiets. Elle aurait vécu des mois avec nous, tournée comprise. Nous sommes mauvais, et nous avons eu une mauvaise influence. Révélation de la nouvelle fuite, et accident. Puis, un dernier paragraphe. Sa mère pourrait nous poursuivre en justice, parait-il. Les calomnies de ce torchon ne m'atteignent pas plus qu'elles n'atteignent Tom. Du moins, c'est ce que je croyais. Jusqu'à ce qu'il se lève, et qu'il s'avance jusqu'à Matthew et Meryl, assis dans un autre coin de la pièce.

- C'était vous ?
- De quoi ? Scanda Meryl en se levant.

Je note l'attitude typique de la personne qui a quelque chose à se reprocher. Elle tremble légèrement.

- Les insultes au téléphone ? Les menaces ? Et maintenant çà ? C'est vous, non ?

Tournant légèrement la tête, je vois qu'April redresse la sienne. Un voile de déception traverse son regard.

- Tu n'as rien pour nous accuser, répliqua Matthew
- Ton regard nous suffit ...

Tom se tut lorsqu'il sentit April passer à côté d'elle.

- C'est vrai ?
- Pourquoi çà serait vrai ? Murmura Meryl
- Si c'est vrai, Meryl, je ...
- Tu quoi ? HEIN ? TU QUOI ? Tu vas encore nous menacer de détruire tout ce qu'il y a ici ? MAIS TOUT EST DÉJÀ DÉTRUIS ICI APRIL ! TU NE VOIS DONC PAS ? Regarde autour de toi, merde. Regarde ce que tu as fais, avec ton hypocrite de June ...

La gifle qu'April jeta à son frère résonna dans toute la maison. Heather ne bougea même pas.

- TU ES AVEUGLÉE ... Mais regarde ce qu'elle a fait. April, regarde ce qu'elle a fait de toi ... De nous ...
- Parce que tu crois que t'y ais pour rien ? Claquais-je énervé
- Je ne me reproche rien ...
- Matthew ? J'arrive pas à croire que mon propre frère jumeau me fasse si mal ...
- Arrête April, sanglota Meryl en tombant à genoux au sol. J'avais peur, et c'est de ma faute. C'est moi qui ais poussé Matthew à faire çà. Je t'aime April. Et je voulais que June paye. Je voulais qu'elle soit punie de ce qu'elle avait fa...
- Tu me dégoutes.

_________________STANDORT VON TOM.
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Quinze heures et douze minutes. Il est maintenant 16h. L'horloge s'arrête en un accord parfait des aiguilles, et nous continuons d'attendre dans le salon. Le téléphone ne daigne pas sonner, et nous, les deux musiciens, sommes restés ici cette nuit. Personne ne s'est changé. Ni vêtements, ni visages. Le gateau est encore sur la table, et il n'est pas entamé. Le couteau est juste planté dedans. Dans un coin, April est recroquevillée au sol, le visage noirci de maquillage. Je crois qu'elle n'a pas arrêté une seule seconde de pleurer depuis cette nuit. Ses larmes ont fini par devenir le rythme régulier de notre attente. Georg reste maintenant à une distance réfléchie de Meryl et Matthew.

Heather se lève au milieu de l'après midi. Pour ma part, je suis assis contre un mur, ma jambe droite contre mon torse. Je suis sencé être une célébrité, et je suis là. Je devrais être en train de jouer, de répéter, de rire, et je suis là. Est-ce cela qu'on appelle la punition divine ? Cette descente beaucoup trop rapide de notre nuage ? Ce changement brusque ? Ce noir qui s'ajoute au blanc ?

_________________STANDORT VON APRIL
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C'était donc cela. Encore. De nouveaux mensonges, de nouveaux sourires faux. Cette espèce de trainée avait non seulement tenté de prendre la place de June mais elle avait menti. Menti pour soi disant me protéger. Elle ne changera jamais, jamais elle ne comprendra. Elle crèvera conne qu'elle est, dix pieds sous terre et je lui cracherais dessus. Je danserais sur sa tombe en buvant jusqu'à en devenir folle. Folle d'elle et de cette vie. Mais. Ne le suis-je pas déjà ? Comme la vie est si belle, comme la vie est parfois si belle. Si belle sous ses airs de médisances, si belle quand elle nous fait tombé, si belle quand tu ne peux compter que sur toi-même. Je suis celle qui peint la vie en sombre, celle qui voit tous les jours la pénombre. Pour oublier. Oublier ce mal si doux, celui qui me caresse du bout des doigts et qui me sussure au creux de l'oreille. Ne jamais faire confiance qu'à soi-même, people always leave. Tous, sans exceptions. Même ceux qu'on croyait qu'ils ne changeraient jamais finissent par prendre un autre chemin, une autre route. Avec moins d'encombres, moins de passages difficiles. Être égoïste, un être égoïste.

« C'est moi le dernier à l'avoir vu. Quand cette fille a eu son accident, je l'ai vue par hasard alors que je me disputais avec ma copine. C'était au carrefour. Elle tenait un gros sac, et semblait attendre quelqu'un. Mais finalement, personne n'est venu. Quand j'ai essayé de lui parler, elle s'est mise à courir pour traverser la rue, alors que le feu piéton était rouge. J'ai essayé de la sauver, mais je suis arrivé trop tard. J'aurais»

Trop tard.
Toute la nuit mes larmes ont coulé. Je ne sais plus d'où elles venaient mais elles étaient là, plus nombreuses et plus destructrices à chaque seconde. Elles coulaient sur mes joues comme pour noyer mon visage afin qu'il s'efface, que plus personne ne puisse voir mon c½ur meurtri à travers mon regard. Elle ne pouvait pas me quitter, elle pouvait s'éloigner mais pas partir. Je la sens en moi, cette présence. Mais si elle s'en va, qui bouchera le trou ? Je m'étais promis de me relever, le mur était une fois de plus trop haut, l'obstacle insurmontable. J'avais déjà été trop de fois recollée, trop de fois recousue. Il n'y a plus assez de fil, le pot de colle est vide et les personnes qui m'entourent s'essoufflent. Elles s'efforcent de courir, encore et toujours. Essayer de rattraper le temps et notre bêtise avec. Mais la charge devient trop importante, elle s'alourdit et s'affaiblit. J'ose un regard vers ma famille et ceux que j'appellerais mes amis assis à table, le visage fermé et le regard vide d'expression. L'attente d'une quelconque information nous rend tous nerveux et les sentiments sont à fleur de peau. Alors tout le monde se tait. Se taire et attendre que le temps passe. La matinée finit de passer. Personne n'avait d'appétit. Vint le temps de midi, le frigidaire resta fermé. L'après-midi, les poings se serrèrent. J'étouffais, je me consumais de l'intérieur. C'était insupportable et en même temps je ne voulais pas que le téléphone sonne. Je ne voulais pas entendre les mots que je redoutais tant. Je ne voulais pas que la terre entière m'entende hurler. Je ne voulais pas m'effondrer pour ne plus jamais recommencer à marcher. Je ne voulais pas inspirer la pitié, je ne voulais pas qu'on m'aide. Je ne voulais qu'une chose, qu'une personne. Je lui donnerais mon âme, elle l'emportera là-bas.

Au coup de 18 heures, une sonnerie familière se fit entendre. Mon c½ur manqua plusieurs battements. Personne n'osait bouger, plus personne ne respirait. Les yeux apeurés, nous nous observions plein d'interrogation dans le regard. C'est alors que Tom, le visage grave, se dirigea vers le salon; pour récupérer son portable, resté dans sa poche de manteau. Au ralenti, on se leva tous. Automates. J'ai soudainement peur, et d'un regard, je vois que je ne suis pas la seule. Que peut-on dire au téléphone vingt quatre heures après l'annonce d'un accident ? Va-t-on nous dire qu'elle s'en sortira ? Qu'elle aura des séquelles ? Qu'elle est ... Non. Dès le moment où dans la journée, ma mère a demandé ce qui c'était passé, je me suis promis de croire qu'elle ne mourra pas.

Une jeune fille renversée par une voiture en plein Hambourg. Le chauffard s'est enfui.
Il y a des tas de gens qui ne meurent pas d'un accident, même aussi idiot que le sien.

(...) dans la matinée, au carrefour, un chauffard renverse une jeune fille et prend la fuite. La victine, June Ulhde, dix huit ans, est une adolescente recherchée par la police française depuis plusieurs mois. Elle est actuellement plongée dans un profond coma. D'après les témoins ( Deux adolescents légèrement plus jeunes ), la voiture noire en cause aurait renversé la jeune fille au moment où elle traversait au feu rouge ...

J'ai l'impression de revivre ce que moi même j'ai fais. Accident, suicide, tomber, et attendre. Être dans le coma. Je n'ai aucun souvenirs de cette période. J'ai peur. Mes mains tremblent et ma circulation accélère. Je ne veux pas qu'elle fasse comme moi. Je lève les yeux au ciel. Dieu, si tu existes vraiment, je t'en supplie. Ramène la moi ... Tom arrive enfin jusqu'à son manteau. Nous le suivons tous. Il décroche enfin, faisant taire le bruit criard de sa sonnerie. Lentement, il porte le cornet du téléphone jusqu'à son oreille. Il prit sa respiration et rassembla toutes ses forces.

- Allô ? Dit-il en allemand

Allons-nous finir au paradis ou en enfer ?

Quelques minutes. On entend rapidement quelqu'un qui parle à l'autre bout, mais on ne distingue rien. Tom devint livide. Et tout s'enchaina au ralenti. Il lâcha prise et le téléphone s'écrasa contre le sol.

« Est-ce qu'il existe en ce monde des mots assez forts ou assez porteurs d'espoirs pour la retenir ici ? »

Moins de vingt quatre heures après l'annonce du mal, je meurs.
Il était 18h30, heure de mon décès.

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Voilà le quatorzième chapitre. Désolée si nous sommes ( beaucoup ) en retard. Mais il y a les études, la vie privée, et surtout les soucis d'adolescents. Nous avons également une vie, pas toujours rose, alors nous devons nous même apprendre à contrôler ces morceaux de maux. Mais on reste là, pas loin, et on écrit.

« Ton mal-être, tes doutes, ne t'inspirent pas pour Zerbrochen ? Tu sais que tu peux tout mettre dedans hein. C'est un peu notre thérapie, non ? »

Une thérapie. Ce mot est magique. Car il nous permet de voir à quel point cette fiction est largement plus qu'une fonction. C'est plus que çà, pour nous. Zerbrochen, c'est une partie de notre vie. C'est une histoire basée sur nos expériences, et nos ressentis. Ce sont des morceaux de notre vie que vous lisez. Et je n'aurais jamais pu trouver meilleure compagne qu'Asma.

