Inside my heart is breaking
My make-up may be flaking
But my smile still stays on
My make-up may be flaking
But my smile still stays on
_________________STANDORT VON JUNE
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- June ? Tu as tué April.
Une voix sonore, & le déclic du téléphone. Troisième fois depuis une heure. Quinzième fois de la journée. Premier appel, mon portable vibre contre ma cuisse. Je sors négligement l`objet et décroche. Appel masqué. « Assassin. » Ca raccroche. Je ris d`une mauvaise blague, l`oeil inquiet. Les minutes passent, & le manège recommence. « Salope. Criminelle. Tu as tué April. Regarde ce qu`elle est devenue. Imbécile. Salope. Salope ... »
Idiots. Ils sont idiots. Des messages anonymes, des idioties brûlantes. Le répondeur sature depuis que je ne décroche plus. Les larmes viennent. De rage, de colère. Comment savent-ils ? Perfide ambiance. C`est à ce moment là que Bill entre. D`habitude il m`évite, pas là. Mon portable sonne à nouveau quand la porte s`ouvre.
- Tu ne décroches pas ?
- Non, articulais-je à voix basse.
Il relève enfin la tête & me regarde. Bizarre. Mes joues sont noires, mon coeur est de cendre.
- Pourquoi ?
- Je ... Je ...
Je me jette dans ses bras. Il me repousse tendrement, & prend mon téléphone, qui sonne une nouvelle fois. Acharnement.
- Allo ? Dit-il
Puis son visage devient plus pâle, plus blanc. Il relâche son bras.
Salope. Salope. Hypocrite. Traite. Assassin. Aîe. Tu l`as tué. Tu as tué April. Arrêtez. Tu as tué la reine. Qu`on lui coupe la tête. ARRÊTEZ ...
- Qui c`est ?
- Je sais pas ...
- Y`a vraiment des salauds
- Pourquoi tu me défends ?
Pas de réponse. Juste ses bras contre moi, et mes pleurs dans sa nuque. Il me serre, m`enlaçe, me pardonne. & moi je voudrais hurler. Hurler cette débilité. Mais rien ne sort, juste des larmes, mystérieusement pathétiques.
_______Phone Game.
_______________________Tut. Tut. Tut.
_________________STANDORT VON BILL
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Je n`avais plus envie de parler à June. Non pas par caprice, ou par dégoût, mais je crois que je n`en pouvais plus de la voir ainsi. Parfois elle souriait, parfois elle pleurait, mais chaque fois qu`April était là, elle n`arrêtait pas de sombrer. Le tragique qui émanait de la jeune fille avait fini par me lasser. Je l`ai aimé, je crois. Plus que d`ordinaire, au début de notre rencontre. Puis peu à peu, mes sentiment s`éteignaient, à force que le temps passait. Jusqu`à ce que je l`observe, là, pleurant. Encore, me disait mon esprit. Mais cette fois, c`était différent.
_____« Arrête de fuir June ... Tu l`as tué. Tu as tué April. »
Elle m`a paru alors si fragile.
_________________STANDORT VON MERYL
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Il était un sourire autrefois. Aujourd`hui, il n`était qu`une ombre. Une moitié perdue, et tout s`effondre. Il semble avancer, & mimer un rire, mais au fond, nous savions qu`il avait tout perdu. Il finissait sa dernière année. Les examens approchaient, et il n`avait pas le courage d`ouvrir un livre. Il survivait, au lieu de vivre. _______(...)
- Meryl ? Qu`est ce que tu fais dans les toilettes des garçons ?
- Faut que j`te parle, entre ...
Deux adolescents. Une cabine, et un verrou. Un sourire, une incompréhension.
Fallait pas m`quitter tu vois, il est beau le résultat. Je fais rien
que des bêtises ; des bêtises quand t`es pas là
que des bêtises ; des bêtises quand t`es pas là
- Tu as tout perdu, hein ?
- Meryl, on a déjà eu cette discussion ...
- Non, attend. Tu as tout perdu n`est ce pas ?
- Qu`est ce que tu veux ?
- Ma vengeance.
Une vengeance qui nous ferait souffrir. Mais ce n`était plus possible de souffrir davantage. La crédulité d`Universal m`aide à tenir. & la sienne. Il est là, assis sur le socle de la cuvette. Pauvre garçon. Perdant, seul, abandonné. ____Elle est où ta soeur jumelle, Matthew, hein ? Elle est où la moitié de ton âme ?
Fallait pas gâcher mon c½ur ... Des bêtises quand mes yeux pleurent.
- Lasst uns des ersten Schrittes von Aprill auf dem Herzen von June gedenken !
- Quoi ?
- Laissez nous évoquer le souvenir du premier pas d`April sur le coeur de June
__________________________________________& To be continued
_________________STANDORT VON APRIL
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Seulement l`enfer ne peut pas être ici ...
N`est-ce pas ?
N`est-ce pas ?
Aussi loin que je m`en rappelle, June avait toujours ris à mes côtés, & je l`avais toujours accompagné. Toujours.
Il y a un moment où j`ai eu une absence. Je ne saurais dire à quel moment tout a changé. Quel était ce jour où le soleil s`est levé avec comme sournoiserie de voiler nos existences ? Mon existence, surtout. À partir de quand ai-je réellement sombré dans un désordre où le nom de June n`apparaissait plus à côté du mien ? Au fond, çà avait toujours été April & June. & si on emmenait April et June au parc ? & si on inscrivait April et June à la même école ? & si on invitait April et June à notre soirée ? Toujours deux. L`une sans l`autre n`avait jamais été une chose inscrite dans l`ordre du temps. Pourtant, elle s`est échappé. Et j`ai eu la prétention de respirer à plein poumon l`air de ce monde qui avait tourné; Basculant dans un avenir absolument vide. Ma vie était devenue creuse. Point de non retour. Je me suis perdue. Orpheline à dix sept ans. J`avais toujours été avec elle. J`étais presque née en même temps qu`elle. J`ai poussé mon premier cri avec elle, autant que j`ai fais ma première chute de vélo en pleurant comme elle. Elle a été mon enfance, le seul point d`attache que j`ai depuis que je suis née. Enfin, née. Depuis qu`on m`a balancé sur la terre avec un arrière goût de malheur. Nous étions la partie gauche & la partie droite d`un corps imparfait mais humain. Nous étions chacunes bourrées de qualités et de défauts, que nous compensions l`une l`autre, jusqu`à résoudre l`erreur génétique de nos gènes : Nous n`étions pas soeurs.
