______ « L`ivresse d`une première fois »*« Kapitel o4 »*

_•• _____ « L`ivresse d`une première fois »*« Kapitel o4 »*
( 03mois plus tard =D)

_________________STANDORT VON KATIA
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Je me sentais inquiète pour June. Ce matin là, je l`avais forcé à retourner à l`école. Elle était sortie de l`hôpital une semaine auparavent, et son père parti, je ne pouvais plus supporter de la voir tourner dans la maison. Sa chambre était devenue un cauchemar. Chacun de ses posters avaient été déchirés, les objets étaient brûlés. La pièce en gardait une odeur, habituellement agréable, mais cette fois-ci si nauséabonde. Je soupirais, commençant à attendre le retour de ma fille. Elle avait brutalement changée, passant de la lumière à l`ombre. Et j`avais dû faire face à sa déchéance. Jusqu`au soir où je l`ai découverte dans sa chambre, allongée au sol et baignant dans son sang. Les poignets ouverts, je ne reconnaissais plus l`enfant que j`avais mis au monde.

Encore aujourd`hui, l`image me hante. Sursautant lorsque j`entendis la porte s`ouvrir, je fis un mince sourire en croyant appercevoir June. Mais ce n`était pas elle. Des cheveux blonds, et le teint pâle. Poupée. Je regardais avec haine l`enfant que j`avais élevé en similitude de June. Je savais que je ne devais pas, mais j`eus alors une envie de hurler. April n`y était pour rien, et souffrait peut-être autant que moi, mais j`avais besoin de lui faire payer. Je la présentais comme la coupable de la mort de l`ancienne June.

- Tire toi d`ici April.

Je ne lui avais jamais parlé aussi froidement. Son mince éclat se ternit, et je vis que son regard se transforma en incompréhension. Je constituais une autre part de son équilibre. Je savais être comme une deuxième mère pour elle, celle à qui elle pouvait parler quand sa propre mère ne suffissait pas, celle avec qui elle pouvait passer des journées à rire, ou à pleurer. J`étais son autre soutien, son autre pilier. Encore une fois, le monde d`April pourrait s`écrouler.

- Kat... Madame Ulhde
- Tu as foutu sa vie en l`air, April. Tu as détruis ma fille, mon unique enfant.
- Non ! C`est faux

Le corps d`April fut secoué de sanglots, et elle tomba à genoux. Je n`avais jamais eu la prétention de la voir ainsi, elle que j`imaginais forte et d`un sang froid à toute épreuve. Elle avait presque hurlé sa négation, ne comprenant pas que je ne pensais pas ce que je disais. J`ignorais moi même pourquoi June frôlait l`anorexie, ou tentait de mettre fin à ses jours. Mais je n`avais pas le courage de lui en vouloir. Et, en plus de m`accuser moi même d`être une mauvaise mère, je voulu accuser April d`être une mauvaise amie. Qu`avais-je fais de mal pour mériter de voir mon enfant vouloir mourir.

- « Tu n`aurais jamais dû me donner la vie. Qui t`a demandé de me mettre au monde, hein ? » Voilà ce que June m`a dit quand elle a enfin ouvert les yeux, après avoir tenté de mettre fin à ses jours. Tu l`ignorais, hein ? Dégage ...
- Je ... Je l`igno ...
- Si un jour tu devais te dire que tu dois renoncer à ce qui est toute ta vie, qu`est ce que tu ferais, hein ... Je veux que tu sortes d`ici April. Tire toi ! Je ne veux plus jamais te revoir ...

_________________STANDORT VON APRIL
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# Ganz egal wo du bist #

L`entrée du parc est au bout de la rue, il n`est pas loin de chez moi. Pas loin de chez June, du coup. On passait toutes nos après-midi ici les jours où on n`avait rien d`autre à faire. On prenait une couverture qu`on déposait au milieu de la pelouse devant le lac, de quoi grignoter, de la musique, des photos et nos pensées. On pouvait rester couchées des heures entières sans jamais s`ennuyer. La présence de l`une suffisait à l`autre, on était heureuse ainsi. Aujourd`hui, je n`ai que mes livres de cours avec moi et, pire que tout, June ne marche pas à mes côtés. Meryl me parle de sa vie, je l`aime mais elle n`a pas la même éloquence qu`Elle. Je me dirige instinctivement vers la parcelle d`herbe sur laquelle nous nous posions à chaque fois.

- T`as pas plutôt envie d`aller plus vers le cabanon là-bas ?
- Euh, oui. Si tu veux, ça m`est égal.

Non, ça me fait chier. J`ai jamais été m`asseoir à cet endroit, je veux pas. Comme d`habitude, je ne montre rien, elle ne connaît rien de moi alors autant continuer à faire bonne figure. Je marche en regardant mes pieds, Meryl me devance d`un mètre. Elle se retourne et me sourit, je le lui rends. On s`assied sur un banc faisant face au lac. Silence.

- T`as vraiment envie de rester ici ?

Elle plonge ses yeux dans les miens. Je bugue. Je reconnaitrais ces yeux bleux océan parmi dix-mille autres, les siens. Je ne l`avais jamais remarqué auparavant, elle a les même.

- April ? Qu`est-ce qu`il y a?

Tout son visage se reconstruit. Son sourire, ses petites pommettes, sa machoire parfaitement dessinée, ses longs cheveux noirs lisses et brillant sous la lumière du jour, et, le plus frappant, ses yeux. Ils sont toujours aussi magnifiques. Je souris. June est là, elle est revenue, elle ne m`a pas oubliée, ma moitié, mon soleil, ma drogue à effet positif. J`enfouis mon coup dans le sien, respire son odeur, prend ses mains dans les miennes, la couvre de baisers. Je veux qu`elle m`appartienne. Elle est mienne. Je resserre mon étreinte, je veux qu`elle étouffe de moi.

- APRIL !
- JU ... Meryl ?
- Qui veux-tu que ce soit d`autre ?
- Mais, tu, enfin, je .. elle était là. Où est-elle partie ?
- Mais enfin April, de qui tu me parles ? Il n`y a personne d`autre sur ce banc. Juste toi et moi.
- Tu mens ! Elle était là, je l`ai vue, je l`ai prise dans mes bras, je l`ai serrée aussi fort que je pouvais.
- Je dois rentrer. Salut.

Elle prend son sac et s`en va sans même se retourner. Je reste là, le regard figé, le visage dénué de toute expression, les yeux vides. Mais qu`est-ce qu`il m`a pris ? Je ne comprends pas, je ne me comprends plus. L`April assise sur ce banc ce n`est pas moi. April Smith sourit, a la tchatche, n`a pas de problèmes, est aimée de tous, personne ne la fuit . April est June. Je ne saurais dire le temps que je suis restée dans ce parc. De toute manière, cela n`a aucune importance. Plus rien n`est important. Je regarde mon portable, 21h53. Mes parents n`ont pas l`air de s`inquiéter, ils pensent surement que je suis avec June. J`aimerais être à leur place. Non en fait, j`aimerais être à la place de celui ou celle qui est en ce moment avec elle, à ma place. Ipod sur les oreilles, sa voix retentit. Spring Nicht. Ta gueule, Bill. Tu sautes pour moi ? S`il te plait, arrête de mentir. Tu pensais que j`allais te croire lorsque tu as écris ces paroles ? Tu te fous le doigt dans l`oeil mon vieux. J`arrive chez moi, il n`y a personne. Un mot est posé sur la table " Ta grand-mère va mal. Nous ne reviendrons pas avant quelques jours. Il y a de quoi manger dans le frigo. Tu peux passer la nuit chez June si tu veux. On t`aime. Maman. " Brisée. Pour une fois, j`ai bien envie de faire ce qu`ils me disent, aller chez June. Je n`y réfléchis pas plus longtemps sinon je suis sûre de changer d`avis. Je prépare mes affaires comme à chaque fois que je le fais pour aller chez elle, c`est-à-dire pas grand chose vu que j`ai tout ce qu`il me faut là-bas. Je ne prend pas le peine de fermer la porte derrière moi, avançant sur le sentier caillouteux de l`arrière-maison. Mon cerveau n`indique plus à mes membres comment se diriger, j`ai continué mon petit manège chaque nuit devant sa porte. Avec toujours mon bloc de feuille et ces trois mots réécrits encore encore. Toujours les 46 appels, toujours mes larmes, toujours cette rancoeur, toujours ce désespoir. # Wo. Sind. Deine. Hände. # Je voudrais tant les sentir contre moi, enlacées dans les miennes, j`en donnerais ma vie. Je rentre dans ma deuxième maison, il n`y a aucun bruit. June n`est pas entrain d`écouter sa musique, notre musique. Je m`avance timidement vers le salon, une chevelure lisse noire dépasse du sofa, June.

- Tire toi d`ici April.

Je sentis mon teint palir, si seulement ç`eut encore été possible. Katia était comme une deuxième mère pour moi, un deuxième pilier, une deuxième source d`affection. J`ai déjà perdu une de deux personnes présentes dans cette maison, je supporterais pas de voir l`autre m`abandonner à son tour.

- Kat... Madame Ulhde
- Tu as foutu sa vie en l`air, April. Tu as détruis ma fille, mon unique enfant.
- Non ! C`est faux

Arrête. Katia, non. Je ne veux plus que ces mots sortent de ta bouche, jamais, jamais, jamais. JAMAIS. Tu m`entends ? Je n`ai pas détruis June, c`est elle qui m`a abandonnée. Je n`ai pas foutu sa vie en l`air, c`est elle qui est partie sans me prendre la main. Je ne suis pas responsable de tout ça. J`ai envie d`hurler, de casser, de broyer n`importe quelle chose se trouvant dans cette maison. Je sens à nouveau les larmes m`envahir, ce sentiment de totale impuissance, de désespoir infini. L`affreuse impression de ne plus rien contrôler, tout s`échappe, le sol s`ouvre et vous entraine dans une chute sans fin durant laquelle vous ne parvenez pas à crier. Je m`effondre, encore une fois, je suis pathétique, pire que tout. # Mein. SOS. Im. Radio. # Personne ne l`entend. Je tremble, mes sanglots s`intensifient, mes mains inondées de larmes, preuve que je suis tout sauf ce que je voudrais être. Une image, un idéal, une façade, un mensonge, une reine.

Je vais lui montrer, lui prouver que je peux sans elle. Je lui ferais regretter de m`avoir abandonnée, elle qui, il y a peu de temps encore, était une copie conforme de ma personne. Moi, je. Je ne me ferais plus jamais avoir, je n`ai plus confiance en personne, je n`aime plus personne, sauf une. L`histoire d`amour qui n`a jamais eu lieu entre moi et Nathan s`est finie ce week-end, par simple texto. Vous avais-je déjà dit que j`étais pathétique ? J`ai encore fait souffrir une personne. Une de plus ou de moins, quelle importance ? Je l`ai accepté juste par pitié, je peux avoir tout ce que je désire, quel intérêt ? Je n`ai qu`un amour. Je vais lui montrer qui est la reine ici. Sans moi tu n`es rien, June. Juste une parmi tant d`autres, un visage baissé, un sourire effacé, un regard vide, tu es moi mais cela, personne ne le voit. Je continuerais de sourire jusqu`au bout, seule. Tu as tout perdu, je ne suis plus. Tu es partie, je me meurs. Tu as laché la main que tu t`étais promis de ne jamais, même dans les pires moments, abandonner. Celle de la petite fille au teint pâle qui te poussait sur la balançoire à l`aide de ses petits bras, tu volais. Celle avec qui tu construisais des châteaux de sable, dans lesquels vous vous étiez promis de régner un jour, pendant des heures passant à une allure folle. Tout cela me semble si loin mais tellement ancré en moi. Souvenirs. Tu es la meilleure chose qu`il me soit arrivée, j`oubliais le reste du monde quand tu étais à mes côtés. Ta voix douce dans le creux de mon oreille, tes mains de fée dans les miennes, ton sourire d`ange, tes mots étaient les plus beaux. Contradictions. Je ne sais plus. Je me perds.

Elle est là. Même si elle à l`apparence d`un fantôme. Retour de la banalité écrasante. Comme si rien n`avait été. Bonjour, au revoir, pas un regard. # Ich. Verbrenne. Innerlich. # Je n`en peux plus.

- Tu te traînes. Tu as disparu pendant plus d`un mois et demi. T`es absente pendant les cours. Tu ...

Elle a cédé à mes caprices, le quarante-sixième appel, la dernière feuille de papier. Elle est chez moi,venue prendre ses dernières affaires. Les dernières choses qui nous reliaient encore, excepté le tiroir. Je le regarde pendant quelques secondes sans penser à rien d`autre qu`aux centaines de souvenirs qu`il contient puis, dans un retour à la réalité quelque peu brutal, me tourne en sa direction. J`amorce un mouvement vers l`avant sans m`en rendre compte, deuxième choc. J`avais oublié qu`on ne s`aimait plus. Sa voix brisée ne trouve rien de mieux à dire que ..

- J`suis un peu tendue, ça va passer.

Des putain d`excuses. Ta gueule, June.

- Arrête June. Putain, j`t`ai connue, tu courrais à poil dans ma piaule, alors ...
- J`suis crevée, c`est tout ...
- Ta mère m`a parlé l`autre jour. Enfin, elle m`a engueulé ... Dis moi la vérité, June. Tu as tenté de te suicider ? Pourqu ...
- Tu m`emmerdes April. Tu m`ennuies. Voilà ce qui ne va pas. Tu m`ennuies, tu m`exaspères, tu me tues. Tu crois que t`es une fille super, alors que tu n`es rien.
- Tu ... Tu ne penses pas ce que tu dis, là ?
- Tu ne me crois pas ? Je vois ... On ne peut pas te regarder autrement que comme une reine ...
- Non ... C`est pas ça. On est ensemble depuis qu`on porte des couches ... On a vécu des choses ...
- Ce qu`on a vécu, c`est de la merde. Tu crois quoi ? J`en ai ras le cul. J`me tire.
- Tu veux ... June, si tu passes cette porte, je ne pourrais plus te reparler !
- Ouais, salut ...

Il aura suffit d`une minute, un cri, un regard implorant. C`en était fini. April et June n`était plus. Les reines ont quitté leur trône. En cet instant, plus qu`à n`importe quel autre, je voudrais mourir. Je me consume ... Des cendres.