Sinon, pour ce chapitre, il est long, comme d'habitude. Ce chapitre fut l'un de ceux qui ont été les plus durs à écrire. On avance dans l'intrigue, et June a un accident. Répétition des actes d'April, apparement. Sachez qu'à la fin du chapitre, malgré le pessimisme d'April, on ne sait pas ce qui a été dit à Tom. June est-elle morte ou vivante ?

Continuez de nous lire, même si nous ne sommes pas là aussi souvent qu'avant pour vous poster une suite.

# Posté le lundi 10 mars 2008 05:30


Beaucoup de choses ont changé.
La question est venue, une fois, lors d'une conversation msn : Ecrit-on ce chapitre ? C'est vrai, ce sera le dernier. Ou au pire, l'avant dernier, puisqu'il faudra couper. & moins de gens accrochent, beaucoup se sont lassés. Pourquoi écrivait-on ? Juste pour panser nos maux, taire nos douleurs, faire cesser nos pleurs. Cette fin, elle me fait peur, comme elle fait surement peur à Saam. Pourquoi l'écrire, alors ? De toute façon, ici, c'est vide. Vide de gens, vide d'envie ... Écrire la fin, çà fout les jetons.

Mais çà viendra. Laissez nous le temps d'vous pondre un dernier truc bien.


EDIT : Tout est écrit, sauf le point de vue de June ... Il sera là dans le week-end, voir la semaine. Pour cela, nous devons tout à Julie. Ca fait vide, avec cette fin.
Merci, merci infiniment à tous ceux qui nous soutiennent et nous encouragent depuis le début ou qui nous ont rejoints en route. Vous nous donnez l'envie et la force de mettre un point final à l'histoire de June&April.

# Posté le vendredi 11 avril 2008 05:42

Modifié le mercredi 23 avril 2008 16:11

______ C'est l'histoire déchirante d'un passé qui hante. Une histoire d'amitié, de trahison et de rédemption. De lâcheté aussi. *« Kapitel 15 »*


_________________STANDORT VON APRIL
________________¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯

Ces derniers jours, la chambre de June ressemblait à un moulin où chacun entrain et sortait à sa guise. Peu de gens se souciaient de son état, certes, mais il y en avait. Les plus proches ou plutôt ceux ayant un minimum de conscience. Il était environ 23h30. Seules Katia et moi étions restées à son chevet. Je restais toutefois à une distance raisonnable de sa fille. Oui, car Katia avait accepté, au prix de nombreux efforts psychologiques, de se trouver dans la même pièce que celle qui avait "tué sa chair". Assez paradoxal quand on connait la vraie histoire. Celle qui a quitté l'autre se trouve maintenant entre la vie et la mort. L'autre c'est moi, ou ce qu'il en reste. June avait quitté April. J'ai l'impression de me retrouver une année en arrière. Les sourires en moins. Rassemblées dans la même pièce, je nous vois encore rire à s'en tordre les côtes. Je me revois dans son lit, sa petite main glissée dans la mienne et nos silences rythmés par nos regards parlant à notre place. En fond, leur musique. Sourire à la con, le réveil est brutal. Je suis devant ce qu'il reste de June, Katia et moi. Es gibt kein zurück. On s'y raccroche et on espère y revenir. Mais cela nous est tout bonnement impossible. On n'efface pas les erreurs d'un coup de crayon, on ne sèche pas les larmes d'un revers de manche, on n'oublie pas les mots avec un pardon, on ne panse pas les maux avec des bandelettes de coton et surtout, on ne recoud pas les cicatrices avec simplement du fil et une aiguille. Non, laisser le temps au temps, pour pouvoir vivre comme avant. Quelque fois on y parvient, d'autre pas.

Alors que je jetais un regard furtif en direction de Katia, celle-ci ouvre de grands yeux ronds, comme si elle avait entrevu la mort. La panique pouvait aisément se lire dans ses yeux. Mon pouls s'accélère et je tourne brusquement la tête vers June. Je ne pus réprimer un sourire : L'ange s'était réveillé. Après avoir appuyé plusieurs fois sur le bouton rouge censé prévenir un médecin en cas d'urgence, sa mère sort précipitamment de la chambre d'hôpital et appelle une infirmière au secours, un peu trop bruyamment d'ailleurs. Elle tourne la tête vers moi, un mince sourire apparait sur son visage. L'envie de m'approcher d'elle et de lui prendre la main me tiraille tellement en ce moment précis que mon c½ur semble se ratatiner dans ma poitrine. Un peu plus fort encore. Ce sentiment d'anxiété, de peur face à June m'est maintenant, malheureusement, familier. En temps normal, j'aurais j'aurais hurler de joie à son réveil. Mais le temps changent, les gens en sont esclaves. Mais c'est plus fort que moi. Je m'approche doucement de June. Mes cuisses sont posées contre lit, ses yeux sont clos et son visage creusé et cerné traduit le mal qui la hante. Je souffre avec toi mon ange. Ich bin Da. C'est alors que je sens quelque chose m'effleurer la main. Ce conctact me fait frissonner, le message est passé. Comme avant, ou presque. Les mots sont superflus et son sourire, bien que très peu dessiné, illumine la pièce. Je glisse délicatement ma main dans la sienne et sourit. Simplement. Et je revis le temps d'un regard infini. Les papillons depuis longtemps envolés me parcourent à nouveau le corps. Je retrouve cette sensation d'ivresse. Je passe mon autre main au-dessus de la sienne et la caresse doucement.

- Je suis là, mon ange. Plus jamais je ne te quitte. Plus jamais. Je suis là et je reste, tu m'entends ?

Elle hoche faiblement la tête et une larme coule sur sa joue. De joie, de douleur ? Je ne sais pas, les deux peut-être. Moi, elles ne coulent plus, la réserve est écoulée. Je passe mon doigt sur cette goutte d'eau salée avant qu'elle n'aille s'écraser sur les draps déjà inondés par son mal-être. De nouvelles larmes suivent, plus abondantes encore. Sa main se serre un peu plus dans la mienne. Enlevez-lui toutes ces horreurs. Laissez ma June, laissez-la. Elle n'a pas besoin de cet oxygène artificiel, je suis là. L'oxygène est essentiel à la vie. Si on vous l'enlève, vous mourrez. Aujourd'hui, à cet instant, je revis. L'euphorie me gagne, je penche la tête vers elle, je ne me contrôle pas. Mes lèvres sont à quelques centimètres des siennes. Un moment d'hésitation et je les capture. Tout doucement, je les effleure d'abord, sa main ne me suffit plus. Elle répond assez franchement à ce baiser qui n'a rien d'amoureux. Non, ce n'est pas de l'amour, ça c'est pour les cons. C'est plus que ça, plus fort encore, plus important, plus indispensable. Une chaleur enivrante me fait tressaillir, mes mains caressent son visage, parcourent des parties de son corps encore meurtri. Je voudrais que ce moment ne s'arrête jamais, je veux juste l'avoir pour moi sans pour autant qu'elle m'appartienne. Je suis elle et elle est moi. C'est simplement la suite logique des choses. Je la veux juste pour la vie dans mes bras. Absolument rien d'autre. Ces quelques secondes d'abandon de nous-même furent brisées par des bruits de pas précipités venant de couloir. Je me retire à contre c½ur et m'assied sur l'appui de fenêtre, tentant tant bien que mal de reprendre mes esprits.
Mon pouce passe sur mes lèvres dans un mouvement machinal tout en regardant, ou plutôt en dévorant des yeux June. C'est comme si j'étais devenue d'un coup sourde, comme si le temps s'était arrêté. Je ne voyais qu'elle et ses lèvres bouger doucement. Un murmure. Aucun son ne sort. Les médecins ne me calculent pas, et s'occupent d'établir un premier diagnostic. Je ne saurais mettre des mots sur ce qu'il vient de se passer, ce que je viens de ressentir. I've just realised. Quoi ? Je n'en sais trop rien. Quelque chose d'indescriptible. Comme si notre "nous" était à présent scellé. Unendlichkeit. Sensations étranges. Passion. J'aimerais tant lui dire tout ce que je ressens. Mais maintenant qu'elle est de nouveau parmi nous, j'attendrais le temps qu'il faudra. Je ne veux plus qu'elle souffre à cause de moi. Voyez où cela nous a menés. Tous.

( ... )

Trois jours plus tard, le monde lui a tourné le dos. Je suis la seule. Comme avant oserais-je dire. Katia était fatiguée de porter ce fardeau sur ses épaules. Le fardeau qu'elle avait créé. Elle était partie la tête baissée sans un dernier regard. June ne lui en voulait pas, elle n'en avait pas la force. Moi, je bouillonnais à l'intérieur, et souriait devant elle. Je la regardais dormir, je la regardais lutter. Ca me faisait tellement mal de la voir si faible, si vulnérable. Nous étions tout, nous ne sommes plus rien. Tout l'une pour l'autre, plus rien pour les autres. Les deux reines ont échoué sur une île déserte sans rien ni personne. Juste l'autre et sa main. Tendres caresses.

C'était le moment où jamais de tout lui dire, les yeux dans les yeux. J'avais écris une lettre comme si j'essayais tant bien que mal d'oublier le passé et ses tourments. Mais il le fallait lui dire avant qu'il ne soit trop tard. Je la regarde encore et encore, évitant le moindre battement cil pour ne pas perdre une seconde de cette magnifique vision.

- June, écoute-moi, il faut que je te parle, que je te dise tout. Tu ne m'interromps pas avant que j'aie fini s'il te plait.

Elle acquiesce d'un léger mouvement de tête. Ma main se resserre dans la sienne alors qu'elle affiche un regard mi-impatient, mi-inquiet. Je ne savais pas par quoi commencer, ni ce que j'allais lui dire. Avant quoi que ce soit, je me lève et fouille dans mon sac. Même de dos, je sens son regard posé sur moi, rien que moi. Je sais que je n'arriverais jamais à lui dire tout ce que je veux sans rien oublier. Elle est tout au fond de mon sac. Longue pour certains, trop courte pour tout lui dire. Je me rassieds sur la petite chaise inconfortable à côté de son lit et la déplie. Je peux enfin commencer. Après tout ce temps, je lui dirais tout ce que je pense, ce que je sens et ce que j'ai ressenti dans le passé. Je lui parlerais de ma vision du futur et de mes projets. De mes envies, de mes pleurs et de ma vie.

Ich halt den Brief in meiner kalten Hand.
Der letzte Satz war lang,
solang er noch brennt,
schau ich ihn an.


