( 03mois plus tard =D)
_________________STANDORT VON KATIA
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Je me sentais inquiète pour June. Ce matin là, je l`avais forcé à retourner à l`école. Elle était sortie de l`hôpital une semaine auparavent, et son père parti, je ne pouvais plus supporter de la voir tourner dans la maison. Sa chambre était devenue un cauchemar. Chacun de ses posters avaient été déchirés, les objets étaient brûlés. La pièce en gardait une odeur, habituellement agréable, mais cette fois-ci si nauséabonde. Je soupirais, commençant à attendre le retour de ma fille. Elle avait brutalement changée, passant de la lumière à l`ombre. Et j`avais dû faire face à sa déchéance. Jusqu`au soir où je l`ai découverte dans sa chambre, allongée au sol et baignant dans son sang. Les poignets ouverts, je ne reconnaissais plus l`enfant que j`avais mis au monde.
Encore aujourd`hui, l`image me hante. Sursautant lorsque j`entendis la porte s`ouvrir, je fis un mince sourire en croyant appercevoir June. Mais ce n`était pas elle. Des cheveux blonds, et le teint pâle. Poupée. Je regardais avec haine l`enfant que j`avais élevé en similitude de June. Je savais que je ne devais pas, mais j`eus alors une envie de hurler. April n`y était pour rien, et souffrait peut-être autant que moi, mais j`avais besoin de lui faire payer. Je la présentais comme la coupable de la mort de l`ancienne June.
- Tire toi d`ici April.
Je ne lui avais jamais parlé aussi froidement. Son mince éclat se ternit, et je vis que son regard se transforma en incompréhension. Je constituais une autre part de son équilibre. Je savais être comme une deuxième mère pour elle, celle à qui elle pouvait parler quand sa propre mère ne suffissait pas, celle avec qui elle pouvait passer des journées à rire, ou à pleurer. J`étais son autre soutien, son autre pilier. Encore une fois, le monde d`April pourrait s`écrouler.
- Kat... Madame Ulhde
- Tu as foutu sa vie en l`air, April. Tu as détruis ma fille, mon unique enfant.
- Non ! C`est faux
Le corps d`April fut secoué de sanglots, et elle tomba à genoux. Je n`avais jamais eu la prétention de la voir ainsi, elle que j`imaginais forte et d`un sang froid à toute épreuve. Elle avait presque hurlé sa négation, ne comprenant pas que je ne pensais pas ce que je disais. J`ignorais moi même pourquoi June frôlait l`anorexie, ou tentait de mettre fin à ses jours. Mais je n`avais pas le courage de lui en vouloir. Et, en plus de m`accuser moi même d`être une mauvaise mère, je voulu accuser April d`être une mauvaise amie. Qu`avais-je fais de mal pour mériter de voir mon enfant vouloir mourir.
- « Tu n`aurais jamais dû me donner la vie. Qui t`a demandé de me mettre au monde, hein ? » Voilà ce que June m`a dit quand elle a enfin ouvert les yeux, après avoir tenté de mettre fin à ses jours. Tu l`ignorais, hein ? Dégage ...
- Je ... Je l`igno ...
- Si un jour tu devais te dire que tu dois renoncer à ce qui est toute ta vie, qu`est ce que tu ferais, hein ... Je veux que tu sortes d`ici April. Tire toi ! Je ne veux plus jamais te revoir ...
_________________STANDORT VON APRIL
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# Ganz egal wo du bist #
L`entrée du parc est au bout de la rue, il n`est pas loin de chez moi. Pas loin de chez June, du coup. On passait toutes nos après-midi ici les jours où on n`avait rien d`autre à faire. On prenait une couverture qu`on déposait au milieu de la pelouse devant le lac, de quoi grignoter, de la musique, des photos et nos pensées. On pouvait rester couchées des heures entières sans jamais s`ennuyer. La présence de l`une suffisait à l`autre, on était heureuse ainsi. Aujourd`hui, je n`ai que mes livres de cours avec moi et, pire que tout, June ne marche pas à mes côtés. Meryl me parle de sa vie, je l`aime mais elle n`a pas la même éloquence qu`Elle. Je me dirige instinctivement vers la parcelle d`herbe sur laquelle nous nous posions à chaque fois.
