_________________STANDORT VON APRIL
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Je voulais y croire. Je veux y croire. Même sans savoir. Sans savoir le pourquoi de la descente aux enfers de June. Une semaine. Trop longtemps que je ne la vois plus, celle qui fais que je respire. Banalités. "Salut, ça va ? Moi non plus." Mais merde j`en ai rien à foutre ! Où es-tu passée ? Je veux tout savoir, tout. Comme avant. Trop vite, trop brusquement, trop. Sans toi, je marche dans une rue où les lampadaires sont éteints, où il fait froid et sombre, où les sourires sont faux, fades, où l`air est irrespirable. Monotonie écrasante. Les couloirs me paraissent encore plus tristes sans toi, ma June, ma moitié. Tu es moi et je suis toi, alors pourquoi tu es si loin, pourquoi je n`arrive plus à attraper ta main ? Petite s½ur au grand c½ur. Grande s½ur pour toujours. Promesses.
# . Es Bringt Mich Um . #
Je range mes bouquins de mathématiques et ma calculatrice dans mon sac, le cours est enfin terminé. Je m`y suis ennuyée, comme d`habitude. Car en plus d`être belle et bonne, je suis intelligente, comme June. En parlant d`elle, elle n`a pas assisté au cours. Ca fait plusieurs fois d`ailleurs. Je m`inquiète mais refuse de le montrer, je me charge d`honorer notre réputation puisque tu as décidé de ne plus t`en préoccuper, June. Tu m`as laissé tombée, tu es égoïste. Je fais quoi moi sans toi ? Rien bien que je ne m`en sois pas encore rendu compte. Je salue tout le monde en m`en allant même si j`en ai rien à foutre. Tout le monde m`aime, je n`aime que June. Amour passionnel. Je quitte cette prison. Je marche rapidement dans les rues. Le soleil éclaire la ville tandis que le froid me transperce la peau, je claque des dents, mes doigts sont gelés. Je souffle dessus pour que la sensation devienne supportable mais ça ne fait pas le même effet que les mains toujours chaudes de June. Leur musique dans les oreilles, mes pieds connaissent le chemin par c½ur, j`arrive devant chez moi. J`ouvre le portail pour prendre le petit sentier donnant accès à la porte de derrière. Tiens, j`ai oublié de fermer en partant. Je saisis mollement la poignée, la chaleur m`envahit, un petit sourire ce dessine sur mon visage. Je sais qu`Elle est là. Je monte relativement rapidement les escaliers, ma chambre est au quatrième étage de ma grande maison, de notre chez-nous.
- June ? Tu as séché ?
- J`ai repris toutes mes affaires. Je te ferais parvenir les tiennes.
Non, je ne comprends pas. Mon cerveau ne veut pas comprendre. Les connexions ne sont pas nettes. Ma posture est ridicule, je ne contrôle plus mon corps. Où vas-tu ? Tu ne peux pas partir. On est rien sans l`autre. Je ne suis rien sans toi. Tu es mon premier amour. On est deux, on pense un. Un seul amour, un seul avenir, un seul chemin. Tu es mon porte-bonheur, si tu tombes, je tombe. June, regarde-moi. Une seule question me traverse l`esprit.
- Mais pourquoi ?