« June, mon ange, mon amour, mon double, mon tout, mon moi, mes ailes, mon oxygène, ma raison de vivre et de mourir. Tant de noms et de sentiments pour une seule personne. Je ne sais par où commencer ni par où finir. en fait, je ne veux pas qu'il y ait de fin, de point. Je veux trois points de suspension à notre histoire car elle ne peut finir et ne finira jamais. Pas tant qu'une de nous sera là pour la raconter ou encore mieux, la vivre. Si je devais mettre des mots sur notre "nous", je dirais que c'est une histoire d'amitié, d'amour, de trahison et de rédemption. De lâcheté aussi. Oui, car tu sais aussi bien que moi que nous avons fermé les yeux sur plein de choses. Si futiles au final. Car, ne penses-tu pas que nous aurions du passer au-dessus de tout ce qui nous a amené jusqu'ici ? Tu es tout pour moi. Jamais personne ne pourra comprendre ce que je ressens à part toi. Tu sais que je ne peux pas vivre sans toi, et que tu ne peux pas vivre sans moi. Je le vois, tu le sais, tu le vis et tu m'emmènes avec toi partout où tu vas. Même de là où on ne revient jamais. Quand tu m'as quittée, j'ai cru mourir. J'aurais préféré d'ailleurs. Je ne vivais plus, je survivais. Il me manquait quelque chose, quelqu'un, il me manquait toi. Mon alter-ego. Oui, je crois que c'est ce que tu es. Nous sommes une seule et même personne divisée en deux êtres totalement identiques. Enfin, du moins nous l'étions. Quand tu es partie, tu as emporté avec toi tout ce qui me constituait. Des rires aux larmes, de la joie à la dépression, des sourires aux pleurs, je suis passée par tous les stades de ma destruction. Mais je ne savais alors pas à quel point tu te détruisais, à quel point tu te faisais du mal. Et je m'en veux. Je me déteste autant que je t'aime. De toutes mes tripes, autant que mon âme le peut encore. L'amour n'existe pas sans la haine. Les gens qu'on aime sont ceux qui nous font le plus de mal, c'est bien connu. Nous nous sommes détruites l'une l'autre. à petit feu, consumant notre c½ur lentement. Tu es partie avec nos souvenirs. Mais malgré tout ce qu'on a pu vivre cette année, je ne t'en veux pas. Je me dis qu'il fallait passer par là pour mieux se retrouver. Tu sais, je serais toujours là, je vis pour toi. Si tu pleures, c'est dans mes bras et je tomberais avec toi. Je te relèverais s'il le faut, je saurais te rassurer. J'utiliserais jusqu'à mes dernières forces pour toi. Je veux que tu sois fière de moi. Tu sais, je peux tout te pardonner. Je me retrouve en toi, je ne peux cesser de me comparer à ce que tu es. Je voudrais tellement que tu me dises que tu m'aimes toi aussi, même un peu. Que tu ne m'oublies pas et que tu veux encore passer ta vie avec moi. Que ta main sera toujours là, que l'oiseau volera encore longtemps haut dans le ciel. Je voudrais que sur cette balançoire de notre enfance, tu cries que tu es libre. Je veux voir ton sourire, je veux te sentir, te voir, te prendre dans mes bras, t'embrasser, te caresser, je veux vivre. Pleinement et je ne pourrais le faire sans toi ...

And if you go, I wanna go with you. And if you die, I wanna die with you.

Je marque une pause. Ma voix déraille et une boule douloureuse se forme dans me gorge. Elle me regarde et me sourit. Pourquoi ne parle-t-elle pas ? Elle sourit, simplement. Le plus beau de tous. Je ne peux m'empêcher d'étouffer un sanglot. Je suis partagée entre le rire nerveux et l'envie de m'effondrer dans ses bras. Lentement, elle délaisse ma main quelques secondes. J'arque un sourcil, mais je la vois juste prendre son verre d'eau, faisant suivre la perfusion. Une seule gorgée semble être pour elle une horrible douleur. D'un mouvement lent, elle repose le verre, et replace sa main dans la mienne.
Un incendie se déclare en moi. J'ai l'impression que je devrais me taire, mais pourtant, je me replonge dans ma feuille. Les mots sont parfois illisibles, détruis par les larmes. J'ai envie de continuer, autant que j'ai envie de voir June se lever, et sortir d'ici. Quelle idiote ai-je pu être, de croire qu'elle sortirait d'ici. Sa main est froide, et pourtant, je laisse. De l'autre côté du lit, son bras balance dans le vide. Je me souviens de nos morts. Je me souviens de notre histoire. Elle & moi. Elle sans moi. Je la revois partir, un matin, dans leur voiture. Dumoins, je l'imagine. J'imagine sa vie, là bas. Je revois mon suicide, ma résurrection ... & je me revois partir. Je revois sa haine, nos cris, notre désespoir. Notre illusion, aussi ... & j'imagine quelques secondes qu'elle ne survive pas. Les médecins ont dis que ce serait dur. L'accident a fait énormément de dégats. Trop, peut-être ? Non ... Non, June s'en sortira. June pourra à nouveau marcher, parler et sourire. Sourire, surtout. Je n'ai pas détourné mon regard de la feuille de papier qui était entre mes mains pendant la lecture de celle-ci. En m'arrêtant, je pensais qu'elle réagirait. Mais elle est là, juste une présence. Passive et éteinte. Perturbée, je poursuis alors.

... Ne crois pas que je les ai oublié. Eux. Tu t'en souviens ? Tu te souviens de notre découverte, de l'émerveillement face à ces trois accords magiques et cette voix sublime. Si peu pour les autres, une révélation pour nous. Très vite, nous nous sommes identifiées à ces quatre sourires, encore timides à l'époque. Et surtout, nous nous sommes retrouvées dans cette complicité infinie. Un regard et tout était dit. Non je n'ai rien oublié et jamais je n'y arriverais mais j'essaye. Encore et toujours. Vainement au final. Car on efface rien, on oublie parfois. C'est écrit. Comme notre histoire. Schreiben uns in die Ewigkeit. Quand tu étais avec eux, je fulminais intérieurement. Mais tu semblais heureuse, alors je l'étais. Je ne veux que ça, June. Rien d'autre que toi et ton bonheur. Ils semblaient t'apporter quelque chose que je n'arrivais pas à te donner. J'en crevais, tu sais. Un véritable supplice que de te voir dans leurs bras, dos à moi. Je voulais mourir quand tu partais avec eux, sans même un regard en ma direction. Malgré tout, ils t'ont aidée, leur étreinte t'as amenée à te sentir mieux. Mieux qu'avec moi et même si c'était difficile à concevoir, je l'ai accepté bien que ce ne soit pas dans ma nature. Mais je ne suis plus une reine. Sans toi, je ne suis rien en fin de compte. L'idée que tu puisses aimer Bill plus que moi m'était insupportable. Je te jure que je l'aurais tué si c'était pour te récupérer après. En fait, je ne voulais pas que tu aimes quelqu'un d'autre plus que moi. Je te demande peut-être beaucoup en te demandant d'être tout pour toi. Je pense que je te rends assez bien la pareille, non ? Car oui, tu es tout, absolument TOUT pour moi ...

Je sens qu'elle bouge légèrement, comme si son bras, balancé dans le vide, faisait un drôle de geste. Mais trop abattue, je continue ma lecture, la laissant bouger légèrement son corps. C'est à ce moment là que j'aurais du relever la tête, et voir ce qu'elle faisait ... Mais comme une idiote, je suis restée la tête baissée, fixant les mots. Vite June ... Redeviens la grâce que tu incarnais auparavant.

En écrivant ces lignes, je me demande si je te retrouverais un jour. Si un jour, tu m'accepteras à nouveau. si un jour, tu me tendras à nouveau la main et volera avec moi. Et me voilà, devant ce bout de papier insignifiant, taché de mes larmes et empli de tristesse mais aussi d'espoir, parfois. Me pardonneras-tu seulement ? Une seule faveur. Une seule et unique. Celle d'être une nouvelle fois ta vie. Je veux revivre. Je veux redevenir ce que tu me faisais être. Je veux redevenir April ...

Cette fois-ci, les larmes ont bel et bien coulé. J'avais mal a la tête et mon coeur battait la chamade. J'avais envie de me lever et de m'enfuir en courant. Mais non, je restais là, bloquée devant elle. Elle ne me regardait plus. Sa tête était tournée de l'autre côté mais sa main était toujours dans la mienne. Je fis quelques petites pressions afin de capter son regard mais elle ne retourna pas. Je me levais, interloquée.

- June ? June, réponds-moi. June, June, JUNE ?

Je secouais sa main tellement fort que son bras aurait pu se casser. Je me lève et hurle son nom. Elle va me répondre, elle VA me répondre ! Dis quelque chose, n'importe quoi. que tu me hais, que tu m'aimes, que tu me pardonnes, que plus rien ne sera jamais pareil, que tu ne veux plus jamais me voir que que ...

- NE ME LAISSE PAS ! PAS COMME ÇA ! TU NE PEUX PAS, JUNE !

Rien, juste le silence. Horrible, écrasant. Air aseptisé, je suffoque, j'étouffe. Que se passe-t-il ? Elle dort ? Non, je l'aurais réveillé en la secouant et puis, mes cris atteignaient un niveau de décibels assez élevé. Sans réfléchir plus longtemps, j'appuie sur le bouton rouge. J'appuie dessus sans m'arrêter comme si cela allait les faire venir plus vite. Après quelques secondes à peine, trois infirmiers arrivèrent en trombe, suivi par les autres personnes. Katia me bouscule, mais très vite, je me jette sur le lit. Sauvez la ... Je ne vois pas les garçons. J'ignore Matthew et April ... J'oublie que je ne suis pas seule. Je veux juste qu'on me rende June.

- Que se passe-t-il, mademoiselle ?
- Je .. June ... elle ... ELLE SE RÉVEILLE PAS !
- Du calme s'il vous plait ! Laissez-nous faire.

J'ai envie de leur tordre le cou, de leur hurler qu'il se bouge le cul, plus vite que ça, putain ! Je ne pense même plus. En tout cas, plus correctement. Les images se succèdent, défilent à une vitesse inimaginable. Et je tombe, je tombe, je tombe. Chute vertigineuse, sans fond ...

Der Letzte Tag.

- April, April ? Réveille-toi.