- T`as pas plutôt envie d`aller plus vers le cabanon là-bas ?
- Euh, oui. Si tu veux, ça m`est égal.
Non, ça me fait chier. J`ai jamais été m`asseoir à cet endroit, je veux pas. Comme d`habitude, je ne montre rien, elle ne connaît rien de moi alors autant continuer à faire bonne figure. Je marche en regardant mes pieds, Meryl me devance d`un mètre. Elle se retourne et me sourit, je le lui rends. On s`assied sur un banc faisant face au lac. Silence.
- T`as vraiment envie de rester ici ?
Elle plonge ses yeux dans les miens. Je bugue. Je reconnaitrais ces yeux bleux océan parmi dix-mille autres, les siens. Je ne l`avais jamais remarqué auparavant, elle a les même.
- April ? Qu`est-ce qu`il y a?
Tout son visage se reconstruit. Son sourire, ses petites pommettes, sa machoire parfaitement dessinée, ses longs cheveux noirs lisses et brillant sous la lumière du jour, et, le plus frappant, ses yeux. Ils sont toujours aussi magnifiques. Je souris. June est là, elle est revenue, elle ne m`a pas oubliée, ma moitié, mon soleil, ma drogue à effet positif. J`enfouis mon coup dans le sien, respire son odeur, prend ses mains dans les miennes, la couvre de baisers. Je veux qu`elle m`appartienne. Elle est mienne. Je resserre mon étreinte, je veux qu`elle étouffe de moi.
- APRIL !
- JU ... Meryl ?
- Qui veux-tu que ce soit d`autre ?
- Mais, tu, enfin, je .. elle était là. Où est-elle partie ?
- Mais enfin April, de qui tu me parles ? Il n`y a personne d`autre sur ce banc. Juste toi et moi.
- Tu mens ! Elle était là, je l`ai vue, je l`ai prise dans mes bras, je l`ai serrée aussi fort que je pouvais.
- Je dois rentrer. Salut.
Elle prend son sac et s`en va sans même se retourner. Je reste là, le regard figé, le visage dénué de toute expression, les yeux vides. Mais qu`est-ce qu`il m`a pris ? Je ne comprends pas, je ne me comprends plus. L`April assise sur ce banc ce n`est pas moi. April Smith sourit, a la tchatche, n`a pas de problèmes, est aimée de tous, personne ne la fuit . April est June. Je ne saurais dire le temps que je suis restée dans ce parc. De toute manière, cela n`a aucune importance. Plus rien n`est important. Je regarde mon portable, 21h53. Mes parents n`ont pas l`air de s`inquiéter, ils pensent surement que je suis avec June. J`aimerais être à leur place. Non en fait, j`aimerais être à la place de celui ou celle qui est en ce moment avec elle, à ma place. Ipod sur les oreilles, sa voix retentit. Spring Nicht. Ta gueule, Bill. Tu sautes pour moi ? S`il te plait, arrête de mentir. Tu pensais que j`allais te croire lorsque tu as écris ces paroles ? Tu te fous le doigt dans l`oeil mon vieux. J`arrive chez moi, il n`y a personne. Un mot est posé sur la table " Ta grand-mère va mal. Nous ne reviendrons pas avant quelques jours. Il y a de quoi manger dans le frigo. Tu peux passer la nuit chez June si tu veux. On t`aime. Maman. " Brisée. Pour une fois, j`ai bien envie de faire ce qu`ils me disent, aller chez June. Je n`y réfléchis pas plus longtemps sinon je suis sûre de changer d`avis. Je prépare mes affaires comme à chaque fois que je le fais pour aller chez elle, c`est-à-dire pas grand chose vu que j`ai tout ce qu`il me faut là-bas. Je ne prend pas le peine de fermer la porte derrière moi, avançant sur le sentier caillouteux de l`arrière-maison. Mon cerveau n`indique plus à mes membres comment se diriger, j`ai continué mon petit manège chaque nuit devant sa porte. Avec toujours mon bloc de feuille et ces trois mots réécrits encore encore. Toujours les 46 appels, toujours mes larmes, toujours cette rancoeur, toujours ce désespoir. # Wo. Sind. Deine. Hände. # Je voudrais tant les sentir contre moi, enlacées dans les miennes, j`en donnerais ma vie. Je rentre dans ma deuxième maison, il n`y a aucun bruit. June n`est pas entrain d`écouter sa musique, notre musique. Je m`avance timidement vers le salon, une chevelure lisse noire dépasse du sofa, June.