_________________STANDORT VON BILL
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- Il caille, en France.

Je n`arrivais pas à prononcer un autre mot. Il caille, point. J`ai froid et je veux rentrer. Mes yeux pleurent tellement je suis engourdi, et mon maquillage coule. Je ne supporte pas çà, alors évidemment, je suis de mauvaise humeur. Et comble, cela amuse les trois autres singes qui me servent d`amis. Je retiens la leçon, la prochaine fois, je choisis bien. Même Tom, je le choisirais mieux. Je le dompterais, avec un fouet, et des croquettes. & Pendant que mes rêves de dressage m`assaillissent, Tom sourit, et frotte légèrement mon bras. Je me radouci, et entrepris de regarder au bout de la rue, voir si le bus n`arrivait pas. Je déteste David, de nous faire sortir à trois heures du matin pour éviter les fans. Je déteste Georg, d`être mort de rire avec Gustav pendant que je fais la gueule. Et je déteste même Tom, assis à mes côtés sur le trottoir. D`ailleurs, pourquoi on s`est assis sur le trottoir ? Le pathétisme est si proche, parfois.
Puis Tom sursaute. Je suis son regard, et aperçois une silhouette s`avancer. Je maudis David. Si je meurs entre les griffes de cette fille sauvage, j`hanterais notre manager pendant des siècles encore. Mais, mes yeux s`habituant à l`obscurité, je me rends compte que la jeune adolescente n`a rien d`une groupie. Elle nous regarde, d`un visage presque indifférent, et nous dépasse. Elle avance, et d`un allemand distingué, sa voix nous parvint comme un murmure.

- Sombres crétins
- T`as un problème ? O_O

Tom est le premier à relever, et l`interpelle. Mais la jeune fille ne relève pas, et continue son chemin. Elle tourne au bout de la rue, sans même un dernier regard. Et nous restons, comme des idiots, trop abasourdis par la réplique. Pour la première fois, pas de cris, ou de réelles menaces. Juste une indifférence et une voix froide, presque glaciale. Et même si l`ange noir était allemand, nous sommes surpris de cette agressivité, tout d`abord. Mais peu à peu, nous sourions, presque flatté. Tous, sauf Tom, qui lui, s`énerve en donnant un coup dans une canette, les mains dans les poches. La jeune fille obtient d`un coup toute mon estime. Enfin quelqu`un qui a du caractère. Et même si c`était contre nous, je suis content. Je suis presque heureux de voir que quelqu`un nous considère comme des êtres humains, adolescents, et hautains, & non comme des célébrités à baiser.

- Il y a vraiment des gens trèèèès bizarre ici

Accompagné d`un bâillement, Georg s`arrêta de parler et fit un signe en direction de la rue, d`où notre car se détacha de la nuit. Je me relève en sautillant, frottant mes mains l`une contre l`autre. Enfin, le confort et la chaleur nous attendent. Le véhicule se gare juste devant nous, et d`un petit bond, je me précipite dans notre bus bien aimé. Je vais pouvoir dormir, lové contre la douceur, même si abstraite, de la banquette. Mon sourire trahit les autres, qui explosent de rire, tandis que je me recroqueville pour garder un maximum de temps la chaleur. Ah, ce qu`on est bien, ici. Une fois les singes à côté de moi, toujours hilares, le chauffeur prit la peine de démarrer. Il fit un demi-tour, et repartit dans la direction opposée. Presque rêvant, je m`attends à revoir la jeune sauvage, mais rien n`y fait. La rue se finit sur un carrefour. Il fait nuit, et lu luminosité nous entraîne.

_________________STANDORT VON JUNE
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- Tu te traînes. Tu as disparu pendant plus d`un mois et demi. T`es absente pendant les cours. Tu ...

La voix d`April me parvient comme un lointain écho. Je n`aurais jamais dû revenir ici, même pour récupérer mes dernières affaires. Encore moins en plein milieu de la nuit, parce que j`ai cédé à son caprice. Tout est si différent du lycée, ici. Avant, je me sentais bien, ici. Au lycée aussi, je me sentais bien. Aujourd`hui, plus rien de tout çà existe. Une bise claquée sur chaque jour le matin, et une vague demande pour savoir si çà va. Le reste se passe séparément, chacune de son côté. April me regarde froidement au lycée, d`un air hautain. Je suis toujours la reine, June, toujours, semble-t-elle me dire. & moi, je suis fatiguée de ces histoires. La façon qu`a April de vouloir diriger encore ma vie m`exaspère. Je sais que je risque de perdre le contrôle. Je sais que dès qu`elle parlera de notre passé commune, ou qu`elle élèvera légèrement la voix, je la ferais souffrir encore une fois. Je suis devenue fragile, incontrôlable. Mon regard est fixé sur Bill. Son regard qui m`envoûtait, et qui aujourd`hui me répugne.
Pardonne-moi, April.

- J`suis un peu tendue, ça va passer.
- Arrête June. Putain, j`t`ai connue, tu courrais à poil dans ma piaule, alors ...
- J`suis crevée, c`est tout ...
- Ta mère m`a parlé l`autre jour. Enfin, elle m`a engueulé ... Dis moi la vérité, June. Tu as tenté de te suicider ? Pourqu ...
- Tu m`emmerdes April. Tu m`ennuies. Voilà ce qui ne va pas. Tu m`ennuies, tu m`exaspères, tu me tues. Tu crois que t`es une fille super, alors que tu n`es rien.
- Tu ... Tu ne penses pas ce que tu dis, là ?
- Tu ne me crois pas ? Je vois ... On ne peut pas te regarder autrement que comme une reine ...
- Non ... C`est pas ça. On est ensemble depuis qu`on porte des couches ... On a vécu des choses ...
- Ce qu`on a vécu, c`est de la merde. Tu crois quoi ? J`en ai ras le cul. J`me tire.
- Tu veux ... June, si tu passes cette porte, je ne pourrais plus te reparler !
- Ouais, salut ...

Lorsque mon c½ur quitta le sien, & que mes pas avancèrent jusqu`à la porte de sa chambre, je sentis que je risquais de m`effondrer. Ma main sur cette poignée, cette poignée que j`avais déjà tant de fois frôlée, quand nous nous voyions tous les jours. Mon Dieu, je sombre. Je regarde pendant quelques secondes à travers le miroir, posé à ma gauche. Elle m`observe, avec ce regard qui vous supplie, vous implore. Je regarde une dernière fois l`image d`April. Je venais de détruire une nouvelle fois la personne que j`aimais le plus au monde. Des tas de gens auraient tourné les talons, & se seraient effondrés dans les bras de l`autre, priant le pardon. Mais j`ai détourné le regard, fuyant ce regard qui autrefois complétait le mien. J`ai tourné le dos, et je suis partie. Partie pour oublier. Partie loin. Loin d`elle, & de ce passé. Mes pas résonnaient et j`ai juste eu le temps d`entendre un cri, précédant les sanglots, avant de passer la porte.
Le froid de la rue me força à resserrer les pans de ma veste. C`était fini, bel et bien fini. J`avance, encore, et toujours. J`arrive rapidement au carrefour de Steven. Aujourd`hui, j`y passe presque chaque jour, parfois dans l`espoir de le revoir, pour pouvoir lui sourire, et l`inciter à reculer. Mais la rue reste horriblement vide, et le temps continue d`avancer. Chaque soir, je deviens ma propre ombre, vagabondant dans la rue comme un spectre regrettant le passé, et rentrant chez moi en ignorant mes parents, et ma vie. Mais ce soir, après avoir vu April, je ne me sens pas la force de rentrer. Je ne me sens même plus la force d`avancer. Pourtant, mes pas me guident, et m`avancent jusqu`au devant d`un hôtel. Je jette un regard devant moi, manquant de tomber. Pourquoi ? Mes pensées deviennent floues, et je dois m`appuyer contre un mois. Quatre anges, assis dans le froid. Ils sont inconscients, de se montrer aussi distinctement en France, et à Paris, surtout. Mais les rues semblent vides. Il n`y a que moi. Eux, et moi. Pendant quelques secondes, je revois April, et je m`imagine en train d`avancer, de les saluer. M`asseoir à côté d`eux et discuter. Mais très vite, je fais abstraction de ces illusions. Ils sont là. Je vois enfin les garçons qui m`ont fait tellement de bien. Ils me sauvaient, chaque jour. Ils étaient mon sourire, et ma joie. Ils sont là. Mais je m`avance, froide, et hautaine. Autrefois, j`aurais souri, hurlé, et été la plus heureuse. Mais ce soir, passant à côté d`eux, je ne fais que leur lancer un regard indifférent, suivi d`une phrase que je ne murmurais qu`à mes posters

- Sombres crétins
- T`as un probl...

Sa voix est lointaine. Je venais d`insulter les célébrités qui autrefois me nourrissaient. Ils étaient ma vie, et je n`arrive plus à me contrôler. Tournant dans la première rue, je m`effondre contre un mur, la tête entre les bras, et les genoux repliés contre ma poitrine. Depuis quand suis-je tombée aussi bas ? Je suis devenue si ... J`oblige ma propre mère à prendre les mêmes antis dépresseurs que moi. Mon père s`est enfui de la maison, ne supportant pas de me voir me détruire. Il a vu mon corps s`amincir, mon visage se creuser, et il a vu mes poignets saccagés, ensanglanté. La lueur de mon regard perdu, et mon sourire disparu. Il n`en pouvait plus. Il ne me comprenait pas. Ma mère ne me comprend pas. Personne ne me comprend. Même moi, je ne me comprends pas. Je n`ai pas réussi à me relever, après avoir vu le corps de Steven retomber. Je n`ai plus jamais réussi à ouvrir les yeux sur un monde merveilleux. Les pensées noires m`assaillirent à nouveau.
« Dis-moi la vérité, June. Tu as tenté de te suicider ? » . Oui. La réponse est oui. Et cette fois encore, je sentais que je ne pourrais pas me réveiller le lendemain. Cette nuit mettra longtemps à devenir demain. Ma mère ne pourrait pas me retrouver le lendemain matin, déjà à moitié morte. Elle ne pourrait plus s`effondrer, en pensant que sa propre enfant risquait de disparaitre. Cette nuit là, comme tant d`autres, j`étais fatiguée, anéantie, et en proie à un immense désarroi. Sans rien contrôler, j`étais devenue une fille que je ne connaissais pas. Une fille que je ne contrôlais pas. Spectatrice muette de sa propre décadence. Je sens mon corps se relever, et avancer. La rue est proche, et effectuant un détour, je reviens au point de départ. Je me revois, quelques mois auparavant, me dirigeant chez April. Et je revois ce sourire, ce si triste sourire. Je tourne ma main dans la poche de mon jean. Drug. Je ramène le cachet jusqu`à ma gorge, et avale d`une traite. L`effet est rapide. Je suis apaisée. C`est alors que je m`avance. Pardonne moi, April, oui, pardonne moi. Je traverse, il fait nuit. Les rues me semblent vides. J`avance jusqu`à chez moi. La porte n`est pas fermé, alors je rentre. Sans un regard vers ma génitrice, je retourne vers ma chambre, et la vérouille.

- JUNE ! Tu ... Junes, ouvre ...

Elle s`énerve et tente de tourner la poignée, en vain. Ses cris m`énervent, et je perd le contrôle. La drogue s`empare de mon esprit et je me jette sur mon bureau. Un tiroir. Juste un tiroir. Tout était dedans, jusqu`au moindre emballage de bonbon. Nous gardions tout. Elle était tout. J`ai tout détruit. Je n`en pouvais plus, je mourrais. J`ai explosé. J`étais morte, abimée, souillée. Personne n`a compris, dit-on. J`entend les chuchotements, et les murmures. On scande mon nom, on parle de moi. Je reste reine. Contraire à l`autre, je suis brisée. Et cette nuit, dans ma main, fredonnant pour la première fois depuis longtemps une de leur chanson, je relis une lettre que je lui avais écris.

« Mon April,

Je m`apprête à partir pour trois mois aux Etats-Unis. De là bas, je ne pourrais jamais te joindre, jamais t`entendre, ou te voir. Tes bras me manqueront. Ta présence, ton âme. Tout de toi me manquera. J`ignore comment je vais survivre sans toi mais sache que chaque seconde sera tienne, et je penserais sans cesse à toi . . . »

Le reste est déchiré. De dépit, je jette le contenu du tiroir au sol. J`en peux plus, mon coeur explose et ma vie s`étend. Je sens la déchirure de mon coeur qui s`intensifie et mon abîme qui s`annonce. Je jette un coup d`oeil aux morceaux de poster que je n`ai pas encore brûlé. Je tombe à genoux et hurle ma haine. J`entends ma mère qui frappe à ma porte. Elle tambourrine, trépigne et pleure. Je l`entend s`affaisser et ma haine l`accompagne dans sa chute. Je tape du poing, et mord ma lèvre. J`hurle mon dégoût & la douleur qui coûle dans mes veines. J`oublie la simplicité et la plénitude. J`entends les pleurs de ma mère. Elle a vu pire. La drogue m`ennivre d`un mauvais sentiment. Je sombre dans la douleur de mes larmes et j`imagine que les garçons étaient une illusion. La facilité m`est lointaine, je me sens mourir. J`aimerais tellement mourir. Les pleurs de ma mère se clament, et j`entend bientôt ceux d`April. Je l`imagine, lointaine et attristée. Je prie pour qu`elle soit heureuse.
J`espère qu`elle est heureuse.


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Voilà la suite ~ On est très heureuses d'écrire cette fic :) April & June, çà sonne bien en plus. Trève de sentiments. Ca vous plaiiit ?
& Oui, on sait que c`est compliqué. Mais voyez-vous, la simplicité, çà ne nous plait pas.


P.S: Morgan, je t'aime <3

# Posté le lundi 05 novembre 2007 22:05

Modifié le samedi 01 décembre 2007 13:54

______ « Qui es-tu pour décider de l`avenir des gens, June ? »*« Kapitel o5 »*

_•• _____ « Qui es-tu pour décider de l`avenir des gens, June ? »*« Kapitel o5 »*
_________________STANDORT VON APRIL
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# Ich bin nich` ich wenn du nich` bei mir bist #

Pleurer ne me soulageait même plus. Au contraire, chacune de mes larmes ne faisait qu`accentuer le mal qui me rongeait. Ses mots me manquent jusqu`à parfois en crever. Cela fait d`ailleurs plusieurs jours que je ne l`ai plus vue. Je ne sais pas ce qu`elle fait, avec qui elle est, à quoi elle pense. Je voudrais qu`elle me dise tout, dans les moindres détails. Je veux savoir à quels moments elle respire, ses sujets de conversations, les personnes qu`elle regarde, si elle est amoureuse. En fait, non. Je ne veux pas qu`elle aime quelqu`un d`autre que moi.
Je regarde le plafond comme si elle allait en tomber. Je ferme les yeux puis les rouvre, les ferme et ainsi de suite. Je suis sûrement psychopathe, folle. Folle d`Elle.
Je rouvre une énième fois les yeux, Meryl. Je me relève brusquement, la regarde quelques secondes avec une envie irrésistible de pleurer. Je soupire et me recouche, sans un mot. Je ne la vois pas mais elle semble en proie à une réflexion sur un sujet trop complexe pour que j`y prête attention. Un ange passe. Je tourne la tête, j`ai besoin de ma confier. A n`importe qui. Meryl étant la seule présente en ce moment, je me relève péniblement et lui souffle ...