Je gigote et respire mal. Mes yeux, aveuglés par la lumière des néons, s'ouvrent difficilement. Georg est devant moi, la mine grave et les yeux bouffis. Pourquoi il me regarde comme ça ? D'un coup, je me redresse et saute du lit. Je commence à courir sans but mais tombe après quelques mètres dans la chambre. Aïe, putain. Georg arrive en courant lui aussi, pour me relever. Il passe son bras en-dessous de mes jambes et passe le mien derrière sa nuque pour s'assurer que je ne tombe plus. Mais il ne comprend pas que je chute. Je suis en train de tomber, plus bas que jamais ... J'ai l'impression d'être au lendemain d'une soirée arrosée. La pièce tourne et mes yeux sont à moitié fermés. Ma tête tombe sur l'épaule musclée du bassiste et je sens qu'il me redépose sur le lit. J'essaye d'articuler quelques mots ravalant difficilement mes larmes.

- Où .. où est June ? Je veux la voir. Elle va bien ? Je suis partie, j'aurais pas du. Je l'ai laissée toute seule mais j'ai pas fait exprès. Où elle est ? Dis-moi, Georg. S'il te plait, dis-moi où je dois aller. Je suis perdue. Où on est là ? Je ..
- April ...
- DIS-MOI ! Je peux pas vivre sans elle tu comprends ?! Je ne peux pas, c'est impossible. Pitié, ramène-moi à elle où qu'elle vienne, n'importe. J'ai besoin de la serrer dans mes bras, de la regarder pendant des heures, de lui prendre la main, de voir son sourire et son regard plongé dans le mien. J'ai besoin d'elle ...
- April. Je ...
- Quoi ? QUOI ? LAISSE-MOI LA VOIR ! Je t'en supplie, Georg ! Tu peux pas me faire ça ! NON, non non ...
- Ecoute-moi, s'il te plait.
- PITIÉ !
- TU M'ECOUTES MAINTENANT OK ?! Tais-toi, je veux plus t'entendre.
- Pourquoi tu me parles comme ça ? Pourquoi tu pleures ? Pourquoi tu ne veux pas que j'y aille ? Arrête ta blague, Georg ... C'est vraiment pas drôle ... Pourquoi tu me parles aussi méchamment ? Pourquoi je dois t'écouter ?
- Parce qu'il voudra pas répéter deux fois ce qu'il va devoir te dire.

Tom entre dans la pièce. Si beau, si parfait. Mais je ne relève pas. Il a, lui aussi, les yeux rouges et regarde le sol. Le regard est lui, vide. J'ai tellement peur, je crains tellement ce que je vais entendre que mon coeur ne bat plus. Ou alors, il a cessé de vouloir alimenter mon corps du sang qui coule dans mes veines. J'ai bien l'impression que ce qui le fait, ou plutôt celle qui le faisait battre a emporté avec elle tout ce qui restait de moi. Mais non, je ne veux pas l'entendre. Je me bouche alors les oreilles et me recroqueville sur moi-même. On dirait une folle. Tant pis. Apportez la camisole et internez moi. Sans elle, je ne suis plus rien. Georg empoigne alors mes poignets. Il me fait mal. Je ne le regarde pas, la tête entre mes genoux et crie.

- Tais-toi ! Je ne veux pas t'entendre moi non plus ! Ta gueule, ta gueule, ta gueule ! Casse-toi ! Non, laisse-moi ! Ne me TOUCHE pas !

Je m'effondre, encore. La chute est vertigineuse, presque sans sol. J'hurle. J'hurle une plainte que personne ne comprend. Je comprends avant les mots. Mais il est plus fort que moi. Et Tom s'est joint à la bataille. Il essaye d'enlever mes mains alors collées à mes oreilles. Je voudrais devenir sourde. Je résiste tant que je peux, tant que j'en ai la force. C'est-à-dire pas très longtemps. Je les entends hurler. La porte s'ouvre. Lentement, le reste du groupe rentre. Même visage, même regard. Arrêtez ! Arrêtez de pleurer ... Taisez votre douleur, faites disparaitre ce malaise ... L'atmosphère est attroce ... Par pitié, sortez. Mais ils rentrent. Eux, et ces mauvaises ondes. Katia me regarde désolée. Pourquoi ? Plus de pitié ? Plus de haine ? Pourquoi pleure-t-elle ? Pourquoi pleurent-ils tous ? Je pleure également, je hurle et ma respiration est saccadée. Mon cerveau va exploser, mon coeur avec.

- APRIL TU M'ECOUTES PUTAIN !
- Je veux pas, non, laisse-moi. Je t'en supplie.
- Tu m'as dis que tu voulais savoir où elle était. Je vais te répondre. Mais d'abord, tu te calmes !

Je baisse le regard. Je baisse la garde et m'effondre sur le lit, vide, totalement épuisée. Finissez-en. Achevez-moi, tuez-moi mais cessez ce supplice. Je ne le couperais plus. J'ai trop attendu. Ils se mettent du même côté du lit, à deux. Les autres restent près de la porte. Je me crois à mon propre jugement. Où sont les juges ? Où est mon avocat ? Je ne demande qu'une fois : Mise à mort. Tom me prend la main et Georg reste un peu en retrait, les bras croisés, comme s'il avait peur de ma réaction.

- April, ce que je vais te dire est ... difficile. Même impossible.Je ne sais pas quels mots employer et ne pas employer alors je n'irais pas par quatre chemins. Les infirmiers et les urgentistes ont fait ce qu'ils pouvaient mais June s'était débranchée. Tu sais comme moi, qu'elle était trop faible pour survivre sans ces perfusions. Elle a également débranché l'électrocardiogramme. On appelle çà un suicide ... Les infirmiers n'ont donc pas pu se rendre compte qu'elle ne respirait plus et ce, depuis quelques minutes déjà. April, June est ...

Morte.
Le mot fatal. Les larmes coulent. Tous. Tous les trois. Des dizaines de regards vides dont deux posés sur moi. Je ne ressentais plus rien, un goût de sang se répandait dans ma bouche, j'étais tout simplement morte. June était morte. Nous étions tous morts. Je n'étais déjà plus que l'ombre de moi-même. Quelque chose manquait. En moi, le vide s'était dispersé. L'absence était suportable, tant l'espour, même infîme était présent. Mais là, plus rien ... Juste un tourbillon infernal, et ma langue qui claque ... Je serre les poings, pâme et morte. Les mots sont trop faibles pour décrire ce que je vis en ce moment précis. Je ne respire plus, ma main se desserre dans celle de Tom. Ma vie est brouillée, ma gorge me fait un mal de chien. Mais un mal incomparable à celui de mon coeur, mes tripes. L'oiseau était mort. La balançoire avait craqué sous le poids des maux. Le temps s'était arrêté, plus que jamais. Le monde s'était écroulé. Je tombais dans un vide sans fin et n'avait rien à quoi me raccrocher. La seule personne, le seul être qui me constituait toute entière s'était envolée. Il ne me reste plus qu'à rester là et attendre. Quoi ? Rien. Absolument rien. Ironie du sort. Je volais, je suis maintenant plus bas que terre.
Je sens qu'un me soulève, c'est tout. Quelqu'un tente de me relever. Mes jambes ne me tiennent plus. Mes muscles ne m'obéissent plus. Je suis un zombie, une âme en peine qui erre et ne sait plus où aller. Je ne suis plus rien. Je suis m.o.r.t.e

Zerbrochen.


_________________STANDORT VON KATIA
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Elle, elle, et elle. Elle est là, assise, les joues rougies, les yeux noircis. Elle n'y est pour rien et pourtant je lui reproche tout. Le début de la chute, c'est elle. Tout a été écrit, transcrit sur papier par larmes et sang. J'ai eu l'impression que plus jamais June ne serait pareil. Je ne m'étais pas trompé. La voilà là, assise, allongée, à demie morte. Et tout ce qu'elle trouve à faire, April, c'est de s'asseoir à ses côtés et attendre. Attendre quoi, hein pauvre cloche ? Un réveil ? Mais personne n'y croit. Les médecins désespèrent. Le coma dure trop longtemps, les yeux sont obstinément clos. Et le doute complet. Pourquoi a-t-elle traversé ? Pourquoi a-t-il fallu qu'une mère puisse éprouver de tels sentiments ? L'abandon. Moi & Pierre, c'est fini. En vérité, tout s'est fini quand notre fille est devenue une étrangère. Quand elle a commencé à maigrir, et que nous n'avons rien fais. Elle rentrait, montait, et dormait. Parfois, j'entendais l'eau coulait. Parfois, j'entendais qu'elle vomissait. Mais je restais en bas, les yeux cernés. Je n'ai rien fais. Et April n'a rien fait. Pire, elle a continué. Elle a entrainé ma fille dans un monde où le retour n'existe même pas : La déchéance.
Quand on m'a téléphoné, j'étais allongé sur le canapé, à fumer. Des mois que j'avais quitté mon travail, ma vie, mon âme. Elle était partie, un matin. Sa chambre était en désordre, son coeur en miettes. Des traces de drogue. Des traces de larmes, et sa seule souffrance pour dernière compagnie. Et je l'ai regardé s'éloigner de ma vie sans bouger. J'étais anéantie des efforts que j'avais pu faire. Mais j'aurais pu faire mieux, j'aurais du faire mieux. Sauf que je n'ai rien pu faire ... Encore moins quand un hôpital allemand m'a appelé. Oui je parle allemand. Oui je suis Mme Ulhde. Que se passe-t-il ? Comment çà vous avez retrouvé ma fille ? Pardon ?

Puis le trou noir. L'absence.
Je sauterai pour toi.


J'ai pris le premier avion pour l'Allemagne, appeler son père, et la police. Puis, il a fallu gérer les papiers administratifs, et les soins. Puis j'ai vu mon enfant. Ma perle, ma vie. Celle à qui j'avais déjà tout pardonné. Elle était là, horriblement maigre et blanche. Et recouverte de bleus. Et endormie. Juste endormie, n'est ce pas ? Je ne peux imaginer le reste. Puis les jours ont passé. Elle a dû être transféré en France, et April est arrivé en courant. Elle pleurait déjà. Ou alors elle pleurait depuis des jours ... & On m'a tout expliqué. Tout, de A à Z. Et puisqu'il a fallu récupérer les affaires de June, nous sommes tombés sur toutes ses lettres. J'ai alors appris que le malaise durait depuis l'enfance. Et j'ai vu à quel point ma fille souffrait, derrière la prison de ses sourires.

- Katia ? Je sais que tu m'écoutes, mais que tu me répondras pas.

J'étais là, assise, et de dos. Elle venait de passer la porte, et j'avais senti son parfum. Légèrement fruité, comme June.

- Tu ne pourras jamais m'en vouloir autant que je m'en veux. June est ma vie ... Et elle est la tienne. Alors faudra bien que tu me reparles ...