June, je t`en prie, répond-moi. Ton silence est pire que tout. Ta voix résonne dans ma tête. " J`ai repris toutes mes affaires. Je te ferais parvenir les tiennes ". Alors, c`est fini ? Tu t`en vas ? Je ne te laisserais pas partir, pas sans moi. Mes yeux s`embuent, elle me regarde, enfin. Je vois dans son regard de la ... souffrance ? Non, non ,non. Tout sauf ça. Si tu souffres, je souffre. Je m`assois sur mon lit, mes jambes ne me supportant plus. Mes mains recouvrent mon visage ruisselant de larmes, mes coudes reposant sur mes genoux. Je pleure à tel point que j`ai du mal à respirer. Au moment où elle quittera cette pièce, mon c½ur s`arrêtera car seule elle est capable de remplir mes poumons d`oxygène. "JUUUNE". Ma voix transperce l`air, les oiseaux s`envolent, le vent ne souffle plus, le temps semble s`être arrêté. Je ne parviens plus à réfléchir. Je tombe, le vide au-dessous de moi. Je rampe à ses pieds et relève la tête. Je suis pathétique, sans elle. June, qui t`as arraché ton c½ur ? Elle préfère regarder une dernière fois vers Eux plutôt que de m`aider à me relever. June, je suis plus importante, bordel ! Tu n`es plus sans moi. Par pitié ...
Elle est partie. Je suis morte.
Je referme notre carnet. Celui qu`on tient depuis qu`on a appris à écrire. C`est ma semaine. Je le garde chez moi, dans un tiroir de mon bureau. Le tiroir, notre tiroir, nos secrets, nos peines, nos confidences, nos amours, nos fous-rires, Nous. Je le repose délicatement à sa place comme s`il s`agissait d`un trésor car, oui, c`en est un. Demain est un autre jour, pareil que tous les autres mais en pire. Tu ne le vois pas June, mais je souffre à un point inimaginable. Tu devrais le sentir pourtant. En refermant le tiroir, quelque chose tente de s`en échapper. Je le prends et le regarde. Je souris d`abord, puis, en voyant les deux petites filles rire aux éclats sur le bout de papier lisse, me met à pleurer. Je suis faible. Malgré tout ce que l`on pourrait croire. Je ne suis que ce que je veux laisser paraitre. Au-dessus de tout, des lois, des règles, de vous. Les larmes inondent à présent mes yeux, je ne distingue plus nettement ce qui m`entoure. Ces quatre visages. Toujours les même. Toujours aussi parfait. Je vous hais petits cons. Je vous hais autant que je vous aime.
- Mademoiselle Smith, vous rêvez ! Si vous vous ennuyez, dites le moi maintenant qu`on vous trouve quelque chose à faire !
- Je m`ennuie Madame Heulch.
Tout le monde me regarda avec une certaine admiration. Je m`en foutais, j`y étais habitué. Je regardai Meryl qui était assise à côté de moi, à la place de June. Elle m`adressa un sourire que je lui rendis, crispé. J`avais acheté le dernier Bravo pensant qu`on le lirait à deux alors que les autres seraient occupés à soit écouter attentivement le cours de la grognasse, écrire des "Laura + Alexis" sur leur banc, regarder le plafond ou encore, le plus reposant, dormir. June et moi maitrisions parfaitement la langue, pas besoin, donc, d`y faire plus attention que ça. Aujourd`hui c`était différent, chaque mot me faisait penser à elle, à nous mais je n`avais plus personne vers qui me tourner. Personne qui me comprendrait en l`espace d`un regard, un seul mot qui nous remémorerait quelque chose même la plus insignifiante qui soit. Mes yeux se posent tristement sur ces quatre visages recouvrant mon agenda. Vous avez la belle vie, vous. Tout servi sur un plateau d`argent, il vous suffit de claquer des doigts pour obtenir ce que vous voulez, on ne vous refuse rien, on ne vous enlève rien, on ne vous arrache personne. Ich hasse Sie. La sonnerie retentit et marque la fin de l`heure de cours. Je range une nouvelle fois mes affaires. Je ne comprends pas pourquoi elle n`est pas venue. Je lui demanderais des explications pendant l`heure de chimie de demain. Je rentre une nouvelle fois chez moi. Le temps n`a pas changé, il me parait même encore plus triste, il me manque une main, la sienne. Le chemin me semble plus long que d`habitude car je sais qu`elle ne m`attendra pas dans ma chambre cette fois-ci. Je marche sans but, je n`ai pas envie de rentrer. Je n`ai aucune raison de le faire pourtant mes pieds ne m`obéissent pas, je me retrouve allongée de tout mon long sur mon lit. Je suis couchée les yeux rivés sur le plafond, je tourne la tête vers la droite m`attendant à voir son visage m`adresser un sourire bienveillant, rien. Juste ma table de nuit où repose mon livre de chevet du moment " Lettres de l`intérieur". L`histoire de deux filles qui s`écrivent sans se connaitre. L`une est dans une prison ultra-sécurisée du fin fond de l`Amérique, l`autre mène une vie normale avec un frère ultra-violent. J`ai l`impression de ne plus te connaitre, June. Une putain de larme.