Juste amies.
J`ai oublié ce qu`était le sourire. Je me complais depuis quelques semaines dans un minable studio que je paye en servant dans le café d`en dessous. Allant de tables en tables, avec un plateau pour seul ami, j`ai oublié ce qu`était la vie facile. Autrefois, le compte en banque de mes parents assuraient chacunes de mes conneries, chacunes de mes folies. Je suis arrivée à un point où tout çà n`a plus d`importance. J`ai oublié ce que c`était que l`argent, et la richesse. Je cherche juste à combler le vide sentimental qui s`est emparé de moi le jour où elle nous a séparé. Vous riez, me semble-t-il, de cette dépendance absurde que j`ai à son égard ? Permettez-moi d`être insolente. Je vous emmerde profondément. Je vous emmerde sincèrement. Vous avez la vie facile, vous. Assis devant votre écran, ou pire, allongé dans votre lit à lire nos écrits. Vous vous dites qu`on vous ressemble, et que finalement, on a pas de chance, n`est ce pas ? Je la sens d`ici, votre pitié. Et çà me répgne. Je la sens battre dans vos veines aussi rapidement que votre sang. Souillé, d`ailleurs, comme votre nature humaine. Vous n`êtes qu`étranger à tout çà, et pourtant, j`entends d`ici vos soupirs désabusés, vos sursauts, vos larmes sur vos joues, et j`en passe. Vous n`êtes que spectateur d`une tragédie vicieuse et sans avenir. C`est trop tard, maintenant. C`était avant qu`il fallait nous sauver. J`aurais dû nous sauver. Je pourrais vous dire, à vous qui croyez maitriser à la fois la plume et le scénario, que je vous voudrais que vous me la rendiez. Oui, rendez-la moi. Mais je ne sais que vous ne répondrez pas, alors je me tais. Je pourrais aussi prier Dieu, ou n`importe quelle autre autorité spirituelle. Blasphème. Pourtant, plus j`avance, et plus je me dis que le ciel n`est qu`un prétexte. L`enfer, et même Satan, sont ici-bas, n`est ce pas ?
Elle réprésente l`air qui manque à mes poumons, et vous
ferriez bien de nous jalouser de ne pas trouver un amour
aussi exclusif.
ferriez bien de nous jalouser de ne pas trouver un amour
aussi exclusif.
Je voudrais vous tuer de cette histoire. Qu`au lieu de lire, vous la viviez, afin que chaque mot vous brûle comme les écrire me déchire. Je voudrais vous noyer dans cet océan de folie. Océan dans lequel je me suis perdue il y a longtemps, et dont je n`atteinds plus la surface. Mes poumons sont remplis d`une eau à la fois sale et loin d`être sainte. Je m`etouffe avec mes propres mains, placées contre ma nuque. Mains qui ne la touchent plus.
« Laissez-moi vous exposer la jouissance dévastatrice,
puisqu`à présent je ne connais plus que la désolation. »
puisqu`à présent je ne connais plus que la désolation. »
Je me souviens encore de ces vacances. Sorties sur sorties, je me questionnais parfois sur ce que faisait June. Première fois qu`elle s`éloignait autant. J`espérais chaque soir la voir à l`entrée de chaque boîte, l`entendre appeller chacun de nos amis, la voir marcher digninement sur les pavés de Paris. Mais chaque jour montrait une nouvelle histoire drôle. June n`était plus. On se questionnait. Où était-elle ? Que lui arrivait-elle ? J`aurais dû aller voir. J`aurais dû la sauver quand il en était temps. Nous sauver, par la même occasion. J`aurais dû prétendre voir arriver la catastrophe. J`aurais dû voir que la plus belle aventure au monde allait voir le fin FIN clôturer son histoire. Comme un film dont on n`aime pas l`aboutissement. Sauf que même avec une télécommande, ou un sachet de pop corn dans la main, on ne peut rien faire, sinon observer le générique s`étendre sous une musique absourdissante.
Le pire, dans tout çà, c`est que je l`ai revu. De trop nombreuses fois, puisqu`à chaque fois, elle ouvrait un peu plus la blessure béante de mon coeur. Je voyais sa détresse comme elle voyait la mienne. On était paumées, déchirées, déjà. Elle se foutait de tout, avec sa nonchalence et sa façon de dire Merde. Pourtant, je ne l`avais jamais vu si tourmentée. Je ne la savais pas si tourmentée. Chaque fois, je devais me tourner vers elle. Elle se foutait de tout, et je la suivais. J`aurais eu besoin d`elle, à cet instant, pour ne plus m`écrouler. Pour me dire que çà valait la peine de vivre, quand même. J`aurais eu besoin de son rire, là. Son rire qui m`aurait dis que tout irait bien, que notre amour ne mourrait jamais. M`aurait-elle juste dit " Je t`aime ", j`aurais pû me débrouiller pour trouver n`importe quoi. Juste pour qu`on continue de vivre l`une dans l`autre.
« Je t`en prie souris-moi, que je puisse croire encore
que le soleil se lève vraiment chaque matin. »
que le soleil se lève vraiment chaque matin. »
T`avais pas le droit de m`abandonner avant l`heure, tu sais ?
On devait mourir à deux. & toi, tu étais là, avec ton air supérieur. Je pars, April. La vérité résonne encore dans ma cage thoraxique. Je l`observais dans son mutisme soudain et je me suis surprise à vouloir la tuer, pour m`enterrer avec elle dans cette chambre à la manière des amants de Vérone. On nous aurait retrouvée ainsi, dans un espace qui déclencherait plus tard notre décadence. Je l`ai observé pendant de long mois m`ignorer, et tout ce que je savais faire, c`était frapper le mur de mon poing, assez fort pour que mes articulations blanchissent, et que çà saigne. J`y ai pris goût, finalement. Car çà faisait si mal que j`en oubliais quelques secondes la pincée de sel qu`elle mettait sur ma blessure. Sauf que la douleur revenait toujours plus forte, et plus lancinante après. Alors je recommençais. Jusqu`à ne plus pouvoir voir une partie de mon bras non ensanglanté.
