______ « L`enfer est un nid douillet à l'air irrespirable »*« Kapitel o9 »*

_•• _____ «  L`enfer est un nid douillet à l'air irrespirable »*« Kapitel o9 »*
_________________STANDORT VON JUNE
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Ma vie entière était un mensonge. Je tissais l'illusion au point d'en perdre moi même la notion de réalité. Confondue dans mes propres échappatoires, je devenais spectatrice. Muette, aveugle, et sourd. Inapte à la réalité. Maquillée, ainsi déguisée, je créais mes propres envies. Ma date de naissance était maintenant un onze janvier. Mon nom était June, et mon passé était fluide. Je recréais de toutes pièces le puzzle, faisant de ma vie un rêve. Car ils étaient un rêve. Il ne pouvait être que çà. Un rêve. J'attendais, appuyée sur un mur, dans les coulisses. J'observais la salle se remplir, et j'en vomissais de haine. Confusion mortelle. J'aurais dû être là, à tenir ma promesse. Très vite, je m'abandonnais à la distinguer. À travers l'obscurité, et les bruits, je n'arrivais pas à faire la distinction entre mensonges & vérités. Je voyais sur chaque visage une possible April, et j'en devenais malade. Autour de moi, plus d'un coeur bat. Mes tempes à l'unisson de mes pulsations, je devenais part entière de ce monde. D'habitude, je m'enferme avec les garçons, Gustav mis de côté, et je plaisante avec eux pour faire retomber le stress. Là, avec mon ancienne vie dans la salle, je n'ai pu me résoudre à quitter mon perchoir. Je reste là, les bras serrés, à observer ce monde que j'ai quitté. Je glissai ma main dans la poche de mon jean. Là, bien au chaud, se trouvait une photo. Discrètement, je sortis le cliché, & observa le visage de Bill, penché sur ma joue et me déposant un baiser. Mon sourires se perdit dans les cris, & plusieurs fans commencèrent à s'impatienter. Elles hurlaient leurs prénoms, et tentaient vaguement de parler Allemand. & Moi, j'étais là, juste derrière la scène, à quelques pas, et je ne bougeais pas la tête, presque qu'absente. Les garçons entraient de l'autre côté. Je fis un sourire, lorsqu'ils commençèrent. Fumée, et un bruit sourd. Des hurlements qui accompagnent la serrure. L'ascenceur, les pas, et la voix. Je souris, malgré moi.

_______Willkommen im Tokio Hotel, Zimmer Vier Acht Drei. Mon coeur explose.

Pourquoi suis-je si apaisée lorsque j'entends sa voix ? L'image d'April s'ancre dans mon esprit, alors qu'un Bill heureux s'aventure sur scène, se déhanchant sur la splendide mélodie composée de ses amis. Je m'évade dans mes anciennes promesses. Ce concert était le nôtre, et je sais qu'April est là. Elle est ici, quelques parts, seule. Je la connais par coeur, et je sais qu'elle ne serait pas venue sans moi. Je sais qu'elle aura tenu sa promesse. Moi pas. Je lui devais cette passion, même si je fus amoureuse de cette musique bien avant elle. J'étais avec elle, à quelques rayons. Mon regard se perd, j'étais perdue. Et là, elle m'a suivit. Elle faisait de moi ce que j'étais, elle coulait dans mes veines. Elle me soutenait toujours, même là où je chutais. Peu importait la profondeur, ou l'amplitude de la chute. Elle était là. Elle est là. Et je suis là. Ich Bin Da. J'ai vécu ce concert des dizaines de fois. J'ai réappris à aimer ce que je détestais. Lumière, scène, et cris. Je vis çà chaque soir. Mais cette soirée me détruit. Lucidité éclatante. Je prends conscience de mon erreur. Mon changement, ma folie. Rapport incessant à April. Je recomprends leurs morts. Je ressens chaque note, et me laisse bercer par la mélodie. Le son qui se dégage m'hurle aux oreilles, mais je finis par me laisser aller. Le moindre mot m'atteint au plus profond de moi même & je perds pieds. Je frôle le triste orgasme et je jouis de rage. Mes larmes coulent. J'ai eu l'impression, pendant quelques secondes, qu'elle était là, avec moi, et que sa main s'était glissé dans la mienne. À chaque mouvement, & à chaque seconde qui s'écoulait, je devenais April. Son esprit tout entier s'emparait de moi.

J'étouffe. Sans un bruit, je dégage mon regard de la scène, et oublie April. Je m'enveloppe de la veste de Bill, abandonnée sur une des chaises, et je m'avance à travers les couloirs. Sous les quelques sourires des techniciens, je sors, et reste surprise par le froid. Mes joues s'engourdissent, mais je me réchauffe un peu, les mains sur mes épaules inverses. Je sors une cigarette de ma poche, et la pose contre mes lèvres. Amer poison, le goût me tue. Pourtant, la nicotine m'enivre, et c'est dans une première bouffée de liberté que j'entrevois une jeune fille. Elle est là, dans le froid, tel un ange. Je reconnais la maquilleuse, Onze. Elle est aussi sortie fumer une cigarette. M'encerclant de son sourire, je lui réponds d'un mouvement de lèvre.

- Jolie soirée, me dit-elle

Je ne réponds pas. J'ai un mauvais pressentiment.
Plusieurs jeunes filles arrivent. Certaines n'ont pas quinze ans. Gelées, les lèvres bleutées de froid, elles nous sourient, et s'assoient à même le sol. Leurs sacs contiennent des couvertures, & de la nourriture. Elles n'ont pas eu de place, mais ont l'espoir de les apercevoir. Mon esprit descend, et se brise. J'aurais dû venir ici, après le concert. J'aurais dû sourire, dans les bras d'April, & les attendre avec elles. Je leur aurais surement parlé. J'aurais attendu avec elles, et elles nous auraient tendu un morceau de gâteau. J'aurais pu repenser à leurs chansons. J'aurais pu faire ce que des milliers de fans ont fait. Mais je n'ai rien fais. Je suis restée debout, dans cette loge, à partager leur sourire. Si autrefois, April m'avait demandé qui je préférais entre elle et ce groupe, j'aurais répondu sans hésiter que c'était elle. Malheureusement, à cette seconde précise, il n'y avait plus que ce groupe. À force de me persuader que je la haïssais, j'avais fini par vivre avec cette douleur. Celle qui te déchire le c½ur & qui te montre que tu n'es qu'une idiote. Je suis une idiote. Mais je suis devenue leur amie. J'ai gagné au change, autant que j'ai perdu. Je les ai gagné eux, mais le prix, c'était de la perdre, elle. Mon esprit s'embrouille. J'observe le cercle de fans. J'aurais vécu cette soirée avec April, parce que je le lui avais promis.

_________ « - April ... Ma mère accepte que j'aille à Oberhausen. J'suis ... Y'a pas de mots ...
_________ « - Ma mère a dit non. Elle ne veut pas. Pas l'Allemagne, pas pour eux. Mais tant
_________ « - pis, hein ... Tu m'appelleras ?
_________ « - Non ... J'irais pas sans toi. Je ne peux pas.
_________ « - Fais pas la conne, June. Tu pourras penser à moi ...
_________ « - Non, j'te promets que notre premier concert d'eux, on le fera à deux ... Jamais
_________ « - sans toi, April. Jamais ... »


& c'est à ce moment là que, comme dans les bons films américains, ma cigarette tombe au sol, et que sans un regard, je pénètre à nouveau dans la salle. Seule erreur, ce n'est pas un film, & je ne suis pas actrice. Merde.

People always leave. _________


_________________STANDORT VON APRIL
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# Willkommen. Im. Tokio. Hotel, Zimmer. 483. #

Seule, écrasée, épuisée, vide mais tellement heureuse.

À mes heures perdues à papoter dans la file d'attente, j'ai appris, avec horreur presque, que les places s'étaient écoulées en moins de cinquante minutes. Cinquante minutes. Je n'en revenais pas. Je me souviens encore, Tokyo quoi ? Heureusement, je suis, comme d'habitude, restée planter devant mon écran tout le long de la nuit pour la prolonger jusqu'à l'heure tant attendue. Neuf heures tapante. Un clic, concrétisation d'un rêve. Trois mois d'attente, cela en devenait obsessionnel, même Meryl avait l'air d'en avoir marre. T'imagines si ... Tu te rends compte qu'il y a moyen ... Tu crois que si je faisais ça ... April, ferme-la et revient sur terre. Impossible, chérie. Ils m'emmènent dans un autre monde et ce monde n'est pas ici. Cherche et trouve, il n'est pas si loin que tu le crois.

____________________Plus que trois mois.

Mon dos me lançait, mes pieds étaient coincés dans mes ballerines, mon maquillage d'habitude si prononcé était alors quasiment inexistant, mon lissage commençait déjà à s'en aller, ma gorge était sèche, et je tremblais. Superficialité. De peur, d'angoisse, de bonheur ? Je ne sais pas trop, les sentiments étaient confus et formaient un mélange un peu raté dans ma tête. hurlant derrière moi. Mais pourquoi ? Qu'espèrent-elles ? Un regard des Tokio Hotel encore dans les loges peut-être ? Haha, pathétiquement vôtre. Je glisse tant bien que mal une main dans la poche droite de mon pantalon et touche du bout des doigts le papier glacé qui s'y trouve. Je sors la place, et la regarde, sourire mêlé de mélancolie. On s'était promis de vivre ce moment ensemble quoi qu'il arrive. J'ai tenu ma promesse, pas toi June. Je vais la vivre moi, à la seconde, encore plus que tu ne peux te l'imaginer.

_________Du Fehlst mir.

La salle s'éteint, la scène s'éclaire d'une lumière rouge intense, des fumigènes se mettent action, un bruit sourd. Des hurlements.Un groove. Une serrure. Un ascenseur. Des pas. Une porte s'ouvre.

__________________WILLKOMMEN IM TOKIO HOTEL, ZIMMER 483.

Et mon c½ur s'emballe. Je ne suis plus là, je n'y crois pas. Ma respiration est saccadée, la tête tourne et le bonheur s'empare de moi. Merde, c'est un rêve. Faites que je ne me réveille jamais, pitié. Tom entame les premiers accords d'Übers Ende Der Welt, et arrive quelques secondes plus tard. Il est indescriptiblement beau. Une présence. Le bassiste, au lissage toujours aussi parfait, rentre à son tour. Magnifique. Le batteur, plus énergique que jamais, prend possession de son instrument au moment où Bill, arrivé d'on ne sait où, entame le premier couplet. Un phénomène. Je sens ce petit quelque chose qui fait que je vis, cette adrénaline parcourant mon corps tout entier. Je ressens tout à la fois, la joie, l'euphorie, l'émotion. Pourtant, je ne me fais pas remarquer et chante avec discrétion les paroles apprises par c½ur. Ils m'entrainent dans leur monde sans crier gare, je me laisse aller à l'évasion le temps d'un rêve. Reden. Sa réputation n'étant plus à faire, les filles hurlent le nom de Tom affichant alors un sourire pervers comme il sait si bien le faire. Il nous sort la totale; sourire, pincements de lèvres, il bascule sa tête vers l'arrière dans une expression faciale proche de l'extase. Ce n'est plus le petit gars timide qui regardait ses chaussures et souriait à peine au temps de Schrei. Sûr de lui, imbu de lui-même, il n'hésite pas à faire hurler les filles de plaisir. Une façade sans sentiment derrière laquelle se cache un être qui ne demande qu'à trouver l'amour, j'en suis persuadée. Je me suis souvent demandée qu'elle est la fille qui l'avait fait souffrir au point qu'il s'interdise d'aimer à nouveau. Ich Brech Aus. Entrainant, efficace, de l'énergie à revendre. Ils sont libres mais quelque chose les retient. Ecrasés par leur succès qui ne cesse de croitre au fil des mois, ils n'avaient pas prévu ce qui leur arrive. Obligés de faire bonne figure, sourire encore et toujours. Quatre rois, deux reines. Intermède, Bill nous adresse des paroles couvertes par les cris. Spring Nicht. Non, pas déjà. Pas la nôtre, mon pouce caresse une nouvelle fois notre photo, je dois être forte. Une larme, des mensonges. Je ferme les yeux et la revoit, me chantant cette chanson avant de dormir, me dire qu'elle sera toujours là. J'y ai cru mais je l'ai perdue. Je me rappelle, ma chute ratée, mes blessures encore ouvertes, le sang. Comment peut-on parler de ce qu'on ne connait pas ? "Les lettres de fans". Oui Bill, bien sûr. Je croirais peut-être la sincérité de tes paroles quand tu auras perdu ton double, tu ne sauteras pas pour moi ni pour Elle. Menteur, distribution de rêve et d'espoir. Der Letzte Tag. Si ce jour est le dernier, ne me le dis pas encore. Tu es partie, June, sans prévenir. Nous étions pour le dernière fois ensemble. Ce soir là, j'ai croisé pour la dernière fois ton regard plein de reproches, de tristesse et de regrets. C'est le dernier jour du reste de ta vie. Wo Sind Eure Hände. Chaos Im System. Les nuits passées à t'attendre griffonnant inlassablement ses trois mots, encore et encore. Ta main dans la mienne, rien ne pouvait nous arriver. Et Eux, ils nous remplissaient, ils nous rapprochaient à tel point qu'on se confondait. Au-dessus de tout, de ces moutons. Durch Den Monsun. Un anniversaire, Berlin, une découverte. Fascination. Notre Thema #1. Leurs noms collés à nos lèvres depuis plus de deux ans maintenant. Toute la salle chantant à l'unisson pour Eux. Avec Eux & sans moi. Je fais tache dans cet environnement de rêves, de joie, de cris .. qui dis-je, de hurlements, de pleurs. Je ne comprends pas. Pourquoi ? Ils sont humains. Oui, April, mens-toi toi-même. Es ist voll von Dir und leer. Je sens ta présence, tu le sais, tu n'es pas loin. ? Mon regard se balade de gauche à droite, de haut en bas, je scrute la moindre de tes traces. Rien. Et Eux, ils sourient. Wir Sterben Niemals Aus. On écrira notre histoire, elle restera gravée. April&June, Immer. Il restera toujours quelque chose que tu le veuilles ou non, June. Trop d'amour pour une seule personne. Stich Ins Glück. Ma drogue, ma piqûre de bonheur, June. Tu m'empoisonnes, la dose est trop forte. Un jour, elle me tuera comme ils me font vivre et espérer. Ich Bin Nich' Ich. Tu es moi, ton absence me bouffe, je ne sais plus où je suis. Je cherche à tatons le bout du tunnel, tiens-moi la main pour que je ne me perde plus. Schrei. Tu te souviens ? Notre pancarte " Prenez nous à deux ou rien ". Perverses. Complices. Mélancolie d'un souvenir consumé. C'était notre révolution, crie. Portes-paroles d'une génération paumée en manque d'avenir et de rêves, disributeur d'espoir et de joie. Vergessene Kinder. Sa voix. Elle s'éleve et je n'entends qu'elle. À genoux tel un enfant perdu, il me tend la main, je revis l'instant d'une seconde. Un regard, unique et sincère. A travers lui, June. Elle lui ressemble tellement. Un instant d'égarement, son visage m'apparait, souriant, le teint parfait, les cheveux longs et noirs, le regard charbonneux, la lueur dans les yeux. Un seconde de lucidité et mon souire s'envole. Leb' Die Sekunde. Ici et maintenant, ne laisse rien passer, profite et vis tes rêves. Tends la main, rattrappe-les, tiens-les fermement et ne les lache plus. Heilig. Tu seras toujours sacrée pour moi, je crois en toi. Ich sinke weg von Dir, je disparais. Le fond n'est plus très loin encore un petit effort, laisse-moi couler. Totgeliebt. Trois accords. Tes préférés. Je me perds dans tes souvenirs. Un amour racinien qui me tue. Nous nous sommes aimées à mort. Aujourd'hui, c'est fini. La fatalité s'empare de moi et je baisse la tête. Encore une fois ce mur, trop haut, trop loin, pas assez d'élan, j'me casse la gueule. In Die Nacht. Mon double, tu es tout ce que je suis, tu coules dans mes veines et fais que je respire. Je suffoque et me traine. Je ne veux plus être seule, pitié, June, revient. Ils sont si près et si loin. Un petit effort et je toucherais leur visage, mais je reste là et ravale mes larmes. Les refouler encore une fois, et je souris. Rette Mich. Je crois que je n'y arriverais pas sans toi. Sauve-moi ou tue-moi mais ne me laisse pas. Komm Zurück. M'entends-tu, me sens-tu, m'aimes-tu ? Ich Bin Da. Là, si loin. Ils partent et emportent ma joie, une explosion de paillettes, un monde parallèle. Une réalité déchirante. Aucun regard.