Meryl et moi avons tout de suite accroché. Elle n`est pas du tout comme June mais elle comble un peu le vide qu`elle a laissé en s`en allant, bien que mon c½ur soit toujours vide. # Sinloos und leer. # Ca n`a pas de sens. J`affiche un sourire éclatant en la voyant arriver. Je pris congé de la bande de garçon qui me faisait les yeux doux, espérant comme tous les autres une nuit avec moi, pour la serrer dans mes bras. Je l`appréciais vraiment beaucoup, elle était là pour moi. Même sans mots, elle parvenait à me rassurer, à me dire que tout ira bien, que tout s`arrangera. Je n`aurais pas eu d`autre alternative que de la croire si seulement June avait été présente aujourd`hui. Je tourne mon regard vers elle, je n`aime pas cette lueur dans ses yeux.
- April, tu n`as toujours pas de nouvelles de June ?
- On s`en fiche, de June. J`ai arrêté de croire qu`elle décrochera.
- Tu ... Non, rien, oublie. On a cours d`anglais.
Je n`avais pas envie de ramener le sujet sur le tapis une énième fois. Elle ne sait rien. Rien du tout et je ne compte pas lui raconter notre histoire. # Chaos Im System. # Cette phrase résume parfaitement la situation actuelle. La preuve, je l`ai écrite sur chaque feuille de mon bloc en attendant que June m`ouvre la porte hier soir. J`ai attendu toute la nuit. Ca m`a occupé. Mais ça, personne ne le sait. Je l`ai appelée 46 fois. Notre chiffre porte-bonheur. Choisi au hasard lors d`une de nos soirées à deux dans notre chambre, regardant des vidéos et fantasmant sur chaque partie de Leur corps. Avec elle, j`étais invincible, rien ne m`atteignait. Elle était mon soutien, ma bouée de sauvetage, ma bouteille d`oxygène. Je tombe, je me noye, je ne respire plus. Tout le monde est persuadé du contraire, je ne laisse rien paraitre, affichant toujours la mine réjouie de la fille pour qui tout va toujours bien, qui n`a pas de problème, qui ne souffre pas, que tout le monde aime mais qui n`aime personne. Personne ne peut espérer, ne fusse que l`espace d`une seconde, que je l`aimerais autant que je l`aime elle. Car oui, bien qu`elle semble ne plus vouloir m`adresser la parole, le sentiment d`amour infini que je porte pour June ne disparaitra jamais.
Six semaines que je ne l`ai pas revue. Six semaines sans le moindre signe de vie, pas de coup de téléphone, pas de texto du matin ni du soir, pas de petit mot gentil, pas de câlins, pas de bisous, pas de June.
J`ai continué à vivre et à sourire malgré la douleur que procure son absence. J`ai même rencontré un garçon lors d`une soirée bien arrosée chez la mère de Meryl. Il n`est pas beau, il n`est pas attentionné, il n`est pas forcément bon, il ne me fait pas de câlins mais il est gentil. Nathan n`est pas le petit ami idéal des cours de récrés des lycées américains mais il me téléphone le matin et le soir, comme June sauf que nos conversations s`arrêtent à un "Je t`aime, moi non plus".