« Je la regardais supporter sa douleur tout seule et je voulais en
mourir, de ne pas trouver les mots pour l`ouvrir à ma dévotion malhabile. »
mourir, de ne pas trouver les mots pour l`ouvrir à ma dévotion malhabile. »
Utopiquement, je croyais que personne ne pouvait nous séparer. Je nous imaginais si forte qu`on aurait vécu à deux, jusqu`à mourir le même jour. J`imaginais juste une vie à parcourir, des moeurs & des normes à contourner, des traitrises et des idioties à supporter. Mais certainement pas des lois, qu`elle aurait posée elle-même dans l`ombre de notre crime. Je ne pensais pas que plus qu`à des jurés, cela allait être à elle que j`allais devoir m`adresser. Vraiment pas. Plus j`avançais, plus je sentais qu`on allait prendre des coups tous plus insoutenables les uns que les autres. À tel point qu`on ne puisse plus se relever un jour. Mon coeur est en sang, et elle le savait. J`aurais préféré qu`on me tue. Qu`elle me tue de ses propres mains plutôt qu`elle me plonge dans une suite sombre et malhabile. La vérite me brule à tel point que j`en ai la peau calcinée.
J`aurais tellement voulu que notre intimité ne se dévoile pas. J`aurais voulu que sa souffrance se voit dans votre regard scandalisé. Elle aurait pu marquer sur sa peau les relents de honte, de culpabilité, et de regret. Sentez-vous seulement à quel point notre histoire est pire encore qu`une simple tragédie ? Souffrez-vous avec moi ? Non. Evidemment que non. Vous êtes assis confortablement dans votre vie, à l`abri du dehors et de la haine. Vous vous cachez derrière des masques d`hypocrisie. Vous lisez, mais qu`est-ce que ça peut bien vous faire, au fond ? Comprenez-vous seulement ? Non, non. Vous ne le pouvez pas. Même moi, je ne comprends pas. Rien ne peut être comparé à cet aveu qui s`est échappé de ses lèvres. Rien ne peut rivaliser à l`absolu terrifiant de ses paroles. Nous n`avons plus rien dis. Nous n`avons plus jamais ris. On était arrachée l`une à l`autre, et c`est la seule pensée qui me restait. Plus d`ivresse, de touchers, de paroles, d`elle. Plus rien, rien.
Plus rien.
Vous auriez dû être là pour comprendre, dans l`ombre de cette chambre mortuaire, à sentir l`air s`aloudir, et devenir pire encore qu`un poison. Vous auriez dû voir la détresse qui se déversait dans notre corps duquel nos respirations haletées venaient de mourir. Cette chambre mortuaire, où nous venions de mourir dans la tristesse sans fin de nos ébats. Je l`ai vu fermer les yeux comme on laisse couler les larmes, et j`ai su qu`elle allait pleurer, et partir, pour que je ne vois pas ses larmes. Je la connaissais par coeur, & d`une certaine façon, ça me faisait mal. Je pourrais le regretter mais à présent je sais qu`elle est encore en vie. Je la devine à quelques rues de moi, et pourtant plus loin encore que si j`étais à l`autre bout du monde. Si proches, et si loins. Quand on était enfant, on pouvait tout me dire, tout me railler, tout me faire. Je savais que je ne me laisserais pas abattre, parce qu`elle serait là, et soudée à moi quoi qu`il advienne. Je savais qu`en rentrant le soir, chez elle, ou chez moi, il y aurait quelqu`un. Mais le vent a tourné. Je me suis débattue pendant quelques temps. J`ai hurlé, scandé, cherché à ce qu`elle revienne, parce qu`affolée de voir la mort arriver si vite, je n`ai pas voulu lâcher les quelques pièces d`espoir qu`il me restait. Je ne comprenais pas. D`habitude, je gagnais nos corps à corps. Elle s`amusait à se laisser tomber, son rire éclairant ma vie. Et puis, finalement, j`ai lâché prise. J`ai cessé de bouger parce qu`elle avait cessé de me tenir. Elle était partie, et je me débattais dans ma solitude.
Je n`aurais pas dû abandonner.
À chaque rencontre, elle m`offrait une souffrance des plus extrèmes et je me rassurais en sachant qu`elle la ressentait aussi. De la crispation de ses doigts à ses yeux menteurs jusqu`au bout, je savais qu`elle avait commis un crime que j`aurais pû faire à sa place. Se quitter. « Je suis désolée m`aurait-elle dis. Je suis désolé, April... » Mais rien que le silence, et des yeux cernés de noirs. Je lui aurais tout pardonné. Sauf d`avoir abandonné. Je ne me pardonnerais jamais. J`aurais pu hurler, puisque les larmes avaient trop coulé. Là, au milieu de cette foule, de ce monde insoutenable dans lequel je développais une crise de claustrophobie. Le monde entier était lui même trop isolé. Je n`entendais plus que mon coeur, et ses battements de peur. La sien était ailleurs.
On était séparées.
Je n`ai jamais cessé de vouloir la retrouver, de vouloir tout oublier, pour disparaitre dans l`amour que j`avais pour elle. M`ennivrer de son odeur, et envoyer le monde se faire foutre. La prendre par la main et l`emmener dans un endroit où personne ne nous verrait, et où je pourrais être en adoration de cette complémentarité absolue de nos deux essences. Attendre. L`attente était mon quotidien, mon seul rythme de vie. La seule mélodie qui accompagnait chacuns de mes pas tandis que les gens me regardaient tomber. Lentement, sans doute. Cette absence innomable qui ruinait ma détermination, mon courage et mon apparence. Au début, je voulais me battre. Me battre contre elle, et pour elle. Je voulais surmonter ces blessures ignores, et faire encore semblant d`être forte. Pouvoir être forte sans elle, pour que tous ces êtres stupides qui me voyaient y croient. Je voulais encore qu`on m`admire, qu`on nous admire, tout en nous condamnant. Ma seule folie avait été d`aimer June à en mourir. Je suis fière, de celle que vous appellez criminelle. June est ma vie, et au fond, elle m`accompagne dans ma souffrance. Je referais tout, si c`était à refaire. & je ferais encore ma plus grande erreur : Faire de June ma vie, à tel point qu`on voit au premier coup d`oeil qu`elle vit en moi. Que chaque pli de ma peau, chaque sourire de mes lèvres, et chaque geste montrent qu`elle est là.