Je croyais avoir perdu June. Je croyais l'avoir perdu lorsqu'elle m'avait quitté. & pourtant, je venais de comprendre qu'elle était revenue à moi. Je venais de la retrouver. Même loin, je n'étais plus seule à vivre. Elle faisait partie intégrante de moi. Je fis un dernier sourire. Lorsqu'ils quittèrent définitivement la scène, après deux rappels, deux détours, & des coeurs remplis, je sentais que je ne pouvais pas partir ainsi. Trois mois d'attentes, pour une heure et demie de plaisir. Un spectacle jouissif à s'en tordre le coeur. Comment pouvais-je partir, après toutes ces larmes versées et ces sentiments éprouvés ? Je ne pouvais pas. Là, aux pieds de Tom, je distinguais la salle se vider. Je sais que d'ici quelques minutes, je devrais suivre le troupeau. Mais là, je caresse d'une main la scène, et sourit aux légères gouttes d'eau. Puis, mon visage se lève. Regard familier. À Bercy, le plus étonnant est que l'on voit les coulisses. D'une certaine place, & d'un certain angle, on distingue, à travers les morceaux de scène, l'entrée des artistes. Ils étaient là, ayant dû faire le tour. J'étais encore dans la salle, & eux dans les coulisses. Un rêve inachevé, une esquisse de plaisir. Oui, ils étaient là, le sourire aux lèvres. J'aurais pû me sentir rassurée. Privilégiée. Mais non. Une boule se forme dans mon ventre. Ils étaient là, & June était là. Dans un sourire, elle les serra dans ses bras. La haine ne parvient pas jusqu'à mes veines. Je n'éprouvais que de la jalousie, et pire, de la tristesse. Elle était partie pour çà ? Pour eux ?

Menteuse. Trahison & Abandon.
June tenait toujours ses promesses, autrefois.

#. Ich. Sinke. Ich. Sinke. #


_________________STANDORT VON JUNE
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Mon rire résonne à travers les couloirs. Le concert fut, comme les autres, à la hauteur de leur talent. Dans ces lieux, je peux enfin redevenir moi même. Souriante, & joyeuse. Je suis fatiguée de l`ancien monde, celui où je dois m`asseoir gracieusement sur une chaise semblable aux autres, tout en feignant de suivre le cours, qui lui, ne m`intéresse que sommairement. En attendant, ici, & maintenant, je peux regarder ces quatres anges rire, fiers de leur prestation. Nos pas sont complémentaires, et la porte en métal s`ouvre dans un bruit strident. Il est tard, mais à cette heure-ci, il n`y a plus personne. Du moins, d`habitude, il n`y a plus personne.

- JUNE !

Je me retourne, le visage figé. Je fais face à mon interlocutrice. Merde. Merde, merde, et merde. Poupée brisée. Les sourires affluent, les souvenirs m`enveloppent. Je refuse. Je ne peux plus admettre de revivre ce passé.

« Maman veut que tu dormes à la maison. Tu veux bien que je dorme avec toi ? J`ai peur de l`orage. J`ai peur d`être seule. June, tu seras toujours ma meilleure amie. On vivra à deux plus tard, & on aura le plus beau chien du monde. Tiens, regarde, les garçons sont beaux ici. Le lycée me fait peur. Oh, tu sais, je crois que Steven m`intéresse. Merde, June, t`es plus vierge ? Moi si. Faut que je trouve quelqu`un. Oh, regarde, ce fard à paupière me va parfaitement. Je n`ai plus de sous pour m`acheter leur dernier album. June ? T`es bizarre en ce moment. June ? Pourquoi tu ne m`aimes plus ? June, pourquoi ta mère me regarde méchamment ? Dis, June, pourquoi tu n`es pas revenue ? D`habitude, quand tu t`éloignais, tu revenais toujours. June, tu seras toujours ma jumelle »

Les pensées d'April se mêlent aux miennes, et j'ai l'impression que le sol s'effondre. Une valse m'entraîne ailleurs, et une douce musique se distingue de l'obscurité. Je pourrais presque tourner sur moi même, mais le fil de funanbule se rompt et mes espoirs s'effondrent. C'est elle. Elle.

- Merde ! Tu les connais depuis quand ? Putain, June ... C`est pour ça que tu m`as abandonnée ?

Abandonner ? Le mot m`assassine, me détruit. J`ai l`impression que mille aiguilles me traversent, tandis que je recule. Un pas, deux pas, et le torse de Tom. Il me regarde, inquiet, et je fais un mince sourire. Seul son jumeau m`a déjà vu détruite, et peut-être même Georg. Mais Gustav et Tom ne connaissent que la partie souriante de moi. Je dois me relever. Je feins le sourire, et m`avance. À trois pas se trouvent les Tokio Hotel, groupe populaire du moment. À trois autres pas se trouvent April, mon passé & ma vie. Je relève la tête, et bombe le torse, même si à travers la veste en cuir de mon chanteur, celle qu'il m'a donné, il y a quelques semaines, mon coeur menace de traverser ma poitrine, y laissant un trou béant. Mes poings serrés tremblent, et mes paupières s'allourdissent. Faites que l'instant disparaisse.

_______________Allein.

- Les garçons, voici April. April, voici les ...
- Tokio Hotel

Un murmure, & des larmes. April pleure. Depuis quand ne l`avais-je pas vu aussi humaine ? Je grimace, et me refuse à m'approcher d'elle. Je reste là, immobile, et sans vie. J'ai l'impression que mille aiguilles me transperçent le coeur, et je l'observe, les épaules sanglotantes. Ma fierté est dominante, et je ne bouge pas. J'attends qu'elle parte, qu'elle s'éloigne, qu'elle hurle, crie, ou réagisse. Mais elle reste obstinément statique, les larmes tombant tragiquement au sol. La scène me dégoûte.

- Euh ... June ? M'interrogea Bill

Je reste muette. À contre coeur, je m'approche d'April. Depuis quand avais-je oublié à quel point sa présence était appaisante ? Elle ne réagit pas, et elle m'attend. Je m'apprête à poser une main sur son épaule, mais mon geste se perd, et ma main tombe mollement dans le vide. Mon estomac n'est plus qu'une boule de peur, et le regard inquiet, je la voie qui relève la tête. Son regard se perd dans le mien, et je prend le temps de détailler son corps entier. Je ne la connaissais pas si pâle. Je ne la connaissais pas si maigre. Elle avait, si je me l'imaginais bien, perdu une dizaine de kilos. Elle n'avait presque pas changé, sinon ses joues creusées. Au coin de son oeil, j'observe une fine cicatrice blanche. Pourquoi ? Comment ? Six mois sans la voir, et elle me revient chifonnée. Poupée de chiffon. Le tissu est sali et la poupée abimée. Je l'avais déposé proprement sur une étagère, mais elle avait dû tomber. Les mains serrées, j'observe ses veines qui ressortent. Merde, que t'es-tu fais au poignet ? Je me revois, il y a quelques mois. Qu'ai-je fais ? Comment ai-je pu détruire la personne que j'aimais le plus au monde. J'ai un rejet, et je titube jusqu'au mur, devant lequel je vomis ma haine. J'entends Georg s'approcher, et tenir mes cheveux, une main dans mon dos. Pâle, les larmes aux yeux, je tente de vomir le visage larmoyant d'April. Je savais que je n'aurais jamais dû revenir.

Je me relevai enfin, le visage blanc, et le regard d'April sur moi. Dégage. Mon être entier lui hurle cet ordre, mais rien ne sort. Et pathétiquement, elle reste là, les bras à découvert, me fixant sans sentiment. Que pense-t-elle ? Que je suis une amie indigne ? Qu'elle s'est foutue en l'air pendant que j'apprenais à revivre ? Que je ne devrais pas être ici sans elle ? Que croit-elle, hein, sinon ce mutisme qui m'encercle et me tue ? Je jette un regard à Tom. Ce dernier est le seul à savoir. Il a compris qui elle était, il sait de qui il s'agit. Mais il sait aussi que l'on pourrait encore rester ici des heures. Infatiguables, le regard perdu, les souvenirs meurtriers. Il s'avance, mais se reprend.

- June ... Ècoute, si tu veux, on la ramène à l'hôtel pour une nuit. J'ai rien contre vous, mais on ne peut pas rester toute la nuit ici !

Je resserre les pans de la veste de Bill. Ce dernier me jette un regard, mêlant interrogation et inquiétude. Qui est-ce ? Ca va ? Je soupire, et m'apprète à ne rien répondre. Dénigrant totalement mon ancienne amie, je m'avance jusqu'au groupe, et Gustav passe son bras sur mes épaules. Mon mutisme veut tout dire. On s'en va.

- JUNE !

Elle hurle, secouée de douleur. Sa voix résonne, et emplit l'obscurité silencieuse. Les garçons se mordent les lèvres. Allez, June, partons. Notre notoriété ne nous autorise pas à rester. Ton équilibre non plus. Ils me revoient, à nos débuts. Faible, anéantie, déchirée. Ils ne veulent plus me revoir ainsi. Mais elle, elle hurle. Impudique, elle dégueule mon nom comme elle cracherait ses larmes. Je me stoppe. Faites la taire, pitié, faites la taire. Mais rien n'y fait, elle me rattrape, m'attrapant le bras, de façon aussi désolée qu'insolente. Tom soupire, de pitié, de tristesse, et d'impatience.

- On peut la loger une nuit ...
- NON ! On ne la logera ni cette nuit, ni jamais ! Je veux qu'elle disparaisse ... DISPARAIS APRIL ! Je t'en supplie, va t'en ...

Je me dégage de son emprise, le coeur endolori, et le dégoût au bord des lèvres. Je titube, après avoir penché mon coeur pour hurler, puis murmurer. Je la tue, à chacun de mes mots. Mais elle est trop blindée, trop protégée. Mes mots ne l'atteignent plus. Plus rien ne l'atteinds. Son regard est éteint, autant que son coeur. Je grimaçe, et l'observe. Elle a une nouvelle fois cessé de bouger. Puis, je la vois. Cette larme, qui descend le long de sa joue, pour s'arrêter sur la douceur de ses lèvres. Limpide, elle attend. Je ne me retournerais pas. Mes yeux lui accordent un dernier regard. Schuldi. Puis, je pivote, mes baskets claquent sur le bitume, et je lui tourne le dos. Un pas, deux pas. Un nouveau fossé. Demain, nous serons encore à Paris. Et après, je repars. Loin. Très loin.

- Il aurait fallu que je ne me retourne jamais ...

Sa voix me transperce, me brise, et me décompose. Tom soupire, sachant que çà continuerait. D'un geste, il me caresse le main, et ouvre la porte du van. Quelques minutes, et on y va, semble-t-il dire. Je les regarde monter dans le véhicule, et là, je me retourne. J'affronte une nouvelle fois son regard

- ... Je n'aurais pas eu à souffrir, ainsi. Je n'aurais pas eu à mourir de ce fossé que tu creusais chaque seconde un peu plus.

L'enfer est un nid douillet à l'air irrespirable. Je me tuais d'elle & elle se tue de moi. Je vois de la haine dans son regard, mais tout n'est qu'illusion, puisque l'amour la berce encore. Elle a l'espoir que je m'effondre, que je la serre, l'enlace, et l'embrasse. Mais je l'imite, immobile, et fière. J'ai quitté ce monde, et là, au bord du précipice, une voix me souffle d'avancer. Pourtant, je resiste aux bourrasques de vent, et m'accroche désespérement à un espoir, une nouvelle vie, de nouveaux sourires. April m'a toujours rendu heureuse, mais aujourd'hui, ils me rendent heureuses, eux. J'ai l'impression que ma souffrance n'est que le prix de ce passage. D'elle à eux, et d'eux à moi. Moi à elle, et cette interminable ronde qui nous entraîne parmi les rires d'enfants déjà éteints, lointains, et mornes. Tragiquement, sourire, et attendre. Elle a encore des traces de larmes sur les joues, mais seul son regard me parle. Reviens, June. Je te pardonne. Don't forgive me, my love. Une chanson qui ne s'arrête pas. La fin est proche, et les notes, sur la partition, s'échouent dans une mélodie de fausseté. Je voudrais disparaitre, ou la voir disparaitre, mais j'implore le ciel, en lequel je n'ai jamais cru. Par pitié, que l'une de nous disparaisse. J'entraperçois à nouveau les marques inscrustées sur la peau de ses poignets, et ma grimace s'étend. Suivant mon propre regard, elle sourit. Rictus.

- Tu te sens coupable ?

Sa voix n'est pas froide. Sa voix n'est rien. Un vide cruel, poussé par ma propre indifférence. Je voudrais la feindre, cette dernière. Tenter de lui montrer qu'elle n'est plus rien, et que j'ai rayé un trait sur son existence. Mais non, rien. Je me contente de l'observer, elle, et ses souffrances. Je me tais, mais mon âme entière hurle. Je caresse son existence chaque soir sous la lumière brisée d'une lampe sans vie. Je m'imagine chaque nuit nos retrouvailles, mais aucunes de mes prédictions ne nous amènent à ici. Je nous inventais dans les douceurs de draps, assises sur une plage, ou au détour d'une route. L'utopie me menait à venir devant chez elle, dans quelques années. « Ich Bin Da » . Mais là, c'est trop tôt, trop rapide, impersonnelle, impudique. Je me sens nue, indécente, et presque vulgaire. Groteste, j'oublie mes pas de danse, et la musique continue. Je suis là, gauche et maladroite, à n'attendre que son départ. Mais j'ai déjà trop gagné. Je suis toujours partie en la laissant effondrée, sur le sol, à moitié implorante pour que je reste. Mais pas une fois, je n'ai tourné, retourné, et pas une fois je ne suis revenue. Pourquoi reviendrais-je aujourd'hui alors ? J'hoche la tête. Victoire ? Défaite ? Peu m'importe. Je pivote, et m'approche de quelques pas du van. À travers les vitres teintées, noires, j'observe le reflet d'April. Une fois encore, son regard m'accompagne. Je l'observe, la redessine et imprime son visage dans mon esprit. Mon coeur lui hurle son amour. Ma tête avance mon corps. Funanbule, mon esprit vient de se casser la gueule. Mes genoux sont écorchés, mon coeur aussi. Au loin, je l'entend me supplier une dernière fois. Elle redit mon nom dans un murmure. Mais ma seule réponse consiste en une flopée de geste. J'ouvre la porte du van et m'enfonce dedans. Georg ferme la portière derrière moi, et Bill, se levant précipitement, me serre dans ses bras brusquement. Là, je m'effondre à nouveau, laissant mes larmes devenir les paroles de mon coeur. Je renifle, titube, et m'assoit sur la banquette. Le van démarre, et par la fenêtre, relevant la tête, j'observe April. Ses larmes sont abondantes, et petit à petit, sa silhouette se redessine dans une mesure plus petite. Elle rétrécit, et a repris ma vie. Et elle s'effondre. A genoux sur le sol, je la devine, me suppliant de descendre. Sur ses lèvres, je lis mon nom, inlassablement. Elle serre son ventre, et hurle à en déchirer les ténèbres. Je me sens mal, et Tom me fait tourner la tête. Il m'empêche de distinguer l'horrible vérité.

- Ca ira ma belle, me murmure Gustav, çà ira.

________When you speak with every breath you take, you save me.

Pourquoi la seule personne qui avait un tant soit peu d'importance est devenue mon bourreau ?
Pourquoi me tue-t-elle ? Et pourquoi la tues-je ? Je pleure à m'en faire vomir les tripes. Je dégueule son visage à m'en brûler la gorge. Dégage, April. Dégage de mon esprit. Je n'en peux plus. Lassée, et fatiguée, j'aimerais, à certains instants, ne l'avoir jamais connu. Et dans d'autres cas, je m'en veux. J'ai brisé notre amitié. Et en y réfléchissant, je n'en vois aucunes raisons.