Nouvelle semaine de cours. June est revenue, je ne la reconnais plus. Visage creusé, cernes immenses, vêtements trop larges. En revanche, je ne pourrais pas vous dire si la lueur qui brillait dans ses yeux est encore là; je n`ai pas croisé une seule fois son regard. Elle m`évite. Honte ? Je pencherais plutôt pour l`orgueil car ne l`oublions pas, nous sommes des reines. Je prends la direction du cours d`allemand, le dernier de la journée, avec Meryl à mes côtés, à la place de June. Je sais déjà tout, Meryl a été obligée de prendre l`allemand première langue. On papote de tout de rien, de choses inutiles. Je ne peux pas m`empêcher de jeter des regards furtifs en direction du dernier banc à gauche. Elle y est. Apparemment ses chaussures sont fascinantes, elle ne fait que les regarder. C`est con, mais je donnerais n`importe quoi pour être réincarnée en Converse. C`est moi que tu dois fixer comme ça, sans jamais fuir mon regard. Je voudrais plonger mes yeux dans les tiens jusqu`à la fin des temps, jusqu`à ce que la flamme naissante dans tes yeux me consume, qu`elle me brûle à petit feu. # Ich Verbrenne Innerlich. # Je quitte la salle de classe le plus vite possible. Je ne veux pas avoir de contact avec elle. Elle semble être de mon avis, je ne la vois plus. Je prends Meryl par le bras et l`emmène dans les couloirs.
- Aïe ! Tu pourrais pas regarder où tu ...
Elle passe sans m`accorder le moindre regard. Pour ma part, je bugue pendant trois secondes mais Meryl me ramène bien vite à la réalité.
- On a finiiii ! Tu veux qu`on aille au parc ?
- Euh .. Oui. Oui oui bien sûr ! Avec plaisir !
Faux -semblants.
_________________STANDORT VON JUNE
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Croyez-vous aux sentiments éternels ? Moi pas. Du moins, plus. Ma culpabilité dans la mort de Steven a chaque jour progressé davantage. Comment pouvais-je encore me lever chaque matin alors que ma notoriété avait coûté la vie d`un adolescent ? J`ignorais si la haine que j`avais pour April n`était pas en vérité la haine que je ressentais déjà. Je n`arrivais pas à m`envoyer toute cette haine qui s`accumulait en moi, et la façon dont April montrait son indifférence n`avait fait que m`irriter. April, mon Dieu, nous avons tué quelqu`un. Chacun de mes pas provoquèrent des chuchotements. « April et June ne sont pas restées une seule fois ensemble. Il y a eu une dispute entre les deux princesses ? Que s`est-il passé » Sinon mon histoire avec mon ancienne meilleure amie, personne ne semblait se soucier de Steven. J`aurais préféré mourir, que de voir ce dernier mettre fin à ses jours.
Lorsque je sortis des cours une heure en avance, séchant le cours de Mathématiques, je pris directement la direction du square. M`arrêtant rapidement dans une impasse, je pris possession d`un vieux carton. Les quelques arbres m`appelèrent, tandis que je reprenais mon avancée. L`immense maison d`April trônait en reine parmi les autres habitations banlieusardes, et je me perdis à sourire, les souvenirs m`envahissant. Mais je ne devais pas regretter. Poussant le petit portique, je pris l`initiative de rentrer directement par la porte de derrière, en traversant le jardin. La porte, donnant sur la grande chambre de la princesse, avait été peinte en rouge et noir. Ignorant à nouveau la vague de tristesse qui me parcourait, j`appuyais d`un mouvement saccadé sur la poignée Un univers que je pouvais haïr pleinement maintenant. Un décor étudié au détail près. Tout était rangé, parfait. Les murs, d`un blanc parfait, étaient encombrés de ces quatre garçons allemands. Une grimace sur le visage, je posai le carton sur le lit, et commença rapidement la fouille de mes affaires. Vêtements dans l`armoire, objets dispersés, souvenirs destructeurs. Je crache sur la simplicité de notre relation. Tu vivais chez moi et je vivais chez toi. On occupait la chambre de l`une, ou de l`autre. On était inséparable, jusqu`à nos rêves. Tokio Hotel. Mon regard se perd de celui d`un androgyne aux cheveux corbeaux. L`hésitation s`empara de moi, mais très vite, les larmes inondèrent mes joues. Bill. Jusqu`à ton prénom, tu me remplis de haine. Je jetai un vieux tee-shirt dans le carton, quand j`entendis la porte s`ouvrir derrière moi. Il n`aura suffit que d`une heure.