- Tire toi d`ici April.
Je sentis mon teint palir, si seulement ç`eut encore été possible. Katia était comme une deuxième mère pour moi, un deuxième pilier, une deuxième source d`affection. J`ai déjà perdu une de deux personnes présentes dans cette maison, je supporterais pas de voir l`autre m`abandonner à son tour.
- Kat... Madame Ulhde
- Tu as foutu sa vie en l`air, April. Tu as détruis ma fille, mon unique enfant.
- Non ! C`est faux
Arrête. Katia, non. Je ne veux plus que ces mots sortent de ta bouche, jamais, jamais, jamais. JAMAIS. Tu m`entends ? Je n`ai pas détruis June, c`est elle qui m`a abandonnée. Je n`ai pas foutu sa vie en l`air, c`est elle qui est partie sans me prendre la main. Je ne suis pas responsable de tout ça. J`ai envie d`hurler, de casser, de broyer n`importe quelle chose se trouvant dans cette maison. Je sens à nouveau les larmes m`envahir, ce sentiment de totale impuissance, de désespoir infini. L`affreuse impression de ne plus rien contrôler, tout s`échappe, le sol s`ouvre et vous entraine dans une chute sans fin durant laquelle vous ne parvenez pas à crier. Je m`effondre, encore une fois, je suis pathétique, pire que tout. # Mein. SOS. Im. Radio. # Personne ne l`entend. Je tremble, mes sanglots s`intensifient, mes mains inondées de larmes, preuve que je suis tout sauf ce que je voudrais être. Une image, un idéal, une façade, un mensonge, une reine.
Je vais lui montrer, lui prouver que je peux sans elle. Je lui ferais regretter de m`avoir abandonnée, elle qui, il y a peu de temps encore, était une copie conforme de ma personne. Moi, je. Je ne me ferais plus jamais avoir, je n`ai plus confiance en personne, je n`aime plus personne, sauf une. L`histoire d`amour qui n`a jamais eu lieu entre moi et Nathan s`est finie ce week-end, par simple texto. Vous avais-je déjà dit que j`étais pathétique ? J`ai encore fait souffrir une personne. Une de plus ou de moins, quelle importance ? Je l`ai accepté juste par pitié, je peux avoir tout ce que je désire, quel intérêt ? Je n`ai qu`un amour. Je vais lui montrer qui est la reine ici. Sans moi tu n`es rien, June. Juste une parmi tant d`autres, un visage baissé, un sourire effacé, un regard vide, tu es moi mais cela, personne ne le voit. Je continuerais de sourire jusqu`au bout, seule. Tu as tout perdu, je ne suis plus. Tu es partie, je me meurs. Tu as laché la main que tu t`étais promis de ne jamais, même dans les pires moments, abandonner. Celle de la petite fille au teint pâle qui te poussait sur la balançoire à l`aide de ses petits bras, tu volais. Celle avec qui tu construisais des châteaux de sable, dans lesquels vous vous étiez promis de régner un jour, pendant des heures passant à une allure folle. Tout cela me semble si loin mais tellement ancré en moi. Souvenirs. Tu es la meilleure chose qu`il me soit arrivée, j`oubliais le reste du monde quand tu étais à mes côtés. Ta voix douce dans le creux de mon oreille, tes mains de fée dans les miennes, ton sourire d`ange, tes mots étaient les plus beaux. Contradictions. Je ne sais plus. Je me perds.
Elle est là. Même si elle à l`apparence d`un fantôme. Retour de la banalité écrasante. Comme si rien n`avait été. Bonjour, au revoir, pas un regard. # Ich. Verbrenne. Innerlich. # Je n`en peux plus.