- J`ai une histoire à te raconter. La première porte quatre noms, et ils sont partout dans cette chambre. L`autre n`a qu`un nom, et elle est mon coeur tout entier.

Elle me sourit. Par quoi vais-je commencer ? C`est l`histoire la plus difficile à raconter, la mienne.
Pour illustrer mes propos, je prends, au hasard, une photo dans notre tiroir.

- Tu vois ces deux visages ?

Elle ne me répond pas, s`attendant sûrement à ce que je continue sur ma lancée. Je lui adresse un regard insistant où elle pouvait lire " Dis-moi, oui "

- C`est toi et ton frère ?

Mauvaise réponse. Je ne lui donnerais pas la bonne. Elle ne comprend décidemment rien.

- Réfléchis un peu ...
- Toi et ...
- Oui ?
- June.

Le début de l`histoire. Je l`invite à s`asseoir sur mon lit tandis que je m`installe sur le sol dos à elle, je ne veux pas lire sa pitié, sa compassion ou que sais-je encore dans ses yeux. Elle me rappelle trop June.

- Je t`avoue que je ne sais pas par quoi commencer... June et moi sommes nées le même jour dans le même hôpital, au même étage. On était déjà voisines sans le savoir. Nous avions à peine une semaine lorsque nos deux mères se sont rencontrées au détour d`un couloir du deuxième étage. Elles allaient toutes les deux aux toilettes. Heureux hasard. En sortant, le choc. Ma mère a bousculé la sienne qui a commencé à rire aux éclats. Premier contact. En bonnes sportives, elles ont remontés les escaliers en courant, Katia a gagné. Jeunes mamans émerveillées. Très vite elles ont rejoint leur progéniture ne se doutant pas qu`elles seraient à l`origine d`une amitié passionnelle et fusionnelle, celle de June et April. Les jours suivants se suivirent et se ressemblèrent. Katia et Heather se croisèrent encore de nombreuses fois. Quelques fois à la cafétéria, quelques fois aux toilettes et elles discutaient. Parties de rien, elles apprirent petit à se connaitre. Sans le vouloir, elles continuèrent à se voir même encore après leur séjour à la maternité. Par la force de choses, June et moi avons été amenées à nous retrouver. D`abord dans le parc assez grand pour deux. Vint ensuite le bac à sable, la plaine de jeux et ses balançoires. Elle était l`oiseau et moi les ailes. Nous avons vite grandi, trop vite. A deux on est plus fort, on prend beaucoup plus vite de l`assurance. Un égo surdimensionné. C`est pour ça qu`on s`identifiait bien aux deux jumeaux. Tu veux que je te parle de Tokio Hotel ?

- Je t`écoute.

- C`était le jour de mon anniversaire, du sien par la même occasion. Pour nos 15 ans, nos parents nous ont amenées une journée à Berlin, on le voulait depuis si longtemps. On allait retrouver nos racines, la ville de notre enfance. Chaque poteau, chaque dalle, chaque maison, chaque arbre, chaque souffle de vent méritait notre attention. La moindre petite chose fut immortalisée sur la pellicule de nos appareils photos respectifs. Notre meilleur anniversaire je pense. On est rentré dans un immense magasin de musique. Alors qu`on sillonnait les rayons, June m`a appelée. J`ai couru vers elle # Willkommen In Unser`m Traüm. # J`ai éclaté de rire. Quatre visages. Un androgyne. Un dreadeux. Un timide. Un ténébreux. Osmose parfaite. Mélange ridicule. Dis April, on l`achète ? Hésitation, on passe à la caisse. Sans le savoir, nous étions entrées dans une magnifique aventure, la Tokio Hotel-mania. Et notre éclat. Nous n`étions qu`une.

Je déteste le passé.

_________________STANDORT VON JUNE
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Je m`allonge au sol. Il est froid, dur et sans vie. Comme moi. Le plafond me semble alors indécent, presque trop proche de moi. La drogue me fait perdre l`esprit, je m`envole, m`égare, me perd. J`entends ma mère se relever, et s`éloigner. Les touches d`un téléphone sur lesquelles on appuie. Alors çà y est, ils vont venir me chercher ? Mais rien de tout çà. Je reste inutilement étalée sur ce sol, et je me sens faible. Je reste là, appuyée et tuée. Les souvenirs d`April encombrent ma chambre et j`ai l`impression que c`est ma vie entière qui s`étale sous mes yeux. Un rire. Je me tords de rire, nerveusement, au beau milieu de cette pièce qui m`est aujourd`hui inconnue. Personne ne cherche plus à me sauver, et je me sens seule. Mon rire devient larmes, et je me promets de ne plus me droguer. L`absence et le vide me rapprochent d`un sentiment niaiseux d`incomprise. April me manque, mais je ne peux pas retourner dans cette vie. Steven est mort. La réalité m`explose une nouvelle fois à la gueule et je me recroqueville. Lentement, le sommeil m`emporte. Je ne rêve pas, je sombre.

- June ... JUNE ?

Mon éveil, de l`au delà. Je soupire, et ouvre un oeil. Ma mère est penchée, et la chambre est lumineuse. Ses yeux sont encore rouges, mais je n`y prête pas attention. Eclair de lucidité. Je me redresse, inquiète. La serrure a été crochetée. Et la porte ouverte. Je me sens nue, face à ma mère. Mes pires douleurs sont à portée de vue, et je ne fais rien. Je reste là, à genoux sur le sol de ma chambre. Je sens le pire arriver. Je suis fatiguée, et je n`ai plus cet air digne qu`on me connaissait. Ma mère me regarde, perdue entre la pitié, la colère et la tristesse. Elle me tourne alors le dos, et s`avance jusqu`à mon armoire. De là, elle sort une énorme valise, la posant sur le lit. Je me relève vivement, hurlant presque.

- Mais qu`est ce que tu fais ?
- Depuis quand tu prends ces merdes ?
- Arrête Maman ...

J`enlève progressivement les vêtements qu`elle vient de jeter dans la valise. Son regard est sans vie, et je comprends que je l`ai tuée. La drogue. Le désespoir, mes poignets à sa vue et ce qu`elle croyait être un espoir. Elle me voit me détruire, et elle ne peut plus l`accepter. Elle continue inlassablement de remplir cette valise que je vide. Autant qu`elle a voulu remplir mon coeur à la même vitesse que je renvoyais ce qu`elle me donnait. Travail inutile, elle soupira et s`assoit sur le lit, la tête entre les mains. Je l`observe, je ne dis rien. Mes bras restent ballants et je commence à comprendre. L`absence de réalité, la fin d`une vie. Elle relève légèrement la tête, des larmes au fond des yeux.

- Va-t-en, June !

Elan de désespoir. Je cherche dans son regard un dernier espoir, mais il n`y a rien. J`ai rempli ma mère de néant et elle n`est plus rien. Depuis des mois, je ne l`ai pas regardé. Aujourd`hui, j`observe ses joues creusées, et sa façon de flotter dans ses habits. Ma déchéance fut accompagnée de la sienne. Perte de son amour, perte de son enfant. Je revois sa façon de sourire et lentement je recule. Je me cogne contre le mur et fait trembler le cadre qui n`est pas tombé. Ma mère, mon père, et moi. J`ai détruis notre famille. J`ai détruis April & j`ai tué Steven. April. Son nom résonne. Ses cris s`emparent de moi, et je porte mes mains à mes oreilles. Elles bourdonnent et m`hurlent son mal. Je vois April, s`effondreront devant moi, et ma silhouette qui s`engage dans la nuit. Je me pli, l`impression que ma tête explose. Dernière vague de drogue dans mes veines et le hoquet de ma mère. Je la vois faible, et fragile. Autant qu`April. Je me tue, à voir cette souffrance que je dégage. Je suis le mal, j`ai besoin qu`on me sauve. Come, and rescue me. Son autre voix résonne et j`oublie notre soirée. Je me les imagine en rêve. Je ne les ai pas vu, hier, c`était un rêve. Insolence. Je m`enferme et April m`apparaît. Elle me tend la main, je la rejette. J`ouvre les yeux et regarde une dernière fois ma mère. Mon soutien. Qui suis-je ? Je me perds, je me noie. La réalité me brûle et j`aimerais partir. Ma mère murmure une dernière fois la douleur « Va-t-en June, s`il te plait ... » Je ne lui en veux pas. Je crois même, que je souris. Dans un dernier regard, elle se lève et ferme la porte de ma chambre derrière elle. Je me retrouve seule. La solitude est ma nouvelle alliée. Je suis seule depuis des années.
Seule, sans eux.

_________________STANDORT VON BILL
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Debout, ce micro à la main, j`ai l`impression que chaque chose est à sa place. Je laisse mes sentiments l`emporter sur ma raison et je chante, à m`en déchirer le coeur. Je chante notre douleur, et notre joie. Je suis le porte parole de l`émotion, et de nos ressentis. Eux, ce groupe, la musique, je ne veux rien d`autres. Pourtant, j`ai l`impression que cette journée est différente. Je me revois, le visage collé à la vitre. La jeune fille d`hier hante encore mon esprit. Je n`ai pas compris sa haine, et je l`admirais tout à la fois. Pourtant, aujourd`hui, son image me hante comme un souvenir à ne pas oublier. J`entends David clamer la pose et je reprends mes esprits. L`ingénieur du son est jeune. Alek, me semble-t-il. Sourires, et pouce levé. Il semble fier. J`acquiesce. Tapant des mains, je bondis jusqu`au petit buffet. Dans les prochains jours, on retournera en Allemagne, après avoir tourné deux clips. La fatigue est présente, mais on l`accepte. Finalement, cette vie nous plait. Je prends goulûment un paquet de bonbon, et pivote à nouveau sur moi même. Mes trois amis me regardent, abasourdis et les yeux grands ouverts. J`éclate de rire, ils me suivent.
Voilà ma vie, eux, et nos rires.

_________________STANDORT VON MERYL
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J`ai eu du mal à dormir, cette nuit là. Mais je cachais mes cernes sous un incroyable masque. Fond de teint, et sourires. Personne ne se rendait compte que le changement de June nous affectait tous. Le lycée, sans elle, avait tellement changé. Nous avions l`habitude d`entendre résonner leurs rires à travers nos sombres couloirs. Nous avions l`habitude de les voir scander, et crier à la révolution en renversant les tables. Nous avions l`habitude de leurs batailles d`eaux et de leurs étreintes. Courant d`air frais, et arc en ciel. Elles étaient l`éclat de notre lieu, et le sourire qui naissait sur nos lèvres. La complicité qui les accompagnait était criarde et nous en étions heureux. L`espoir, et la joie. C`étaient ce qu`elles nous apportaient, sur un plateau d`argent.
M`enveloppant dans une veste en cuir parfait, je ferme la porte derrière moi et m`éloigne jusqu`à chez April. Elle n`a pas décroché, après mon appel d`hier soir. Au fond, je m`inquiète. Nous nous inquiétons tous. Le jeu ne dure plus et la peinture dorée s`écaille. June est partie et la réalité nous fait mal. Je frappe, elle ouvre. Elle a pleuré, et je ne l`ai jamais vu aussi pure.

- April ?

J`entre et elle se rallonge dans son lit. Je l`observe. Pourquoi l`as-tu détruite, June ? Pourquoi vous as-tu détruite ? Je ne t`en en veux pas, mais je ne te comprends pas. Oui, June avait tout. Une famille que l`on jalousait tous, secrètement. Une meilleure amie comme on en rêve. Une beauté physique, une importance morale. June avait tout, mais peut-être trop. Avec le recul, je m`imagine qu`elle devait avoir ses côtés obscurs. Nous n`en savions rien, nous ne la connaissions pas. Le soupir d`April s`avance jusqu`à moi, et je fixe son dos, en silence.

- J`ai une histoire à te raconter, me souffle-t-elle alors. La première porte quatre noms, et ils sont partout dans cette chambre. L`autre n`a qu`un nom, et elle est mon coeur tout entier.

Je soupire, et souris à la fois, oreilles tendues. Je t`écoute, April.
Plus elle parlait, et plus je la voyais comme une veuve. J`imaginais que June était morte, suicidée, et tuée, et qu`April faisait son deuil. Elle acceptait de laisser une part d`elle. Elle acceptait que la partie June s`en aille, et pourtant, tout à la fois, elle s`obligeait à la garder. Une part si importante, et si forte, que je la voyais s`affaiblir. Sa voix n`était que murmure, et pourtant, elle était si sûre. Je l`écoutais, attentivement. Elle me dévoilait leur enfance, inséparables & complices. Je me sentais curieuse, et à la fois intruse. Presque de trop. Entrant pour la première fois dans la chambre de la princesse, je découvrais un univers empli de June. Il me semblait la voir partout. À la fois sur les draps défais que sur les objets dérangés. Autant sur le mur postérisé que sur les vêtements éparpillés. Je me sentais plongée dans un univers fini, détruis, & souillée par les changements de June. À ce moment précis, j`ai compris que j`en voulais à June. Je lui en voulais, tant par jalousie que par indignation. Indignation de voir qu`elle entraînait April dans sa chute, tuant à petit feu la fille que j`admirais. Indignée, donc, et jalouse. Jalouse de ce lien si unique qui les unissait, et qu`elle s`amusait à détruire. Comme une négligence trop inconnue. Nous rêvions tous de ce genre de sentiments. Et elle, elle qui l`avait, elle le détruisait. Ca, et la stabilité utopiste dont nous rêvions. Pathétique.