Je l'ai tué, parce que je n'arrivais pas à me tuer.
Je suis horrible. Horrible, horrible, horrible, horrible ... & absurde.

- April ...

Ma main se pose sur la vitre, alors que je me laisse aller dans les bras de l'androgyne. Il me berce et me calme, et nous nous éloignons d'April. Une fois encore, une fois de trop. Je somnole, sous les regards inquiets de mes amis. Mon portable sonne, et Tom décroche. Il fouille ma poche, et tente dans un français maladroit de répondre. Méfiant, il me tend le téléphone, et je dégage mon corps de l'étreinte avec Bill. Portable aux oreilles, je réponds.

- Allo ?
- June ...

Je reconnais la voix de Matthew.

- Reviens, s'il te plait. Je t'en supplie, reviens
- Je ne peux pas, murmurais-je. Je refuse de la revoir. Ne me demande pas l'impossible, s'il te plait.
- Tu as poussé April au suicide. Trois mois de coma, çà ne te suffit pas, comme preuve ?

Le portable tombe de mes mains, et s'échoue sur le sol. Trois mois. Trois mois. Trois mois. La durée m'anéantit, et les garçons ne bougent plus. Je frôle les jeux du silence dans un mélodrame parfait. La vérité m'explose à la gueule, une fois encore. Cette fois, je ne pleure pas. Je reste là, main dans le vide, à fixer le noir de la banquette. Morte, suicidée, comateuse.

_____I scream into the night for you. Don't make it true.
______________Jump


X
X


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&AHHH ! Voilà la deuxième partie du chapitre. Bon, comme vous le voyez, nous avons retravaillé le prologue et nous sommes repartis dans le tragique. Evidemment, ce chapitre est la seconde partie de notre préférence, bien que nous n'avons pas la prétention d'affirmir qu'il soit génial. Les fautes persistent, mais tant pis.
En espérant qu'il vous plaira. Nous sommes 19ème dans le classement. Continuez de voter x3
Oh, & aussi, demain nous sommes le 15 décembre. Premier jour où nous nous verrons. June serrera April & on taguera sur l'Aeronef qu'elles s'aiment pour l'éternité. Sisi, j'vous jure. Bref, encore merci à tous de nous suivre, et de vos compliments, surtout pour certaines personnes qui je pense se reconnaitront.
Again ?
Edit Lenny : Voilà, nous nous sommes vues. Gare Lille Europe, 07h30. Bon, April a emmené ma petite amie avec, & oui. Parce qu'April est dans le même lycée que ma petite amie, oh yeah (H) Bref, la journée a été plus que géniale. & on a beaucoup parlé d'April & June, comme si elles existaient vraiment :) En tout cas, on prie pour se voir au nouvel an :) Voilà (L) !

# Posté le vendredi 14 décembre 2007 09:55

Modifié le dimanche 16 décembre 2007 07:00

______ « Es ist Vorbei »*« Kapitel 1o »*

_____________- Où est June ?
_____________- Y'a plus de June ! c'est fini !
_____________- Allons, qu'est ce que tu racontes ?
_____________- Je l'ai laissé s'échapper. Elle m'a quitté

Es ist vorbei. _____________

_________________STANDORT VON JUNE
________________¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯

- On accompagne donc June chercher ses dernières affaires ? Déclara David, assis devant
- Non, répondis-je gênée, je peux y aller seule ...
- Ca ne nous dérange pas.

J'acquiessais. De toute façon, je serais rassurée qu'ils viennent avec moi. Retrouver cette maison, & entrer à nouveau chez moi me donnaient une sensation que je n'apperçiais guère. La soirée d'hier fut mauvaise & j'avais peur que cette journée ne s'emboîte dans la même tristesse. La journée avait à peine commencé et nous nous dirigions déjà en voiture jusqu'à mon ancien domicile. Le face à face avec ma mère m'inquiétait, mais arrivant dans mon ancienne rue, aucune voiture ne me rapella celle dans laquelle je montais si souvent. Dans un dernier regard, je leur faisais comprendre qu'ils n'étaient pas obligés, mais se munissant de lunettes, ils me forcèrent à sortir devant eux. L'allée, les graviers, l'odeur de la pelouse humide. Tout me revint comme un tourbillon de nostalgie. Répendre le deuil. Je glisse la petite clef argentée dans la serrure & ouvre la porte. La maison me semble vide, et inhabitée. Il n'y a pas de clefs sur le buffet, et l'ouverture sur la cuisine me permet de voir qu'il n'y a pas de fruits dans la corbeille, posée sur la table. Tapie dans la hantise, je m'avance. Je n'ose pas crier le nom de ma mère, et je me contente d'ouvrir le réfrigérateur, sous la suite des garçons. Ils regardent chacun de mes gestes, et je me sens intruse dans ma propre vie. Le garde froid est vide, et je me surprends à être inquiète. Où est ma mère ? Que s'est-il passé pendant trois mois ? Pourquoi cette maison me crache-t-elle l'absence en plein visage ?

- Où est ta chambre ? Me demanda Bill
- Suivez moi, murmurais-je

En quelques pas, nous traversâmes le couloir et délicatement, je poussais la porte de ma chambre. Ma main contre le mur, j'hoquetais. Rien n'avait changé. Depuis ce funeste matin, rien n'avait bougé. Les papiers déchirés étaient restés au même emplacement, et les objets balancés aussi. Les mêmes éclats, la même déchirure. Je me revois, mariée avec April par la mort. Je revois dans un seul ensemble la vie que j'ai quitté. Je vois Gustav s'avancer dans un coin, et rire, légèrement.

- Tu nous détestais vraiment, dit-il en désignant des posters arrachés
- Je ne mens jamais ...

Ou presque. Illusion perfide. Plus rien n'a de prix, et je m'avance jusqu'à mon armoire. La porte est cassée, abîmée par les coups de poings que je donnais dedans. Je préfère tourner le dos à Bill, qui observe les dernières pillules de drogue. Abandonnées au sol dans un dernier désespoir, elles trônent en reines parmi ma déchéance. Ils le savent. Ils savent tout. Ils m'ont récupéré mourrante, et me retrouve en vie. Je n'ai rien à cacher. La tristesse transforme les anges en monstres qui dérangent. Je soupire et prend quelques tee-shirts. En vérité, j'espérais croiser ma mère. Les habits n'étaient qu'un prétexte. J'avais même eu la prétention de croire que mon père aurait pû rentrer. La vie que je cueille dans un dernier regard. Je prends rapidement un sac à dos, me penchant sur le coin de mon armoire. Tom & Georg sont déjà partis, et Gustav s'avance pour m'aider.

- Tu comptes emmener quoi ?
- Deux ou trois bricoles, histoire que je tienne bien les semaines.

Il sourit, et me montre successivement plusieurs vêtements. J'acquiesse ou réfute, et très vite, le sac se remplit. Bill tourne, et regarde chaque détail. Il découvre April, et murmure.

- Je la déteste cette fille ...

Moi aussi, je voudrais la détester. Mon coeur se tord dans cet enfer, et je ne réponds rien. Il relève la tête et croise mon regard. Dans ce bazar, je ne fais que sourire. Il me renvoit la même esquisse aux lèvres et laisse tomber la photo qu'il tenait dans les mains. De loin, je distingue deux enfants. Elle, et moi. Autrefois, ce n'était jamais elle sans moi. Il faut croire que les temps changent. Geh. Enfants du malheur.

- On peut y aller, déclarais-je

Dernier regard pour mon passé. Amertumes. J'observe l'âme d'April se défendre à travers cet oubli, et ferme la porte. Je ne range rien, je n'efface rien. À travers le couloir, Bill et Gustav prennent de l'avance. Légèrement en retrait, je distingue la porte de la salle de bain qui n'est pas fermée. L'humidité habituelle est absence, tandis que je pénètre dans la salle. Le rideau n'enferme plus totalement la baignoire, & un crayon à maquillage traîne sur le rebord du lavabo. Le pot de brosses à dent est vide, et le coton n'a pas diminué. Je regarde quelques instants la mine noire du crayon, grasse, et noire. Je lève la tête. Je sais ce que j'y découvrirais. Reflet brouillée. Mon visage se défait, tordu par les mots inscrits sur la vitre du miroir. « Ich hasse dich » . Vulgairement tracé par le maquillage, je constate que ces mots me sont destinés. J'imagine mon âme, traçant ces lettres, haineuse et enragée. Ma mère est alors partie depuis longtemps, me dis-je. Je ne relève pas la déclaration. Juste que ma mère aurait effacé çà. Mais passant mes doigts sur les lettres, je remarque que le trait est encore fluide. Mais sec. April. Seule sa signature occupe mon esprit.

______Ich hasse dich.

Je rejoins les garçons, après avoir laissé la porte entrouverte. Ils sont dans la cuisine, un petit papier en main. Dans un mince sourire, Georg me le tend. Je m'approche, posant le sac, et le saisit. Fatalité hurlante. « June. Si un jour tu reviens ici, sache que je suis chez ton père. Heather a l'adresse. Je t'aime, June. » Je t'aime ? Le mot m'offre un rictus. Dans un geste, anodin, je chiffonne le papier et le pose dans la corbeille, à la place des habituels fruits.

- On y va ? Demandais-je, sans perdre mon sourire.
- Let's go (8)

Tom posa son bras sur mes épaules, et m'offrit la possibilité de ressortir. Georg avait pris mon sac, et très vite, nous retrouvâmes le froid de l'extérieur. D'un geste, je refermais la porte à clef. Encore une fois, je partais. Fuir, je ne savais que fuir. Dans quelques heures, le second concert de Paris. Je n'y serais pas. Evidemment.

« Je ne dormais plus, ne mangeais plus, ne parlais plus. Je souriais pour faire
croire que tout va bien, alors que ma seule envie était que mon cerveau arrête
de fonctionner pour cesser de penser
. »
Pete Wentz__

_________________STANDORT VON MERYL
____________'____¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯

Rentrée. J'avais attendu toute la nuit, assise sur son lit, et je l'ai vu, dans les bras de son frère. Il la tenait contre elle, alors qu'elle s'étouffait de sanglots. Il a ouvert la porte, et m'a regardé, désolé. Encore une fois, il s'excuse. Il n'arrive plus à prendre soin d'elle. Comme ses parents, il fatigue. & le plus horrible, c'est que moi aussi. Je fatigue de la voir s'effondrer alors qu'on tente de la relever. Je fatigue de la voir à genou au sol, les mains écorchés, ignorant même que nous lui tendons nos mains. Nouvelle déchirure, nouvelle cicatrice, et nous étions en manque de pansement. La guérison s'éloigne. Juste une lassitude. Je me levais, tandis qu'il la déposait sur son lit. Les mains contre sa bouche, elle ne faisait que murmurer des « Désolée », étouffés parmi ses larmes. La haine me grimpait au visage, tandis que Matthew m'entrainait dans une autre pièce.

- Je la déteste, fulminais-je

Je n'avais pas eu besoin de réfléchir pour savoir qu'elle était fautive. J'ignorais qu'elles s'étaient vues, mais je savais qu'elle était la seule coupable. June. Ce nom résonne comme une malédiction. Il n'y a plus qu'elle pour la détruire. Chaque seconde, elle fait d'April un murmure. Elle transforme ce rayon de soleil en cendre. Soupirs, & tout s'envole.

- June a changé. April ne l'accepte pas, c'est tout ...
- Nous sommes là ! Elle devrait l'accepter, et permettre qu'on l'aide. Matthew, j'en peux plus. J'suis crevée de l'aider à remonter alors qu'elle s'efforce de retomber. J'ai pas été élevé dans la facilité. Ma persévérance a des limites. Si April ne se persuade pas qu'elle peut vivre sans June, elle va forcément retenter de se suicider ...
- Et nous empêcherons çà.
- Ou pas, murmurais-je. Comment veux-tu aider quelqu'un qui n'accepte même pas l'idée qu'elle en ait besoin ? April est similaire à June. J'en ai marre.
- Alors t'abandonnes, çà y est ? C'est devenu trop tard, alors tu t'tires ...
- Tu comprends pas ... J'veux plus jamais la voir comme çà. Mais elle ne changera plus ...
- Donc tu t'casses ? T'as décidé que c'était fini, qu'elle était un cas fini ? T'as pas le droit Meryl. Tu peux pas faire çà ...
- MAIS TU COMPRENDS PAS QU`ELLE EST DEJA MORTE.

J'avais crié. Hurlant ma haine & mon dégoût. Je suis désolée, mais je ne calme pas mon regard. Ma poitrine se lève et s'abaisse au rythme de ma respiration. Contagion. L'épidémie s'étend, je suis la suivante à partir. People always leave. Je soupire, et sans un regard, je re rentre dans la chambre. Je m'imagine la scène. Elle est là, allongée, et je lui dis que j'ai besoin de temps, moi aussi. Que j'ai besoin de m'éloigner, de repenser un peu à moi ... Mais la vérité est toute autre. Malaise. Elle est là, debout, un sac en main. Avec force, elle y jette quelques habits. Je m'avance rapidement & pose ma main sur son bras. Elle me rejète, haineuse.

- April ? M'inquiétais-je
- Tu as raison. Je suis déjà morte.
- Ecoute, je disais çà parce que ...
- Parce que tu le pensais. Cesse enfin de mentir Meryl. Il est temps que tu arrêves cette hypocrisie qui m'agace. Tu crois m'aider mais tu es trop faible. Tu crois vraiment que j'avais besoin de toi ?
- Attend ...

Le même jeu que June. Même regard, même hantise. Je suffoque & m'effondre sur le lit. Assise, pitoyable, j'attends qu'elle m'achève. Elle le fera, comme June l'a fait. Soeurs, jumelles, identiques. Juste une personne. Une âme séparée en deux morceaux. J'éttoufe et attend la punition. J'ai péché, & je regrette. Les mots d'April m'atteignent comme de vrais épines. Je sens le sang gicler, et je ne fais rien. Je me laisse choir. Gourmande de souffrance. J'ai besoin d'aide. Komm und rette mich. Je déteste Bill. Et cette fois plus encore, puisqu'il n'y a que lui sous mon regard. Et dans celui d'April se trouve June. Je vois cette dernière à travers le regard d'April. Je ne les distingue plus de façon différente. Voleur. June est une voleuse.
April est similaire à June.
April ...

- Ne t'inquiètes plus pour moi, reprend-t-elle. De toute façon, je te vois mal intervenir. Tu es tellement sommaire face à elle. Tu ne possèdes pas le dizième de ce qu'elle m'apportait. Tu ne fais pas le poids. Je préfère que tu m'oublies et que tu me laisses seule. Ca me rendra la vie plus facile. Prends pas tes rêves pour la réalité, hein ! J'ai tellement honte d'être amie avec toi ... Tu ne vois rien venir, & tu voudrais remplacer June ? Tu vois, tes sentiments pour moi ne me dérangent pas réellement. Ils me flattent, mais me dérangent. Je te trouve un peu trop collante. Au début, je ne disais rien. J'avais un peu peur, parce que tu semblais si envieuse de t'occuper de moi pour te donner bonne conscience ...Enfin, tu prenais soin de moi, mais tu voulais juste accéder au trône de June, n'est ce pas Meryl ?
- Tu ... Enfin ... En fait, je n'étais qu'un "boulet" pour toi ?
- Un boulet ? Non. Je dirais plutôt une bonne à rien. Tu n'étais qu'une subtitution, un amusement. Tu étais presque une illusion grotesque ..
- Oui ... Tu as raison. Je ne suis qu'une simple adolescente, moi ! Je suis différente de vous. TU L`AS DIS ... JE NE SERAIS JAMAIS À LA HAUTEUR ...
- Tu es si amusante ...

Clac.
Matthew avait entendu. Trop. Il venait de giffler April pour la première fois de sa vie. Oui, pour la première fois, sa main venait de tordre le coeur d'April d'un simple geste facial. Une surprise. April sursauta, mais ne fit rien. Les cris avaient ameté les parents des jumeaux, qui se trouvaient à présent dans l'encadrement de la porte. Drôle de tableau. Moi, pleurant. April, main sur une joue rougie, & Matthew, fou de rage. Où est le peintre, par pitié ? Refaites moi votre oeuvre. Faites de nous des personnes différentes. Différents et heureux. Mais le pinceau est absent, et April se déplace jusqu'à un tiroir. De là, elle cherche quelques objets, qu'elle enfonce dans son sac.