- Tu te traînes. Tu as disparu pendant plus d`un mois et demi. T`es absente pendant les cours. Tu ...
Elle a cédé à mes caprices, le quarante-sixième appel, la dernière feuille de papier. Elle est chez moi,venue prendre ses dernières affaires. Les dernières choses qui nous reliaient encore, excepté le tiroir. Je le regarde pendant quelques secondes sans penser à rien d`autre qu`aux centaines de souvenirs qu`il contient puis, dans un retour à la réalité quelque peu brutal, me tourne en sa direction. J`amorce un mouvement vers l`avant sans m`en rendre compte, deuxième choc. J`avais oublié qu`on ne s`aimait plus. Sa voix brisée ne trouve rien de mieux à dire que ..
- J`suis un peu tendue, ça va passer.
Des putain d`excuses. Ta gueule, June.
- Arrête June. Putain, j`t`ai connue, tu courrais à poil dans ma piaule, alors ...
- J`suis crevée, c`est tout ...
- Ta mère m`a parlé l`autre jour. Enfin, elle m`a engueulé ... Dis moi la vérité, June. Tu as tenté de te suicider ? Pourqu ...
- Tu m`emmerdes April. Tu m`ennuies. Voilà ce qui ne va pas. Tu m`ennuies, tu m`exaspères, tu me tues. Tu crois que t`es une fille super, alors que tu n`es rien.
- Tu ... Tu ne penses pas ce que tu dis, là ?
- Tu ne me crois pas ? Je vois ... On ne peut pas te regarder autrement que comme une reine ...
- Non ... C`est pas ça. On est ensemble depuis qu`on porte des couches ... On a vécu des choses ...
- Ce qu`on a vécu, c`est de la merde. Tu crois quoi ? J`en ai ras le cul. J`me tire.
- Tu veux ... June, si tu passes cette porte, je ne pourrais plus te reparler !
- Ouais, salut ...
Il aura suffit d`une minute, un cri, un regard implorant. C`en était fini. April et June n`était plus. Les reines ont quitté leur trône. En cet instant, plus qu`à n`importe quel autre, je voudrais mourir. Je me consume ... Des cendres.
_________________STANDORT VON BILL
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- Il caille, en France.
Je n`arrivais pas à prononcer un autre mot. Il caille, point. J`ai froid et je veux rentrer. Mes yeux pleurent tellement je suis engourdi, et mon maquillage coule. Je ne supporte pas çà, alors évidemment, je suis de mauvaise humeur. Et comble, cela amuse les trois autres singes qui me servent d`amis. Je retiens la leçon, la prochaine fois, je choisis bien. Même Tom, je le choisirais mieux. Je le dompterais, avec un fouet, et des croquettes. & Pendant que mes rêves de dressage m`assaillissent, Tom sourit, et frotte légèrement mon bras. Je me radouci, et entrepris de regarder au bout de la rue, voir si le bus n`arrivait pas. Je déteste David, de nous faire sortir à trois heures du matin pour éviter les fans. Je déteste Georg, d`être mort de rire avec Gustav pendant que je fais la gueule. Et je déteste même Tom, assis à mes côtés sur le trottoir. D`ailleurs, pourquoi on s`est assis sur le trottoir ? Le pathétisme est si proche, parfois.
Puis Tom sursaute. Je suis son regard, et aperçois une silhouette s`avancer. Je maudis David. Si je meurs entre les griffes de cette fille sauvage, j`hanterais notre manager pendant des siècles encore. Mais, mes yeux s`habituant à l`obscurité, je me rends compte que la jeune adolescente n`a rien d`une groupie. Elle nous regarde, d`un visage presque indifférent, et nous dépasse. Elle avance, et d`un allemand distingué, sa voix nous parvint comme un murmure.