_________________STANDORT VON JUNE
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Je n`ai rien pris. Je n`avais envie de rien, et tout est resté. Je n`ai rien bougé. Ma chambre est restée telle qu`elle, les objets d`April sur le sol et ma valise sur le lit. Je me suis contentée d`une douche. J`ai nettoyé mes larmes et j`ai pansé mon coeur. Je suis sortie, sans un regard. La porte a claqué et ma mère a regretté. J`ai avancé, fière, et digne. Une ombre, un passage, un courant. Je n`ai plus d`identité, plus de présence. Un soupir, et mes doigts s`inscrivent sur mon téléphone portable. Un numéro, une voix. « Allo ? - Ouais, j`ai besoin de tunes ... »

J`avance, et pénètre le bâtiment. Alek était mon voisin. Petit, nous nous amusons à courir à travers les rues, avec April. Je crois d`ailleurs qu`April a longtemps été amoureuse de lui. Moi, pas. Je ne l`imaginais que comme ami, rien d`autre. Il est toujours là. Il a toujours été là. L`image d`April est encore présente. Elle faisait toute ma vie et je pense tout le temps à elle. Chaque seconde qui passe est à elle, et je n`en montre rien. Nous avons passé trois mois, au lycée, à nous éviter. Nouvelle rentrée, nouveau jeu. Elle a reprit les règles et s`amuse seule. Deux joues qui se frôlent le matin, et des regards que je ne lui renvoie pas. Je sais qu`elle se sent seule, mais Meryl l`accompagne. Un sourire, et je m`égare. Ma place est prise, et je reste seule au fond de la classe. Notre magasine passe dans les mains d`autres, et je ricane. Ma vie est à vomir, et pourtant, je suis là. La mort me refuse, et la vie me rejette. Je traverse le hall et invente les couloirs. April aurait aimé venir ici. April, April, sa présence crache sur chacun des battements de mon coeur. Elle coule dans mes veines, et me construis. Elle était ma vie, et j`ai tout gâché. Mes yeux se ferment, et se rouvrent. Où suis-je ?
La propreté des lieux m`écoeure et j`avance jusqu`au studio onze. Rendez-vous, je sais que je le dérange. Il m`aperçoit et s`approche, dans une absence de sourire. Alek, le seul garçon qui s`en sort. Je l`observe. Il ne m`a pas vu depuis des années. Je l`évite, j`ai changé. Il me prend dans ses bras, et je le serre.

- Merde, qu`est-ce qu`ils t`ont fais ?

Le monde autour, les gens, la foule. Alek déteste çà, moi pas. J`adorais. J`étais une reine et je marchais dignement dans les allées de ma vie. Je régnais comme personne ne l`avait encore fait et j`avançais, pas après pas, royalement. Sa Majesté, June. & lui, Alek, le garçon en retrait. Il s`enferme dans ses machines, et réinvente la musique. Il produit, recrée, innove. Lui s`en sort, moi je m`enfonce. Il ne comprend pas, et je balaie le vent des mains. Oublie, et viens. Il me sourit, et m`entraîne dans une petite salle. Cette dernière est vide, c`est l`heure de la pose. Je souris, et m`assois. Il prend place à côté de moi, et je prends les devants.

- Ne me demande pas d`explication, s`il te plait. Ma mère m`a renvoyé de chez moi. Tu peux me prêter un peu d`argent ?
- Viens chez moi, June ...

Non, je n`irais pas chez toi. L`idée est trop simple, trop facile. Je mérite de souffrir, je mérite cette souffrance, et abjecte punition. Ne me regarde pas comme çà. Arrête. Bonjour, merci, et dégage. Je refuse de m`attacher, et j`oublie que je t`aimais. J`ai oublié que j`aimais mes parents, que j`aimais April, que j`aimais la vie. Je remonte légèrement les manches de mon pull, et l`observe. Il attend, mais je ne me trouble pas. Le hasard l`a rendu intelligent, et il sort son porte feuille.

- Combien ?
- Ce que tu veux.

Il ne veut pas, mais s`oblige. Son visage est froid, et sa voix sèche. Voilà, je le dégoûte. Mon absence de réponse à son invitation le glace. Il n`aime pas l`image que je renvois. Il déteste les faibles, et je suis faible. Plus que faible, je suis seule. Je suis dans la merde et mon visage est pâle. Ma présence est absurde, dans ce studio trop riche. Je n`y suis pas à ma place. Décor insalubre et décombres mesquins. J`aimerais partir au plus vite et j`attends qu`il signe. Puis, des rires. Une porte qui s`ouvre à la volée et des surprises. Une exclamation. Merde. Je les observe. Cette fois, je ne peux prétendre le rêve. Je ne comprends pas. Je suis la fille la plus mauvaise, et vivant mon ancien rêve, je ne profite de rien. Je m`égare, je me perds. Les derniers évènements s`enchaînent à moi et j`attends.

- Tiens, la fille d`hier.

Je regarde ces garçons. Je me noie dans mes questions. Je n`avais pas rêvé, alors ? Je les avais bien vu, bien insulté, bien ignoré. Je suis idiote. Pathétique, débile et absurde. Les étiquettes me collent à la peau et je m`enivre de solitude. Tom ne me regarde pas, et va directement jusqu`à sa guitare. Les autres m`observent, je me sens nue. Alek ne me présente pas. Son regard s`est envenimé. Il ignore presque ma présence, et leur adresse un sourire. Puis, il me tend le chèque, le visage dur. Je ravale mes larmes, et regarde le morceau de papier. Qui suis-je pour vouloir faire la loi ? Je ne veux plus de cet argent, soudainement. Je rêve de disparaître, de m`enfuir, de renaître. Je n`aime pas celle que je suis, et Alek n`aime pas celle que je suis devenue. Il s`énerve et secoue le chèque.

- Tu le prends, ton fric ?!

Brutalité des mots. J`ouvre de grands yeux, et il s`impatiente. Je me sens extérieure, et je vis la scène d`ailleurs. Je m`imagine partir, et j`oublie qu`ils sont là. Leur manager rentre et étouffe un hoquet de surprise. Je comprends son esprit. Ce n`est pas un moulin ici, qu`est ce qu`une fille comme moi fait ici ? Lentement, j`examine chacun de leur visage. De la pitié, du dégoût, de l`incompréhension.

- C`est quoi le problème, Alek ?

Je ne lui laisse pas le temps de répondre, et prenant ma veste, je repars. Le couloir me parait interminable, mais je m`avance. Merde. Je me déteste. Délicieuse déchéance.

_________________STANDORT VON BILL
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Elle était là, un sourire perdu, et un regard vide. Alek semblait en colère, et était en train de signer un chèque. Les détails nous échappaient, et je me sentais incrédule. Pourquoi était-elle ici ? Savoir que je pensais à elle dans l`heure précédente me donne des frissons. Malgré cette apparence détruite, elle était belle. Un regard, une peur, et elle était partie. Dans une excuse, je me lance derrière elle.

- Eh ...

Elle s`arrête et tarde à pivoter. Pourquoi, elle se retrouve face à moi, et elle me regarde. Elle est allemande, et vit en France. Cela m`étonne, et pourtant je m`y habitue. Son regard est éteins, et je la sens perdue. Je n`ai pas envie de la laisser partir.

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Donc voilà. June se rend enfin compte de son pathétisme, et remet en question sa rencontre avec les garçons. Que va-t-il se passer entre Bill & June ? Que vont devenir June & April ? La suite au prochain épisode, vendredi, à 18h30, sur TF1
HAHA. On vous aime (L)

# Posté le mardi 06 novembre 2007 14:08

Modifié le lundi 10 décembre 2007 12:55

______ « Là où est ton trésor sera ton coeur ` »*« Kapitel o6 »*

_•• _____ « Là où est ton trésor sera ton coeur ` »*« Kapitel o6 »*
_________________STANDORT VON JUNE
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Je n`ai pas pris le chèque et j`ai tourné le dos. La porte, le couloir, le vide et l`absence. J`aurais pu prendre ce chèque. J`aurais pu le glisser dans ma poche et sortir dignement. J`aurais pu avancer à travers les rues, et trouver de quoi me nourrir. Mais je suis sortie, vidée et seule. J`oublie le monde extérieur et je m`appuie quelques secondes sur le mur. Mon lunatisme m`écoeure, et je repense à April. Ce serait simple de retourner chez moi, de m`excuser, et de reprendre la vie que j`avais avant. Mais je déteste la simplicité, alors je me redresse et je reprends mes pas. Je déteste la simplicité, ou je l`évite. Je l`ignore, la feins, et m`éloigne.

- Eh ...

Mon coeur s`arrête de battre. Come, and Rescue me. Je l`entends, et elle résonne. Un mot, un son, et des milliers de pensées. Je ne devrais pas être ici. Je ne devrais pas vivre. Mais je suis là et sa voix me transperce comme un couteau en plein coeur. Je m`abandonne à la stupidité et je me retourne. Mon regard dans le sien et nos coeurs battant simultanément. Je le regarde, sans un sourire. Il faut que quelqu`un me rallume. Il soupire, et presque incertain, me tend le chèque. Je retiens un éclat de rire, et saisissant le bout de papier en tremblant, je le déchire. J`y déchire mes pleurs, et mes croyances. J`y perd mon sourire, et me refroidit davantage.

- Pourquoi ?

Sa voix me parvient. Pourquoi ? Pourquoi ai-je déchiré ce chèque ? Pourquoi suis-je venu ? Pourquoi je semble si imparfaite, si incomplète ? Pourquoi suis-je si éteinte ? Pourquoi une fille comme moi peut-elle être aussi malheureuse ? Pourquoi ... Cette question m`obsède, tourne, et retourne, et m`enchaîne. Elle m`enchaîne à mes doutes, à mes peurs, à mes angoisses. Je reste assise, abattue dans le noir. Recroquevillée et seule. Je m`égare à travers mes propres noirceurs, et pourquoi Bill a réussi à y pénétrer. Il semble surpris, presque inquiet. Vais-je m`effondrer ? Vais-je pleurer, hurler, ou partir ? Il attend mes gestes. Il attend une réponse. Une réponse qui ne vient pas. Pourquoi ? Pourquoi pas. Parce que. Je n`ai pas de réponses, et je m`en détruis. Je regarde quelques secondes les débris de papier, et je regrette déjà. Je frôle le pathétisme, et je m`allonge devant la pire déchéance. Médicalement, on appelle çà dépression. Je préfère l`appeler égarement. Je m`égare dans l`anorexie, la mutilation, et le suicide. Je me suis perdue dans mes maux et ma douleur. J`aspire à mourir, mais elle, malicieuse, et espiègle, préfère me laisser en vie. Mon heure n`est pas venue. De toute façon, je déteste les montres.

- Je suis désolée.

Ma voix semble légèrement adoucie, mais reste froide. Je m`excuse, et j`ignore pourquoi. Je m`embrouille, et le laisse hausser un sourcil. Pourquoi suis-je désolée ? Juste parce que je ne devrais pas être ici, dans un si bel endroit, avec une telle personne. Il était devenu pour moi un ennemi, et je l`observe comme aux premiers jours. Je me souviens de l`agitation des magasins. « Les filles, pour vos quinze ans, on vous emmène à Berlin » Ma ville, mon lieu, mon origine. Emerveillées, heureuses, et promptes à la plus grande des joies, nous étions entrées dans un magasin de musique. Notre univers. Puis, un regard. Je les ai observés, ils me subjuguaient. Je ne pouvais détacher mon regard de l`image. Ils semblaient si inaccessibles, et si hautains. J`aimais. Juste cette distinction, cette supériorité, cette prestance. Je les aimais déjà. Ils m`attiraient.
« Dis April, on l`achète ? »

- Tu veux venir nous écouter ?

Il est idiot, mais sûr. Il ne tremble pas, et n`hésite pas. Moi oui. Je n`ai rien à faire ici, mais je n`ai nulle part où aller. Je devrais être en cours là, mais je suis ici, presque abattue, dans un couloir que je ne digère pas. J`ai l`impression de retrouver mon âme. Il est là, face à moi, et je le reconnais. Mon âme, mon sang, ma vie, mes tripes. Je le redessine, et revis mes écoutes, mes pleurs, et mes joies. Je voudrais rêver. Mais il est là, face à moi. Nous sommes en France, à Paris, et ils ne resteront pas. La rencontre me paraît improbable. Je le sais fuyant. Je l`imagine éphémère, et le considère comme différent. Je me sens engourdie, prête à voir mes jambes me lâcher, et pourtant, je maintiens ma position, et l`observe. Il est comme je l`imaginais. Fier, hautain, et droit. Il sourit, mais réfléchit. Il manipule et s`use. Je le vois comme un adolescent, un peu trop mûr. Je le vois comme un égal, et je me souviens des nuits passées à lui hurler ma haine. Agenouillée dans ma chambre, je pleurais des heures, frôlant l`hystérie. Je le haïssais. Pourquoi as-tu menti ? Spring nicht est un mensonge. C`est une faille, une banalité, et une illusion. Les gens meurent, et je meure. Mais lui, sur l`image que j`observais, il est resté immobile, et imperturbable. Je le haïssais de ne pas comprendre. J`attends alors qu`il parte, qu`il m`oublie, abandonne. Mais il reste. Il ne bouge pas, et attend. Il ne me connait pas, et ne sait donc pas qu`il ne peut rien attendre de moi. Il n`est pas surpris de mon allemand, et j`oublie sa vérité. Nous restons dans le silence, fuyant nos regards et notre réalité.

- Quand repartez-vous ?
- Demain.
- Bill, qu`est ce que tu fous ?

La porte, non fermée, laisse entrevoir le reflet de Bill. Différents, et singuliers. Je ne souris pas, et j`évite même son regard. Autrefois, j`aurais pu sourire. Autrefois, je n`aurais jamais fui. Aujourd`hui, c`est avec un certain dédain qu`il m`observe. Je n`ai nulle part où aller, et je me suis abandonnée à la destruction. Le dreadé semble surpris de voir que je ne suis pas partie. Son regard se radoucit, et il s`avance dans le couloir. Sa démarche aurait pu me faire sourire, mais je me contente de rester là, incrédule.

- Alek nous a raconté ...

Qu`y avait-il à raconter ? Je vous présente June, une pauvre dépressive qui vient de se faire virer de chez elle parce qu`elle ne pouvait plus être sauvée. Elle est passée de l`autre côté du miroir, du côté de ceux qu`on ne peut pas sauver. Personne ne veut la sauver, elle. Elle est seule, chétive, et abandonnée. La présentation m`agace, et je resserre les pans de ma veste. Tom m`observe, et attend une quelconque réaction, sous le regard perdu de son jumeau. Lui ne connait rien. Il sait juste mon regard perdu & mes pensées égarées.

- Ecoute, çà va te paraître bizarre, mais si tu veux, David propose que tu nous accompagnes. Ca va te surprendre, et même te paraître complètement absurde, mais t`es à la rue, et lui chercher une sorte d`assistante. Alek nous a dit que tu t`y connaissais plutôt bien en musique, donc ...

J`hoquette. Une première réaction. Je ne comprends pas, et mes sens se perdent. La réalité me semble alors complètement détruite. Je n`ai plus de bases, ni de convictions. David Jost me propose un travail ? Avec comme groupe celui que j`ai le plus aimé ? Tout çà me parait tellement irréel que j`écarquille les yeux. Tom minimalise son sourire, et semble attendri. J`ai l`air complètement étonnée.

- Un travail ?
- Ouais. Tu parles plusieurs langues, t`as l`air dégourdie, et t`as besoin d`argent. Lui, il a besoin d`une assistante. Chacun y gagne. Tu peux y réfléchir. On repart demain, à onze heures. Si tu es d`accord, rejoins nous ici vers dix heures et demie, d`accord ...