(...)

Un silence, une étincelle et me voilà encore plus morte. Plus la vie de June s'éteint et plus mon coeur ralentit.

- Katia ! KATIA !!

La voilà.
Son regard est à nouveau ouvert. Éteins, mais ouvert. & mon coeur me hurle de tout reconstruire. J'avais imaginé cette scène des tas de fois, savez-vous. Je m'imaginais parfaitement mes larmes, et notre étreinte. Nos retrouvailles, nos pardons ... & je n'ai rien fais, sinon appeler le corps médical. Puis, lentement, je suis sortie, et j'ai hoché la tête. Tous se sont levés. Et je suis tout simplement monté sur le toit, et j'ai allumé une cigarette. June était réveillée. Mais son regard n'avait plus rien de vivant. Ce n'était qu'un sursis. Une simple venue pour lui faire nos adieux. Du moins, c'était mon impression, là, au sommet de la ville. Très vite, quatre garçons m'avaient rejoins en haut. Allemande de nature, il n'était pas difficile pour moi de reconnaître leurs voix, et pire, de pouvoir les comprendre. Arrivés à ma hauteur, ils s'étaient tus. Là, deux garçons aux muscles saillants, légèrement différents en tailles. Un jeune androgyne, aux traits fins, mais trop menteurs et une pâle copie de son visage, sur un rideau de dreads. Tokio Hotel. Ou le groupe le plus scandale de notre décennie.

- Vous ne descendez pas Madame Ulhde ? Lança le jeune bassiste au bout de quelques minutes
- Pourquoi faire ?
- Juste pour voir votre fille ...
- Ce n'est pas ma fille. Ce n'est plus ma fille Ce n'est qu'un fantôme. Une fausse illustration de l'enfant que j'ai mise au monde. Pourquoi ? hein ? Qui peut me dire pourquoi tout a dérapé ? Pourquoi on ne voit plus que ses os ? Pourquoi ne sourit-elle plus ? Pourquoi a-t-elle cessé de vivre ? et quand, hein ? Personne ...

_________________STANDORT VON BILL
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Se relever.
Je n'aurais jamais pu croire m'attacher autant à elle. En vérité, personne n'aurait pu croire s'attacher à une personne dont la vie ne se voit qu'à peine. Elle était là, absente, presque vide. & d'un simple hasard, elle nous était apparue comme un nouveau rayon de soleil. Une espèce de pile humaine, qui nous redonnait foi et courage. Quand nous avions appris le réel état qu'elle occupait avant de s'installer avec nous, j'ai eu du mal à croire à cette image d'une June droguée & mourrante. Maigre, elle l'était. Cernée également. Mais aussi ancrée dans la dépression, nous avions presque du mal à l'imaginer. Y croire était impossible. Puis, elle avait recommencé à sombrer. Je ne saurais dire quand précisément, mais un matin, elle était arrivée, et elle avait perdu son sourire. & nous, comme des cons nous n'avons rien fais. Nous avons juste attendu qu'elle le retrouve. Mais elle ne l'a pas retrouvé. Du moins, pas jusqu'à ce qu'elle laisse une chambre vide comme dernier souvenir. Plus de soirées, puisqu'elle allait se coucher de plus en plus tôt. Plus de repas, puisqu'elle prétendait avoir déjà mangé. Plus de sourires, puisqu'elle avait perdu toute raison. Nous avions petit à petit observé le retour d'April et la dernière chute de June. Comme une reine déchue, elle s'était laissé choir un dernier soir, après un coup de maître magistral. Un accident ... Quoi de plus banal. Pourtant, mon coeur hurlait à mort sa disparition. June me manquait. & j'avais l'impression qu'elle était plus que la simple assistante de David pour moi.
La mère de June était passé devant nous, un paquet de cigarette à la main. Pouvait-on seulement comprendre le désespoir de cette mère ?

_________________STANDORT VON JUNE
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Quand je suis jalouse, ce sont mes veines qui prennent.


Je n'ai jamais voulu naître. Ca me paraissait si absurde, avec le recul, de mettre au monde un enfant puisque quoi qu'il arrive, il était condamné à mourir. Il faut l'avouer, je n'avais jamais été réellement heureuse. Disons que je taisais ma douleur sous une immensité de sourires assez hypocrites et menteurs. Pourtant, c'est effarant de voir à quel point çà marche. Les gens, trop soucieux de ne pas avoir leur petit train-train se modifier, préfèrent se contenter d'un " Ca va ", bien peu crédible mais assez potable. Oui çà va. De toute façon, çà peut toujours aller. On se persuade d'un second état alors qu'au fond, tout n'est que mensonge. Bien sûr que çà n'allait pas. Ca n'allait jamais. April en moins, c'était devenu inespéré.

J'essaye en vain de me replonger, à corps perdus, dans le passé, pour en ressortir ne serait-ce qu'un infîme espoir. Mais rien. Je suis là, allongée et spectatrice. J'observe ma mère dévisager mon âme, et j'observe April me dévisager. Plus qu'un espoir, une rédemption. Un simple retour à la normale. Mais même si je le voulais, je ne le peux pas. & d'ailleurs, je ne le veux pas. Je me tue à la recherche d'une vie que j'ai perdu dans ma recherche d'identité. Ma gorge, brûlée par l'acide et détruite par la nourriture n'arrive même plus à articuler le moindre mot. Je suis alors devenue muette, taisant à jamais mes derniers secrets. Personne ne comprendra. Ni le début de ma chute, ni cette fin. Sauf quelques lettres, écrites au sang les soirs de pleines lunes. Du reste, il ne restera rien qu'une image gravée : Celle d'un cadavre allongé, sans vie, ne se battant même plus pour vivre. Une perte d'identité n'est que seule responsable. Et il y a dans cette histoire une seconde idée. J'ai contaminé et détruis mon identité en essayant de me retrouver dans le regard des autres. Mais comme ce dernier est toujours vide, toujours, et bien au plus je m'enfonçais, au plus je m'enterrais. En vérité, plus j'y réfléchis, et plus je me rends compte que j'aurai pu me faire interner dès l'âge de dix ans, pour mes premiers vomissements. & m'être suicidée à dix sept ans, pour avoir tué tout mon entourage à coup de douleur. Départs et suicides. Drogues, anorexies, et mensonges. Cris ... La violence de mes regards et de mes gestes n'avaient fait qu'accentuer leur maux. Et me tuer davantage.

Mon corps est endolori, mon cerveau pire. Pourquoi m'a-t-on livré avec un coeur ? Je ne demande rien. Ou si, je voudrais me rendormir. Et mon regard croise celui d'April. Il en croisera d'autres. Mais je ne prends qu'un rôle de poupée. Je suis la poupée brisée, cassée, tombée. Ils m'ont tous regardé. Je n'ai pas analysé tous leurs regards. C'était parfois de la tristesse, de la haine, de la peur ... La plupart pleurer. Et moi, je restais spectatrice. Jusqu'à ce qu'April ne sorte un papier chiffoné de ma poche. Je souris. J'ai pris ma décision. Je leur rend un dernier service.

Les mots s'enchainent, ma vie avec. Cette dernière défile. Le désespoir se lit en elle. Je comprends alors qu'elle souffre. Plus que tout. & je me rends compte une dernière fois des meurtres que j'ai opéré. Je tais la fin d'un rêve. & elle hurlera la mort de la femme qu'elle aime. Je mets dans mon dernier geste un semblant d'humanité. Comme une mise en garde. Je sais qu'un jour, notre histoire sera lue. Je sais qu'elle sera entendue, comme celle d'une tragédie moderne. La triste histoire d'une adolescente trop mal, et que personne n'aida. Une adolescente que la douleur transforma en monstre. L'horreur de la vie se lit dans mon état, je regarde d'un vague sourire la courbe s'éteindre. Il n'existe pas de pardon pour certains actes. Les miens sont encore pires. Vous croyez vraiment que je pourrais un jour me réveiller, dans le lit d'un homme, avec le rêve d'une vie parfaite ? Naïfs.
Je ne fais que cesser l'illusion. J'arrête le jeu. Une jolie boîte, une jolie copine. Je me souviens des soirées passées, allongées sur mon lit, à fumer, rire, et parler. Et elle, tandis qu'elle parle, je tends ma main, et hésite. J'ai tout prévu, sauf la lacheté. Ai-je raison ? De toute façon, ce ne sera pas la pire des conneries, si ? Je préfère l'égoisme au pardon. Je préfère l'arrêt à l'espoir.

Ma détresse, ma douleur, mon amour.

Trop tard, ma main bascule, ma vie avec. Je viens de cesser toute chance. Lentement, le bruit se fait, couvert par ses sanglots. Pour une fois, je suis heureuse qu'April pleure. Ainsi, elle ne comprend pas. Le souvenir d'un dernier sourire, je presse sa main une dernière fois, et tourne la tête. Ma dernière vue repose sur l'électrocardiogramme. La ligne s'étend, s'allonge, se meurt.

Boum. Boum. Boum. Boum ...
Zerbrochen.

_________________STANDORT VON MERYL
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- April ? Tu sais, on regrette. Je veux dire, pas spécialement nous, les garçons, mais même les musiciens
- Vous en faites pas ...
- Ca va aller ?
- ... Je ne sais pas.

Mon sourire n'existe même plus. Tellement de regrets, et de douleur.
Mon coeur ne bat même plus. La princesse est morte. L'information résonne à travers la résidence impériale. La princesse se meurt, et personne n'y peut rien. Est-ce un suicide ? Comment a-t-elle pu traverser au rouge ? Le jeune homme du carrefour ne s'en remet pas. Il se sent coupable. J'imagine alors que si, même lui, se sent coupable, alors nous avons à notre compte une dose excessive de culpabilité. La chambre de June n'est jamais réellement fermé. S'y succèdent d'ailleurs Katia & April, dans une drôle de danse. Le père de June n'ose plus mettre les pieds à l'hôpital. Quand il vient, il s'effondre. Alek et Matthew passent, parfois. Ils sont fatigués, car même dehors, ils ne dorment & vivent pas plus que nous. Nous vivons en échange d'un espoir. Un espoir que les médecins, capricieux, tardent à nous donner. Ils esquivent, attendent, s'impatientent. Mais June ne réagit pas. Certes, elle est vivante ... Mais à quel prix ? Elle ne marche pas. Elle ne parle pas. Elle ne sourit pas. Elle a juste les yeux ouverts, soucieuse d'être sorti de son coma ... On aurait mieux fait de la secouer, de lui demander de faire plus que ce réveil trop inégal. On regrette tous, je crois. C'est l'histoire d'adolescents paumés.