- Sombres crétins
- T`as un problème ? O_O
Tom est le premier à relever, et l`interpelle. Mais la jeune fille ne relève pas, et continue son chemin. Elle tourne au bout de la rue, sans même un dernier regard. Et nous restons, comme des idiots, trop abasourdis par la réplique. Pour la première fois, pas de cris, ou de réelles menaces. Juste une indifférence et une voix froide, presque glaciale. Et même si l`ange noir était allemand, nous sommes surpris de cette agressivité, tout d`abord. Mais peu à peu, nous sourions, presque flatté. Tous, sauf Tom, qui lui, s`énerve en donnant un coup dans une canette, les mains dans les poches. La jeune fille obtient d`un coup toute mon estime. Enfin quelqu`un qui a du caractère. Et même si c`était contre nous, je suis content. Je suis presque heureux de voir que quelqu`un nous considère comme des êtres humains, adolescents, et hautains, & non comme des célébrités à baiser.
- Il y a vraiment des gens trèèèès bizarre ici
Accompagné d`un bâillement, Georg s`arrêta de parler et fit un signe en direction de la rue, d`où notre car se détacha de la nuit. Je me relève en sautillant, frottant mes mains l`une contre l`autre. Enfin, le confort et la chaleur nous attendent. Le véhicule se gare juste devant nous, et d`un petit bond, je me précipite dans notre bus bien aimé. Je vais pouvoir dormir, lové contre la douceur, même si abstraite, de la banquette. Mon sourire trahit les autres, qui explosent de rire, tandis que je me recroqueville pour garder un maximum de temps la chaleur. Ah, ce qu`on est bien, ici. Une fois les singes à côté de moi, toujours hilares, le chauffeur prit la peine de démarrer. Il fit un demi-tour, et repartit dans la direction opposée. Presque rêvant, je m`attends à revoir la jeune sauvage, mais rien n`y fait. La rue se finit sur un carrefour. Il fait nuit, et lu luminosité nous entraîne.
_________________STANDORT VON JUNE
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- Tu te traînes. Tu as disparu pendant plus d`un mois et demi. T`es absente pendant les cours. Tu ...
La voix d`April me parvient comme un lointain écho. Je n`aurais jamais dû revenir ici, même pour récupérer mes dernières affaires. Encore moins en plein milieu de la nuit, parce que j`ai cédé à son caprice. Tout est si différent du lycée, ici. Avant, je me sentais bien, ici. Au lycée aussi, je me sentais bien. Aujourd`hui, plus rien de tout çà existe. Une bise claquée sur chaque jour le matin, et une vague demande pour savoir si çà va. Le reste se passe séparément, chacune de son côté. April me regarde froidement au lycée, d`un air hautain. Je suis toujours la reine, June, toujours, semble-t-elle me dire. & moi, je suis fatiguée de ces histoires. La façon qu`a April de vouloir diriger encore ma vie m`exaspère. Je sais que je risque de perdre le contrôle. Je sais que dès qu`elle parlera de notre passé commune, ou qu`elle élèvera légèrement la voix, je la ferais souffrir encore une fois. Je suis devenue fragile, incontrôlable. Mon regard est fixé sur Bill. Son regard qui m`envoûtait, et qui aujourd`hui me répugne.
Pardonne-moi, April.
- J`suis un peu tendue, ça va passer.
- Arrête June. Putain, j`t`ai connue, tu courrais à poil dans ma piaule, alors ...
- J`suis crevée, c`est tout ...
- Ta mère m`a parlé l`autre jour. Enfin, elle m`a engueulé ... Dis moi la vérité, June. Tu as tenté de te suicider ? Pourqu ...
- Tu m`emmerdes April. Tu m`ennuies. Voilà ce qui ne va pas. Tu m`ennuies, tu m`exaspères, tu me tues. Tu crois que t`es une fille super, alors que tu n`es rien.
- Tu ... Tu ne penses pas ce que tu dis, là ?
- Tu ne me crois pas ? Je vois ... On ne peut pas te regarder autrement que comme une reine ...
- Non ... C`est pas ça. On est ensemble depuis qu`on porte des couches ... On a vécu des choses ...
- Ce qu`on a vécu, c`est de la merde. Tu crois quoi ? J`en ai ras le cul. J`me tire.
- Tu veux ... June, si tu passes cette porte, je ne pourrais plus te reparler !
- Ouais, salut ...