Il sourit, et m`ignore enfin. Prenant Bill, qui m`adresse un dernier regard, il referme la porte derrière lui, et me laisse seule avec ma réflexion. Et si quelqu`un pouvait me sauver, finalement ? Et s`ils avaient réellement été envoyés sur Terre pour sauver des existences ? Là, appuyée sur le mur, mon premier vrai sourire traverse mes lèvres, tandis que j`aperçois ce que j`attends depuis des semaines. Un avenir.

_________________STANDORT VON APRIL
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# Einsam. Und. Verloren. #

- Mademoiselle Smith, puisque mon cours ne vous intéresse pas, vous m`écrirez pour mardi prochain un texte sur ce qu`est pour vous, la souffrance.

Ce dernier mot éveilla mon attention alors concentrée, comme toujours depuis qu`elle n`est plus là, sur June. Sitôt les connections rétablies, mon esprit se mit en ébullition. Comment mettre des mots sur les maux ? Plus j`y réfléchissais, plus la tâche me paraissait irréalisable. Qu`est-ce que la souffrance ? June. Qui est June ? Ma souffrance. Un mur se dresse soudain devant moi, infranchissable. A deux on est plus fort, elle m`aurait aidé à surmonter cet obstacle. Aujourd`hui je me retrouve seule devant ce mur beaucoup trop haut pour moi.
Je sortis de la classe à la hâte, Meryl à mes trousses. Je l`aime bien mais ... Je salue et adresse un sourire aux gens que je croise. Je suis toujours la reine et je le resterais même si je ne sais plus pourquoi. June n`est plus là pour le voir. Fierté.

- T`as une idée pour ta rédaction ? Me demanda Meryl.
- Aucune.

Je m`assieds devant mon bureau face à mes posters, à mes photos, ma vie et ses problèmes futiles, à June. Je n`ai plus envie de fuir, c`est trop facile, trop simple. Se faire violence. Les heures passent, les chansons défilent, les souvenirs, son image figée sur des photos, les sourires, mon esprit se perd. June. June. June. June. Il n`y a que toi. La feuille posée devant mes yeux reste désespérément blanche. Vide. Stylo à la main, je tente vainement d`y mettre des mots. Moi qui d`habitude faisais glisser ma plume à un rythme effréné, ne trouvais plus l`inspiration. Il y avait tant de choses à dire, trop de choses. Je ne sais pas comment commencer, je ne sais pas comment terminer. Fin. Seuls les cris plaintifs de mon estomac et ma gorge sèche me ramènent où je suis. Ecrasante réalité. Je secoue la tête comme pour chasser tout ce que me hante. Tout June. Je descends me chercher quelque chose à grignoter, qui fait grossir aussi. Nos biscuits préférés. Qu`on me jette la première pierre si nous n`en avons pas dévoré des milliers ! Une photo de June et moi à Berlin est accrochée sur le mur au-dessus de la cuisinière. Je la fixe et me souvient ...

- Je sais ! M`écriais-je.

J`écris le restant de la nuit. Quelques rares blancs viennent parfois interrompre mon élan d`inspiration. Ce n`est qu`au milieu de la nuit, alors que mes yeux ne m`obéissent plus et se ferment tout seuls, que je mets le point final. Assez satisfaite, je m`emmitoufle dans mes draps encore froids et rejoignes aussitôt la douce et éphémère Morphée ...

Chaque jour, je peaufinais un peu plus mon texte. Entre les cours, les pleurs, mon texte, les heures passées à me ressasser le passé et celles à admirer ma moitié, les sourires, la semaine passa à une allure folle. En me réveillant, je ne pensais qu`à une chose : rentrer chez moi améliorer mon travail. Perfection incarnée. Continuer à sourire, sans relâche. Montrer à tous que je pouvais vivre sans June. Mensonges.

- Mademoiselle Smith, venez ici, devant.

J`aimais les défis. La prof m`avait appelé de son habituel air hautain, je lui souriais de plus belle. Totalement sûre de moi, je me levai et me dirigeai vers son bureau, prête à affronter la classe. Ils m`admiraient, m`aimaient, je n`avais rien à craindre. Enfin, c`est ce que je croyais ...

- Lisez votre texte.
- Non. Je ne veux pas, madame.
- Ce n`était pas une question, mademoiselle Smith.

J`hésitai quelques secondes et pris la feuille qu`elle me tendait. Je ne perdrais pas la face, la reine ne perdra pas sa couronne. Ils ne connaissent pas l`identité de la personne dont je parle dans les textes, ils croient même sûrement que j`ai écris ça comme ça, sans arrière-pensée quelle qu`elle soit. Bande d`idiots. Je commence, la gorge nouée.

- Quoi de pire ? Les mots ne suffisent pas, il faudrait les inventer. Mettre des mots sur les maux pour mieux les panser. Se mettre à nu, se faire violence, se ressasser le passé encore et encore. Un manque indescriptible, un mal d`une douceur insoutenable, un appel au secours inaudible, une tendre et brûlante caresse, une réalité qui t`ouvre grand les bras. S`y réfugier, plonger la tête la première et suffoquer, un bien-être infini qui te parcoure le corps ...

La porte s`ouvre, et je m`arrête instinctivement. Ma délicieuse est là, droite et fière. Pendant quelques secondes, il me semble retrouver l`ancienne June. Mon regard s`égare, et elle m`ignore. L`indifférence règne, et j`ai l`impression d`une âpre douleur au coeur. Elle s`approche du bureau, et tend un papier.

- Mademoiselle Smith, veuillez continuer.

J`observe June s`éloigner vers les casiers, en fond de classe, et secoue légèrement ma feuille. Mon écriture me semble si imparfaite, mais je continue, d`une voix à la fois hésitante et perdue. C`est le malaise du moment. L`épidémie qui s`étend. La fête est finie on descend, du taudis, qu`on appelle maison.

- ... et puis plus rien. Le néant, la descente aux enfers, la déchéance, la vie, la vraie. Celle qui t`opprime, te crache dessus à la moindre fausse note, t`oblige à marcher la tête haute sans jamais l`abaisser. Un immense tas de mensonges, un ramassis de merde, une montagne de banalités. Les ailes de l`oiseau se sont brisées l`autre soir, il s`écrase. Je le sais, je le sens, je le suis. Cet être, c`est moi, c`est elle, mon tout. L`oxygène manque là-haut, mes poumons ne se remplissent plus, j`en oublie de respirer, je ne vole plus. Les paysages autrefois magnifiques ont été brûlés, il ne reste que des cendres. Le paradis a disparu. J`écris cette lettre avec mon sang. Il coule doucement dans mes veines telle une drogue douce parcourant tout mon corps mais en en oubliant quelques parties au passage. Une piqûre de bonheur, un instant de plaisir. Elle est ma vie, elle est mon sang, empoisonné. Elle me détruit lentement, m`assassine un peu plus chaque seconde, elle me tue, je brûle à l`intérieur.

Protect me from what I want. Je sens le regard de June dans mon dos mais je ne cesse ma lecture. Elle remplit son sac de ces dernières affaires, et je comprends qu`elle quitte le lycée. Je l`entends quitter ma vie, et je ne bouge pas. Fièrement, elle quitte la salle, sans un regard pour moi. Tuée.

- J`écris cette lettre pleine de solitude, l`âme errant en peine dans les rues étroites et sombres de ma vie. Un dédale sans issue. L`impression qu`il ne se passe plus rien, la peur. Chaque jour, je meurs un peu plus que la veille. Prête à décrocher la lune si elle le voulait, elle ne brille pas cette nuit. Souvenirs, sourire trop longtemps figé, des instants volés, des moments de silence qui voulaient tout dire. Se nourrir l`une de l`autre tellement j`étais toi, tu étais moi. Elle est ma souffrance, ma vie. Celle qui hante chacune de mes nuits, un ange dans le ciel. C`est elle ma souffrance toute entière.

Je voudrais m`effondrer, mais je feins le sourire.
June est partie.

_________________STANDORT VON JUNE
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Je m`efforce de me désintéresser de tout. Indifférente, je voudrais que mon unique sentiment soit la neutralité. Je me détruis parce que je ne peux pas détruire les autres, je suis la seule personne que je domine alors j`en profite. J`ai cessé de marcher droit, et j`avance en titubant. Les bruits de la rue m`assaillissent. Depuis que tout a commencé, j`ai cessé de chercher la droiture. La vie sonnait déjà comme une fin, et l`égarement m`a recueilli. J`ai préféré fermer les yeux sur toute une réalité plutôt que de l`affronter. Je suis devenue mon propre dégoût et j`ai cherché ma seule destruction. J`ai à la fois tout gâché, et tout gagné. Pour rien, finalement. J`aime me faire du mal, je devrais être un exemple pour les autodestructeurs. Je me rongeais, me perdais. Je fermais les yeux sur April, sur une partie de ma vie. La partie qui me rendait le plus heureuse, je crois. Oui, il y a des jours où j`aimerais que rien ne soit arrivé. Les rues m`assassinent et je relève la tête. Un second sourire s`empare de mes lèvres. Je n`ai rien à perdre, dénuée de tous. Je comprends alors que je n`ai rien d`autre à faire que de partir. Je voudrais être n`importe où, mais ailleurs qu`ici. Mes pas deviennent plus sûrs, et je redresse mon torse. Le lycée n`est pas très loin, et je m`enfonce très vite pour la dernière fois dans l`établissement. Je m`avance chez le directeur et refermant la porte derrière moi, lui adresse mes derniers mots. Je suis majeure, et je suis libre d`arrêter mes études. Je m`en vais. Un sourire, une ironie et dégage. Il inscrit quelques mots sur un papier déchiré. « Veuillez laisser Mademoiselle Ulhde récupérer ses affaires. » Ma classe me parait insolente, et bruyante. Pourtant, aucuns bruits n`en sort. Je quitte l`enfer, le sourire aux lèvres. J`entre, après avoir frappé. Des dizaines de regard se posent sur moi, mais je les feins. April est debout, et semble lire un texte. Je dépose le papier du directeur sur le bureau, et m`avance. April me fixe, je l`ignore. Indifférence malsaine.

- Mademoiselle Smith, veuillez continuer.

Je l`entends, la voix hésitante, & pourtant elle continue. Mon coeur cesse de battre. Elle parle de moi. Elle s`annonce sur un texte de souffrance, en m`utilisant comme illustration. Je ne bronche pas, et la fixe à quelques instants. Je suis consciente de sa douleur, et je n`en veux partir que plus vite. Adieu April. C`est à ton tour d`être heureuse. Mes pas s`éloignent, et je quitte la salle. Je meurs, et renais. Je passe du statut de reine à celui du phoenix. L`envolée est proche. Majestie.

_________________STANDORT VON APRIL
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Une brume grisonnante s`empare de l`air environnant. Les larmes qui parcourent mon visage me détruisent chacune une à une, fidèles à une danse que je ne maîtrise pas. June est partie. Je ne la reverrais pas. Vivre loin de June était supportable tant que je pouvais au moins l`apercevoir. Même si je n`étais pas contre elle, à rire, et à vivre, je pouvais sentir sa présence, et savoir qu`elle n`était pas loin. Vivre me paraissait alors comme une épreuve surmontable. Mais ne plus la voir me parait impossible. J`avais déjà du mal à accepter de ne plus me réveiller le matin, parfois à ses côtés. J`avais du mal à imaginer que je pouvais traverser la vie, seule. Mais tant que je pouvais la savoir en vie, je pouvais me satisfaire de veiller de loin. Mais je me trompais. Je ne la verrais plus traverser les couloirs, telles une ombre. Je n`entendrais plus son rire, ni même ses hurlements. Je ne pourrais plus jamais espérer de la retrouver. Elle est partie. Sa chambre, vide, et souillée m`a paru comme le pire endroit au monde. Et Katia, recroquevillée au sol, se perdant dans ses sanglots. Je me suis sentie abandonnée. Et si je ne la revoyais jamais ? Vivre sans June, quelle idée. Comment ai-je pût être assez stupide pour croire que je survivrais ? Je n`existe pas sans June. Elle me créait, et me donnait vie. Nous étions des brouillons, que nous complétions l`une l`autre. J`étais le dessin, noir et blanc, et elle me coloriait. Partie. J`avance dans les rues, fragile, et funambule. J`ai tenté de me mentir, et de mentir au monde entier. Non, je vais bien. Je suis April Smith. Je suis une reine, et je suis forte. Mais j`étais si faible. Je ne reverrais pas June, et j`ai l`impression qu`une partie de moi vient de mourir. Des mois que j`ai la prétention d`affronter la vie sans elle. Et puis, il fallait bien aller quelque part. Mes pas me guident jusqu`à un pont. Nous pique niquions là, assises, et souriantes. Nous affrontions la vie, et créions un monde, car le leur nous emmerdait. Prisonnière d`une souffrance que je ne soupçonnais pas, je me sens anéantie. C`est intolérable, et je n`en supporte plus davantage. Tout en se détruisant, June m`a détruite, et je ne lui en veux même pas. J`espère qu`elle est heureuse. Heureuse pour deux.

Au bord du gouffre, allez de l`avant. Le pont me donne le vertige, et je prends peur du vide. Le monde entier m`imagine comme forte, solide, et prête à supporter les pires souillures. Mais je suis désarmée, vulnérable, abattue. Une simple absence m`a fait perdre tous mes repères. Je viens de perdre mes dernières forces. June était cette force, et je considère son départ comme une trahison. Je voudrais la haïr, l`oublier, effacer cette douleur, mais elle s`est inscrite en moi. June était ma vie. Me laissant, elle me l`a prise. Mon coeur battait dans sa poitrine, et elle s`est enfuie avec. Voleuse. Menteuse. Je voudrais lui hurler une nouvelle fois ma haine, mais personne n`est en face de moi. Je m`enivre de la brise, et m`approche du bord. Mes vertiges deviennent fréquents, et j`ai l`impression de m`être égarée. Et si June m`avait tuée ?

Tage geh`n vorbei Ohne da zu sein Alles war so gut Alles ich und du

J`observe les voitures qui s`avancent. Je vois le monde vivre, alors que je me suis arrêtée. Je me sens immobile. June était toute ma vie. Que vais-je devenir sans elle ? La douleur qui m`enivre est trop forte, et impossible à étouffer. J`aimerais pouvoir reprendre confiance, et redresser mon corps, mais pourtant, je laisse une de mes jambes passer au dessus de la rambarde. Vivre sans elle me semble tout à coup plus inquiétant que la mort. Je comprends alors ce que je fais ici, et j`essuie d`un mouvement mes dernières larmes. Poupée de chiffon. June a jeté ses derniers jouets, et a changé de monde. Je passe mon autre jambe. Une seconde. Deux, puis trois. Trois petits tours et puis s`en vont. Je me précipite dans le vide.