Je voulais leur geuler rien qu`en respirant tout ce que j`avais dans l`âme, c`est-à-dire, elle.
Il n`y aura pas de foutu retour en arrière. Plus jamais, plus aucun. Parce que si on se retrouve, on se jettera à corps perdu dans ces émotions, dans ce besoin qu`on a l`une de l`autre et on en crèvera. Des jours que je me demande où elle a caché nos promesses. Si tu tombes, je tombe. Au fond, on n`avait pas tord. Nous sommes finalement tombées à deux. Vous ne croyez pas ? Oh, et au fond, votre avis, je n`en ai rien à foutre. Vous n`êtes là que parce qu`il nous faut des lecteurs. Ou pas. Plus je le dis, moins je m`en persuade. Mais je n`ai d`estime pour personne. Pas plus que je n`en ai pour moi, pour tout vous dire. Les mots dérivent, se perdent et s`écrivent.
Et si ça devait être le dernier jour, que personne ne me le dise. Pas encore, pas encore. Alors je ne mourrais pas encore. C`était le dernier jour, le dernier jour. & nos rêves se brisaient sur nos sourires à mesure que les notes venaient éteindre nos espoirs. Qu`on ne nous le dise pas encore, mais c`était bien en train de se finir. Qu`on ne nous le dise pas encore, mais c`était le dernier jour. Je ne l`ai jamais réellement retrouvé. Elle a quitté ma vie ce soir là, pour faire d`un autre endroit son monde. Pourtant, parfois, j`aime le dire que dans un sens, j`en fais parti, puis que je respire le même air. Et alors, à cette condition seulement, l`existence ne me semble plus si terne. Si vide. J`étais elle, avant d`être moi. En elle, avant d`être en moi. Appellez çà erreur, elle en reste ma plus belle. J`en prends toutes les conséquences.
« Non, il n`y a ni morale ni loi qui nous retienne, il n`y a pas de raison. Il n`y a que lui et la façon dont je dois rester dans ses parages pour notre propre survie. On pourrait appeler ça une erreur, c`est vrai, mais j`appelerais plutôt ça une douceur inespérée, le seul bonheur qu`on aura pu posseder, le seul qui ait vraiment un sens. Le seul qui puisse combler une existence. Mais continuez d`appeler ça une erreur, au fond je n`en ai plus rien à faire. Puisque cette folie baigne mon atmosphère. »
Une pourriture nommée monde. Des visages honteusement menteurs. Vous, qui êtes en train de détourner le regard avec gêne, et tristesse. Pauvre enfant, vous dites-vous. Pauvre ? Mais non, riche de souffrance. Je suis plus en vie que n`importe qui & j`aspire à mourir. Vous me dégoûtez d`être aussi lâches. Vous n`avez jamais eu l`audace de faire ce pas vers nous, les gens tristes et au plus bas. Ce pas qui aurait pu nous sauver et qui nous aurait libérés de toutes nos souffrances.
Vous nous appellés suicidaires, n`est ce pas ?
Evidemment, oui.
L`enfer est ici.
L`enfer est ici.
_________________STANDORT VON GUSTAV
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- PUTAIN JUNE ...
- QUOI ?
Des cris. Ils sont devenus habitudes.
Je les regarde, l`air blessé. Pourquoi en viennent-ils à se haïr ?
_______- Gustav, j`crois qu`il va falloir qu`on la laisse, June ...
- Tu te rends compte de ce que tu me dis ? Relança Bill
- Oui, je m`en rends compte. Arrête de te plaindre, merde Bill. T`as tout pour être heureux. T`es priviligié, heureux, vivant ...
- Avec une adolescence survolée, une vie perdue. Notre notoriété nous étouffe. On ne peut plus vivre, on doit servir de modèle, être toujours à la hauteur ...
- Bill, te passe pas en victime. T`es pas le plus à plaindre ...
- Tu l`es plus, sans doute ?
- Ce n`est pas moi non plus.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
- Allô ?
Sa voix est faible, presque inaudible.
- Oui, April, c`est Tom. Tu sais ...
- Je sais qui tu es, me coupe-t-elle
- Écoute, je ne veux pas te déranger longtemps. Est-ce que tu saurais juste si June a des antécédents cardiaques ?
- C`est à dire ? Répondit-elle avec un soupçon d`inquiétude
- Est-ce qu`elle a déjà fais des crises, des choses comme çà ?
- Elle a toujours été une grande sportive, donc je ne pense pas.
- Une grande sportive ?
- Ca t`étonne ?
- Oui.
_________________STANDORT VON JUNE
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Le visage pâle, mes paupières tombent. Mourir de fatigue, d`amour, et de folie. La décadence qui s`empare de ton quotidien. Spectatrice muette de sa propre décadence. J`assiste à la dernière représentation, mais j`acquière une certaine lassitude.
__J`ai trop visionné le spectacle, pitié, changez d`acteurs.
Une odeur de tabac froid, et les cendres éparpillées. Je regarde cette loge dans un soupir. Ils sont là, ils chantent, jouent, rient et vivent. Je faisais parti d`eux. Mais maintenant ? Le silence se fond dans l`ennui, et j`entends juste une faible mélodie au loin. J`ai l`impression qu`on m`arrache un à un les morceaux détruits de mon c½ur. Je soupire, mes mains glissant sur le cuir d`une veste. Un sourire. Ils m`ont attrapé dans un piège. Un piège nommé affection. Libérée de son emprise, je redeviens June. J`avais cru devenir une autre. J`ai pensé rennaître de mes erreurs, de mes malheurs, et au fond, non. « Assassin. » Les insultes résonnent. Elles me salissent, mais l`étant déjà, cela ne change rien. J`aurais beau frotter le corps, à m`en décoller la peau, il y aura toujours cette impression de saleté autour de moi. Comme une aura, un peu trop noire pour une adolescente de dix huit ans. Assasin. Je le savais. Tous ces mots qu`ils me hurlent sont ceux que je me dis déjà, ceux qui sont ancrés dans ma vie, imprégnés dans mon ombre. Tatoués sur mon âme, mêlés à mon sang.
___Ils m`oublieront, n`est ce pas ?
Wenn dieser tag der letzte ist bitte sag es mir noch nicht.