- Je t'en pris, June, me laisse pas. Laisse nous une chance ... Laisse toi une chance.

Mais rien.
Un silence, une absence. June semble vide. Vidée de tout. Comment est-ce arrivé ? Où est l'époque amusante du lycée & des amourettes débiles ? Ce temps nous manque à tous et pourtant, nous passons notre vie dans un hôpital, à attendre l'inespérable.

- Toujours rien ?
- Non rien ...
- Je doute de plus en plus d'un prochain 'réveil'
- Ne dis pas çà, j't'en pris.

Nous refusons la vérité, parce qu'elle nous fait peur. Si June meurt, nous mourrons tous. Rien que d'un départ elle a réussi à tout ébranler. Une mort serait pour nous fatal. Mais plus les jours avancent, moins les médecins espèrent.

Espérer ? Nous n'en sommes même plus capable.

(...)

Il y a soudain eu, au beau milieu de la nuit, un lourd bruit de pas précipités et de vie qui s'accélère. Avec les garçons, musiciens, ou non, nous avons relevé la tête. La chambre de June ne ressemblait plus à rien. April était allongée dans une chambre voisine, et la mère de la victime s'aggripaient au lit de son enfant.

- MADAME, CALMEZ-VOUS !

Je me lève, aussi appeurée que les autres. À peine réveillée, je pleure. Je devine la suite, et je m'aggripe à Matthew. Le visage de June est pâle, & son pouls est faible. Nous ne distinguons qu'à peine l'âpre bruit de la machine. Les médecins sont fous. Ils courrent, se précipitent, et chargent. Défibrilateurs automatiques. Choc électrique.

- Pouls filant, respiration à 48.

Les pastilles sont sur son corps. Dénudé, et mort. Je revois enfin le résultat de sa chute. Ses os saillisent, son sourire est obstinément ailleurs.

- Tracé ? Hurle un médecin. Trop tard, on intube.
- Il faut injecter !

Un sifflement strident. Bill s'effondre, mains aux oreilles. L'horreur n'est pas sous terre. Pitié, ne la faites pas mourir.

- Envoyez 400 joules

Son corps se courbe. J'ai l'impression de perdre à mon tour toute raison. Matthew se détache de moi et se jette contre le mur, tapant dessus jusqu'au sang. La mort nous tourne autour, et pourtant, je reste stoique devant le spectacle. Eteignez la télé, l'image est de mauvais gout. Mais ma main devant moi, je me rends compte qu'il n'y a aucun poste de télévision. C'est la stricte vérité. La vérité, et June. C'est presque beau, ce corps, même si maigre, se levant vers les cieux. Pourtant, mes larmes ne s'arrêtent pas. Je regarde les autres. Bill est au sol, Tom à ses côtés. Les deux autres musiciens se sont écartés, pris de nausées. Katia n'a pas bougé, elle est resté à la porte, regardant sans bouger son enfant partir. Alek est avec Matthew. & je suis là, au milieu ...

- On recharge à 460 ... Allez June, fais pas la conne ! T'es encore jeune, tu peux encore vivre ... Allez June. ON CHOQUE ... June, allez ! Debout. Regarde le nombre de personnes qui t'attendent. On choque encore ... JUNE !

Mais rien. Un néant, un sifflement et une ligne qui refuse de se tordre.
Son corps retombe, chaque fois. & ce sont nos coeurs qui se brisent. D'un mouvement, je m'écarte, et m'enfonce dans l'autre chambre. April est allongée, sans vie. Comprend-t-elle seulement ce qu'il se passe.

- 00h22, heure du décés.

Je me tourne. Alek est là. Je ne le connais même pas, ce garçon. Pourtant, il me regarde, et se jette dans mes bras.

Brisés.

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Voilà. June est morte, April avec. Et nous, nous taisons à jamais les maux qui ont parcouru nos coeurs. Cette histoire, vous l'avez dis, des tas et des tas de fois : C'est nous. Nous. Juste nous. Zerbrochen, c'est notre histoire narrée et romancée. Nous avons juste voulu faire disparaitre un trop plein de sentiments, et nous les avons mis sur feuille. Cette histoire n'est pas finie, non. Il reste la fin, la vraie fin. June est morte, certes, mais vous verrez ce que deviennent les survivants. C'est l'histoire d'un combat, l'histoire d'une souffrance. L'histoire d'adolescents qui ne controlent rien, et qui tentent quand même de tout refaire. Refaire une vie, un monde, une identitée. Cette histoire, c'est la notre, autant que la votre. Vous vous identifiez aux personnages, autant qu'à nous.
Cessez de dire que cette histoire est belle, elle ne l'est pas. Elle est tragique et horrible, comme nos vies. & pourtant, on s'accroche.

Il ne manque plus qu'un chapitre, une dernière page, l'épilogue.
Aucune faute n'est corrigée, on le fera plus tard ...
Ne jugez pas, nous avons juste écris avec nos coeurs, une toute dernière fois.

A bientôt, pour le dernier article :)

# Posté le vendredi 25 avril 2008 13:19

Modifié le jeudi 01 mai 2008 18:01

______ La coeur a ses raisons que la raison ignore *« Epilogue »*

_•• _____ La coeur a ses raisons que la raison ignore  *« Epilogue »*
Une simple histoire d'adolescent.
A quel moment tout a basculé dans ce qu'on appelle le vice ? Quand aurions-nous pu tout changer, tout sauver ? La réponse restera inévitablement silencieuse ... Ou alors elle n'existe même pas. Nous ne cherchons plus. Nous avons cessé de chercher quand lentement, son corps a disparu dans le lourd four. Quelques rares personnes, habillées de noir, et maintenant liés par un lien que personne ne saurait expliquer. Celui d'un dernier sourire, d'une dernière fois. June a quitté nos vies sur un sourire et nous gardons pourtant un sentiment amer que rien n'est fini. Quand les garçons retournent au studio, son rire résonne encore, et sa voix continue de parler à travers les murs. Ils la revoient, allant de la machine à café à la fenêtre, de cigarettes en cigarettes, de rire en rire. Mais pourtant, un vide effrayant subsiste. Celui d'un ange, parti trop vite. Le coeur se retrouve vide, vide d'elle. Ici, à Paris, rien n'est mieux. Le lycée lui a consacré une minute de silence. & nos coeurs, eux, se taisent depuis des jours. Chaque pièce de nos maisons conservent son odeur, chaque coin de rue continue d'immortaliser ses déambulations. Nous la revoyons courir, nous la revoyons sautiller, heureuse et fière.

_________________STANDORT VON TOM.
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Les jours d'après s'enchainèrent ce à quoi nous ne pouvions échapper : La préparation des funérailles et les funérailles elles même. Longtemps, April hurla, pleura, et se débatit, mais souvent, elle finissait par sortir de chez elle, les yeux ailleurs et le regard éteint, pour confirmer chaque geste. Oui, June voulait être incinérée. Non, elle ne veut pas de grands discours. Oui je vais bien, ou pas, mais croyez le. Je voyais en April une illustration de l'abandon : Chaque geste qu'elle effectuait semblait automatique, mais rien d'humain.
Nous logions chez June, dans l'ancienne maison, ses parents ayant fait don d'une amabilité exemplaire. A chaque repas se racontaient de nouvelles histoires. Je pense que cela aidait les parents de notre reine de la savoir si heureuse peu avant sa mort, bien que cette dernière fut réellement précédée de tournants dont seule la défunte avait le secret. A chaque bouchée, quelques sourires étaient encore possibles, et peu à peu, nous aprîmes à connaître la reine. Nous apprenions ce qu'elle était, de sa naissance à sa venue à nous, et nous fûmes enfin au courant de son obsession pour nous, jusqu'à sa haine. Lorsque nous entendîmes le changement qui s'opérait en June, avec sa soudaine maigreur et sa nouvelle solitude, nous reconnaissions de plus en plus celle que nous connaissions sur la fin ... Notre tournée avait été raccourcie, et nos fans prévenu qu'un incident grave s'était déroulé dans notre vie.
Quatre matelas avaient été installé dans une chambre vide, puisque les parents de June avaient commencé un déménagement bien avant le retour de leur fille. Nous avons tu le fait que nous étions déjà venu ici. Par respect pour Katia et Pierre, déjà et également pour nous ... La douleur que nous ressentions était extrème. Bill passait ses journées à feindre la volonté, mais sa façon d'écrire avait considérablement changé. Gustav, Georg et moi gardions la souffrance en nous ... &Puis, un matin, nous entendîmes des cris. En descendant, nous apperçûmes April, au beau milieu du salon, en pleurs en train d'hurler. La polémique de ce matin là était que personne ne serait aux funérailles puisque tous détestait June ... Tous. Ce à quoi sa mère répondit que seuls les gens honnêtes et aimants viendront. Pour ma part, en observant la photo de June, trônant sur la cheminée, j'eus le pressentiment qu'April se trompait.

Je parlais très peu à cette dernière, et ce malgré notre semaine passée en France. Nous repartons dans deux jours et je ne ressens pas le besoin de parler à la survivante. Au fond, je la sens encore coupable du suicide de June, même si ce dernier reste encore inexpliqué. Il ne reste que des lettres, et des cartons remplis de souvenirs. Je me désolais de voir l'état dans lequel se trouvait la française, mais je ne pouvais enlever les dernières images de mon esprit, à savoir les crises de June, les angoisses, les pleurs, la déchirure ... et son état dans cet hopital. April ne tenait pas. Mais au fond, personne ne tenait.