Das ist alles was uns bleibt Wenn du gehst. Wenn du jetz gehst Versuch nich zu verstehn Warum es nich mehr geht

Une chute. Un suicide, un abandon. Il ne suffit que de quelques secondes. Quelques secondes pour traverser un carrefour. Quelques secondes pour dire adieu. Quelques secondes pour entrevoir un avenir. Et quelques secondes pour sauter. Dann Spring Ich für Dich. L`ultime voyage, la dernière destination. Ne pas être en vie, et ne pas être mort. Les yeux fermés, j`ai déjà cessé de penser. Je reste quelques secondes dans le vide, abandonnée dans un état que je ne contrôle pas. Egoïsme, et liberté. Courage et faiblesse. Je prends les décisions qu`il convient à Dieu de faire. Quelques secondes de majestie. Il ne faut que quelques secondes pour heurter le sol.
Quelques secondes pour mourir.

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Alooors <3 Tout d'abord, désolée du retard :) & merci à ceux qui nous suivent fidèlement. Je pense entre autres à Sandy, qui nous rassure, nous aime & nous suit.
Ici, donc, June part, & April meurt. Ou pas. Va-t-elle ressucitée ? Va-t-elle vivre ? Survivre ? La suite promet d'instaurer la réelle intrigue. June est loin, et avec les Tokio Hotel, & April est abandonnée. Le prologue vous revient en tête, donc ?
Des avis ? Des idées ? Des envies ? On espère en tout cas que çà vous plait toujours & que vous nous aimez (H)
Kussën (L) & on attend des revendications, des critiques, des demandes. Que voulez-vous pour la suite ?

# Posté le dimanche 18 novembre 2007 05:38

Modifié le lundi 10 décembre 2007 12:55

______ « Je ne veux plus jamais entendre parler de June. Je veux l`oublier. À jamais. »*« Kapitel o7 »*

_•• _____ « Je ne veux plus jamais entendre parler de June. Je veux l`oublier. À jamais. »*« Kapitel o7 »*
_________________STANDORT VON MERYL
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Matthew n`a pas dormi depuis plusieurs jours. Au fond, moi non plus, mais il m`inquiète. Il est assis, près de la fenêtre, et observe sa soeur jumelle, allongée, et meurtrie. Mes yeux se ferment, mais je résiste. Il avait suffit d`une voix, à travers un téléphone. « Meryl, April est à l`hôpital » L`évidence me sauta aux yeux. Nous aurions dû protéger April, et l`aider. Mais nous l`avions laissé. Il avait suffit de quelques minutes d`innatention pour qu`elle tente de mettre fin à ses jours.

_________ « - Qu`est ce qu`elle a Matthew ...
_________ « - Elle est dans le coma, intubée ... Les médecins craignent pour sa vie »




Nouvelle tentative de suicide
dans notre capitale


Hier, dans la soirée, une jeune adolescente, à peine majeure,
s`est jetée du haut d`un pont reculé du périphérique. La victime
a été identifié comme étant April Smith, une enfant de bonne
famille, sans problèmes apparant. Selon quelques témoins, elle
approchait le sol à une vitesse alarmante. Immédiatement secourue
par une ambulance que des conducteurs avaient appelés, elle
souffrait de nombreuses fractures et blessures, et a été conduite
à l`hôpital le plus proche, où stagnant entre la vie et la mort, son
état a été jugé « très grave » par les médecins.



J`eus l`impression que le monde s`effondrait. Mais ce n`était rien face à ce qui nous attendait. Matthew et moi tentions de rester le plus possible ici, attendant que son esprit nous revienne. Mais nous étions impatients, et elle non pressées. Effectuant un roulement avec ses parents, nous n`avons pu qu`observer son corps se remettre, et ses yeux rester définitivement clos. Petit à petit, elle retrouvait un corps des plus parfaits, mais elle se refusait au réveil. Les jours passaient, et l`inquiétude grandissait. Nous attendions désespérement l`appel qui nous apprendrait son retour. Trois mois passèrent, et nous étions déjà en septembre. L`année s`était écoulée, et six mois étaient passés depuis que June avaient entraîné son changement. Trois mois passé à attendre que June ne revienne, mais elle avait fini par partir, on ne sait où. Et trois moi à attendre April, partie elle aussi dans un endroit dont nous ne saisissions rien. Nous ne pouvions qu`attendre.
Elle avait sauté. Juste comme un oiseau qui n`a pas encore appris à voler, étendant ses bras comme des ailes. Sans même réfléchir, avançant dans la noirceau des ténèbres, elle avait décidé de ce départ, sans réfléchir à la soudaine réalité. Vertige, et ivresse. Et une pression, une chute. Puis l`impact, et le choc d`un corps s`explosant contre le bitûme. Désagrégée, et mourrante. Pas assez en vie pour rester éveillée, mais pas assez morte pour nous quitter. Et l`éclaboussure rouge sur le trottoir, en simultané de nos larmes sur nos joues.


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Mon April. _____________


J`ai pensé à inscrire quelques mots sur cette feuille presque chaque soir, quand je m`asseyais sur mes draps de soie et que je repensais aux rares moments où je m`amusais à ouvrir petit à petit ma peau, inscrivant mon malheur sur mon corps. J`aurais préféré trouver les mots, plutôt que les maux. Et cette nuit, je viens de trouver la force de te rejoindre, après avoir considéré que tu ne méritais pas ce que je t`ai fais subir. Je t`écris de Berlin, où je séjourne depuis maintenant trois mois. J`hésite à t`envoyer cette lettre, mais j`ose avoir la prétention d`au moins l`écrire. Je t`ai quitté sur un sentiment âpre, mais je te reviens, par ce papier, dans une tentative de réconciliation. On s`aimait trop pour ne pas se détruire, pas vrai ?

Je voudrais que tu comprennes que même si je n`ai plus le droit de te dire que je tiens à toi, je le prends quand même cette fois. Je ne t`ai pas effacé. Ni toi, ni l`un de nos instants. Tu es toujours en moi, mais juste un peu effacée, pour que je puisse avancer. Tu ne me croyeras sans doute pas, j`en conviens, mais au moins, essaye. Et au cas où tu l`oublierais, mais, je sais que c`est vrai. Je suis partie parce que je voulais avoir le sentiment d`être vivante et savoir que j`étais capable d`avancer seule. C`était plus fort que moi, beaucoup plus fort. Et j`y ai cru, tu sais, à cette deuxième chance. J`ai eu cette putain d`impression de me reconstuire, d`aimer vivre à nouveau. De respirer tout ce qui est beau, de vivre à la seconde. Et même à travers çà, tu existais. je ne t`ai jamais oublié. Je n`ai pas réussi à t`effacer. Tu es encore la personne que j`aime le plus au monde. Mon Unendlichkeit.

Je suis partie sans te dire le plus grand de mes secrets. Je me suis trouvée un avenir dans mon plus grand dégoût et je vis aujourd`hui comme une personne parfaitement normale. David Jost m`a proposé un travail, après m`avoir rencontré quand je cherchais Alek. J`ai longtemps hésité, mais je suis venue. Je suis partie, les mains dans les poches, et le sourire abandonné. Les premiers jours loin de la France étaient difficiles, mais j`ai retrouvé l`Allemagne. Et mon sourire est revenu. Je faisais ce que j`aimais, et je retrouvais petit à petit un statut. Je retrouvais à la fois une identitée, et une consistance. Je crois qu`un jour, je serais capable de te dire les mots que je n`ai pas su te dire, ces derniers mois. Un jour, je trouverais le moyen de te dire ce que j`ai ressenti, et ce qu`il s`est passé.

En ce moment, je traverse les villes, et me remplis de vie. Tu trouveras çà bizarre, hein ... Les jours défilent, et je ne comprends pas ce que je vis. Je profite juste, et ne réfléchis pas. Tu sais, je les ai réellement hais, ces garçons. Ils me dégoutaient, autant qu`ils me donnaient envie de vomir. Mais plus j`avance avec eux, plus je me rend compte que je n`aurais jamais pû vivre sans eux. En réalité, ils sont assez fidèles à l`image que j`avais d`eux. Sinon qu`ils m`acceptent comme je suis. Les premiers temps, il y avait une certaine réticence. Mais peu à peu, nous avons appris à cohabiter. Aujourd`hui, nous partageons les mêmes sourires. La musique est omniprésente, autant lorsqu`ils sont sur scènes, que lorsqu`on s`amuse au babyfoot, ou à faire des batailles d`eau. Je suis devenue une autre personne, et pourtant, je n`oublie pas que tu me constituais toute entière.

C`était il y peu que j`ai compris énormément de choses à leur propos. Je les avais mis de côté, sans savoir qu`ils me reviendraient encore plus fort. Je n`aurais jamais pensé qu`ils pouvaient prendre autant de place dans mon coeur. Mon c½ur qui était en lambeaux le jour où ils l`ont récupéré. Et ils ont tout réparé, à coup d`aiguilles, de ciseaux, de fil et d`epingles à nourice. Je ne comprends toujours pas, ce que moi, la petite bourgeoise hautaine, fait dans leur monde. Je travaille & je jouis de la vie qu`ils m`offrent. La gomme laisse des traces, alors ils ont décidé de changer de feuille. Je ne saurais pas t`expliquer. Tu vois, eux, c`est juste des rires, soirées, et des plaisanteries. C`est une complicité, une franche rigolade, et de la musique. Eux, ce sont les stars innacessibles, et même l`erreur. C`est des pleurs, des confidences, et trop de cigarettes. C`est de l`amitié, et c`est une vie. Parce que depuis qu`ils sont là je me sens bien, j`ai retrouvé la sourire, grace à eux. Et mine de rien on évolue, tous, ensemble.Pourtant, je ne peux m`empêcher d`espérer que je pourrais te parler bientôt. Je crois que nous avons bien des choses à nous dire.

Mon éternelle, j`espère que tu vas bien. Tu n`es pas du genre à perdre aussi facilement, hein ? Tu vas te battre contre cet abandon, n`est ce pas ? Quoiqu`il arrive, tu as toujours été une fille très forte, non ? Je t`imagine, souriante, et vivante. J`espère que tu vas bien, vraiment. Sinon, j`aurais l`impression que ma vie soit un échec ...

Ta June. _______

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_________________STANDORT VON MERYL
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_________ « - Meryl, tu peux venir tout de suite ?
_________ « - Oui évidemment, pourquoi ?
_________ « - April s`est enfin réveillée »

Les jours passent. Lentement, et si vite à la fois. Trois mois que nous attendons. Je cours à travers les rues, sans faire attention à mon souffle qui devient douloureux. Je n`aurais pû espérer mieux, sinon cet éveil. L`hôpital me parait soudainement plus agréable, alors que je traverse les couloirs en tentant de reprendre ma respiration. La chambre 457. Je connais ce numéro par coeur. Et tel un automate, je refais le même chemin que chaque jour. Chaque fois un peu plus. Mais cette fois, je sais que j`y trouverais un sourire, au bout. J`abaisse la poignée de la porte, sans frapper, et entend des éclats de rires. J`observe mon amie rire, rire à s`en tordre les côtés, son frère jumeau à ses côtés. Son visage rayonnant se tourne vers moi, et elle me sourit. Je suis soulagée.

- Meryl ! Ca fait plaisir ...

Et à moi ... Je m`approche, et la prend dans mes bras. Ses gestes sont encore lents, et difficiles, mais elle semble contrôler ses mouvements. J`apprends alors qu`elle est réveillée depuis quelques jours, et qu`elle arrive enfin à parler. Nous passons l`après midi à rire, et à discuter. Matthew avait apporté un CD, et c`est sous la voix d`un certain Bill que nous l`informons des derniers êvenements. Pauline sort avec Mark, et Jude a été rendu cocu par David. Pendant ce temps, il y a eu les fêtes, les cris, et les hurlements de joie. Les vacances, et le nouvel air. Il y a eu les nouveaux élèves, et la rentrée. Tout me parait soudainement plus facile, lorsqu`elle est là pour sourire. Mais je sens pourtant un changement. Comme une blessure que le temps n`a pas refermé. Parfois, je distingue un voile de tristesse dans son regard. Suis-je la seule à l`appercevoir ?

- Je vais y aller, s`annonce Matthew en se levant. Meryl, je t`attends dehors.

J`acquiesçe et observe sa silhouette disparaitre. Lentement, je me reconcentre sur April. Son sourire avait disparu, et elle me fixe silencieuse. Je lui fais un sourire, tandis que je m`empare de ma veste. J`attends qu`elle se manifeste, et je ne fus pas surprise quand sa voix s`éleva de nouveau.

- Meryl, j`aimerais que tu me promettes quelque chose.
- Mui ? Répondis-je, surprise
- Je ne veux plus jamais entendre parler de June. Je veux l`oublier. À jamais.

_________________STANDORT VON APRIL
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# Du. Traümst. Von. Dem. Ende. #

Vivre. Ce mot semblait rayé du dictionnaire.
Une lumière blanche, un tunnel, et puis plus rien. J`étais là, étendue, le corps inerte, les yeux clos, le teint pâle comme un linge. Etais-je morte ? Bien sûr que non, la vie est bien trop cruelle pour me donner cette satisfaction. Moi qui pensais obtenir toujours tout ce que je voulais. Haha, ironie. Les médecins s`affairaient, apparement alarmés par mon état, autour de ma personne. Laissez-moi crever, merde. Ou rendez-moi June, rendez-moi la vie. Je m`observais depuis quelques heures maintenant. Ils m`avaient ouverte pour mieux me refermer ensuite. Blessures superficielles, rien comparé à celles du coeur. Les cicatrices visibles n`étaient que du vent par rapport à celles qui me torturaient. Mes traces d`auto-mutilation se fondaient parmi celles du suicide. Raté, d`ailleurs. La prochaine fois je serais plus efficace, promis. Je sauterais de plus haut pour mourir pendant la chute, ne plus souffrir. J`irais dans un endroit désertique où personne ne me retrouvera, du moins pas avant que je sois entièrement décomposée dans la terre ou alors pourrie par l`eau. Glauque n`est-ce pas ? La vie, quoi. # Vergessen. # Oublier, tout. L`oublier, Elle, Lui, Eux. Là-haut, une étoile de plus naitra, je veillerais sur toi, June, mon tout, mon roi. Je brillerais plus fort que toutes les autres, tu souriras en me voyant. Des trainées de sang jonchent le sol carrelé de la salle d`opération. Je me regarde, un cadavre, une ombre, une âme perdue, seule, livrée à elle-même. Une envie d`hurler me prend soudain les tripes qui se tordent sous la douleur, rien ne sort. C`est comme si on m`arrachait les entrailles, j`ai l`impression de mourir. Une atroce souffrance. Je suis prise de convulsions. Les infirmiers alertés arrivent en trombe pour tenter de me calmer, je sombre. L`égoïsme de June prend alors une tournure que je n`avais pas prévue. Je n`ai plus qu`une envie, la tuer. Ou mieux, ne plus jamais la revoir, l`entendre, lui parler, la toucher. Je veux qu`elle endure toute ma souffrance, je veux qu`elle prenne conscience de ce qu`elle est. La plus belle des ordures. # Ich. Hasse. Dich. # De tout mon être car l`amour ne va pas sans la haine. L`un est totalement indissociable de l`autre. Qui aime bien châtie bien. Crois-moi, June, je t`aime plus que tout au monde. J`assiste, impuissante, à ma propre destruction. Une deuxième lumière.