___Inévitablement, je sortirai de leur vie.
Wenn das das ende für uns ist sag`s nich` - noch nich`
Je resterai la « Salope »
Salope. Salope. Salope. Je vis à travers la connerie que je m`injecte.
Je souris d`ignorance. Je suis là, immobile dans cette loge qui n`est pas mienne, et dans cette odeur qui m`entoure. Eux. Juste eux. Un semblant de vie, un espoir de retour. & en fait non, le néant. Le vide. Est-il possible que sans elle, je ne sois rien ? Comment ai-je pu prétendre vivre sans elle ? Je tousse, m`étouffe. Le reflet que le miroir me rejette me déplait. Je suis là, pâle et maigre. Maigre de douter. Maigre de vomir. J`ai beau vomir mes tripes entières, et mon âme hurlante, je garde toujours un semblant de reste pour y retourner. Encore, et toujours. Ce blanc immaculé m`attire, et je vomis, pour rien, et tout à la fois. De tout, de rien, de moi. Je me croyais presque invincible, et je me perdais dans mes propres illusions. Mon corps refuse cette nouvelle apparence, autant que je refuse la vie. Une loge, et une sombre mélodie. Je l`entends hurler. Tokio Hotel. C`est de la merde. En conserve, et en tout. Je déteste. Ils jouent de façon basique. La batterie suit la basse, la basse suit la guitare. Bill m`est devenu insupportable. Hautain, et prétentieux. Je les hais. Mais c`est parce que j`ai de la haine que je les aime. Je ne connais que les quatre garçons, j`oubli les musiciens. Trop nuls, dépendants, assourdissants.
_______& vous appelez çà du rock n`roll ?
« - Dis June, tu trouves pas qu`ils sourient moins ?
- Evidemment ... Y`en a plus que pour le pognon. Le fric, le fric, le fric. C`est plus de la musique qu`ils vendent, c`est des intérêts. Ils sont humains, normaux. Et c`est parce qu`ils sont humains qu`ils se sont perdus
- Ouais ... Mais tu vois, j`arrive pas à arrêter de les écouter.
- C`est comme la drogue. Tu ne t`en sors jamais. C`est de la merde, et on l`écoute. En boucle, en large, et en travers. April, quand ils seront de nouveau inconnus, on sera là, d`accord ?
- Ouais. Une promesse, encore. On sera là »
___Ich bin da, an deiner seite.
Les critiquer, les toiser, l`air hautain et fier. Juste pour mieux les apprécier. Savoir qui ils sont, ce qu`ils font, et savoir que çà ne vaut plus rien. Juste du commerce. Des belles gueules et des groupies. Succession des Beatles ? Un point commun, les groupies. Le reste, rien. C`est du vide, du flou, du néant. Ils sourient plus, ils attendent l`argent. Ils ne jouent plus, ils veulent la récompense. Rançon de la gloire, superbe défilé. Le monde est moche, et ils en font partis. Ce sourire amusé, coquin, ému. Non plus cette peur dans leur regard. Plus rien, des habitués. Juste des machines à fric, tout juste bons à attendre le chèque. & pourtant, inlassablement je les écoute. Inlassablement, je les aime. More & more.
Décevante solitude. Nous sommes seuls, de la naissance à la mort. La pire est celle que je me suis infligée. Obligée de tout quitter, pour mieux sombrer. Se murer de mauvaises décisions, et enchaîner les mauvais choix. Une spécialité qui me fait jubiler. Jubiler, à gerber. J`en viens à détester ma mère. Et cette corbeille de fruit vide. Ce silence, cette absence. « Ich hasse dich. » L`égoisme de deux êtres, rêvant de mêler leurs caresses pour former un troisième être. Ils appellent çà famille, j`appelle çà oubli. Je voudrais oublier, cesser d`exister. Mais c`est la seule chose qu`on ne peut contrôler. On nous pousse dans le vide, dans la vie, aussi seul et triste qu`une caricature ratée de la solitude. L`avortement n`est pas un droit, c`est un devoir. Cessez l`amour, bannissez le. Propagande. Je vous demande d`arrêter d`aimer. C`est d`la merde. Merde, comme m e r d e. Merde, merde, et merde. En d`autres termes, je vous demande de cesser de vous accoupler comme des idiots pour former des êtres comme moi. Ratée. Tu connais ce mot ? Non ? Cette sensation de brouillon. Mes parents avaient certainement perdu la gomme. Pauvres idiots. J`approuve Steven. Le seul à avoir compris que çà ne pourrait jamais être pire qu`ici. Drôle de roue. « Steven ? Nase. Blaireau. Nul. Idiot. Seul. » & la réparation. On change de vis, on change de clef. « June ? Assassin. Salope. Conne. Pute. »
Pute. Pute. Pute.
À mourir. Je suis à mourir, je suis à gerber. Gerber. Gerber sa haine, gerber son nom. June ? Il n`y a pas pire nom. Pas pire destinée, ni tête. Je me répugne, de mon existence à ma mort. Tout. Une tâche, une ombre, une absence. Je suis devenue inefficace, effacée, déchue. Une copie ratée, un zéro barré. Tout me porte à croire que je suis au bas de l`échelle. Je suis la pire des trainées.
____________& le pire ? J`en serais presque fière.
D`âge en âge, on ne fait que changer de folie, disait Pierre Claude Nivelle de La Chaussée. Je fatigue de mentir, je fatigue de séduire. La loge me répugne, et la claustrophobie est pire qu`étouffante. Sortir, m`enfuir, détruire.
& vous disiez que je méritais April ?
So schwierig das auch immer sein mag, ich vergesse dich.
Aussi dure que ce soit , je t`oublierai.
Aussi dure que ce soit , je t`oublierai.
Comment faire souffrir la personne qu`on aime le plus au monde et garder la tête haute ?
Simple. On ne peut pas. La tête s`enfonce, loin. & elle se perd.