- Où vas-tu April ? Demanda sa mère en s'approchant
- Je suis majeure. Je suis libre de partir !
- Mais, et le lycée ...
- Maman ... Si tu savais ce que le lycée est à des années lumières de mes pensées. Tu vois, chaque jour, vous m'obligez à vivre. Vous m'obligez à me lever dans une chambre impure, à me laver dans de l'eau qui me brûle. Vous me faites manger une nourriture qui n'a pour moi qu'un goût de cendre ... En vérité, oui. Ma vie entière se consume et vous ne faites rien. Sans June, ma vie n'a aucune valeur. Tout est gris, et sans vie. Je refuse de continuer. Meryl a raison. Je dois faire quelque chose.
- Tu ne vas pas la retrouver quand même ? Scanda son père
- Oh si, papa ... Quand même. June est ma vie, June est moi. Elle est mon sang, ma chair, mon âme. Personne ne peut comprendre. Personne ne peut m'aider. Seule elle m'apportera une nouvelle cigarette, afin que le paquet ne soit pas vide. Il n'y a qu'elle, juste elle ...
- APRIL ... Nous t'avons donné la vie, tu ne peux pas justifier June de ...
- TU N`AURAIS JAMAIS DU ME DONNER LA VIE ! QUI T`A DEMANDÈ DE ME METTRE AU MONDE, HEIN ?

Déchirure. Les pires mots pour une mère. Nouveau silence, et April s'éloigne.

____Lass mich jetzt los. Ich kann nicht mehr. Es bringt mich um !

- RESTE ! Hurla Matthew, presque honteux
- Tais toi. Vous n'êtes plus rien à mes yeux ...

Geh. Elle a claqué la porte derrière elle, laissant son dernier regard en nous. Haine.

_________________STANDORT VON JUNE
________________¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯

« Au lieu de penser à comment tu vas mourir, pense à comment tu vas t'en sortir »

_____23h27

Ma cage thoraxique se fend en deux. Juste une douleur, là, entre les deux côtés. Ma cage thoracique se fend, et mon coeur se noie. Un sentiment de dégoût qui retrace mes veines. Poignardée. Encore, et encore. Inlassablement. La voiture laisse filer le paysage, et je suis contre Tom. Il dort. Ils dorment tous les quatre, mais le sommeil m'a oublié. Laissée sur le côté, je l'ai attendu, mais il a décidé de ne pas se montrer cette nuit. Comme les précédentes. La pluie martèle les vitres. Le bruit qui s'en dégage me fait frissoner et pénètre mon coeur. Je me recroqueville pour lutter contre la tristesse. Je marche dans les décombre de mon âme. Tout n'est que poussière et remords. Pourtant, ils m'ont sauvé. Apaisement. J'ai repris goût à la vie, entre sourires & réciprocités. Petit à petit, ils m'ont redonné ce qu'April m'avait volé. Un coeur. La nuit m'entoure. Et j'ai l'impression de m'être perdu dans un rêve. Un rêve noir. Un rêve sombre. Je regarde la nuit, obscure et menaçante. Une seule envie m'occupe. Je veux pouvoir avoir le courage d'affonter le monde une nouvelle fois. Ne plus tomber, ne plus chuter. Je suis restée faible, mais je suis restée forte. Paradoxe. Si la faiblesse était réellement mon utopie, je serais retournée là bas, suite à l'appel de Matthew. Mais je suis restée là, le regard vide et l'idée absente. Quelques heures. Nous venons de partir de Paris, & April n'était pas là, à ce deuxième concert. Enfin, je crois. Je n'y étais pas, enfermée dans les loges. Enfermée dans ma douleur, & assomée de souvenirs. Renoncer à ce qui était toute ma vie. J'avais tourné la page, je l'avais oublié, elle, & notre ancienne superficialité. J'imaginais qu'elle s'en sortait, et elle était pire. Je rêvais de la voir reine et je la découvre bouffone. Aussi instable que moi. Ses poignets charcutés m'hantent. Pourquoi ? Pour moi ? Je ris presque, dans ce silence. Mutilation, suicide, coma. Alors April est aussi facile que çà à détruire ? Aucune satisfaction. Juste une impression de victoire mutilée. Je devrais être contente. Je devrais la haïr. Mais je l'aime. Je l'aime à en mourir, et elle, elle en meurs. Revenir ? L'idée est impossible.

Wir ham uns totgeliebt, Es bringt mich um !
Weil unser Traum in Trümmern liegt. Die welt soll schweigen und für immer einsam sein.
Wir sind verloren, Auch wenn die Mächte sich vereinen. Es ist vorbei.


Je crève de douleur, anéantie dans mes propres gestes. J'étais June Ulhde, reine du lycée. Je marchais, dignement, April à mes côtés. On se complétait, regardant autrui avec un dédain familier. Nous étions reines, nous étions belles. Cette période me fait vomir. Je crève de nous entendre rire, je vomis nos sourires. Toujours sourire et faire semblant de s'aimer, mais dans le fond, on se déteste & on aimerait pouvoir céder. Je me détestais. D'autres me trouvaient belles, & je me trouvais horrible. 18 ans de vie, & le double de larmes. Tout a une fin. J'ai chuté, & je me suis relevé, eux à mes côtés. J'ai simplement arrêté de faire semblant d'être quelqu'un d'autre. Une fois au sol, les mains écorchées, et le coeur en miette, tu ne peux qu'attendre. Tu ne peux qu'attendre. Attendre tout en faisant des petits signaux vers la vie. Lui montrer que tu tiens toujours à elle, même si tu rêves de la quitter. Tu attends qu'elle comprenne sans forcément que tu lui dise toi même. Qu'elle remarque que tu es toujours là. Que tu ne l'oublies pas. Dans ces cas là, on est obligé de souffrir en silence. Tu attends, sans détour, sans solution. Tu restes là, à genoux, pitoyablement. Et tu crois que rien ne peut te relever. Mais eux, ils l'ont fais. Ils sont revenus dans ma vie quand je ne les y attendais pas. J'aurais presque craché mon venin, mais j'étais bien trop faible. Je ne veux pas les perdre, eux eux. Non, je ne veux plus jamais ressentir une telle souffrance. April. Son nom même est une souffrance. Une cicatrice béante, encore ouverte. Qu'on m'apporte à nouveau du fil, et une aiguille. Quand m'apporte la gomme, et un nouveau stylo. Nous avions toutes les deux un rôle dans notre destruction. J'ai voulu partir pour mieux revenir. & devenir quelqu'un, quelqu'un de bien parce que je reviens de loin.

_____Le temps autour de nous a éclaté (8)

Je crois qu'on s'est ratées, le c½ur balafré de rage. De toute façon, je crevais d'elle. Nous, superficielles. Nous reines. Mais je crevais de jalousie. Je jouais un rôle. L'honnêté était trop absence. & Peut-être qu'elle allait se réveiller un matin, et réaliser qu'elle avait perdu son temps en restant avec moi. Alors j'ai décidé de partir. La douleur au ventre d'avoir tué, avec elle, un adolescent. J'ai été l'artisan de notre échec. j'ai travaillé à mon propre malheur. Je pense que c'est inutile d'aimer coûte que coûte. Ou même de détester, de ressentir, de vouloir. Reflechissez y. Vous pourriez être une grande partie de la vie de quelqu'un & ne même pas le savoir. Je pensais ne pas le savoir, maintenant, je le sais. Je le redécouvre en retraverssant les frontières allemandes. Je me retrouve une nouvelle fois ici, dans le pays des sourires. D'ici quelques heures, la voiture s'arrêtera, et je redeviendrais moi. Une nouvelle fois, April ne sera plus qu'un souvenir. Nouvelle vie. Nouveau clash. Des notes se distinguent, & s'élèvent à travers la nuit en retraçant les lettres d'un prénom bani. Le téléphone sonne. Mes mains tremblent.

- Allo ?

Cette voix. Je m'en souviens comme si c'était hier. Je n'ai rien à lui dire. J'ai froid. En vrai, je fais semblant, mais je m'accroche et je respire.

- June, c'est toi ?

Je reste silencieuse. Pas un mot rien. Non, ce n'est plus moi. Juste une ancienne amitié. Je raccroche.

Idée d'Adèle au dessus____________Was bleibt ist Finsternis

00h04____________________

_________________STANDORT VON GUSTAV
____________'____¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯

Entre éclats de rires & musique, nous venions de terminer notre dernière répétition. June venait de se saisir de la guitare de Tom. Ce dernier, dans un sourire complice, s'était approché de Bill, pour laisser la place à la jeune fille. Juste des accords. Au fond, elle jouait de mieux en mieux. & elle vivait de mieux en mieux. ______________Loin d'April.


_______________When you're in love and when you lonely
________________and he's gone you don't know where
_________________You start thinking you're the only
__________________one who ever seems to care
___________________and you look around every corner
____________________you're afraid to leave the phone
_____________________You have joined the nothing army
______________________of the lost and the alone


_________` Rien de viendra après elle.

______________________Quand tu es amoureuse, & que tu te sens seule
_____________________Il est parti. Où ? Tu ne sais.
____________________Tu te mets à penser. Au fond, tu es la seule
___________________Pour qui çà ait compté.
__________________Et tu scrutes les moindres recoins
_________________Tu redoutes de t'éloigner du téléphone
________________Tu as rejoint les rangs du néant
_______________L'armée de deuil & de solitude


Elle s'arrête, & sourit, presque timide. Nous restons là, transis de chaleur. June. Un éclat, une vie, un rire. Elle pose la guitare, et se réfugie dans les bras de Bill, les joues rougissantes.

- Tu t'amélioras, ajouta malicieusement Tom
- & j'ai pas le meilleur professeur, ironisa-t-elle

Il éclata de rire, et enfila sa veste. Nous l'imitâmes, histoire de pouvoir sortir sans avoir trop froid. June grogna d'être dégagée des bras de Bill, mais ce dernier la reprit très vite contre lui, et la porta, à l'aide de Tom. Elle hurla, hésitant entre l'hystérie & le rire, et se laissa finalement faire, tandis que je fermais la porte. Ils prirent tous trois de l'avance dans le couloir, & Georg se tourna vers moi.

- C'est dingue quand même ...
- Quoi ? M'inquiétais-je
- L'importance qu'elle a prise ...
- Elle me semble si extraordinaire, elle, & sa façon de s'en sortir.
- « Ce n'est pas incroyable du tout ! Qu'est-ce que tu crois, toi ? Des filles comme moi, le siècle en a plein ses tiroirs !»

Darling. Parodie de référence. « Elle remonte les pentes à des vitesses fantastiques et moi je ne comprends pas où elle puise cette énergie-là. Où va-t-elle chercher cette rage d'être encore verticale ? Y aurait-il donc des gens dont la force de vie serait sans limites ? » Un sourire. Je n'avais qu'un sourire pour réponse, tandis que je le succédais devant la porte de sortie du batiment. Nous sortions par l'arrière. Logiquement, nos trois amis, auraient dû nous attendre dans la voiture, et non devant le batiment. Normalement, il aurait dû sourire, & non rester statique. Logiquement, personne n'aurait dû se trouver devant le batiment.
Normalement.

- Salut, murmura une voix.

___________April.

« Mais ce qui est sur c'est qu'on voudrait devenir quelqu'un, quelqu'un de bien
parce que nous repartons de rien. Et peut être qu'un jour on pourra regarder nos
mères et leur dire pardon de ne pas avoir su les rendre fières »




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& voilà le chapitre suivant. Skyblog a bien foiré, & April n'a pas pu y ajouter son point de vue, ainsi, le prochain chapitre ne sera qu'à elle, ou presque. Ici, donc, voici quelques nouvelles de June, & de Meryl. D'ailleurs, pauvre Meryl, qui souffre de n'être finalement qu'un jouet, et une notion de remplacement s'installe. De nouveau, June redevient gentille, mais elle n'oublie pas pour autant ses cicatrices.
Bon, on vous informe par ailleurs qu'Saam aura de moins en moins l'ordi, & que Lenny part deux semaines en vacances ( Cf Milkberry. ) & donc la mise à jour se fera dans quelques temps. Donc en attendant, vous pouvez largement réagir à l'histoire jusqu'ici. C'est à dire, une vue d'ensemble. Comment aimez-vous l'histoire ? Quelles sont les différences que vous avez pu remarquer ? Qui écrit qui ? Comment pensez-vous que cela va finir ? Oh, & puis d'ailleurs, racontez nous votre Nouvel an ... Nous on le passe à deux, avec la petite amie de Lenny & plusieurs autres amis.

T_T Les loulous, y'a du relachement =O
Ne nous quittez pas xD

N'oubliez pas de voter. & Fröhliche Weihnachten

# Posté le vendredi 21 décembre 2007 09:39

Modifié le samedi 29 décembre 2007 03:50

Hey :)

Nous sommes en direct de chez Alixe, la copine de Morgan, & ensemble. On a donc fait le réveillon avec des amies, & nuit blanche à l'appui, on vous écrit en dormant limite sur le clavier. Juste avant de nous plonger dans la suite de notre magnifique & génialissime ( Que de modestie ) fiction, nous vous écrivons un petit message pour vous souhaiter une bonne année 2008, ainsi que santé, bonheur & tout le tralala. On pense aller se coucher bientôt parce qu'on est crevéééééééééée ! On vous remercie aussi pour tous vos commentaires, vos critiques, & vos avis. Ils nous apportent chaque fois de la motivation & des sourires. Passez une bonne fin de vacances, & souhaitez nous une bonne nuit.

PS : On vous prépare une surprise pour bientôt, le temps qu'on en reparle & qu'on y reflechisse bien :) Attendez vous à un truc de géant

# Posté le mardi 01 janvier 2008 07:56

Modifié le lundi 07 janvier 2008 09:41

______ « Tu croyais que je m'enfuirais ? Tu pensais que je te laisserais partir comme tu le souhaitais ? _____________________Tu pensais que je te laisserais souffrir seule ? »Mawie« Kapitel 11 »*

_•• _____ «  Tu croyais que je m'enfuirais ? Tu pensais que je te laisserais partir comme tu le souhaitais ?  _____________________Tu pensais que je te laisserais souffrir seule ? »Mawie« Kapitel 11 »*
_________________STANDORT VON APRIL
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________________Et maintenant je pense à avant, je pense à toi

__________Je pense à notre été et je me demande,
_________Où es-tu maintenant ?
________Comment es-tu maintenant et comment ris-tu ?
_______Comment pleures-tu ?
______Comment dors-tu ?
_____Comment cries-tu ?
___Penses-tu de temps en temps à notre temps ensemble ?
Extrait de NT, Vorbei

#. Warüm. Bist. Du. Abgehauen. #

______________Non ne pleure pas, non ne pleure pas, tu as, tu as, toujours de beaux yeux.

Elle a décroché. Une dernier silence. Mes larmes m`empêchent de voir et ma respiration est haletante.

Poupée désarticulée. Trop de mots, aucun gilet par balle. Transpercée, le sang coule et je meurs encore un peu plus. J`ai tenté de croiser le moindre de ses regards, essayé d`y lire le moindre signe. En vain, je suis là, dehors, la tête baissée, il pleut. Une scène pathétique de film à l`eau de rose. Je ne sais plus si je me releverais, encore une fois. Clap de fin. Trempée jusqu`aux os et grelotante, je rentre chez moi. Pour combien de temps ? Chacun de ses mots m`ont transpercée et je n`étais pas protégée. Je n`ai pas croisé son regard, celui qui me manque tant. Le plus beau, le plus doux, le plus cruel. Mon coeur saigne et mon corps n`est plus qu`une masse, un fardeau que je m`efforce de trainer. Je vois encore nos noms sur le mur et les efface d`un revers de main. Le passé, tout ce qui te retient, June. Pense à moi, crois en moi. Tu ne m`oublieras pas, je le sais. Il y a quelqu`un qui m`a dit que, tu m`aimais encore. Serait-ce possible, alors ? Je veux y croire, je dois y croire mais je sombre. Mes pieds trainent, mon esprit laissé à l`abandon dans ces coulisses de la mort. Ils étaient devant moi mais je n`ai vu que toi, ma June, ma toute belle. T`ont-ils rendue heureuse ? Autant que moi je l`ai fais ? Ces années furent les plus belles, j`aurais voulu te le dire, je ne peux que l`écrire. Sur mon corps, dans ma peau, ton nom, à jamais. Cette coupure, cette blessure, une souffrance que seule toi pouvait me procurer. La plus douce et la plus surnoise des maladies. Celle qui te laisse en vie alors que tu es déjà morte. Ma conscience ne me rejoint que lorsque j`ouvre la porte de chez moi et sent la chaleur s`emparer de mon corps. Ca ne me soulage même pas. Juste, je respire un peu mieux derrière les sanglots qui m`étouffent depuis si longtemps. J`avance, traverse la cuisine, et me cogne mollement contre quelqu`un. Je lève les yeux et me voit. Jumeaux.
Comme eux.