Lorsque mon c½ur quitta le sien, & que mes pas avancèrent jusqu`à la porte de sa chambre, je sentis que je risquais de m`effondrer. Ma main sur cette poignée, cette poignée que j`avais déjà tant de fois frôlée, quand nous nous voyions tous les jours. Mon Dieu, je sombre. Je regarde pendant quelques secondes à travers le miroir, posé à ma gauche. Elle m`observe, avec ce regard qui vous supplie, vous implore. Je regarde une dernière fois l`image d`April. Je venais de détruire une nouvelle fois la personne que j`aimais le plus au monde. Des tas de gens auraient tourné les talons, & se seraient effondrés dans les bras de l`autre, priant le pardon. Mais j`ai détourné le regard, fuyant ce regard qui autrefois complétait le mien. J`ai tourné le dos, et je suis partie. Partie pour oublier. Partie loin. Loin d`elle, & de ce passé. Mes pas résonnaient et j`ai juste eu le temps d`entendre un cri, précédant les sanglots, avant de passer la porte.
Le froid de la rue me força à resserrer les pans de ma veste. C`était fini, bel et bien fini. J`avance, encore, et toujours. J`arrive rapidement au carrefour de Steven. Aujourd`hui, j`y passe presque chaque jour, parfois dans l`espoir de le revoir, pour pouvoir lui sourire, et l`inciter à reculer. Mais la rue reste horriblement vide, et le temps continue d`avancer. Chaque soir, je deviens ma propre ombre, vagabondant dans la rue comme un spectre regrettant le passé, et rentrant chez moi en ignorant mes parents, et ma vie. Mais ce soir, après avoir vu April, je ne me sens pas la force de rentrer. Je ne me sens même plus la force d`avancer. Pourtant, mes pas me guident, et m`avancent jusqu`au devant d`un hôtel. Je jette un regard devant moi, manquant de tomber. Pourquoi ? Mes pensées deviennent floues, et je dois m`appuyer contre un mois. Quatre anges, assis dans le froid. Ils sont inconscients, de se montrer aussi distinctement en France, et à Paris, surtout. Mais les rues semblent vides. Il n`y a que moi. Eux, et moi. Pendant quelques secondes, je revois April, et je m`imagine en train d`avancer, de les saluer. M`asseoir à côté d`eux et discuter. Mais très vite, je fais abstraction de ces illusions. Ils sont là. Je vois enfin les garçons qui m`ont fait tellement de bien. Ils me sauvaient, chaque jour. Ils étaient mon sourire, et ma joie. Ils sont là. Mais je m`avance, froide, et hautaine. Autrefois, j`aurais souri, hurlé, et été la plus heureuse. Mais ce soir, passant à côté d`eux, je ne fais que leur lancer un regard indifférent, suivi d`une phrase que je ne murmurais qu`à mes posters
- Sombres crétins
- T`as un probl...
Sa voix est lointaine. Je venais d`insulter les célébrités qui autrefois me nourrissaient. Ils étaient ma vie, et je n`arrive plus à me contrôler. Tournant dans la première rue, je m`effondre contre un mur, la tête entre les bras, et les genoux repliés contre ma poitrine. Depuis quand suis-je tombée aussi bas ? Je suis devenue si ... J`oblige ma propre mère à prendre les mêmes antis dépresseurs que moi. Mon père s`est enfui de la maison, ne supportant pas de me voir me détruire. Il a vu mon corps s`amincir, mon visage se creuser, et il a vu mes poignets saccagés, ensanglanté. La lueur de mon regard perdu, et mon sourire disparu. Il n`en pouvait plus. Il ne me comprenait pas. Ma mère ne me comprend pas. Personne ne me comprend. Même moi, je ne me comprends pas. Je n`ai pas réussi à me relever, après avoir vu le corps de Steven retomber. Je n`ai plus jamais réussi à ouvrir les yeux sur un monde merveilleux. Les pensées noires m`assaillirent à nouveau.