_________ « - Meryl, tu peux venir tout de suite ?
_________ « - Oui évidemment, pourquoi ?
_________ « - April s`est enfin réveillée »

Et merde, chienne de vie.
Mon jumeau fut la première personne que je vis en ouvrant les yeux. Deuxième fois qu`on nait ensemble, il sourit, ses yeux brillent. Il est beau, il me ressemble. Un sourire tente de se dessiner sur mon visage, il est le seul à être là.

- Merci. Je t`aime, Matthew.

Sont les seuls mots qui me viennent à l`esprit. Il me renvoie la politesse, un regard. Il se pince les lèvres, non, ne pleure pas. Pas pour moi, pas maintenant. Je suis là, pour toi. Mon double s`effondre. J`ai envie de le prendre dans mes bras pour le serrer aussi fort que je peux, je ne peux que pleurer avec lui. Sa tête se pose sur ma poitrine meurtrie, mes draps sont humides de ses larmes. Je ne supporte pas de le voir dans cet état, ça me tue. Rien que pour lui, je voudrais retourner en arrière, le voir rire aux éclats en jouant avec moi, le voir émerveillé en me regardant, le regarder dans les yeux et lui dire " Je t`aime. " Comme une frère. Si je tombe, c`est avec toi, si je pleure, c`est dans tes bras, si je vis c`est pour toi. Tu es ma June au masculin.

Les jours passent, je souris, me tords de rire, même, tellement j`ai mal. Il me fait oublier, pour quelques précieux moments seulement, ma peine, ma douleur, ma Souffrance. La porte s`ouvre et dévoile Meryl les yeux rouges et bouffis mais l`air soulagée de me voir vivante, elle ne comprend toujours rien. Je lui souris à pleine dent. Ne perdons pas les bonnes habitudes.

- Meryl ! Ca fait plaisir ...

Elle vient se blottir dans mes bras, les larmes aux yeux. Pathétique, comme moi. Je la rassure, lui dit que tout va bien, qu`elle ne doit pas s`inquiéter, j`essaye de me réconforter.

- Racontez-moi les derniers potins ...
- Ok. Mais avant tout, j`ai pensé à toi x)

# Wir. sind. durch. die. Stadt. gerannt. # Plus de trois mois. Trois mois sans Eux. Ces quatre gueules d`ange faisant partie intégrante de ma vie. Sa voix résonne dans la pièce, le rythme nous fait, inconsciemment, bouger. Je n`écoute qu`à moitié, trop emportée par leur musique, l`émotion, les souvenirs. Je les revois, entrer en scène. Gustav déjà placé derrière sa batterie, Tom arrivant à son tour suivi de Georg face au public et enfin, Bill, et nous. Deux parmi tant d`autres, deux visages sans nom, les yeux brillant de larmes, le sourire aux lèvres, les cris, les pleurs, la joie. L`ascenseur émotif prend toute sa signification avec Eux. Un des plus beaux jours de ma vie, sa vie. Main dans la main, nos deux voix s`unissaient pour les accompagner. Dans ce rêve, nous étions avec Eux, ne vivant que pour cela. Obsession. Des semaines à revenir sur Terre et me voilà, ici. Je souris, bêtement.

- Je vais y aller, s`annonce Matthew en se levant. Meryl, je t`attends dehors.

Encore une nuit seule. Les jours passent à une lenteur horrifiante. J`ai l`impression d`être là depuis des années. Mon sourire disparait, June. Tout est de sa faute. Si je suis ici, le coeur blessé. # Auf Mich. # Je regarde Meryl prendre ses dernières affaires. C`est maintenant ou jamais.

- Meryl, j`aimerais que tu me promettes quelque chose.
- Mui ? Répondit-elle, apparement surprise
- Je ne veux plus jamais entendre parler de June. Je veux l`oublier. À jamais.

# Es. Ist. Vorbei. #


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& voilà. On a pas corrigé les fautes, mais nous vous avions promis la suite :) Merci à elle pour son article
~ Mention spéciale à la talentueuse de Allein . <3
Que va-t-il se passer ? June va t-elle être oubliée d`April, et va-t-elle lui envoyer la lettre ? Comment April va-t-elle réapprendre à vivre ? Elles vont bientôt se retrouver. Mais à quel prix ?
On verra enfin les TeaHache dans le chapitre suivant. & ils sont trop mignons, dans le DVD *____* JUMBIIII <3 again ?

# Posté le vendredi 30 novembre 2007 09:33

Modifié le lundi 10 décembre 2007 12:56

______ « Ma vie est mon plus grand rôle »By Allein <3« Kapitel o8 »*

_•• _____ « Ma vie est mon plus grand rôle »By Allein <3« Kapitel o8 »*

_________ « - Allo ?
_________ « - Oui, Katia ? C`est Heather.
_________ « - Tiens, bonjour. Comment vas-tu ?
_________ « - Très mal à vrai dire. Je m`inquiète pour April. Elle mange de moins en moins, et ne ressemble en rien à _________ « - celle que je croyais être ma fille.
_________ « - Je connais cette impression ...
_________ « - Toujours pas de nouvelles de June ?
_________ « - Non ... Je lui ai demandé de partir parce que j`étais fatiguée, et anéantie de voir ce qu`elle était devenue. _________ « - Mais je n`aurais jamais cru qu`elle aurait quitté la ville. Je ne sais pas où elle est, et la police a abando-
_________ « - nné. Elle est majeure, disent-ils.
_________ « - Elle reviendra ...
_________ « - Je perds espoir. J`aimerais qu`April aille bien. Je les savais fusionnelles, mais à ce point ...
_________ « - Je prie pour que nos deux filles récupèrent un jour ce sourire qui nous marquait tant.


________________________ Désespoir d`une mère.


_________________STANDORT VON APRIL
________________¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯

# Der.Blick. Zurück. Ist. Schwarz. #

Il n`y avait plus rien d`autre à faire de toute façon. Je me perdais, allant de sites en sites, dans ma dépendance. Rien, absolument rien, vide. Les groupies, j`ai l`impression de devenir tout ce que je déteste. Je suis au-dessus de ça, merde. Je n`écoute plus leur musique, je ne fais que les admirer, encore et encore, inlassablement. Je ne pourrais expliquer le pourquoi de cet amour, intense, démesuré. Des images, un rêve. Je veux en vivre, moi, des illusions. Je les aime, je les envie. Leur monde de rêve, de gloire. Tout n`est qu`ephémère mais j`y crois. Jamais " Tom Fick Mich " ne sortira de ma bouche, je n`en pense pas moins. Un désir, une envie, intouchable. Comme un interdit à franchir. Ils nous aiment , ils pensent à nous, ils veulent nous faire vivre leur vie le temps d`un concert, du vent. Non April, jamais il ne sautera pour toi, tu es seule et sacrée. # Ich. Bin. Da. # Jamais. Des paroles. Je suis tellement conne et pathétique que j`y crois, au fond de moi, j`espère toujours. Pourquoi ? Bill l`a dit. Je clique, mon coeur s`arrête.

[font=Courier New]
« 1.000 Hotels European Tour. La nouvelle tournée des Tokio Hotel
débutera le 3 mars 2008 à Bruxelles pour une série de 17 dates.
Les places seront en vente dès ce vendredi 23 novembre. »
[/font]

- Putain.

Stupeur et tremblements.
___« Paris bercy, 9 mars 2008, 19h30 »

Je reste figée, la bouche ouverte, mon esprit est déconnecté. Leur rêve, mon rêve, devant mes yeux ébahis. Il y a dix mois, j`aurais composé machinalement le numéro de June, et lui aurait hurlé ma joie. Aujourd`hui, je suis seule devant mon écran, ma chambre plongée dans le noir le plus complet. Les rideaux n`ont pas été ouverts depuis plus d`une semaine maintenant, ma mère devrait bientôt revenir de son séjour au chevet de ma grand-mère et il n`y a plus rien dans le frigo. Je dois faire peine à voir, les yeux cavés, le teint plus blanc que jamais, les yeux ronds à force de rester devant mon écran. J`ai bien envie d`aller me prendre une douche, reprendre un peu mes esprits mais je ne bouge pas. La vérité m`éclate à la figure, je vais Les voir. Mes idoles, mes fantasmes, mes envies, mes désirs. Ils sont tout en même temps et rien à la fois. Ca ne s`explique pas, ce sentiment de chaleur qui vous parcoure le corps suivi de près par des milliers de frissons allant du bout de vos doigts jusqu`à la pointe de vos orteils. Une émotion indescriptible dans Sa voix, une prestance, une présence incroyable même à travers le papier de verre qui nous sépare. Ils sont. La fougue, la rage de vaincre, l`espoir, le réconfort. C`est un tout, on les aime ou on les déteste. Moi, je les vénère, même plus que ça. Tant qu`on ne l`a pas vécu, on ne comprend pas. Traitez moi de folle. Non, je n`ai pas les pieds sur terre. Du moins, pas en ce qui les concerne. Leurs défauts font qu`ils sont parfaits. J`ai l`impression de les connaitre, ils sont cons, drôles, heureux de vivre, des adolescents comme les autres. Enfin, presque.
Un claquement de porte me ramène trop brusquement à la triste réalité de la vie. Mon coeur rate un battement, une once d`espoir me fait sourire facilement. Et si c`était Elle ? Je n`espère pas. Maman. Je ne me retourne pas, me couchant précipitamment sur mon lit, je feigne le sommeil profond. Mais, ma respiration est si bruyante que je suis sûre qu`elle l`entendra dès son entrée dans la pièce. Je frôle la crise cardiaque, la porte s`ouvre lentement. Je ne le vois pas, mais je le sens. Elle s`approche de moi comme si elle craignait quelque chose. Me voir morte peut-être. Ne t`inquètes pas, la vie est une salope, je suis bel et bien vivante. Tellement vivante que j`en crève même. Elle s`asseoit délicatement sur le rebord du lit, s`approche un peu de moi, je la devine collée à moi. De ses mains fines et douces, elle met à découvert mon visage alors recouvert par ma mèche, volontairement étalée devant mes yeux.Et puis, sa voix.

- April ?
- ...
- Réponds-moi, s`il te plaît.

Je joue mon rôle, faire semblant. Depuis mon retour, je joue. Emprisonnée dans un rôle, j`avance comme un pantin. Ma mère a oublié la définition du mot suicide. Elle a oublié que je me suis jeté d`un pont. Elle espère que tout redevienne comme avant. Mais çà ne sera jamais le cas. Pas quand on revient d`aussi loin. Pas quand on a perdu autant. Je joue un rôle. J`y suis tant habituée que je n`ai aucun mal à l`ignorer. Enfin, elle n`avait encore rien dit à ce moment-là ...

- Mon bébé. Parle-moi. Je sais que tu vas mal. J`ai aussi vécu un abandon, encore aujourd`hui j`en pleure. Alors, je veux savoir, tout. Si tu souffres, une partie de moi me fait mal. Tu es la chair de ma chair, mon sang. Je t`ai faite, je te connais par coeur, tu sais.

JUNE. JUNE. June. june. Je ravale mes larmes et bouge un peu pour cacher ma tête. Maman, tais-toi. Je suis toi ? Je suis June. Tu as mal ? Je crève, maman. Je suis ton sang ? Elle coule dans mes veines et fais que je respire. Tu me connais par coeur ? June est moi. Alors, par pitié, non.

- Katia m`a tout raconté. Enfin, de son point de vue. June est partie, on ne sait pas où elle est. Elle n`en peut plus et moi non plus. Ta grand-mère va mieux mais elle risque à tout moment de rechuter. Un cancer à son âge, tu sais, ça signifie souvent ..
- NON ! Ne prononce pas ce mot devant moi, JAMAIS, tu m`entends ?
- Qu`est-ce qu`il s`est passé, ma chérie ?
- Rien. Tout va parfaitement bien. J`ai de bons points à l`école, mes amis sont charmants, tout va pour le mieux, je t`assure.
- April ...
- Quoi ? Quoi ? Quoi ?

Possédée. Je lis la peur dans ses yeux, elle ne me reconnait plus, je le sais. Je voudrais ... je ne sais pas. Tout casser, crever là maintenant tout de suite, partir loin de tout. Mais qu`elle cesse de me poser des questions auxquelles je ne sais, moi-même, même pas répondre ! Je me lève brusquement et me dirige vers le mur en face de moi. Je respire profondément et, dans un élan de colère mêlé de désespoir, me casse les os de la main contre le mur. Je hurle, et m`effondre. Je suis pire qu`une épave qui aurait sombré depuis des siècles, je suis morte. L`expression " au bout du rouleau" n`est pas assez représentative de mon état. Recroquevillée contre le mur, je verse toutes les larmes de mon corps, trop peu nombreuses. Qu`est-ce que j`ai fais pour mériter ça ? Je vous le demande, vous. Vous devez bien vous fendre la gueule, hein. Espèce de connard. Ma mère n`a pas bougée. Je relève la tête, son visage est dénué de toute expression. Elle se lève, se dirige vers la porte, sans m`adresser un regard. Exactement la même scène.

__________Repeat Again [»]

- Maman ...

# Nach. dir. Kommt. Nichts. #


_________________STANDORT VON MERYL
____________`____¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯

Et la vie a repris son cours.
April avait dû redoubler son année de Terminale, ayant passé la fin de son année dans un sommeil qu`elle ne contrôlait pas. Pour ma part, j`avais demandé ce même redoublement, pour des raisons obsessionnelles. Prenez çà pour de la folie, mais je n`aurais pas laissé April seule. Matthew, lui, avait intégré une faculté de psychologie. Nous étions alors deux, dans cette même intensité. Les plus jeunes sont devenus nos égaux, et April revint en reine. Rien n`avait changé. Sinon que June n`occupait plus aucunes lèvres. Elle restait dans les pensées, sans jamais nous quitter, mais son nom n`était plus prononcé qu`en murmures. À travers les couloirs, son absence résonnait encore, mais April n`en démontrait rien. Elle restait froide, et hautaine. Au fond, elle avait perdu un fond d`humanité. Elle riait, sortait, jouait, et vivait. Je pense que j`étais la seule à voir qu`il lui manquait un bout d`âme. Comme si on le lui avait vôlé, et qu`handicapée, elle marchait sans. Evoluant à travers ses décombres, elle s`était peu à peu reconstruite, maquillant sur son visage l`esquisse d`un sourire. Je n`y croyais plus depuis longtemps, mais entrant dans son jeu, je feignais l`indifférence.