- April, bon dieu de merde. Qu`est-ce qu`ils t`ont fait, ma belle ?
- Elle ... elle m`a tuée.

Matthew me caresse la joue, je me noye dans son regard. Il a pleuré, encore, à cause de moi. Les bras balants, je laisse ma tête retomber sur sa poitrine et agrippe son t-shirt que je serre de toutes mes forces pour ne pas craquer devant lui. Il passe ses bras autour de moi et me serre. Mes mains passent dans son dos et s`y croisent. Je m`accroche à lui comme s`il pouvait me protéger de tout, de ce monde, d`elle. Je suis abimée et il n`y a plus d`aiguille, ni de fil. Brisée, complètement. Zerbochen. Ou comment nommer la mélodie qui m`entoure. La reine a perdu son sourire, elle va bientôt se faire détrôner souhaitant bonne chance à la prochaine. Les murs sont détruits, à coeur ouvert. Matthew déserre son étreinte et s`éloigne un peu de moi. Bleib. Ses yeux noisettes me détaillent de haut en bas, la désagréable impression d`être passée aux rayons X.

- Arrête Matthew.

Je ne comprends pas ce changement d`attitude. Je me retourne afin de ne plus lire la haine qu`il y a dans ses yeux. Des dizaines de bière sont alignées sur la table, un cendrier rempli, une bouteille d`alcool fort, des rasoirs et un petit sachet. Voilà, je comprends. J`écarquille les yeux, la panique s`empare de moi. Comment a-t-il trouvé ça ?

- J`ai trouvé ces merdes dans un de tes tiroirs. April, t`as pas le droit de te faire du mal comme ça.
- Je fais ce que je veux avec mon corps. Et puis, qui t`as permis d`aller fouiller, putain !

Je me remets face à lui, glisse le sachet dans ma poche. Son air de reproche me tue. Arrête, Matthew, je pourrais pas supporter que tu partes toi aussi.

- Donne-moi ça, April.

Il tend sa main en s`attendant à ce que j`y dépose ce que June et moi avions reçu en échange de quelques services. Un gros pervers, deux jeunes filles, une interminable nuit de souffrance. Nous avions tellement honte et en même temps on se sentait si libre. Combler le manque.

- Non. Laisse-moi, Matthew. S`il te plait.
- TU VAS ME DONNER CETTE MERDE TOUT DE SUITE !

Il tape violemment sur la table. Les bières glissent à terre et la bouteille se brise au sol. Je sursaute et prend peur. Je ne l`avais jamais vu dans pareil état. Ses yeux sont embués de larmes, sa respiration s`est accélérée tant il est énervé.

- Je suis désolée, j`en ai besoin. Me regarde pas comme ça, arrête. Pitié.

Je baisse les yeux et me dirige vers les escaliers menant à ma chambre, à mon enfer. Je pose mon pied sur la première marche quand je sens qu`on m`agrippe par le cou et qu`on me tire vers l`arrière d`un coup sec. Aïe, putain, ça fait mal. Je suis quasiment écroulée par terre quand des mains d`habitude si protectrices me plaquent contre le mur. Matthew. Sa poigne est si forte que je ne peux plus bouger. Il dirige son regard vers ma poche puis me regarde.

- Lâche-moi, Matthew ...

Je pleure, j`ai peur. Maman.

- Pas tant que tu m`auras pas donné ce que je t`ai demandé.

Il fulmine, hors de lui et tremble.
Les larmes abondent et éclatent au sol. Toute ma peine rassemblée dans une goutte qui meurt. Je cède, hypnotisée par la peur, et lui tend le sachet sorti de ma poche. Il me relache, je reste là, tremblante. Personne ne saura rien de cette scène. Ainsi soit-il. Il s`abaisse et passe ses mains en-dessous de mes jambes, une autre dans mon dos. Je me laisse faire et passe juste mon bras autour de son cou afin de ne pas tomber. Il m`amène en haut des escaliers et ouvre la porte. Meryl, encore et toujours. Il me dépose sur le lit et s`en va avec Meryl, sans aucun mot, aucun regard. Je dois leur faire peur. Cette conne n`a pas intérêt à se taper mon jumeau. Leur conversation a l`air de plutôt mal se passer vu les cris que j`entends à travers les murs.

- MAIS TU COMPRENDS PAS QU`ELLE EST DEJA MORTE.

Bam. Je souris, sadiquement presque. Alors comme ça tu te croyais maligne ? Tu croyais que je t`aimais ? Sombre conne. Je n`aime qu`elle. Ils reviennent. La scène s`enchaine comme un film monté trop vite, à la hâte, baclé. On n`en comprend pas l`enchainement. Des paroles, des flèches transperçant le coeur, la branche craque et Meryl tombe de haut, très haut. Une main claquée et je m`en vais, détruite.

_____________________________Es ist Vorbei.

Il ne reste plus personne. Meryl, Matthew, Maman, June, tous m`ont abandonnée. Je suis totalement perdue et marche dans le noir. Je me cogne mais me relève. Difficilement certes, mais je continue. Je dois le faire pour elle, je n`ai plus le choix. C`est ça ou je meurs. Passion. Mon sac à l`épaule, les rues vides s`offrent à moi. L`obscurité m`écrase mais je lutte, pour elle. Je dois être forte même si je m`éteins. Il faut que je sache où elle se trouve. Alek. Copain d`enfance, rires et amitiés. Il travaille dans le milieu de la musique, June est avec Eux. Machinalement, je me dirige vers chez son taudis qu`on appelle maison. Accélérant le pas, me mettant à courir, l`espoir me revient le temps d`arriver jusque chez lui. Je trépigne d`impatience et sourit bêtement en pensant que j`ai une chance de la revoir. Je suis prête à tout pour la récupérer, vraiment tout. La porte s`ouvre.

- April ? Mais ... qu`est-ce que tu fais là ? dit-il étonné.

Il a changé depuis la dernière fois. Il serait presque devenu beau. Je ne prends la peine de répondre, ne m`essuye pas les pieds sur le paillasson d`entrée, rentre comme une voleuse et me retourne. Visiblement, il ne comprend pas.

- J`ai besoin de toi. Où est June ?
- Je .. je peux pas te le dire. Désolé, April.

Il baisse les yeux, l`air géné.

- Alek, pitié. J`ai vraiment besoin que tu me le dises.

Je lui prends la main que je caresse de mon pouce. Il rougit, je sais très bien ce qui pourrait lui faire changer d`avis et ça me dégoute.

- Non, April. Vraiment. Je lui ai promis.

Il bafouille. Mal à l`aise, il referme la porte. Je ne sortirais de cette maison que quand il m`aura donné ce que je voulais. Je m`offrirais à lui en retour si c`est tout ce qui me reste à faire.

- S`il te plait, c`est important pour moi.

J`essaye de contenir mes larmes, me dégoutant déjà de ce que je vais devoir faire avec lui, de lui. Je me fais vomir.

- Non April, va-t-en.

Je pose mon doigt sur ses lèvres, signe qu`il doit se taire.

- Je ferais ce que tu veux.

Une main glisse sur sa joue, je m`approche doucement de lui.
Il ne riposte pas, me prend la main et m`emmène vers une des chambres de la maison. Quel lâche. La porte fermée à clé, j`ai peur mais ne peut plus reculer. C`est pour toi, June. Baisers, caresses, larmes et déchirures.


_________________STANDORT VON ALEK
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Une nuit, sans amour, sans idée. Juste une envie, un manque, un besoin. Combler l`absence, oublier l`indifférence. Je faisais l`amour à April & je pensais à June. Je parcourais son corps de mes mains, & je l`oubliais la seconde d`après. Une nuit, quelques heures, & l`infâme sensation d`être idiot. Elle était là, les larmes aux yeux, & le coeud déchiré. Elle voulait son adresse, & je la voulais elle. Ressemblances, je me suis perdu dans son regard. Perdue, elle s`est abandonnée à moi parce qu`elle n`était plus rien. Elle se shoote aux médicaments, et son regard la trahit. Je ne laisse pas le temps à mon cerveau d`y réfléchir. Je capture ses lèvres, & son coeur à la fois. Ja rajoute une dose, manquant de l`assomer. Je voudrais la tuer, pour qu`elle cesse de souffrir. Euthanasie des sentiments. Ne plus penser, ne plus souffrir. Et attendre. Attendre, et en crever. La peur. Je n`en peux plus de la douleur, de son absence, de ses erreurs. April est là, allongée, et je caresse sa joue, ne trouvant pas le sommeil. J`ai promis à June mon silence, et elle m`avait promis son sourire. Lequel est le plus menteur ? Douleur. Erreurs, et déceptions. Peines, et souffrances. Mes rêves se brisent. June m`a menti. Elle a perdu son sourire, et elle nous a quitté. April et moi. Où est l`enfant qui courrait en riant à travers le parc ? Où est l`enfant avec qui j`ai appris à lire, à compter, à embrasser ? Où est cette allemande qui nous fascinait ? Où est June ? Où est-elle ? Un mensonge. Les étoiles vacillent sur leurs branches. Je perd tout honneur. Il est tôt, le soleil se lève. L`aube fait apparaitre une nouvelle illusion. Sans bruit, je me détache d`April, et avec une nudité indécente, je me dirige jusqu`à la salle de bain. L`eau brûlante me détruit, mais je n`ai plus mal.

« J`ai besoin de toi. Où est June ? »

J`ai cru qu`elle me répondrait. Ou pire, qu`elle reviendrait. Mais jamais June n`est revenue. Elle est partie avec eux. Soupirs. Est-elle heureuse au moins ? Sourit-elle encore ? J`aimerais tellement qu`elle aille bien. Au fond, c`est la seule chose qui peut compter. April dort encore. Habillé, propre, et lavé de toutes souillures, je me penche sur la table, et griffone quelques mots. Mon sourire comme aurevoir, je claque la porte et laisse le froid marteler ma peau. C`est un autre jour.

_________________STANDORT VON APRIL
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_______________ « Studio à Hambourg. Ne m`en demande pas plus, je ne peux pas.
_________________ Prend soin d`elle, & n`oublie pas de fermer la porte derrière toi. Si tu
_________________ veux, je t`ai mis de l`argent sur le buffet. Prend le, il était pour June.
__________________________________________________________________Alek_________»

Quelques mots griffonnés sur un bout de papier en échange de mon corps. Je me dégoute mais, pourtant, souris. Tout devient soudain plus réel. Je vais revoir June. Utopie. Ma toute belle, mon ange, ma princesse. J`espère que mon coeur est encore tien. Je rêve. Oui, je rêve. De tes mains, tes lèvres, ta peau, ta voix, ton sourire. Toi toute entière. Hambourg. Il ne doit pas y avoir des centaines de milliers de studio dans cette ville. Entre mes mains osseuses est tendu ce papier chiffonné, comme moi. Ma dernière chance, mon dernier espoir. Celui de te retrouver. Si tu savais à quel point ce moment me fait peur et me rend euphorique à la fois. Sentiments confus. J`empoigne fermement la poignée de porte d`entrée d`Alek et jette un dernier coup d`oeil derrière moi. J`ai abandonné dans cette antre toute ma pudeur et mon amour propre. Pour Elle. J`ai versé des larmes, plus abondantes à chaque intrusion et ai craché ma vie. Pour Elle. J`étais prête à tout, à n`importe quoi. Pour Elle. Pense seulement à moi et tu verras, l`ange qui vole à côté de toi. Ces mots soufflés au creux de l`oreille résonnent en moi comme un mensonge, un air dont l`accompagnement serait joué par une guitare mal accordée. Mais j`espère. Encore et encore. Espérer pour ne pas sombrer. Trouver la force d`avancer, de vaincre ses peurs et de se relever. Me voilà sur les dalles qui composent cette rue. J`ai laissé derrière moi ma rancoeur et mes pleurs. Je vais de l`avant car je l`aime. Direction Hambourg. Je paye mon ticket avec l`argent qu`Alek m`a donné. Allez-y, traitez-moi de pute, je ne vous blamerais pas car c`est ce que je suis. Les paysages défilent, le temps passe et se perd.

« Vous êtes arrivés à destination »

Où dois-je aller maintenant ? Ville immense semblant prête à accueillir chacun de nous, je lève la tête. Tout est démesurément grand. Je me perds dans cet ammoncellement de buildings, de tours, de gens.

- Eux, excusez-moi, je ...

Transparente. Je n`ai même pas eu droit à un regard. Cette réaction me vaut un mouvement de recul. Ow, je ne me savais pas si peu importante. Une reine avant toute chose. Je baisse les yeux, la vérité en pleine face. Non April, tu n`es rien d`autre qu`une adolescente COMME LES AUTRES. Tu n`es pas mieux, tu n`es pas moins bien. Quoique ... J`erre dans les rues, à la recherche DU studio. Celui où elle passe ses journées avec ces espèces d`ordures. Ceux qui m`ont pris ma June, qui m`ont volé mon coeur, brisé mon âme.

- Vous cherchez quelque chose mademoiselle ?
- Je cherche le ...

_________________STANDORT VON MERYL
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Traverser les rues, me lever, marcher. & arrêter de réfléchir. Je quitte ue famille désoeuvrée, anéantie. J`entend encore au loin le cri d`Heather, hurlant dans la nuit pour que sa fille revienne. & je suis centrée sur l`image d`April, traversant le carrefour en courant, & disparaisant au delà de l`obscurité. Reviens. Je ne me retourne pas. Ma maison n`est pas loin. La clef tourne dans la serrure, & je distingue mes parents qui regardent la télévision. Ont-ils seulement une mince idée de la destruction de mon coeur. Je me couche, sans manger. La nourriture aurait trouvé sa place finale dans la blanc des cabinets, après une rencontre désolante avec les géniteurs. Dormir est impossible. Juste penser, réfléchir, & sombrer. Un mal me ronge et je m`enfonce. Je sens que des couteaux me transperçent, & me noyent dans mon sang. Ma bouche est sèche, & je n`entend qu`un râle malsain de plaisir. Le plaisir de détruire. June est April. April et June. April est June. L`évidence me tue. Mes idéaux sont souillés. J`avais la certitude de pouvoir changer la réalité. Balancé dans la réalité, j`ai compris que je ne pourrais jamais oublier cette soirée. Je m`emprisonne dans les mensonges & je retiens une envie de faire de la boîte de somnifère ma dernière pensée. Je joue avec la boîte, qui était posée à l`instant sur le sol. Jouer. Je viens de perdre au plus dangeureux : L`amour. J`entendais les rumeurs, à travers les couloirs du lycée, ou les couloirs de la ville. Mais elle à mes côtés, je fermais les yeux, & n`entendais plus. Il n`était pas normal qu`une fille comme moi traine avec une fille pareille. Ce n`était pas normal ? Où est la normalité ? Où est ma réalité ? April me manque, & je la déteste. Je la déteste d`être partie, je la déteste d`être comme elle. Oh oui, je la déteste ..