« Dis-moi la vérité, June. Tu as tenté de te suicider ? » . Oui. La réponse est oui. Et cette fois encore, je sentais que je ne pourrais pas me réveiller le lendemain. Cette nuit mettra longtemps à devenir demain. Ma mère ne pourrait pas me retrouver le lendemain matin, déjà à moitié morte. Elle ne pourrait plus s`effondrer, en pensant que sa propre enfant risquait de disparaitre. Cette nuit là, comme tant d`autres, j`étais fatiguée, anéantie, et en proie à un immense désarroi. Sans rien contrôler, j`étais devenue une fille que je ne connaissais pas. Une fille que je ne contrôlais pas. Spectatrice muette de sa propre décadence. Je sens mon corps se relever, et avancer. La rue est proche, et effectuant un détour, je reviens au point de départ. Je me revois, quelques mois auparavant, me dirigeant chez April. Et je revois ce sourire, ce si triste sourire. Je tourne ma main dans la poche de mon jean. Drug. Je ramène le cachet jusqu`à ma gorge, et avale d`une traite. L`effet est rapide. Je suis apaisée. C`est alors que je m`avance. Pardonne moi, April, oui, pardonne moi. Je traverse, il fait nuit. Les rues me semblent vides. J`avance jusqu`à chez moi. La porte n`est pas fermé, alors je rentre. Sans un regard vers ma génitrice, je retourne vers ma chambre, et la vérouille.
- JUNE ! Tu ... Junes, ouvre ...
Elle s`énerve et tente de tourner la poignée, en vain. Ses cris m`énervent, et je perd le contrôle. La drogue s`empare de mon esprit et je me jette sur mon bureau. Un tiroir. Juste un tiroir. Tout était dedans, jusqu`au moindre emballage de bonbon. Nous gardions tout. Elle était tout. J`ai tout détruit. Je n`en pouvais plus, je mourrais. J`ai explosé. J`étais morte, abimée, souillée. Personne n`a compris, dit-on. J`entend les chuchotements, et les murmures. On scande mon nom, on parle de moi. Je reste reine. Contraire à l`autre, je suis brisée. Et cette nuit, dans ma main, fredonnant pour la première fois depuis longtemps une de leur chanson, je relis une lettre que je lui avais écris.
« Mon April,
Je m`apprête à partir pour trois mois aux Etats-Unis. De là bas, je ne pourrais jamais te joindre, jamais t`entendre, ou te voir. Tes bras me manqueront. Ta présence, ton âme. Tout de toi me manquera. J`ignore comment je vais survivre sans toi mais sache que chaque seconde sera tienne, et je penserais sans cesse à toi . . . »
Le reste est déchiré. De dépit, je jette le contenu du tiroir au sol. J`en peux plus, mon coeur explose et ma vie s`étend. Je sens la déchirure de mon coeur qui s`intensifie et mon abîme qui s`annonce. Je jette un coup d`oeil aux morceaux de poster que je n`ai pas encore brûlé. Je tombe à genoux et hurle ma haine. J`entends ma mère qui frappe à ma porte. Elle tambourrine, trépigne et pleure. Je l`entend s`affaisser et ma haine l`accompagne dans sa chute. Je tape du poing, et mord ma lèvre. J`hurle mon dégoût & la douleur qui coûle dans mes veines. J`oublie la simplicité et la plénitude. J`entends les pleurs de ma mère. Elle a vu pire. La drogue m`ennivre d`un mauvais sentiment. Je sombre dans la douleur de mes larmes et j`imagine que les garçons étaient une illusion. La facilité m`est lointaine, je me sens mourir. J`aimerais tellement mourir. Les pleurs de ma mère se clament, et j`entend bientôt ceux d`April. Je l`imagine, lointaine et attristée. Je prie pour qu`elle soit heureuse.
J`espère qu`elle est heureuse.
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Voilà la suite ~ On est très heureuses d'écrire cette fic :) April & June, çà sonne bien en plus. Trève de sentiments. Ca vous plaiiit ?
& Oui, on sait que c`est compliqué. Mais voyez-vous, la simplicité, çà ne nous plait pas.
& Oui, on sait que c`est compliqué. Mais voyez-vous, la simplicité, çà ne nous plait pas.
P.S: Morgan, je t'aime <3