_______J`ai perdu . . .
_________________STANDORT VON ONZE
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Voilà bientôt trois heures que je suis assise, à cette place, dans ce petit café. & j`attends. Je viens de sortir des studios, fatiguée des quelques bruits qui courrent les couloirs. Je bois lentement mon quatrième verre de coca, l`esprit ailleurs. Puis, je l`aperçois enfin. Cette fille, souvent présente devant le batiment. Cette fille à la fois absente et omnisciente. Elle est seule. Elle s`assoit, & commande directement. Les minutes passent. Je suis en face, mon coca sur ma table, son cocktail sur la sienne. On a déjà commandé plusieurs fois. À nous deux, nous avons consommé un nombre interdit de verres. La nuit tombe. Et les gouttes de pluie effleurent nos pieds. Je me lève alors, & contourne ma propre table pour prendre place sur la chaise qui est restée vide en face d`elle. J`ai attendu assez. J`en connais assez d`elle.
- Bonjour
J`ai attendu qu`elle pose son verre contre ses lèvres pour parler. Elle me regarde, l`air inquiet et prête à se lever, mais mon air courtois la fait rester. Elle repose son verre & me regarde. Je pose la paire de lunette que je portais quelques secondes avant, sur la table. Ses grands yeux me regardent, et attendent certainement l`énonciation d`un nom, ou l`esquisse d`un sourire, mais je sais qu`elle me reconnait. Elle attend. & me répond enfin.
( . . . )
_________________STANDORT VON KATIA
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- ... Faut qu`on arrête tout çà ... Faut que tout çà, çà cesse. J`suis fatigué de me lever en me demandant chaque matin si elle est vivante ... Oh attend, çà sonne sur mon portable ... Allo ?
- Bonjour. Est-ce que June est là ?
- Vous êtes un ami de June ?
- Oui ...
- Je suis la maman de June. Vous ne saviez pas qu`elle était partie d`ici ?
- Ah ... euh ... Non.
- Actuellement, June a disparu depuis de long mois.
( ... ) Si vous voulez, vous pourriez peut-être avoir de ses nouvelles ? Pourriez-vous lui parler ? Pourriez-vous lui dire que sa maman l`aime ? Pourriez-vous l`appeller afin qu`elle revienne vite ?
_________________STANDORT VON JUNE
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- Recule, dit elle.
- Eh, je réponds, tu sembles oublier un petit détail, c`est que moi aussi, je suis armé.
- Recule, dit elle
- D`ailleurs, je précise, mon flingue est mieux que le tien.
- Recule dit elle, et ce qui me glace le sang pour la suite, elle ajoute avec un cynisme dont je ne la savais pas capable : je cadre. Recule.
L`étonnement. Je relis ce livre pour la centième fois au moins. La changement, les renversements de situation. L`eau s`écoule sur mes joues. Il n`y a rien de triste. Mais Marion est comme moi. La même bulle, qui éclate. J`enlève mon marque page d`entre deux feuilles de papier. Une photo d`elle. Ou de nous. Zerbrochen. Je la déchire lentement. Je ne pourrais plus marquer le livre. Tant pis. Elle est belle, sur cette photo. Pas de cicatrices sur son corps, à cette époque. Pas de douleur, de larmes, d`horreur. Rien. Juste un sourire malin, & des yeux taquins.
________Un garçon, elle, & moi.
_______Alek ? Alek, April & June. Jaa.
Devoir utiliser l`imparfait.
Je ne te déteste même pas. Je déteste juste le mal que je te fais.
Je revois tes poignets, & ton absence de graisse. Tes yeux cernés, maquillés de noir comme une veuve trop blessée. Trop perdue par la vie. Étourdie par cette dernière, tu t`es égarée dans les chemins de ma folie. April, je t`en supplie, il est temps, va-t-en. Effuye-toi de mon emprise, de ma connerie ... Cours au loin. C`est ta dernière chance de t`en sortir. Mon ange, il faut que tu apprennes à voler par toi même. Ma respiration ne correspond plus aux battements de ton coeur. Je me dois de te haïr. Pour ta survie.
Paradoxe.
Excuse-moi. Mais je nous brise.
Je t`aime.
_____- Dis June ? Tu viens ce soir, on va jouer un peu ?
_____- J`essaye, d`accord ?
_____- Pas de problème. Essaye de sonner Bill
_____- Je peux pas t`prévenir toi ?
_____- Si tu préfères ... Mais vous pourrez pas rester éternellement comme çà
Tu vois, je suis incapable de rester dans leurs bras. Je leur prépare un nouveau drame. Je suis scénariste, article, & critique. Nul, nul, et nul. Un film mauvais, dont l`actrice principale se décide à tout foutre en l`air, comme d`habitude.
« Vos noms ne s`accordent plus. »
Je me rappelle de tous nos moments, tandis que tu t`évertues à les effacer.
Pourquoi ne me dis-tu pas çà ? Cette vérité, aussi blessante que mauvaise ?
Tu te détruis par ma faute et moi j`en souris.
Nos ébats ne sont plus qu`un lointain souvenir qu`ils peinent à se remémorer.
Ouvres la fenetre, tu y verras un couple, lui il est cocu, la faute ? demande au voisin du dessus.
Nina & Kler
_____- June ? Non, elle vient pas. Elle m`a dit qu`elle avait un peu mal à la tête
_____- Faudrait qu`elle aille voir un médecin, non ?
_____- On lui dira demain. On passera la chercher, d`accord ?
Demain existe-t-il ?
_____- T`en profiteras pour t`excuser Bill
_____- Ouais ...
Leur naïveté est surprenante. & moi je reste vide. Vidée de tout, et d`elle.
« Tu ne m`as jamais comprise, et puis de toute façon ce n`est pas ce que j`attendais de ta part. Pourquoi ne te venges tu pas simplement de moi ? Pour tout ce que je te balance. Tu sais, je le vois dans tes yeux que je te dégoute, mes yeux ne pétillent pas pour rien. Je m`en amuse même. Si je voulais être polie je dirais que je suis une femme sans scrupules, une garce. La vérité c`est que je suis une salope. La vraie. Celle qui brise tes os et te coupe la respiration. Je sors, ça empeste la mort ici. Vis tu encore ? »
Nina & Kler« Le désir de mourir c`est le désir de vivre ailleurs. »
Je titube sous l`impact du choc. Ma vie entière tourne autour d`un rien. Un rien qui se creuse, et qui ne se remplit plus. Les rues m`agressent, autant que le regard des gens. Je suis moche, hein ? Moi qui autrefois était si belle. Je suis dehors, à vagabonder dans la rue, alors que je viens de recevoir un pire présent que les appels. Les insultes faisaient parties de moi. Pas ce dernier cadeau. Cadeau du diable. Une enveloppe blanche, à l`écriture soignée. Mon adresse. Mon nom. Mon absence. & me voilà, à ouvrir. Lentement, sûrement. Un CD tombe de la pochette. J`hésite, et finalement l`écoute.