« Cà fait longtemps que je veux te le dire, mais je ne te fréquentais
faute de mieux, parce que tu me mettais en valeur »

Son sourire me détruit. Son regard, haine & horreur. Une poupée déchirée, partie pour mieux se recoudre. Désolante réalité. L`âpre goût du remplacement s`empare de ma gorge. Elle est comme June. Et puis non. April n`est pas comme cette idiote. Elle est mieux. Je jette la boîte de somnifère contre le mur. Elle éclate, et se disperce. Mon coeur fait de même. Elle m`a dit tellement de choses méchantes, & pourtant, je n`arrive pas à la détester. Je ne me souviens que des bons moments, quand nous rigolions, ou quand nous nous allongeions dans le parc. J`entends quelqu`un frapper, & je laisse la porte s`ouvrir. Matthew entre, & referme délicatement la porte derrière lui. Son visage est pâle, son coeur a mal. Il s`approche, & me prend dans ses bras. J`y réponds mécaniquement. Puis, mon corps se lève & je parcours ma chambre. April n`est pas là, assise devant la coiffeuse à se faire belle. Je cours, chute, mais me relève. Elle n`est pas dans la salle de bain, sortant de sa douche dans un épais nuage de vapeur. J`hurle son nom. Elle n`est pas non plus allongée sur mon lit, à me raconter une vie que je ne connaissais que trop. April ... Elle n`est nul part. Ni ici, ni dans mon coeur. Partie, évaporée, abandonnée.
Reviens ... Mon coeur hurle à s`en vider.

- Ne tire pas cette tête, soupire un Matthew plus perdant que moi.

C`est une punition, pour avoir tenté de prendre une place que je ne méritais pas ? Les mots d`April s`impreignent de ma douleur pour se faire maître.

- Je voulais juste avoir une meilleure amie; Je voulais être unique aux yeux d`une autre, être quelqu`un de spécial. Mais je ne suis qu`une fille ordinaire ... Excuse moi ...

Assise sur mon lit, les mains sur mes genoux, je baisse la tête. Matthew pose sa main sur mon épaule. Il se tait. Mais de toute façon, il n`y a rien à dire. Le plus dur, après cette soirée, ce fut de retourner au lycée.

____« Casse-toi . Je veux plus jamais entendre parler d`toi ! »

_______ - On ne met pas des enfants au monde pour les voir dépérir!
_______ - Tu m`as mise au monde pour quoi, toi ? Anna Gavalda


Ca n`aurait pas du finir comme çà. Elle n`aurait pas dû jouer avec moi. Elle n`aurait pas dû me laisser seule. Le lycée. La vie, les rues, le noir. Evidemment, chez moi, çà n`a pas été facile. Matthew s`inquiétait souvent. Il me demandait si çà irait, seule. Je lui répondais que j`avais l`habitude, en souriant. Mais mon coeur pleurait. Être seule était la plus lourde des punitions. Mais dès lors les portes de lycée traversées, il a fallu relever la tête, redresser le torse. Matthew restait au loin, avec ses amis. Et moi, je revenais vers les autres filles. Celles qui n`étaient plus du même univers. A des années lumières, elles acceptèrent mon mensonge : April était malade, mais ce n`était plus de la depression. Mensonges. L`utopie me rongeait, & j`y croyais presque. Juste malade ? C`est là que j`ai compris que sa maladie s`appellait June.

- Tiens aujourd`hui aussi, April est absente.
- Il parait qu`elle aurait la rougeole.
- Ca fait pas un peu longtemps ?


Les jours passaient. Les nuits tombaient, & moi avec. Combien de jours se sont écoulés depuis, hein ? Chez qui se trouve-t-elle maintenant ? Et où ? Est-ce qu`elle rit ? Est-elle heureuse ? Au fond, j`essaye de me convaincre que même si elle ne revient pas, tant qu`elle est heureuse, çà ira. Mais mon égoisme ne l`accepte pas. A la sortie des cours, par une journée où la pluie se battait avec le soleil, je n`ai pas pris la direction de chez moi. J`ai pris à droite, comme avant. J`ai marché sur un petit sentier, et je suis passé sous un pont. Là, je me suis souvenue d`April. June l`avait tué. Et pourtant, April lui pardonnait tout. Dans un rictus, je m`avançai en sens inverse. Il se faisait tard, je devais rentrer.
Chaque jour, la haine s`accumulait. Et chaque jour, je savais que ma vengeance serait des plus folles.

_______________`__STANDORT VON GEORG
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April.
Un nom, et un dégoût. Juste une impression de déchirure. Nous ne pouvions que la haïr, elle qui la détruisait. Nous ne savions rien, et pourtant étions conscients que ce n`était pas objectif. La réelle coupable n`était pas à chercher. Nous nous satisfaisions de peu, & cela nous suffisait. Un détour, un virage, et un écart. Elle était là, presque souriante. Mon coeur lui hurlait de partir, ma raison de sourire? Je souris, l`air perdu, presque inquiet. June est statique, immobile, comme morte. Une fois encore. Juste une fois de plus. La fatigue s`empare de mes membres & les engourdissent. Je n`en peux plus. Je voudrais lui hurler de partir, & de cesser de revenir. Qu`elle arrête ce jeu. Suis moi, je te fuis. Fuis moi, je te suis. Arrête, & tourne la page. Sors et laisse nous. Mon égoisme lui hurle ma passion au visage. June ne voulait plus d`elle. Et nous voulions de June.

Salut.
Un soupir. June se retourne, prête à fuir.

- Ne m`ignore pas cette fois s`il te plait ...

Je reviens de loin, semble dire la jeune fille. Pourquoi ? Pourquoi s`acharne-t-elle ? June de dos fredonne un air bien trop connu.

Versuch nicht zu verstehen. Für uns wird´s erst weitergehen wenn wir uns nicht mehr sehen





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Pouhala, y`a du relachement les jeunes. On a plus autant de visites ;p Mais bon, on vous pardonne, c`était les vacances. Bon, Lenny sèche, & poste donc ce chapitre. Ce chapitre où il y a principalement April, & son entourage, comme Meryl et Alek. Non, les personnages secondaires ne sont pas morts. Ayant peu écris ce chapitre, je peux vous dire que j`ai eu les larmes aux yeux pour les mots d`April. Alors j`espère que vous aussi :)
N`oubliez pas de faire tourner ce blog, & d`essayer de le faire connaître. Le bouche à oreille est ce qu`il y a de mieux. Sinon, Lenny & Soom ( Nouvellement renommée ) sont toujours crevées, mais continuent d`écrire. Vive la rentrée, whaou ! Hug, & on remercie notre plus fidèle fan, Alixe, mein liebende ( Je t`aime <3 )
Euh, juste une question. Quels sont les livres que vous avez préférés lire ? & le genre de musique que vous mettriez si Zerbrochen était un film ? Oui, on a des drôles de question (L)

# Posté le lundi 07 janvier 2008 07:13

______ « The scars remind us that the past is real. » *« Kapitel 12 »*

_•• _____ «  The scars remind us that the past is real. » *« Kapitel 12 »*
_________________STANDORT VON JUNE
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« - Ne m`ignore pas cette fois s`il te plait ... »
Flashback

J`étais derrière. J`étais dernière.
Puis, il a fallu éteindre les lumières. La lune m`oppresse, je fume à la fenêtre. Ils dorment tous, & à la lueur de mon briquet, je me suis échappée jusqu`à cette petite fenêtre. Je regarde à travers, ma main refroidie. Je ne distingue que quelques traits légèrement flous, & j`ai l`impression que ma vie entière se résume à çà. Du flou. Je fume depuis plus d`une heure. J`enchaîne cigarette sur cigarette, poison sur poison. Je retiens l`envie de me jeter par la fenêtre du quinzième étage, de cet hôtel qui me donne la nausée. Nauséeuse. J`ai cette boule à l`estomac, celle qui monte, gonfle, et te serre. Nauséeuse, à vouloir vomir. Vomir de haine, vomir d`oubli. Vomir à vouloir en cracher mes organes, jusqu`à mon sang. Je voudrais qu`on m`arrache mon coeur, qu`on me l`arrache de rage, afin que je ne puisse plus souffrir. Détester la souffrance, et se détester soi même. On m`a renommée. Salope. Une nuit, comme çà, et on se déteste plus qu`à l`ordinaire. Un psychologue vous dirait la fatigue. Je vous réponds l`habitude.

Tendre insomnie, Jetée a la rue.
Prend moi au creux d`un lit.
Je ne dormirai plus.
sm0kz
Il n`aura fallu que quelques mois. Détruire sa vie, et celle des autres. J`étais bien trop ancré dans leur monde, alors j`ai tout détruis. C`est comme si j`étais un fil, mais que pour partir, je devais casser le mécanisme. Ils sont tous tombés. J`ai revu April, & j`en ai vomi toute la nuit. Ses marques, son sang, ses cernes, son âme. Tout était souillé, bafoué de mes cris. Je suis passée d`un extrème à l`autre en une seconde. Je suis passée de reine à sujet, de supérieure à maudite, de joyeuse à triste. Je suis passée de June à June. Un côté bon, & un mauvais. Un qui aimait April, l`autre qui la haissait. Je frappe de mon point contre le mur, & mes phallanges blanchissent. Je recommence, jusqu`à m`exploser de rage. Le sang coule vite. Et cette voix, qui me hurle aux oreilles. Salope. Salope. Salope.
_________________April, c`est toi ?

Je deviens folle. Tout est dans ma tête, autant que non. Steven est mort. J`ai vu son corps traverser le carrefour. La voiture passe, et n`a pas le temps de freiner. Son corps se brise, se détruit, s`égare. Un bras, une tête, du sang. Je vois le rouge s`étendre, et je vomis contre un mur. April est loin, à s`amuser, droguée & euphorique. Je suis là, détruite. Je voudrais qu`on m`enferme. La sirène se rapproche et je pris pour qu`on m`arrête. Je suis une criminelle. Salope. Je me déteste. Je me suis toujours détestée. J`ai toujours détesté ce corps, cette pensée, cette aisance. April s`aimait, et elle m`aimait. Je me haissais. Des mois que je vomissais, et qu`elle souriait. Des mois que je me droguais, et elle souriait. Des mois où je me suis éloignée progressivement d`elle. Elle ne comprenait rien. Elle n`a jamais rien compris. J`ai fini par appprendre à la haïr. Pire, je l`aimais de haine. J`ai fini par pouvoir la quitter. Et j`ai fini par mourir. Je suis morte, jupe levée, sang sur les cuisses. Je suis morte de sang, je suis morte d`effroi. Supplice coûlant. Je me sens glisser vers la depression, un pays interdit et vicieux. Le pays des gens souillés. Courbe le dos et vomis. Relève la tête et crache. Ècarte les cuisses, & tu verrast tout ira mieux. Et souris, souris. Mon poing tape une dernière fois le mur. J`entend la cassure. Je casse tout, jusqu`à mon propre corps.

__________« Mon corps est un HLM insalubre. »

Notons le noir, les cris, et le morbide. Je voudrais qu`on m`explose, qu`on me détruise, qu`on me dise la vérité. Mais chacun se tait, par pitié. Ils se contentent tous de me dire que çà ira. Ou ils se mentent. Je traversais le lycée avec April, et elle me faisait de l`ombre. Ou elle m`illuminait. Personne ne voyait rien. J`ai maigri, mais chacun ne voyait qu`elle. Alors j`ai continué. Doigts dans ma gorge, je vomissais chaque repas. Chaque morceau repartait en matière dans le blanc des toilettes. April était trop aveugle. Trop idiote. Autant que je l`étais. Que fais-tu à cette heure-ci ? Je me tue. Tendre insomnie. J`ai tout perdu. A cause de quelques personnes. J`ai fini par croire que le bonheur n`existait pas, et que je vivais pour mourir. J`ai menti à April. Je n`étais qu`un mensonge. Une illusion qu`elle se plaisait à aimer. Une meilleure amie dans laquelle elle se complaisait. J`ai appris à vivre dans la souffrance & la haine, comme s`ils étaient des sentiments comme les autres. La nuit me fait peur, et je reste là, amourachée de cette fenêtre. Quelques bruits de verres cassés s`égarent, et mes larmes innondent mes joues. Pourquoi suis-je encore ici ? Il fait noir, et tout le monde dort. Je m`interdis cette action, et je tape aux fenêtres. Mon corps se perd dans mes pensées, et je m`imagine heureuse, dans les bras d`April, à parler de façon insouciante des garçons. April est restée au stade des pleurs. Elle était restée. Depuis plusieurs mois, je sortais de mon corps, couteau à la main, et je tranchais mes veines comme si je tranchais mes sentiments. Elle a fini par me suivre. En sautant d`un pont, en s`ouvrant les veines, en se noyant de larmes. Mon nom était tatoué sur sa peau, et j`ai eu envie de vomir. June. Je m`achève cette nuit. Je suis partie, les yeux fermés. Ils étaient là, mains tendus. Je les ai attrapé, et ils m`ont remonté. J`ai cru en un nouvel avenir, et April est revenu. Je suis retombée, comme avant. Je voudrais partir, loin, très loin. L`amour, c`est de la merde. Je le vomis, comme ce soir dans le fond de mes toilettes. Le vide. Vidée d`émotion, en vomissant. Les doigts rougis, meurtris, & la gorge acide. Le liquide coule dans mes veines, et je titube. La mort m`attend. J`étais une reine. Mais c`est fini. J`ai perdu.

Tu veux vomir ? Vomis-toi. Je me dégueule de rage, et de facilité. Qu`y a-t-il de dur à glisser ses doigts et à attendre le rejet ? Rien, tout est facile. Jusqu`à la plus simple des larmes, tout n`est que facilité. La souffrance s`écrit avec facilité. Mais pire encore, elle se vit. Je la vis. Si je vis, c`est pour elle. Encrée en moi. Elle est mon sang, mon souffle. Fille souillée. Reine déchue. On m`a prise, ouverte et découverte, puis jetée, déçue de l`illusion. Connerie. On ne peut aimer les autres que lorsqu`on s`aime. Mais c`est idiot de s`avouer qu`on s`aime. Alors on finit par dire qu`on se déteste, qu`on ne se supporte pas. Comme moi. Je n`aime peut-être personne. J`ai cru aimer April. Et dans ce cas, je l`ai aimé. Je l`ai aimé à en mourir. Et à l`en détruire. Détruite ... Je suis vide, remplie d`angoisse et de colère. Je voudrais cesser de vivre dans ce carrefour. Je voudrais le quitter, m`en échapper. Mais tout me ramène à lui, alors je suis là, assise, devant son sourire & sa future mort. Vomir, même si mon premier reflexe fut de ne pas pleurer. Garder le peu de dignité que j`avais, le peur qu`il ne m`avait pas pris. La police est venu, la cellule psychologique. Ils m`ont mené à l`hôpital, et je n`avais toujours pas pleuré. Ils m`ont gardé, interrogé, et ont jugé que je pouvais partir. C`est là que j`ai pleuré. J`aurais voulu qu`ils m`emmènent. Ils auraient peut-être pu me sauver, et m`enlever l`âpre goût qui me restait en bouche. Celui de la honte. Ils m`ont regardé partir, les jambes droites et le torse digne, alors que je rêvais de m`effondrer. Ils m`ont vu partir, pauvre petite. Mais je ne suis pas tombée. Personne ne m`a rien reproché, je me suis tout reprochée toute seule. Vulnérable, et détruite. Mon auto-destruction.

________Je m`autodétruis & çà ne regarde que moi.
___________J`ai tenté de me dire que ce n`était pas ma faute. Et en fait, si, c`est de ma faute.

Auto-persuasion. Je me glisse contre le mur, dans un hoquet. Je déteste cette chambre d`hôtel. J`ai toujours tenté d`être belle. Feindre le contrôle, la beauté, la supériorité. J`ai mené April vers le haut, & elle a continué seule. Je n`étais qu`un prétexte. J`étais nue, avec leur regard. Ca me pesait, j`ai chuté. Tombé, effondré. J`aurais pu me jeter du haut d`un pont comme elle, mais j`ai fais plus simple. Je me suis abandonnée. Moins loin, et plus rapide. J`ai toujours trouvé April plus. Plus belle. Plus intelligente. Plus gentille. Plus drôle. Mieux. Mieux, toujours. Aimer cette fille, et me détester. C`était mon ordre, ma conduite. J`en passais par la haine, et je passais mes nuits aux toilettes, à dégueuler tout ce que je contenais de larmes et de méchanceté. Et le lendemain, je me levais, je l`embrassais, et la journée passait. Le soir, tout recommençait. La pire des douleurs est celle que l`on s`inflige. Ces coups qu`on porte, au plus profond de nous. Cette âme qu`on détruit, ces moments où la solitude estn notre pire ennemi. Funeste critique. J`étais néfaste pour moi même, et je le suis devenue pour elle. Rien ne s`oublie, non. Es-tu fière de moi ? Il y a des choses qu`on ne veut oublier, et d`autre qu`on espère voir partir. Mais on garde tout. Je gardais tout, même en vomissant. Les douleurs physiques cicatrisent, et disparaisent. Les marques sur ma peau se taisaient, et mon âme hurlait. Les douleurs mentales étaient plus destructrices. Car elles ne se refermaient jamais. Effondrement moral. _________________ Salope.
Je n`ai jamais cherché à me justifier. Je n`ai jamais voulu répondre à cette question : Pourquoi suis-je ainsi ? Open your eyes. Que vois-tu ? Je voyais ce que je ne voulais pas voir. J`ai attrapé mes maux de la main, et je les ai étouffé. Puis avalé, mastiqué, et recraché. Fermer les yeux, et recommencer. Again. J`ouvre les yeux, les jambes repliées. Le sang m`effraye, alors je cri. Et dans mon cri, je l`ai entendu. Il est sorti en courant de sa chambre, et il m`a prise dans ses bras, se jetant au sol.