Bill fut le premier à être prêt, à l'étonnement général. Les cheveux lisses, et les yeux absents de maquillage, il avait revêtu un costume noir similaire à nous tous. Pour ma part, j'avais relevé mes dreads, et le même costume. Lunettes noires sur le visage, nous sommes montés dans une voiture privée, qui nous amena dans une salle. Le trajet me paru extrêmement long. Georg et Gustav regardaient tout deux par la fenêtre, tandis que j'observais mon frère. Au travers des verres teintés, j'aperçus sur sa joue des larmes. Et à mon tour, je du me force pour ne pas m'effondrer à mon tour. Je m'étais imaginé la scène toute la nuti, n'ayant pas réussi à dormir. Je m'imaginais une petite salle, avec l'incinérateur, et quelques personnes ... Et au début, ce fut le cas. Un dizaine de chaises avaient été installé. Les parents de June étaient debout, dans un coin de la pièce. Ils ne pleuraient pas. Symbole d'honneur des gens qui ne baisseront plus les bras. Là, debout, ils me paraissaient plus forts que quiconque, eux qui devraient être au sol. Mais non, ils tenaient debout. Assis sur la première rangée de chaise, les parents d'April, ainsi que Matthew se tenaient droits, sévères, mais les yeux rougis. Les parents de substitution perdaient plus qu'ils ne l'auraient cru. Matthew, que je soupçonnais être silencieusement amoureux de June, fixait un point mort, au fond de la scène. Bill me demanda rapidement où était sa soeur, et je répondis que je n'en savais rien. Aux côtés de Matthew se trouvait Meryl, accompagnée de sa mère. Tous étaient vétus de noir et je détestais ça. Je ne connaissais pas les trois ou quatre personnes qui s'étaient présentées également. Lorsqu'April rentra, je fus subjuguée par son insolence ... et sa beauté. vétue d'une magnifique robe blanche, elle s'était faite magnifique. Son maquillage était parfait, et ne comportait aucunes imperfections. Ses cheveux ondulaient derrière elle lorsqu'elle marchait, un bouquet de fleurs à la main. Sous le regard vide de Katia, elle s'installa sur une chaise.
Les minutes s'écoulèrent, ensuite. Le prètre arriva, et commenca à parler. Le français m'échappait parfois, mais je comprennais l'essentiel. Le moindre mouvement de l'Assemblée se faisait ressentir, ainsi, quand Meryl tourna la tête, je posais mon regard sur elle. &J'eus tout le loisir de la voir hurler.

- REGARDEZ !


Tous les regards se tournèrent vers la fenêtre. Et je fis tomber ma bougie de surprise. Là, dehors, des centaines de personnes remontaient la rue. Toutes vétues de noir, elles marchaient solenellement jusqu'à l'entrée de la propriété. Parmi elles, je reconnus des adultes, mais surtout des jeunes. Je me souvins que l'avis de décès avait été publié dans un journal local ... Etait-ce possible que les gens se soient déplacés pour elle ? Pour elle, cette reine aux ailes brisées ? Personne ne savait quoi faire, et personne ne bougeait. Tout semblait s'être immobilisé, et le parfum de la pièce était allourdissant de malaise ... Les gens s'arrêtèrent tous au bout d'une longue marche. Une foule entière se tenait au beau milieu de la rue, cessant tout trafic, et interrompant tout court du temps. Jusqu'à ce qu'un garçon ne se détache de la foule. Ce dernier était aussi habillé le blanc. Il était d'ailleurs le seul à arborer cette couleur, avec April. D'un bond, Matthew sauta de sa chaise, et sortit de la salle. Nous le suivîmes tous, jusqu'à nous trouver sur les quelques marches, devant l'établissement.

- June brillait. June Ulhde n'était pas seulement une reine, mais elle était un rayon de soleil pour nous tous. Nous avons réuni, ce jour, la quasi totalité des élèves de son lycée, et quelques inconnus ont décidé de nous suivre. Nous voilà ainsi, devant elle une dernière fois. Qu'on la connaisse ou non, nous nous souvenons de ses sourires, de ses rires, qui illuminaient nos journées. Nous avons failli à notre tâche ... Nous n'avons pas su voir son appel à l'aide. Nous n'avons pas su voir qu'elle se détachait peu à peu de sa suprémacie pour sombrer dans sa propre folie ... Lorsqu'elle est partie, il y a des mois de cela, nous avons appris à ne plus entendre son nom traverser la barrière de nos lèvres ...

De loin, les médias avaient eu vent de cette marche. Les caméras se braquaient maintenant sur nous, mais la notoriété de notre groupe ne les importait que peu pour l'instant. Alex parlait, haut et fort. Et tout le monde l'écoutait.

- Certains connaissent June comme une amie d'enfance, une fille avec qui ils jouaient dans le bac à sable. D'autres l'ont connu au collège, quand elle prenait des formes et qu'elle se faisait appeller Reine. Les lycéens la connaissent comme la jeune fille la plus populaire du lycée. Mais elle n'était pas que cela. Elle était avant tout l'amie de beaucoup ... &D'autres encore la connaissent comme la merveilleuse jeune fille qui détestait Tokio Hotel mais qui les suivait sur leur tournée. Les parents de June, également, la connaissait comme une enfant intègre, et vraie ... Il est d'ailleurs vrai que ces derniers temps, nous ne voyions plus la même personne, mais pourtant, je voudrais qu'aujourd'hui, la seule image de June qui nous reste est celle d'une jeune fille souriante, belle et vivante ...

Je jurais avoir vu un sourire traverser les lèvres d'April, mais je ne pouvais le croire réellement.
Cette dernière descendit les marches, et s'agenouilla au beau milieu de la pelouse. Sans un mot, elle déposa son bouquet dans l'herbe, au milieu de nul part, et traversa la foule avec aisance. Chacun s'écartait pour qu'elle puisse passer.

_________________STANDORT VON APRIL
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Peut-on réellement parler de fin ?
Peut-on sincèrement dire un jour adieu ?
A-t-on seulement le droit de sourire alors notre coeur n'est plus qu'un amas de débris brisé par l'abandon et la folie ?
A-t-on le droit de croire que ceux qui nous ont quittés nous reviendront un jour ?
Comment rejoindre les anges ?
Comment les atteindre ?
Comment la toucher ?

Des centaines de personnes étaient venues assister aux funérailles de mon ange. Au moment où l'urne fut posée au creux de mes mains afin que je la dépose dans son petit cachot parmi des dizaines d'autres corps consumés eux aussi, j'ai cru ne plus jamais avoir la force d'un jour me relever. Ce petit pot rempli de cendres pesait des tonnes bien qu'il ne fut pas plus grand qu'une boite ordinaire; le poids de la souffrance.
Les parents de June talonnés par les miens ainsi que mon jumeau derrière moi, je suis allée déposer June dans sa nouvelle demeure, désormais éternelle, et y ait abandonné, le c½ur en lambeaux, ce qu'il restait de son petit corps fragile et détruit mais n'en ayant pour autant perdu aucune beauté. Toute force m'avait alors quitté et c'est les épaules lourdes que je portais le poids d'une adolescence gâchée.

Les voyeurs, la mine triste, claironnaient, juchés sur une petite estrade munie d'un micro, des discours totalement vides de sens. Je souriais. Une irrépressible envie de rire me prit soudain. A genoux, n'ayant cure de tacher la robe blanche qu'Alek et moi avions soigneusement choisie ensemble en même temps que son costume, lui aussi de la couleur de la colombe, je levai les yeux vers le ciel. Vers cet oiseau qui battait des ailes vers les nuages et finirait par s'y confondre. J'aurais tant voulu m'envoler, comme nous le faisions avant. Lorsque nous n'étions encore que deux gamines croquant la vie à pleines dents. M'envoler pour te rejoindre parmi les autres. Mon ange.
Ils parlaient, pleuraient, souriaient tristement. Oui, tout n'était que chagrin en cet endroit. Mais je sais que si tu nous as quittés, June, c'est que l'existence te semblait surement moins morose là-haut. A cette pensée, je me relevai doucement. Je sentais tous les regards posés sur moi mais n'en ressentais plus aucune satisfaction, plus aucun plaisir. Un sourire s'étendit alors sur mes lèvres. Oui, c'était cela. C'est ce que j'aurais du faire dès l'instant où elle est partie. Je déposai soigneusement mon bouquet sur le sol avant d'entamer les pas qui me ramèneront à elle.
L'assemblée s'écarta sur mon passage et je constatai avec moquerie que le respect de la reine etait toujours de rigueur.

Les adieux n'ont jamais été une partie de plaisir. Pour personne. Sachez alors que ma vérité est toute autre. Je me dirigeai alors vers la famille de June, confiante, avant de leur adresse un sourire sincère derrière lequel je m'assurai qu'ils ne décèleraient rien et les serrai tour à tour dans mes bras. Le geste se fit un peu plus insistant envers Katia. Un sourire fin et larmoyant prit part au sentiment de vide ambiant. Un dernier regard et je m'avançai, la tête haute, vers les quatre musiciens. Je ne cillai pas et leur dit fièrement :

- Merci.

Derrière leurs lunettes de soleil grand format, je pus aisément lire leurs regards. Ils me répondirent sans mots, juste un signe de tête, sec et bref. Mes yeux ne purent s'empêcher de s'attarder sur le guitariste qui semblait mal à l'aise. Il était incroyablement magnifique et j'étais heureuse de garder à jamais cette image de lui. J'aurais tant aimé voir une dernière fois son sourire, si beau, si réconfortant comme son étreinte le soir lorsqu'il faisait froid dehors. Mais le chagrin était trop grand pour qu'il rayonna ce jour-là. Tant pis. De toute façon, il n'était rien dans mon c½ur face à elle. Ce fut en me réconfortant de la sorte que je parvins, difficilement certes, à détourner mon regard de Tom. Mon tombeur au grand c½ur. Adieu. Je me tournai à présent vers ma famille, ou ce qu'il en restait. Ma mère aussi belle qu'elle fut, semblait maintenant éteinte. Tout autant que Matthew. Une fois plantée devant eux, je me rendis compte que je ne savais absolument pas quoi leur dire. Maman regardait le sol, des larmes coulant sur ses joues. Chaque goutte écrasée au sol me fendait le c½ur. Elle avait finit par craquer, tomber ce foutu masque que nous avions tous revêtit. Mon frère caressait doucement son bras sans me quitter des ses yeux profonds. En dépit de ma détermination à les laisser derrière moi, je crevais. Je crevais de mal, je crevais de peur, je crevais d'elle. Eternelle contradiction. Ma raison m'ordonnait de rester ici, de demeurer à leurs côtés et de continuer à jouer le jeu sans fin de mon existence tandis que mon c½ur hurlait des paroles insensées et complètement folles à cette dernière. Mais le c½ur a ses raisons que la raison ignore. Il y en a qui parlent de destin, d'autres de hasard. Certains ont tort, d'autres raison. Mais ce dont je ne douterais jamais c'est de cet amour qui me portait et me poussait à prendre mes propres décisions. Celles qui me rendraient heureuses même si elles pouvaient se révéler égoïstes et me faire paraitre dédaigneuse aux yeux des autres. Mais j'en avais tellement rien à foutre de ce qu'ils pensaient, si vous saviez.

Outrageuse, dédaigneuse, égoïste, vicieuse, manipulatrice. Dans tous les cas, je forçais l'admiration et l'indifférence des gens n'était pas quelque chose dont je devais me préoccuper. Elle ne me touchait pas, elle ne m'atteignait pas, et ils se retrouvaient tous à mes pieds quémandant la moindre petite seconde d'attention que j'aurais pu leur accorder. En vain, je m'en vais pour de bon.