- Quoi de pire ? Les mots ne suffisent pas, il faudrait les inventer. Mettre des mots sur les maux pour mieux les panser. Se mettre à nu, se faire violence, se ressasser le passé encore et encore. Un manque indescriptible, un mal d`une douceur insoutenable, un appel au secours inaudible, une tendre et brûlante caresse, une réalité qui t`ouvre grand les bras. S`y réfugier, plonger la tête la première et suffoquer, un bien-être infini qui te parcoure le corps ...
J`appréhende la suite. Je la devine. Je me revois entrer dans la classe, évitant cette personne qui partageait ma vie.
- ... et puis plus rien. Le néant, la descente aux enfers, la déchéance, la vie, la vraie. Celle qui t`opprime, te crache dessus à la moindre fausse note, t`oblige à marcher la tête haute sans jamais l`abaisser. Un immense tas de mensonges, un ramassis de merde, une montagne de banalités. Les ailes de l`oiseau se sont brisées l`autre soir, il s`écrase. Je le sais, je le sens, je le suis. Cet être, c`est moi, c`est elle, mon tout. L`oxygène manque là-haut, mes poumons ne se remplissent plus, j`en oublie de respirer, je ne vole plus. Les paysages autrefois magnifiques ont été brûlés, il ne reste que des cendres. Le paradis a disparu. J`écris cette lettre avec mon sang. Il coule doucement dans mes veines telle une drogue douce parcourant tout mon corps mais en en oubliant quelques parties au passage. Une piqûre de bonheur, un instant de plaisir. Elle est ma vie, elle est mon sang, empoisonné. Elle me détruit lentement, m`assassine un peu plus chaque seconde, elle me tue, je brûle à l`intérieur. J`écris cette lettre pleine de solitude, l`âme errant en peine dans les rues étroites et sombres de ma vie. Un dédale sans issue. L`impression qu`il ne se passe plus rien, la peur. Chaque jour, je meurs un peu plus que la veille. Prête à décrocher la lune si elle le voulait, elle ne brille pas cette nuit. Souvenirs, sourire trop longtemps figé, des instants volés, des moments de silence qui voulaient tout dire. Se nourrir l`une de l`autre tellement j`étais toi, tu étais moi. Elle est ma souffrance, ma vie. Celle qui hante chacune de mes nuits, un ange dans le ciel. C`est elle ma souffrance toute entière.
Mon corps vacille sous le poids de la vérité. Les morceaux de puzzle sont rassemblés, j`entends le texte en entier. Je manque cruellement d`air, mais j`ai pris l`habitude. Un petit papier tombe. « Assassin ». Sombre habitude. Je sens les liens se resserrer. Ma respiration est si lente que j`entends les coups, au fond de ma poitrine, se ralentir. Point de non retour, mon torse explose. J`ai l`impression que je me noie. Mais ce n`est rien. Juste l`étouffement que je mérite. Je ne suis qu`un pâle reflet d`une réalité trop abjecte. Je voudrais fermer les yeux et rester sur cette image de moi. Une de mes plus belles représentations, aussi tragique que dérisoire. Un cadavre vivant.
Never thought I`d have to retire
Je veux qu`on me laisse crever autant que je laisse les autres vivre.
J`aimerais qu`on me réapprenne encore à sourire, même s`ils l`avaient déjà fais. Je suis une mauvaise élève, j`ai déjà oublié la leçon. Je voudrais que Tom me reprenne dans ses bras, et que Bill me dise que tout ira bien. Il arrive toujours à faire en sorte que je crois à ce mensonge effronté, tellement pathétique qu`il en est fourbe. Je voudrais qu`ils aient le courage, encore une fois, de venir essuyer mes larmes alors que je me traîne au sol.
« Mon c½ur est en sang, tu le sais, tu le sens, ou peut-être
est-ce le tien mais c`est la vérité, la stricte vérité. »
est-ce le tien mais c`est la vérité, la stricte vérité. »
Steven est mort. Je n`avais jamais vécu. J`aimerais dire que je n`ai jamais saisi l`ampleur de la situation. Que cette gravité m`était inconnue et que j`agissais sans réfléchir. Mais c`est faux. J`étais consciente de tout, et j`ai fuis. J`ai fermé la porte à double tour, alors que j`aurais dû la laisser ouverte. J`ai voulu me faire passer en victime en clamant haut et fort qu`elle était coupable. Là où il n`y avait qu`amour, je n`ai vu que vice. Je suis partie, les yeux fermés, l`espoir lâché. Je n`ai plus rien tenté, jusqu`à ce qu`elle ne se retrouve à terre, totalement brisée. Jusqu`à ce que je sois certaine qu`elle ne se relèverait pas. Oui, dites le, je suis ignoble. Votre pensée me fait jubiler. Je suis l`amie sournoire, révélée ennemie. Je suis ignoble n`est-ce pas ?
Je regrette.
Le monde nous tuait assez pour que je n`en ai besoin d`en rajouter. Je l`ai fais pourtant. Je la martelais de coup pour qu`elle oublie qu`elle puisse s`en remettre. Laissée au sol comme un cadavre d`animal, je suis partie, détournant les yeux. Aujourd`hui, je ne peux plus me faire face. Je savais qu`elle tenait à moi, plus qu`elle ne savait le dire. Nous étions inséparables. À la vie, à la mort. À la mort, alors. J`ai pris le seul chemin vers la sortie de ce monde, sans hésiter. Puis, j`ai effacé les traces. Elle n`a jamais retrouvé son chemin. Pourtant, j`aurais pu tuer pour elle. Génocide humain. J`aurais pu exterminer le genre humain pour elle, & égorger homme et femme. Délicieuse folie qui m`hante quand elle est là, et pire quand elle ne l`est pas. Une folie qui s`échappe par chacun de mes pores. Plus rien ne me retient de détruire ce qui m`entoure, puisqu`elle n`est plus. Tout était bon, tant que çà la faisait chuter. Le moindre mot, le moindre regard.
Indubitablement, elle est tombée.
Froidement.