______________________________« Si je pleure, c`est dans tes bras »

Nous étions déjà à genoux au sol, mes mains aggripant son tee-shirt, quand les lumières se sont allumés. J`entoure le corps de Bill, et Tom se penche à côté de moi. Il me bande la main, en attendant les professionnels. Il ne me regarde pas.

- Georg, appelle le samu, je t`en supplie.

Tout cela n`est que fiction, je n`existe pas, je n`existe plus.
Il a beau crier, hurler, & jurer. Il a beau me dire qu`il est à mes côtés, ou qu`il est là, je ne le voyais pas. J`avais fini par cesser de croire en ses mots, j`avais fini par arrêter de l`imaginer avec moi. Il me disait que je n`étais pas seule, & j`avais beau regarder de tous les côtés, je ne le voyais pas. Mais il est là maintenant, ses mains contre mon corps, et il me serre, me rassure, me murmure que çà ira. J`entend que quelqu`un sonne, et des voix s`élèvent.

- Depuis quand est-elle ainsi ?
- Je l`ignore. On l`a juste entendu crier.
- Mademoiselle, pressez votre pouce si vous m`entendez.

Non, je n`ai rien fais. Je ne presse rien. Je reste là, béante. Poupée de chiffon. Je prenais mes rêves pour la réalité. J`attendais que tu me reviennes, que tu me retrouves. J`aimais tout, de toi & moi. Les photos de nous sur les balançoires me hantent. Je les ai brulé, déchiré. Comme tu l`as fais avec nous. Piétiné notre nous, je l`ai fais aussi. Comment ai-je pu être aussi aveuglée ? On avançait dans des directions opposées. Mais ça m`était bien égal. Parce que j`avais décidé d`y croire. Jusqu`à ...

- Je veux qu`elle s`en aille de ma tête ...

Un murmure. J`entends ses sanglots, et l`interrogation du médecin.

- Elle a juste besoin de repos, & çà ira. Surveillez juste si elle mange correctement. Elle me semble effroyablement maigre.

______________________________________Wilkommen in unserem traum

Fin.Flashback

« - Ne m`ignore pas cette fois s`il te plait ... »

Bitte lass uns keine freunde bleiben. ___________

Je ne t`ai jamais ignoré. Comment aurais-je pu ? Tu me détruisais, chaque seconde un peu plus. Ils te détestent, car ils me savaient. Je suis de dos, et je fredonne une de leur chanson. Je suis de dos, ignorant à nouveau cette réalité. Tom se penche contre moi, mais je l`évite. Je n`ai besoin de personne. Je voudrais avoir une nouvelle fois la force de partir, ou de te faire partir. Quand vas-tu comprendre qu`il n`y a plus de toi & moi ?

- J`en ai marre de faire semblant, murmurais-je
- Alors arrête, osa-t-elle me répondre.
- Tu ne peux pas comprendre ...

____Du bist das was ich nicht sein will.

Je me retourne, mon regard se perdant sur elle. Il est noir, sombre, et faux. Je voudrais qu`elle parte. Je soupire, et je m`assois à même le sol. Mes genoux craquent, et les quatre célébrités restent à proximité de moi. Elle est là, en face, et seule. Il fait nuit, et le vent souffle. Je suis assise sur le béton froid d`une petite impasse. Je me suis assise sur notre relation, & je l`ai brisé avec mes quarante kilos. J`hurle au fond de moi, la tête ailleurs, & le regard vide. Je voudrais tellement oublier. L`oublier. Mais je n`y arrive pas. Elle reste là, en moi.

- Bien sur que si, je peux ...
- Peux-tu comprendre ce que je vis depuis des mois ? Ces vomissements assassins que j`endurais, cette ombre que tu m`offrais ? Peux-tu vraiment me comprendre ? April, je veux que tu t`en ailles de ma vie. J`ai changé, & tu as craché sur notre nous. Tu as fini par te détourner de moi.
- Mais c`est toi qui est partie ...
- Parce que tu m`avais quitté il y a bien longtemps déjà.

Ma voix est froide, sèche, & rèche. Je suis là, l`air froid se traduisant par la vapeur qui sort de ma bouche. Il est onze heures du soir, j`ai dormi tout le jour ... Je vois Bill s`éloigner. Il monte dans le van. Il en a marre. Moi aussi. Est-ce réellement mauvais de souhaiter qu`elle disparaisse enfin ? Suis-je mauvaise, si je refuse de la voir ? Mon esprit se perd, & je me perd moi-même. À cet instant, plus qu`à tout autre, je voudrais qu`elle s`en aille, encore, et encore. April me suit, et je la fuis. Elle refuse d`admettre, comme je l`ai fais. Je l`ai retrouvé l`année dernière pour la quitter. De toute façon, elle m`avait déjà quitté. Reines ? Une illusion, perfide & sournoire. April était devenue seule reine. Elle marchait, et je suivais.
_____Depuis quand souriais-je de façon si fausse ?

- Pourquoi cherches-tu à revenir ?
- June, Je t`ai...
- TAIS TOI !

_______________Leck` mich doch.

Pas ce mot, pas cette promesse ... Dans le flou de mon regard, j`observe April. Elle est secouée de sanglot, le regard jeté au sol. Elle avait décidé de changer les lois, de changer de vie. Elle avait quitté son corps de jeune fille, & était devenue une adolescente. Mon coeur s`est brisé, ne gardant que la douce mélodie d`un souvenir.

__________Lass uns lieber keine freunde bleiben

- Ecoute June, annonça Tom ...
- On peut s`en aller, s`il te plait Tom ...

_________________STANDORT VON GUSTAV
____________`____¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯

Une nouvelle fois, June voulut partir. Une nouvelle fois, j`observai le changement de regard de Tom. Moins catégorique que nous, il était le seul à ne jamais dire réellement ce qu`il pensait. Je le savais pourtant profondément ancré dans sa position. Il ne détestait pas April, mais il ne la défendrait plus. Il l`avait fait une fois. Une seule fois. Je pense qu`au fond, il savait que June n`était pas innocente. À cette époque, nous le savions aussi. Du moins, je m`en doutais. Je me disais qu`April n`était pas si mauvaise. Pourtant, l`affection que je portais à June me forçait à éviter de croiser la pensée de Tom. Mais plus le temps s`efface, plus je regrette. Et je cessai de réfléchir. Elle tomba. On crut à un effet, mais elle perdit connaissance. Bill cria, & il fallut encore une fois appeller les secours. Deuxième fois.

Je crois qu`aujourd`hui, June nous manque.
__Sa mort fut la chose la plus terrible que j`eus à vivre.

Le goût des cendres, accrochés à nos lèvres.

_________________STANDORT VON APRIL
________________¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯

Je vis pour toi. Je plonge en toi. ____Mais tes yeux se détournent quand je me perds en toi
Il y si longtemps, tu jouais avec moi. _________Ne l`efface pas. Sauve moi

#. Die Nacht. Hat. Mich. Verloren. #

Arrêt sur image. Elle me tourne le dos, recroquevillée, si fragile. Protège-moi, protège-moi. Pourquoi n`acceptes-tu pas, June ? Tandis qu`elle soupire, j`observe du coin de l`oeil le guitariste qui me faisait autrefois sourire. Celui dont j`avais envie, celui dont je rêvais et qui, aujourd`hui, me fait vomir et m`arrache une expression de dégout et de déception. Elle se lève. Une dernière bouffée envoyée à la figure comme si elle me crachait le passé, elle se tient maintenant devant moi droite, le regard noir. La haine emplissant à présent ses yeux m`était inconnue, mouvement de recul, d`incompréhension.

____Enchantée, moi c`est April, jeune fille paumée dont la vie ne se résume qu`à un nom, le tien.

Mon regard dévie timidement derrière elle. Ils sont là, apparemment prêts à partir. D`ailleurs, je déteste ce mot, j`aimerais qu`on le raye à jamais du dictionnaire. J`aimerais que ces quatre jeunes, beaux et talentueux garçons que je hais du plus profond de mon âme nous laissent juste nous deux sans personne pour nous barrer le chemin qu`on avait un jour emprunté ensemble et qu`on avait décidé de ne jamais quitter. Deuxième mot à enlever. Abandon et rejet, promesses fausses et éternelles. Leurs regards se lèvent vers moi en parfaite synchronisation. Je ne peux que les ignorer et reconcentrer mon attention sur June. Je les hais, plus que moi-même, si vous saviez. Non, je ne parle pas de leurs regards, je parle de ce qu`ils sont. Voleurs, beaux-parleurs, lâches et menteurs. J`en suis persuadée et leurs regards mêlés de pitié et de haine me confirment dans mon idée. Rien que du vent, des rêves trop vite réalisés, ils se sont perdus. Tout ce qu`ils font et pensent m`écoeure. Il est bien loin le temps des découvertes et de l`émerveillement. Celui où tout était possible, ou rien n`était trop beau pour exister. In unserem Traum die ersten sein. Premiers et au sommet. La chute sera mortelle. Si, un jour, j`ai le malheur de recroiser leur route, je leur présenterais Meryl. Ils partageront leur blessures et leurs déchirures pendant que moi j`aurais June souriante dans mes bras. Le monde sera beau et les oiseaux chanteront.

- J`en ai marre de faire semblant, murmura-t-elle.
- Alors arrête, lui répondis-je du tac au tac.
- Tu ne peux pas comprendre ...

La réponse toute faite, prête à servir. Elle sort une cigarette et, une nouvelle fois, me souffle lentement, doucement cette fumée destructrice à la figure. Elle savoure chaque miligramme de nicotine parcourant ses poumons, consumant son coeur, mes tripes. Je meurs un peu plus à chaque fois qu`elle inspire ce poison. Ce poison qui s`insinue en moi. Je ressens à nouveau cette chose qui filtre chaque recoin de mon corps, me donnant l`envie de tout casser, tout envoyer en l`air. Mais je ne sais plus comment faire. Je ne sais plus quoi penser, quoi dire, je ne sais plus rien. Son regard empli d`un sentiment inconnu me dévisage de haut en bas, je m`y perds. C`est cela, je suis totalement perdue. Et eux, là. Putain mais partez, dégagez de ma vie. Je n`en peux plus. J`en ai marre, je sature, je tombe, je plonge. La surface de l`eau est si loin de moi, je coule comme une épave. Une chute sans fin qui, malgré mes efforts, ne s`arrête plus. J`ai trop de fois tenté, trop de fois essayé de reconquérir ton coeur, mon ange. Mais parle-moi, je t`en supplie, je je je ... Je renifle et essuye l`unique larme coulant le long de mon visage. Elle ne le voit même pas et c`est tant mieux.

- Bien sur que si, je peux ...
- Peux-tu comprendre ce que je vis depuis des mois ? Ces vomissements assassins que j`endurais, cette ombre que tu m`offrais ? Peux-tu vraiment me comprendre ? April, je veux que tu t`en ailles de ma vie. J`ai changé, & tu as craché sur notre nous. Tu as fini par te détourner de moi.
- Mais c`est toi qui est partie ...
- Parce que tu m`avais quitté il y a bien longtemps déjà.

Ce ton. Froid, sec, ce n`est pas June. Cette lassitude, ses regards inexpressifs, ce n`est pas June. Je ris nerveusement, je ne comprends rien et il s`en va en soupirant, lui aussi. Seule contre tous, enfant oubliée, abandonnée. Je ne sais pas, mes mains voudraient lui tordre le cou, lui foutre la claque de sa vie, je voudrais qu`elle tombe, qu`elle comprenne que je ne peux pas sans elle. Je voudrais qu`elle cesse ce jeu stupide qui de plus, ne mène à rien. Satisfaction personnelle ? Désir de vengeance ? Mais de quoi, June ? DE QUOI, putain ?! Merde, merde, merde, lâche ma main et saute. Mais avant, je veux savoir, je veux comprendre. Je veux que tu m`expliques le pourquoi du comment, que tu mettes des mots sur tes pensées, sur tes sentiments, comme avant. Une dernière fois. Je veux que tu sois franche, que tu me blesse avec tes mots, car au fond, je sais peut-être ce que tu me reproches. Une reine ? Je t`ai toujours prise avec moi, tu as toujours été ma première. Celle qui me faisait vivre et respirer. Personne ne pouvait nous comprendre. C`était April & June, point. Tes mots me tueront, m`achèveront, je le sais mais j`ai besoin de savoir. Je préfère que tu me haïsses plutôt que tu ne fasses pas attention à moi car l`indifférence est pire que tout. Le silence, c`est la mort. La mort c`est le silence. Mon Dieu, ce sourire. Le plus beau, le plus faux aussi.

- Pourquoi cherches-tu à revenir ?
- June, Je t`ai...
- TAIS TOI !

La souffrance. De nouveau, encore et encore. Ce texte me revient en tête, celui dont elle n`a entendu que des bribes, celui où je lui disais tout, celui dont personne n`a compris la signification. Les deux autres s`en vont à leur tour, blasés de toute cette histoire. Peut-être autant que nous. Il ne reste plus que Tom. Il dégage ce je ne sais quoi. Sa présence est rassurante et terriblement oppressante à la fois. Ce n`est pourtant pas la première fois que je le vois de si près. Ce n`est pourtant pas la première fois qu`il me voit à nu, détruite et sans rien pour me défendre. Je vous le dis, c`est une scène qui se répète sans fin, un mauvais jour qui ne finit jamais, une lutte perdue d`avance. Mais on se bat quand même, on y croit toujours un peu. L`espoir fait vivre même si nous sommes déjà mortes. Mes bras lourdement tendus le long de mon corps, je baisse la tête et sanglote. Cela ne me fait même plus de bien. Personne ne sait pourquoi je pleure, personne ne sait pourquoi j`ai peur. Personne, personne. Sauf toi. I`m Still Loving You. Tellement que j`ai l`impression d`aimer pour deux. Donner tout et ne rien recevoir en retour. C`est donc ça l`amour ? Je ne veux plus jamais en entendre parler. Je ferais comme Tom, je m`interdirais d`aimer à nouveau un jour. Je ferais comme Tom, je ferais bonne figure devant et je pleurerais quand personne ne sera là pour me voir. Comme Tom, je sourirais et serais heureuse, je ferais bonne impression. En fait, je pense être comme lui. Même réaction. Même carapace. Même sourire. Même douleur. Et il me regarde, je le sens. Je lève inperceptiblement les yeux vers lui et voit l`ombre d`un sourire qui se veut bienveillant se dessiner sur le coin de ses lèvres. Je pleure de plus belle et tombe à genoux.