« Je ne veux plus jamais entendre parler de June. Je veux l`oublier. À jamais. »

L`incertitude. Je ne comprenais pas, mais j`executais. De toute façon, je n`avais rien à y perdre, et une place à gagner. Alors je me taisais, et les jours se succedaient sans réels fondements. J`allais la chercher chez elle au matin, et nous allions en cours, parlant à la fois de tout, et de rien. Nous passions nos journées à deux, à rire, et à séduire. J`avais peu à peu pris la place de June, mais infidèlement. Je n`étais pas à la hauteur, et mes erreurs n`en ressortaient que davantage. Je n`avais ni sa prestance, ni sa présence. Mais je tentais de soutenir April, dans un regard, ou un sourire. Généralement, la soirée s`annonçant, nous nous allongions dans un parc. Mes journées ne ressemblaient à rien qu`à une théâtralisation imparfaite d`un passé perdu. Je tentais de soutenir April dans son illusion, mais pourtant, le froid arriva de nouveau.
C`était un jeudi.

- Smith !

Le cours de maths venait de se finir, et April se retourna quand un garçon de la classe l`appella, froidement et presque moqueur. C`était un idiot, nouveau de l`année dernière, et un peu trop imbu de lui même. Généralement, nous ne restons pas avec, par simple envie de ne pas se mêler aux imbéciles. Pourtant, souvent, il cherchait à provoquer April. Comme d`habitude, elle ne trembla pas, et lui répondit par un sourire à la fois mielleux & insolent. & le coup porté, l`atteinte à la pureté. La voix de la culpabilité. Il s`adresse à April avec sarcasme, et ennui.

- Tu as perdu ta petite copine ?

June. Le nom résonne, s`étend et se libère tel un poison dans nos veines. Je sens qu`April serre ses poings, mais elle n`en montre rien. Sourire, toujours sourire.

- J`en ai rien à foutre, de cette conne.

Courbettes. Elle se tourne, et sort de la classe. Dans un soupir, je la rejoins dehors. Je sais qu`elle en crève, de cette absence. Je sais que son corps entier hurle sa haine, mais elle n`en montre rien.

- Ca va aller ?
- Tout ira bien, puisque mon rêve va se réaliser très bientôt ..
- Oh ?
- Tokio Hotel passe ici dans trois mois.

Levé de rideaux. J`observe April. Jusqu`à quand tiendra-t-elle à faire semblant ? Elle me semble mourir. Merde, April, accepte notre aide. Mais elle, fière, et haineuse, s`éloigne déjà de moi, et se dirige jusqu`à une autre salle. Mensonges. Je sens le pire arriver. Mais je baisse la tête, et serre les poings. Je la hais, June. Je la hais du plus profond de mon être.

- April ... Murmurais-je dans le vide.
Silence.

_________________STANDORT VON GUSTAV
____________`____¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯

- Qu`est ce que tu fais Bill ? Je déteste quand tu as ce regard ...

June sourit, malgré son inquiétude. Bill a ses mains dans son dos, et arbore un sourire malicieux. Nous devinons tous ses intentions, mais elle, non. Pure, et innocente, elle reste recroquevillée sur sa chaise, regardant méchamment sa pizza. Non, elle n`a pas faim, comme d`habitude. Mais au moins, elle sourit maintenant. Bill s`avance, sans s`arrêter, et d`un jeu de regard, June attend. Elle ne se doute de rien, et Tom ricane. Je regarde la scène, spectateur, et je me rassure. Tout va bien. La nuit est tombée, et Georg joue de son instrument. Tom & moi observons le manège de June & Bill, et il me semble que là, tout est à sa place. Drôlement, Bill et notre nouvelle amie se sont étrangement approchés. Ils se complètent, et sont adorables à voir. Elle le pense aussi. Jusqu`à ce que Bill ne lui renverse une bouteille d`eau sur le corps. Elle sursaute, se lève, et debout, sur le canapé, elle prolifère des menaces.

- BILL KAULITZ JE VAIS TE TUER ...
- Attrape moi ...

... Si tu peux. Sourires. Oui, ils se complètent, me dis-je, tandis que la française se met en chasse du chanteur.

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- TOOOOOOOOOOOOOOOM ?

Tom, les joues encore amourachées de mousse à raser, sorti de la salle de bain, une serviette sur les reins. Optant pour le regard semblable à Bill, un sourcil haussé, il regarde June, suspect.

- OÙ EST TON FRÈRE ?
- Chjeuchépa

June arqua à son tour un sourcil. Elle fulmine, et le dreadé éclate de rire. Il se renferme dans la salle de bain tandis que la jeune fille se précipite dans la cuisine, où Bill est assis, un croissant en main. Relevant la tête, et voyant le regard inquiétant de son amie, elle se lève, par prudence.

- Ne me regarde pas comme çà, June, j`t`en prie T_T
- Chéri, arrête d`me prendre mon eye-liner. Ca fait quinze fois que j`te l`dis. QUAND VAS-TU ARRÊTER ?
- Quand t`arrêteras d`me prendre mes caleçons, répondit-il avec un sourire malicieux.

June hurle, et se jette sur le chanteur, attrapant au vol le sachet de sucre glace. Très vite, ils se retrouvent au sol, roulant dans la poudre blanche, et riant aux éclats. Tom, surpris, s`amène en courant, et soupire en voyant la scène. À peine prêt, il s`ajoute à la bataille en y mêlant de la mousse de rasage. Georg et moi ne tardons pas à nous fondre dans la foule, et très vite, la cuisine est emplie de nos rires.

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Ils sont là, enlacés, s`amusant avec les mains de l`autre. Leurs doigts entremêlés nous font sourire, mais ils nous imposent l`ambiguité. « Non, nous ne sommes pas ensemble » Bill rit, et June se love. Ils sont adorables. Je m`éloigne, juste assez peu pour les entendre une dernière fois.

- Tu crois que Tom va vraiment se venger de la dernière fois ?
- C`moi qui te mangerais.
- Venger, Bill, pas manger ...
- Tu vois une différence, toi ?

Sourires, et complicité.
_____Elle est entrée dans nos vies.
_______________________________________S`il te plait, n`en sors plus, June.

Oublie April ..._____

_________________STANDORT VON TOM
_______________¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯

Je la vois, agenouillée contre la baie vitrée. Son dos colle à la fenêtre mais je ne fais rien. Dans les premières secondes, je reste immobile, et j`observe sa silhouette qui se dessine dans la nuit. Sa présence m`a longtemps été antipathique. Je ne voulais pas réellement d`elle, par peur, et par orgueil. Mais j`avais fini par m`habituer à elle, et j`avais fini par apprendre à vivre avec elle. Vous dire qu`elle me manquerait au même titre que les autres gars serait mentir, mais disons qu`en effet, vivre sans elle ferait un vide.

_________ « - Elle viendra pas, avait grommelé Georg

Et pourtant si. Son ombre s`était échappée du brouillard pour s`avancer jusqu`à nous. Hochement de tête de David et elle était monté à nos côtés. Elle avait enfin dépassé la frontière, et avait pu sourire, là où personne ne pouvait la reconnaître.

_________ « - Tu sais qui on est. Mais toi, comment tu t`appelles ?
_________ « - June, et ne me dis pas que tu es enchanté.

J`avais appris à prendre compte de sa présence. Aux premiers jours, elle n`avait été que la nouvelle collègue de David. Ce dernier, avec Bill, étaient les seuls à lui parler, à tenter de faire attention à sa nouvelle vie. Pour nous, les trois autres, elle était une intruse. Elle entrait dans notre monde, et nous ne l`acceptions pas. Pourtant, il avait fallu. Et chaque jour, elle souriait un peu plus. Petit à petit, elle était entrée dans nos délires, s`amusait de nos conneries. Elle se retrouvait facilement avec de l`eau sur le corps, ou avec nos rires en compagnie. Elle était devenue une sorte de nouvelle copine, avec qui on pouvait toujours plaisanter, et décompresser. Finalement, elle m`était devenue agréable, et j`avais compris que tout était une question de chance. Je crois qu`au fond, on lui avait offert une seconde chance.
J`ouvre la baie vitrée d`une main, et pose un pied sur le balcon. Elle est assise là, genoux contre elle, et cigarette en main. Son paquet traîne sur le sol, à côté de son portable. Une légère brise me fait frissonner, et pourtant, je retire mon sweet pour lui donner. Sans s`en formaliser, elle le prend, et glisse le vêtement sur ses épaules. Je m`assois contre elle, dans un geste, et accepte la cigarette qu`elle me tend.

- T`as peur du Noir ?
- J`ai peur des cons, me répond-t-elle lassée
- Pourquoi tu es partie quand David a dit qu`on repasserait à Paris ?

Silence. Elle ferme les yeux et tire une nouvelle fois sur le poison.

- J`ai appris à détester cette ville.
- Un garçon ?
- Une fille

Je recrache la fumée de ma cigarette, tandis que me regardant, elle éclate de rire. Je souris à mon tour. C`est facile, avec elle. C`est blanc, ou noir. Elle aime, ou elle n`aime pas. On ne connait rien d`elle. Juste la surface, ou la nouvelle identitée dans laquelle elle s`est glissée. Je connais sa complicité avec Bill & moi, et sa façon qu`elle a de toujours se chamailler, mesquine, avec Georg. Je connais sa façon d`être tendre avec Gustav. Je la connais sous un angle nouveau, celui que personne ne connaissait.

- Elle s`appelle April. C`était celle que j`appellais ma meilleure amie.
- Elle ne l`est plus ?
- Là aussi, j`ai appris à la détester.
- Pourquoi ? Demandais-je, incrédule face à la fermeté de son visage
- Je m`en voulais d`être égoiste.
- Je ne vois pas le rapport. Bill l`est ... & il ne m`a pas quitté, soupirais-je
- Il n`a tué personne.

J`ouvre des yeux étonnés, puis me reprends. Elle ne daigne pas poursuivre, et son regard se perd dans les voluptés de fumées. Elle est belle, June. Belle, aussi bien intérieurement qu`extérieurement. Et pourtant, aucuns de nous quatre n`envisageraient de sortir avec elle. De toute façon, on ne mériterait pas une telle princesse, n`est ce pas ?

_________________STANDORT VON JUNE
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La route m`effraie, et j`étouffe. Les panneaux se succèdent autant que mon coeur s`accélère. Il fait nuit, et les lumières éteintes me rappellent ce que je fuyais. Paris, Paris, Paris. Ce nom m`obsède. Ce blanc entouré de bleu est aussi détestable que mes souvenirs. J`aimerais hurler, mais je me contente de fredonner la musique qui traverse mes écouteurs. Les garçons dorment, et nous progressons jusqu`en France. Il y a bientôt six mois que j`ai quitté ce pays. Que j`ai quitté cette fille, avec pour seul bagage une haine qu`ils ont sû contrôler. Ils m`ont apprivoisé et m`ont aidé. Ils m`ont offers ce que j`avais perdu, ce que je n`attendais plus. Une sorte de dernier espoir, quand ce dernier nous paraît disparu. Je soupire, serrant les poings. Hier, en faisant mes bagages, j`ai prié de toutes mes forces le Dieu en lequel je ne crois pas pour ne croiser personne. Tom, soucieux de mon état, a tenté de me convaincre que je resterais en salle, en coulisse, cachée, éloignée, perdue. Je ne veux pas revenir, mais je n`ai pas le choix. Le visage d`April se pose devant mes yeux, et je caresse les traits de son visage, une main dans le vide. Je parais idiote, mais l`instant m`accapare. Violence. Je bats l`air rageusement, et dépose mes jambes sous mon derrière, sur le siège. Une main sur la fenêtre, j`ai envie d`évasion.

& Je nous revois. Quinze ans, coquettes, et sans avenir. On courre à travers les rues, leur CD en main. Sa main dans la main, on l`écoute sur la route. La vie nous appartient, et on avance. Progressivement, Paris nous revient, & on retrouve ces pavés salis. Abimés par l`érosion du temps. Son sourire dans le mien, et notre belle ville. Heureuses.

Je rêve d`évasion. Pourtant, je reste là, immobile et sans vie. J`ai l`impression que plus la voiture avance, plus je perds de mon âme. Comme si avancer avait un prix, et que ce prix était ma force vitale. Je me sens soudainement vide, aussi seule qu`à mon départ. Ce vide, ils l`avaient comblé de musique, et de rires. Mais peu à peu, je retrouvais ce que je craignais. Paris. On entrait enfin dans la ville.

_______________________PARIS______
_______________________PARIS______
_______________________PARIS______

_______Déchirante solitude.



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_______[ . . . ]

_________ « - Qu`auriez-vous aimer lui dire avant qu`elle ne disparaisse ?
_________ « - J`aurais voulu lui dire que nous admirions tous sa présence, et
_________ « - qu`elle nous manque. Inconnus, ou non, elle faisait partie de notre
_________ « - quotidien. Son départ a quelque chose d`effroyable, de suspect, de
_________ « - presque malsain.
_________ « - Vous concluez donc par son absence. En quoi marque-t-elle un
_________ « - brusque changement ?
_________ « - Elle faisait partie de nos vies. Sans elle, il y a comme un vide.
_________ « - Son nom résonne ...

_____Le jeune homme coupa brusquement la télévision. Sornettes, et
_____conneries. C`était à lui, qu`elle manquait le plus. Pas à eux.
_____Brisé.
________Zerbrochen.






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&Un de nos chapitres préférés. L'un de ceux dans lequel on a tout mis, tout tenté. On s'est investit, peut-être trop. Celui là & le suivant sont ceux dont on a la prétention d'être fière :)
Humpf. April renaît. Ou pas, n'est ce pas ? On a un très vague apperçu des Tokio Hotel, mais promis, on se rattrapera. On a essayé d'imaginer June se mêlant à leur vie.
Puis, retour à Paris, & pour les uns, & pour June. Le mauvais pressentiment de Meryl promet une suite tragique ? En tout cas, j'suis sûre que le dialogue de fin vous laisse perplexe xD
On est sadique, ou on ne l'est pas.
Again ?

# Posté le vendredi 07 décembre 2007 09:33

Modifié le vendredi 14 décembre 2007 10:16