J`ai glissé mon regard dans le sien. J`ai compris. C`était fini. J`avais fini par la tuer. Comment ai-je pû soutenir ce regard sans ciller ? Elle avait l`air surprise, comme si elle ne me reconnaissait pas. Je ne me reconnaissais pas non plus. Je ne me reconnaissais pas, mais je n`ai rien fais pour changer çà.
J`ai entendu les mots, sortir de ma bouche, détruire son existence encore plus que tout ce que j`avais pu faire jusque là. Je n`ai plus bougé. J`ai entendu ses cris, et ses pleurs, & je n`ai rien fais. Il m`aura fallu bien du temps pour comprendre que j`étais morte ce jour-là, avec Steven. À une puissance qu`April n`a pas su combattre.
__- June, laisse moi du temps, d`accord ? J`ai besoin de réfléchir.
Je ne vais pas pleurer, Bill. Je ne sais plus pleurer.
__- Je ne sais plus ce que ça fait, tout ça, Bill. La douleur, la souffrance, l`abandon. J`ai oublié tout çà, Bill. __J`ai oublié, quand j`ai cessé d`être humaine. Quand j`ai cessé de vouloir me voir dans vos yeux et de __faire vivre votre musique entre mes mains. J`ai oublié, Bill, quand j`ai décidé que je voulais t`oublier toi.
& elle, par la même occasion. Jusqu`à ce que je me mente, encore. Je vais bien.
Et je me suis dit qu`après tout, la vie n`était peut-être pas si mal. Entre deux douleurs mensongères.
Aide de Zonea
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& un treizième chapitre, enfin. Quinze pages, encore, et encore. Disons qu'à présent, on préfère rassemblé plusieurs chapitres en un seul. & nous trouvons chaque fois des choses à rajouter, à redire, à ré-écrire. L'autre fois, nous avons comparé les premiers chapitres aux derniers, et une observation nous est venu, nous avons changé. L'écriture est si différente, même en quelques mois. Ca reste incroyable. Bon, & sinon Mélina, nous avons quand même fais de belles rencontres sur cette fanfiction, dont également Flo <3
Bon, sinon, ici, l'intrigue avance petit à petit. Disons qu'on arrive à deviner que June va encore s'éloigner de ce qu'elle a, c'est à dire sa vie avec les Tokio Hotel. On a également la vision de Katia, la maman de June, qui elle n'attend qu'une chose, le retour de sa fille. Pour ce chapitre, encore, sachez que ce sera triste ( Comme d'habitude, en fait ). Mais nous espérons que vous continuerez à nous suivre, même si beaucoup nous ont lâché en cours de route =$
Asma & Morgan__________& continuez de voter, nous sommes 3ème à présent :)
Edit 20h10 : Plusieurs de vos commentaires font (enfin) une critique : le manque d'action. Or, ce chapitre évoque harcèlement pour June, & un changement mental. Je suis assez d'accord pour dire qu'il n'y a ici quasiment aucuns faits, mais comment faire agir les personnages si nous ne vous parlons pas avant de ce qu'il se passe dans leurs têtes ? Notez d'ailleurs qu'April semble peu à peu s'abandonner, & quitter June. Que Bill ne ressent plus les mêmes sentiments pour June, et que cette dernière sombre de plus en plus dans une amère folie. Le manque d'action peut souler, mais il est parfois assez important.
Theres-something-here: Si vous écrivez des choses comme ça , c'est que vous le vivez non ?
( Merci à toi, d'où le prénom est inconnu, d'ailleurs pour ton soutien <3 Tout comme pour Etrangle moi :) )
Pour répondre, et en résumant, Zerbrochen est une histoire vraie. Ou au trois quart vrai. Disons que tout est basé sur du vécu, oui. Alors c'est peut-être pour çà que nous y mettons nos tripes, et nos sentiments. Peut-être aussi pour çà que c'est dur, et loin d'être rose. D'ailleurs, dans la vraie vie, il n'y a pas toujours d'action. Laissez au temps son temps. & sachez que l'action reviendra au prochain chapitre :) Ne vous inquiétez pas. Mais en tout cas, merci de votre sincérité :)
& puis, nous sommes là pour vous faire haïr June ( voir April ), alors, quand on vous fait vous révoltait, on est fière (H)
Bon, sinon, ici, l'intrigue avance petit à petit. Disons qu'on arrive à deviner que June va encore s'éloigner de ce qu'elle a, c'est à dire sa vie avec les Tokio Hotel. On a également la vision de Katia, la maman de June, qui elle n'attend qu'une chose, le retour de sa fille. Pour ce chapitre, encore, sachez que ce sera triste ( Comme d'habitude, en fait ). Mais nous espérons que vous continuerez à nous suivre, même si beaucoup nous ont lâché en cours de route =$
Asma & Morgan__________& continuez de voter, nous sommes 3ème à présent :)
Edit 20h10 : Plusieurs de vos commentaires font (enfin) une critique : le manque d'action. Or, ce chapitre évoque harcèlement pour June, & un changement mental. Je suis assez d'accord pour dire qu'il n'y a ici quasiment aucuns faits, mais comment faire agir les personnages si nous ne vous parlons pas avant de ce qu'il se passe dans leurs têtes ? Notez d'ailleurs qu'April semble peu à peu s'abandonner, & quitter June. Que Bill ne ressent plus les mêmes sentiments pour June, et que cette dernière sombre de plus en plus dans une amère folie. Le manque d'action peut souler, mais il est parfois assez important.
Theres-something-here: Si vous écrivez des choses comme ça , c'est que vous le vivez non ?
( Merci à toi, d'où le prénom est inconnu, d'ailleurs pour ton soutien <3 Tout comme pour Etrangle moi :) )
Pour répondre, et en résumant, Zerbrochen est une histoire vraie. Ou au trois quart vrai. Disons que tout est basé sur du vécu, oui. Alors c'est peut-être pour çà que nous y mettons nos tripes, et nos sentiments. Peut-être aussi pour çà que c'est dur, et loin d'être rose. D'ailleurs, dans la vraie vie, il n'y a pas toujours d'action. Laissez au temps son temps. & sachez que l'action reviendra au prochain chapitre :) Ne vous inquiétez pas. Mais en tout cas, merci de votre sincérité :)
& puis, nous sommes là pour vous faire haïr June ( voir April ), alors, quand on vous fait vous révoltait, on est fière (H)