____ Le temps s`efface, & il n`épargne pas les cicatrices.
____ Silence. Deux semaines.

Je marche dans la rue en trainant des pieds, enchainant les chutes de tension. Plongée dans une vie où on perd vite haleine. Le studio est à deux pas du mien, il fait froid mais j`ai l`habitude. Seule depuis si longtemps maintenant. And I`m alone, I walk alone. Je pousse faiblement la porte qui se referme en un bruit sourd derrière moi. Des dizaines de personnes parcourent les couloirs stressés et pressés par le temps qui passe. Cours et ratrappe-le, il s`en va, il n`attend pas. Raté. Je prends à droite, et me fait bousculer au tournant. Aucun regard, aucune excuse. Le temps se perd s`il n`existe pas tous les changements n`y changeront rien. A quoi bon leur dire, ils ne comprennent rien et suivent le troupeau. Chacun fait ce qu`il doit faire, vite et bien. On ne pose pas de questions et on exécute. Vie bien rangée, cadrée le tout au carré. Quelle horreur. Je m`avance un peu plus vers la pièce dans laquelle sont surement enfermés June et les garçons. Je vais enfin tout savoir. Elle ne m`échappera pas cette fois-ci. Je me répète ? Oui, n`as-tu donc pas encore compris que la vie est une éternelle répétition ? Arrête-toi ici, alors. Cette histoire est ma vie. Toi non plus, tu n`as rien compris. Comme tout le monde. Je ne t`en veux pas mais tu es bête, il faudra que tu l`acceptes. Je suis au-dessus de toi, toi qui lit ces lignes, toi qui t`es immiscée dans ma vie, toi qui voulait tout savoir. Maintenant, tu plonges avec moi mais contrairement à moi, tu ne te relèveras pas car tu es faible et sans importance. Tu veux que je te dises ? Tu ne sers à rien ici. Tu es petit et insignifiant. Tu crois vraiment que si tu crèves quelqu`un pleurera sur ton sort ? Mais tu rêves mon petit, le monde est une jungle dans laquelle seuls les plus forts survivent. Tu pourriras et mourras dix pieds sous terre comme tous les autres. Oui, tu peux baisser les yeux, tu peux pleurer, tu peux me traiter de tous les noms. Personne ne t`entend, arrête, ça ne sert à rien, c`est peine perdue. La vie est une connasse, elle te promet monts et merveilles et au final, tu n`es rien d`autre qu`une machine prédestinée à te faire piétiner. Je te marche dessus, je t`écrase et je te ris à la gueule. T`as l`air fin maintenant, hein ? Tu te croyais plus fort mais tu as perdu cette bataille. Les dés sont lancés et je gagne bien avant que tu n`ais compris ce qu`il t`arrivait. Je suis tout ce que tu veux être et j`en profite. Toujours profiter cher ami. Je casse du sucre derrière ton dos et je souris quand tu es devant moi. Viens, tu es mon ami, je te ferais connaitre la vie, la vraie et quand tu ne serviras plus à rien, que j`en aurais marre de te voir, quand tu prendras trop de place, je t`abandonnerais sur le chemin. Tu me détestes ? Mais moi non plus je ne t`aime pas. Tu n`as de nouveau pas compris. Je n`aime qu`une seule et unique personne et elle est derrière cette porte.

- June ?
- Ils assurent quand même, sur scène. C`est idiot de savoir qu`on les déteste et qu`on ne peut arriver à détacher notre regard ...
- June ? Répétais-je.

Elle fait pivoter le tabouret sur lequel elle est assise, me regarde et lève les yeux aux ciel. Elle semble me narguer, elle sait qu`elle est en position de force. Elle prend un peu plus de place que moi sur le trône, les temps changent. Ma gorge est sèche et je voudrais partir le plus loin possible mais mes pieds restent cloués au sol. Je sens la sueur perler le long de mon front et mes jambes s`engourdir sous mon pantalon trop large. Je frotte nerveusement mes mains l`une contre l`autre et gigote. Je n`irais pourtant pas par quatre chemins.

- Tu m`expliqueras un jour ?

L`espace d`un effondrement, j`ai cru la perdre pour toujours. Je n`ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. Elle ne tient qu`à un fil et il menace de rompre. Tu es si fragile, mon ange. Je voudrais pouvoir te voir t`envoler une nouvelle fois. Je te pousserais plus fort et tu crieras au monde entier que tu es libre. N`oublie jamais, tu es l`oiseau, je suis les ailes. A deux, on est invincibles et on domine le monde ...

________L`oiseau s`est écrasé.

Nach dir kommt nichts. Unsern ersten tag verfluch ich.Nach dir kommt nichts.
Alles neue macht mich fertig. Nach dir kommt nichts. Ich will das nicht. Du bist
und warst und. Wirst nie wieder. Alles sein. ____ Ich hasse dich

_________________STANDORT VON JUNE
________________¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯

- June ?
- Ils assurent quand même, sur scène. C`est idiot de savoir qu`on les déteste et qu`on ne peut arriver à détacher notre regard ...
- June ? Répéta-t-elle

Je me tourne, sans un sourire. Je savais qu`elle viendrait, tôt ou tard. Je savais qu`elle viendrait forcément voir si je reviendrais, ou juste savoir comment çà se passerait. Presque deux semaines. Deux semaines. Elle a attendu, hésité, pris peur, & elle est souvent revenu sur ses pas. Pourtant, ce soir, dans ces coulisses, elle approche. Je l`observe, indifférente. Elle est pâle, & laide. Laide de maigreur, laide d`horreur. Je la trouve négligée. Et je me revois quelques mois auparavant. Je reste digne, & mauvaise. Au fond, je devrais la répugner. Je tente un mince sourire, mais mes lèvres restent fixement collées. Machine à malheurs.

- Tu m`expliqueras un jour ?

Sa question m`intrigue. Elle aurait pu me demander si çà allait, me faire une déclaration, me réclamer un pardon, un sourire, une confidence. Mais non, elle me demande le pourquoi du comment. Elle me demande juste d`être honnête. Le reste semble ne plus l`interesser.

_______- June ? June ... T`es enfin réveillée. Tu nous as fais peur, idiote.
_______- Qu`est ce que je fous là ?
_______- Tu t`es évanouie. Apparement, t`avais plus trop mangé depuis quelques jours ...
_______- Oh ...
_______- Écoute, va falloir que tu te rétablisses. David hurle, & est de mauvaise humeur.
_______- Je crois que tu lui manques.
_______- Pauvre David, m`amusais-je
_______- Mais je crois que tu lui manques aussi, à elle ...
_______- Elle ? Tom, ne me dis pas qu`elle ...
_______- Écoute, Bill a ... Enfin, je sais pas trop pourquoi, mais il a proposé qu`elle reste en ville.
_______- Du coup, elle a trouvé un petit appartement, qu`elle arrive à payer avec son compte. Et
_______- elle cherche du travail. Elle a confié que de toute façon, l`Allemagne, c`était son rêve ...


J`aurais pû tuer Tom. Mais j`étais là, allongée, & médusée. Les yeux rivés au plafond, je me suis dis que cette fois ci, encore, tout changerait. Encore une fois. Pourtant, elle est là, juste là, tout près. Cette pieuvre qui m`attaquait le coeur. Au fond, & égoistement, j`aimerais qu`elle s`en aille. Qu`elle ne s`installe pas ici. Pourtant, à la sortie de l`hôpital, elle n`était pas là. Ni même les deux semaines suivantes. J`étais rassurée, mais si inquiète.

__Au fond, je crois que je me suis toujours inquiétée pour elle.

__________- June ? Tu me fais la gueule ou quoi ?
__________- Mais non, gromellais-je, je travaille ...
__________- Ouais, & le fait que tu m`tires la tronche depuis quelques jours ?
__________- Tu fais chier, Bill, je bosse !
__________- Tu m`en veux ? Tu m`en veux mais t`es trop stupide pour me le dire !
__________- TAIS TOI BILL ... Je m`en fiche, okay ? J`en ai rien à foutre de cette conne ...
__________- Ne la traite pas de conne, June.
__________- Pitié Bill, me fais pas ce coup là ...
__________- Quel coup ?
__________- Me quitter pour elle ...


J`ai senti mon coeur se fendre, se briser, & s`écraser. Il est parti, & on ne s`est plus parlé. Une semaine et demie. Pas un regard, pas une approche. Je reste loin, il fait pareil. Tom nous ignore, il refuse de s`en mêler. Je n`ai pas compris. Je n`ai pas compris pourquoi il l`aidait, pourquoi il la défendait. Il la détestait. Il la détestait pour tout. On en riait, parfois. Puis il m`a tourné le dos. Sans raison, sans façon.

Je ne vois plus d`issue à notre histoire.

- Tu devrais pas rester ici, déclarais-je finalement. Tu devrais passer ton bac, & trouver une vie paisible d`étudiante un peu débile.
- Tu l`as pas passé, à ce que je sache ...
- J`ai suivi des cours à correspondance ici, et j`ai pu passé l`équivalence après de nombreuses démarches administratives. Mon travail est à temps plein, j`ai un salaire, et de quoi vivre. Pas toi.
- Depuis quand çà t`interesse ?
- Ne commence pas ...
- Tu refuses d`affronter la vérité ...
- Une vérité ? Je vais t`avouer une vérité, mais elle est un peu moche. Avant, ma vie était une fille. Une jolie fille, avec des petites tresses blondes & des dents écartés. Elle portait des jupes colorées & des bottes en caoutchouc. Tu vois, elle et moi, avant, c`était simple. Je la savais par coeur. Je la regardais, & je savais pourquoi j`existais. C`était idiot de se dire çà à dix ans, mais je pensais que Dieu m`avait mis sur terre pour qu`on veille l`une sur l`autre. J`ai appris à marcher avec elle, j`ai appris à parler, à rire, à vivre. Elle a vu mes premières larmes, elle a entendu mes premières confessions. Puis le temps a courru plus vite que nous, et j`ai commencé à la perdre.
- Pourquoi ? M`incita-t-elle à continuer, la voix basse
- Je l`ignore. Elle a connu mon premier petit ami, & j`ai découvers le sien. Elle a suivi mes premières folies, & a entendu mes premières déceptions. Je dormais chez elle, ou elle dormait chez moi. On se voyait toujours. Mais je sentais que plus on était ensemble, l`une avec l`autre, à draguer, provoquer & croire vivre, plus je la perdais. Je ne la connaissais parfois plus. Elle arrivait à m`énerver, à me tordre le coeur.
- Arrête ...
- April, avec le temps, il y a des choses qui s`effaceront. Ta voix finira par se taire un jour, dans mon coeur. Ces éclats de douleur, cette déception qui me transperçe. Un jour, tu ne seras plus personne ...
- Je déteste quand tu parles comme çà ...
- April, je ne veux pas que tu te fasses de fausses joies. On ne va pas répéter cette discussion toutes les deux semaines hein ? Tu habites ici si tu veux, mais pour moi, çà ne change rien. Toi & moi, c`est fini ... Je veux dire, vis ta vie, & je vis la mienne. Le reste ne me concerne pas. En fait, tout ce qui a rapport avec toi ne me concernes pas.
- T`avais pas le droit de me quitter, tu sais ?
- Je sais. Mais tu avais pris ce droit depuis fort longtemps.

Je m`éloigne, de dos. Mes pas résonnent & la voix de Bill s`éteint progressivement. Je me sens mal. Elle n`avait pas le droit de me quitter. Pourtant, elle l`a fait, oui. Il y a bien longtemps. Je crois que de toute façon, derrière nos sourires , nous avions écris une tragédie.

- June, tu te souviens de la seule fois où l`on s`est engueulé ?

Mon coeur en morceaux, et mes larmes au fond des tripes.

- J`ai cru mourir quand je t`ai vu dans le lit de Maxime. J`aurais pu te tuer tellement je t`ai haï. T`étais là, le drap recouvrant à peine ta poitrine, et lui était là, rouge, & géné. Tu n`as rien fais. Tu t`es juste rallongée, un soupir aux lèvres. Et merde, semblais-tu dire. Je suis sortie en courant, & apparement, tu m`as suivi. Il pleuvait, & tu n`étais pas si loin derrière moi ...

__________- APRIIIIIIIIIL !

_____Les gens sont tous des vrais trouillard, sous leur parapluie.

- Tu m`as attrapé le bras et tu m`as forcé à te regarder dans les yeux. Les miens étaient gonflés, et rouges. Les tiens montraient de la peur. De quoi pouvais-tu avoir peur ?

_______________& cette grêle tombe a tout hasard. Mais moi je m`enfuie.

__________- Arrête ...
__________- June ... Tu as couché avec Max ? Tu m`as trompé, tu m`as trahi ...


_____C`est fou ce qu`on est perdus cette nuit.

- J`hurlais. J`avais mal et j`aurais voulu ne t`avoir jamais rencontré. Mais tu me forçais à t`écouter

__________- April ! Je ne laisserais personne nous séparer ! Tu es mienne, & je suis tienne, d`accord ?
__________- Personne, ni un mec, ni même une fille ne nous séparera.


- J`y ai cru. Je nous sentais invincible ...

_____On s`est loupé de peu je crois, je ne comprends pas.
_______Pour nous deux c`est terminé.


Voir ses larmes, mélées à la pluie, c`était presque tragique. Pourtant, j`ai eu l`impression d`être dans un film, où elle était l`héroine & moi le second rôle. Elle avait envie de vomir ses tripes, son coeur, & sa douleur. Et pourtant, elle m`a prise dans les bras. C`est tout ce qu`il me fallait.

- Arrête April, la coupais-je.
- T`es en train de nous tuer, June ...
- Merde. Ta gueule, tu comprends mieux ? Faut qu`on arrête. J`t`en prie, April, arrête toi là. C`est fini, fini ... Tu comprends, non ? Faut que tu t`en ailles, que tu souris, que tu vives, mais s`il te plait, fous moi la paix. & arrête de pleurnicher. Je ne veux plus me sentir coupable d`être partie ...
- Je m`en veux de ne pas avoir réussi à sécher tes larmes ...
- Ou d`être loin de tout çà, reprenais-je en l`ignorant. Même si çà nous a rendu malade pendant un temps, mon coeur et moi, j`ai fini par me relever, d`accord ? J`ai changé April, et je voudrais que tu comprennes çà. Même quand ma tête est fatiguée, je continue d`avancer, et loin de toi. Tu tiendras le coup, d`accord ? & même si çà te fait mal, dis toi que ton coeur finira par être arraché de toute façon ... Faut t`y faire. On vit, & on meurt. On mourra tous, alors cesse de pleurer le passé. Va vivre ta vie ...
- MAIS C`EST TOI MA VIE JUNE !

___Le concert progresse. Une chanson nous parvient. Accords déchirants. Totgeliebt. Je ne crois pas au hasard. Je répète, sur la voix de Bill.

- Es ist vorbei ...

Elle ne dit plus rien, & se reconcentre sur la scène. Les yeux fermés, je la laisse ici. Une fois encore, nos chemins se séparent. Fini le temps des pardons. Je n`en peux plus. Je crois être à bout. Boulimie mentale. J`avale, je mastique et je vomis. Faible pensée, faible vie. Je tourne au coin d`un couloir, et je m`appuie contre le mur.

__________________STANDORT VON MERYL
____________`____¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯

J`avance, ma haine guidant mes pas. Le lycée est loin, je n`irais pas. Petit à petit, ma progression me fait l`effet d`un poison. Mes veines semblent fin prête à l`explosion. Je cherche des yeux le batiment, & le trouvant, je m`y avance. C`est fini, je mettrais fin à cette mascarade. Fini les faux semblants & la souffrance. Je prendrais ma revanche, aussi misérable soit-elle. Le batiment ne m`impressionne pas & je rentre. Je m`avance, fière, & digne. Regard hautain, sourire perfide. Je m`arrête, & toise la secrétaire. Hôtesse ? Inférieure.

- Je cherche le rédacteur en chef. Je crois que j`ai une information importante à lui formuler.
- C`est à dire ?
- Un scandale sur les Tokio Hotel ...

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& voilà. Désolées, encore une fois, pour le retard, mais nos études, & nos vies nous prennent du temps. Drôle de chapitre. Un des plus longs. Déjà, June. On revit un souvenir de June, lors d`une crise. Nous n`en savons que très peu sur cette crise. Pourtant, elle inquiète. Gustav suit, & parle d`un point de vue futur. Il revient sur ces retrouvailles, & déclare que June, apparement morte, lui manque. Cette déclaration est une des plus grandes exclamations du chapitre. April apprend à détester les quatres musiciens, & elle tente une fois encore de regagner le coeur de son ancienne meilleure amie. Peine perdue, le cauchemar semble ne jamais prendre fin. Que pensez-vous de ce chapitre ?

Aussi, pourriez-vous peut-être nous donner des paroles de chansons, que l`on pourrait mettre en titre, ou dans les chapitres ? Des citations, des phrases ? Peut-être que certaines vous font penser aux deux filles.

« C`est.., beau, arrogant & horrible a la fois. » Etrangle-moi

Environ 15 pages word x)__________& continuez de voter, nous sommes 5ème :p

# Posté le vendredi 25 janvier 2008 09:30