Je jetai un dernier regard en biais d'abord à la foule et ,ensuite, aux quatre visages d'ange pour finir par mes parents. Un dernier sourire, un dernier signe de main, les dernières larmes.

_________________STANDORT VON TOM.
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Là, debout, parmi mes seuls amis, j'observais la dernière reine, la seule encore debout. Pourquoi mon estomac se nouait-il de cette façon ? Pourquoi était-ce la première fois que j'eus l'impression de voir June dans son regard. Soudainement, alors que sa silhouette s'éloignait sur une dernière larme, j'eus la morbide impression qu'elle ne reviendrait jamais. Alors, sans prendre conscience des médias, de la foule, de mes amis, ni de moi même, je me suis mis à courir. Courir comme je n'avais jamais couru. Je l'observai enlever une à une ses ballerines, et j'hurlais

- APRIIIIL !

Mécontente, elle tourna juste la tête quand je lui attrapai le poignet, la forçant à s'arrêter.

- QUOI ? Gronda-t-elle

Je ne sus réellement ce que j'ai pu lire dans son regard. Honte, tristesse, solitude, vide ... Vide, oui. Le même regard que June. Le même regard de la fille que j'aimais comme ma soeur. Le même regard qui nous l'a prit, un soir pluvieux à l'hôpital. J'eus alors conscience que l'une ne pouvait vivre sans l'autre, comme Bill et moi. Et par un curieux hasard, c'est sur ces mots qu'elle enchaina

- Tu ne vivrais pas sans Bill, ne me laisse pas vivre sans ma moitié.

Je fis le geste que je regretterais toute ma vie ... J'ai libéré la reine, m'arrêtant de courir après une utopie. Elle m'adressa un sourire, et se pencha pour déposer un baiser dans ma nuque. Et, elle me sourit d'un sourire qui me fit sourire à mon tour.

- Non, tu es libre April ...

J'eus droit à un dernier étirement de lèvres, avant qu'elle ne se remette à bouger.
Merde, j'étais peut-être amoureux d'une perle.

_________________STANDORT VON APRIL
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Avant de me faire arrêter brutalement par celui dont je rêvais toutes les nuits avant que June ne tombe. Celui qui aura joué le rôle de l'homme de ma courte vie. Et mon dernier v½u se réalisa. J'aurais pu toucher sa peau de mes lèvres une dernière fois et, le plus beau des derniers cadeaux, je vis son sourire qui me donna des frissons et me tordit le ventre. La neuvième merveille du monde après June se tenait devant moi. Ma dernière vision de ce monde aura été un des seuls que je regretterais un peu une fois montée partie. Adieu bel amant.

Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir.

J'ôtai gracieusement ma chaussure à talon droite qui commençait elle aussi à me faire mal. Elle et sa paire dans une main, et le pan droit de ma robe dans l'autre, je me retirai d'une démarche dansante. Plus heureuse que jamais en songeant à cet avenir se profilant devant moi, telle une évidence incontestable. Et je me remis à courir.

Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir. Courir.

Une sorte de transe était entrain de prendre possession de mon esprit, de mon corps, de mon être tout entier. Le folie prit peu à peu part à ma course folle. Je riais en m'en tordre le côtes. Ma robe virevoltait à mesure de mes pas, et j'étais maître d'orchestre d'une symphonie funèbre. Le vent s'engouffrait dans mes cheveux et les faisaient tournoyer en les ébouriffant. Je courais toujours plus vite, et me sentait décoller. Je battais des ailes, et le ciel n'était plus qu'à quelques mètres. Si je levais le bras, je le touchais.

Mais l'oiseau ne l'atteindra jamais. Car il s'est écrasé. Du haut d'une immense falaise il est tombé. Durant sa chute, il a crié et a vu sa vie défiler. Ce parc où elles jouaient ensemble, ce bac à sable où elles firent leur premiers pas ensemble, cette enfance qu'elle passèrent main dans la main, cette adolescence à jouer aux reines. Ce parc, où elles parlaient de tout de rien, où elles écoutaient les bruits alentours les doigts entremêles les uns aux autres. La découverte sur un étalage de quatre petits anges qu'elles prétendaient détester mais à travers lesquels elles avaient tant rêver. Elle chutait en se rappelant, en hurlant son nom, en pleurant, en riant. Mais d'un coup, tout s'éteignit. Sur les rochers l'oiseau est allé se fracasser. De sa tête le sang s'est abondamment échapper. Sur l'eau, il a flotté. Corps inanimé. La vie, le destin lui a enlevée pour mieux ressusciter aux côtés de celle qui jamais n'aura quitté son coeur.

Une évidence frappante. Une certitude.

Elles se seront aimées à mort.

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C'est terminé. It's all over.
Pardon pour le retard. Really. Mais sachez qu'écrire cette fin, c'est touner une page entière de notre vie, de cette année et ça fait pas que du bien à nos petits coeurs.

Saam ~ Voilà, enfin ? Un point final à une histoire qui m'a transportée durant de longs mois. Ça fait comme un vide. Parler au passé. Je n'aime vraiment pas ça mais tout a une fin. Que ce soit dans la vie, la vraie, ou la fictive. April me ressemble et je suis fière d'avoir eu l'occasion de lui donner vie à travers mes démons, mes maux, qui sont à présent aussi les siens. J'ai pu en quelque sorte exorciser quelques-uns de mes tourments bien qu'il en reste encore. Et il en restera toujours. On n'oublie rien, on pardonne parfois mais quoi qu'il en soit, on vit avec.
Je suis également très fière d'avoir vécu cette aventure avec Lenny, écrivaine de talent qui a réussi à me donner une certaine confiance en ce que j'écrivais. En m'encourageant, et en m'inspirant aussi beaucoup. C'est une sorte d'honneur d'avoir pu écrire à ses côtés et je la remercie de m'avoir donné ma chance. De m'avoir pris la main et m'avoir proposé l'idée complètement folle de mettre des mots sur mes maux tout en me guidant sur ce chemin. Merci également et bien sûr à tous nos lecteurs et lectrices de nous avoir autant encouragées, donné des coups de punchs lorsque nous en avions besoin, d'avoir vécu cette histoire avec nous, de nous avoir comprises, d'avoir donné leurs avis souvent très bien argumentés sur nos écrits, d'avoir été plus que patientes, de nous avoir suivi tout simplement. Car l'histoire d'April&June fut souvent difficile à écrire. Il a vraiment fallu puiser l'inspiration jusqu'au fond de nos coeurs et faire ressortir des choses que nous croyions enterrées.
Merci pour tout. Et qui sait, peut-être à bientôt ?

Lenny ~ Je vais sûrement répéter ce que Saam vient de dire, ou ce qu'on a pu dire en commentaire, mais terminer Zerbrochen est une épreuve. Car, vous le savez, au fond, c'est une histoire réelle. April est Saam et je suis June, et il en sera toujours ainsi. Ces deux reines sont une partie entière de nous et rien n'y fait, les tuer nous a achevé. Au tout départ, Zerbrochen était une histoire faite pour que la pseudo haine entre Saam & moi s'estompe, et qu'on unisse nos écrits. Voyez ce que ça a donné ...
Zerbrochen, c'est plus qu'une histoire. &Comme le disait Copine Mélina, d'Allein, il fallait la vivre. Nous, nous la vivions avant de l'écrire. Vous, vous la viviez en lisant. C'est pourquoi je vous remercie. De rester, d'être là, présent, et de râler, de réagir, de pleurer. Car comme le disait Schmitt, Un livre doit provoquer la discussion, sinon il est inutile. Pour ma part, l'histoire de Zerbrochen avait comme fond les Tokio Hotel, et c'est également parce que je ne les écoute plus et ne les suit plus que j'ai lâché. Et aussi parce que parfois, écrire n'est pas suffisant pour soigner les maux :)
Je suis aussi fière d'avoir travaillé avec Saam, parce que, avant tout, j'ai rencontré une amie. Pas de celle que je vois tout les jours, mais de celle qui je l'espère, seront toujours là.

C'est sur ces mots que se conclue notre histoire.
Pardon, il n'y a pas de mise en forme, juste les mots.
Honnêtement, il n'y a pas d'adieu, juste des aurevoirs. Sachez qu'on reviendra ♥

Edit :
Putain. Des milliers de Merci ne suffiraient pas à répondre aux commentaires. J'avoue qu'on ne saisit pas toujours l'ampleur qu'a eu Zerbrochen dans le monde des fanfictions. Des dizaines de personnes m'ont déjà ajouté sur Msn pour 'Parler à l'une des auteurs de Zerbrochen', nombre de fictions prennent le nom de June ou d'April pour l'héroine ... &Bordel, j'avoue qu'on est encore tellement abasourdie par cette notoriété !! Merci aux lectrices qui sont là depuis le début. Merci à des lectrices comme Flo, ou Julie, d'avoir tellement apporté à la fiction. Merci à tous ceux qui ont commenté, et qui sont restés. Ceux qui sont passés chaque jour, ceux qui sont venus nous voir sur Msn pour nous demander, merde quoi quand postez-vous l'épilogue ? Merci à ceux qui font tourner la fiction, qui en parlent à leurs amis, qui lui font de la publicité ... En bref, merci à tous, que vous postiez des commentaires ou non !

« Putain les filles on vous attend depuis le 25 avril !
Faîtes un effort merde !
Finissez moi ça ! »


Nous n'avons pas de fictions particulières à vous conseiller, etc ! Mais sachez juste que chaque écrit derrière lequel un sentiment existe vraiment, vaut la peine d'être lu ! C'est une histoire vraie, et ô combien douloureuse. La mort, la souffrance, la dépression, tout existe, que ce soit pour nous, ou pour vous ... C'est la vie. - Quand la vie te fout une gifle, tu as deux solutions. Soit tu pleures à longueur de journée en disant que ça ne va pas. Soit tu souris, et tu dis que ça va. Dans un des deux cas, je suis perdante. Alors, tant qu'à être bonne comédienne, autant choisir ce qui fera gagner. On ne sera pas plus avancé à dire que ça ne va pas.

Aux âmes en peine qui ont oublié de croire en l'immensité de l'amour. & À ceux pour qui certains aspects de la vie leur ont mit des claques. À ceux qui se battent, et à ceux qui sont fort.

Sachez que Saam et moi, nous reviendrons ! L'histoire, au fond, n'est pas terminé. On trouvera toujours quelque chose sur quoi écrire, et nous vous préviendrons. It's a promess ♥

# Posté le dimanche 07 septembre 2008 05:44

Modifié le samedi 13 septembre 2008 05:41