- June ? Tu as séché ?
- J`ai repris toutes mes affaires. Je te ferais parvenir les tiennes.
Je vois à son regard qu`elle ne comprend rien. Je vois aussi, dans sa posture, qu`elle n`est rien sans moi. En vérité, je sais que c`est à deux que nous étions reines. Nous étions chacune le pilier de l`autre. Toi et moi. Je tournais le dos à mon passé, m`avançant vers un avenir que je haïssais.
- Mais pourquoi ?
Sa voix la trahit, et pour la première fois depuis des années, je vois qu`April peut encore pleurer. Elle est redevenue humaine. April. Ton résonne en moi, et m`affaire à de sales cicatrices. Je comprends alors le vrai sens du mot souffrance. Je la vois s`avancer, et s`assoir sur son lit. Je sais qu`elle va craquer. Je sais qu`elle va s`effondrer, parce que je sais que je suis toute sa vie. Mais je sais que Matthew sera là. Matthew est le frêre jumeau d`April. Il est toujours là. Et moi, je ne serais plus là. April, mon c½ur, ma vie, tu as tellement de gens autour de toi que même si ton c½ur se déchire ce soir, tu ne mourras pas. Lui ... Lui n`avait personne et il est mort. Je m`empare de mon carton, et je sors. « JUUUUNE » Son cri résonne dans les lieux, tandis que je me tourne une dernière fois. Elle est tombée à genoux, le visage ruisselant de larmes. Les poings martelant le sol, je sais que je viens de lui arracher une partie de son c½ur. Mais, feignant l`indifférence, je jette un dernier regard aux Tokio Hotel, sur une simple image dans une chambre d`adolescence. Mon regard est de braise, et j`aimerais leur hurler mon dégoût. Eux, ils ont la vie facile. Eux, ils ont tout, et tout de suite. Et nous, nous ne sommes rien. Spring Nicht. Pauvre Bill. Tu me fais pitié à croire que la vie est aussi simple que dans un clip. Je tourne le dos. Au revoir.
Je marche sans toi. J`ai oublié de vider notre tiroir. Exaspérée, je décide de te le laisser. Ou plutôt, de ne pas me l`apporter. Risquais-je de ressomber ? Spring Nicht. Quand j`ai écouté la première fois cet allemand saisissant avec April, mon c½ur n`a fait qu`un bond. J`étais devenu prisonnière de leur charisme. Chacun de leur aspect me convenait, et j`avais développé avec April un sens du fanatisme inégalable. Spring Nicht. J`étais tellement persuadé que cette chanson montrait que le suicide pouvait être empêché que mon rêve avait été détruit quand ce corps est retombé durement sur le macadam froid. Mes pas résonnaient dans la rue s`assombrissant, mais je ne reculais pas. Cette nuit là, mon oreiller garda de nombreuses traces de mon rimmel. Oui, j`étais devenue cette personne, la fille au rimmel coulant.
Au dessus des toilettes, le lendemain à midi, je vomis mon repas. Je suis devenue le propre cliché de celles que je haïssais. Mais ma simple vue me répugne. April a sans doute remarqué que mes joues s`étaient creusées, ou que j`avais maigri. Elle me connaissait mieux que quiconque, et me savait. Elle me savait par c½ur, à défaut de se connaître elle même. À la dernière pesée, j`atteignais quarante et un kilos. Je ferme les yeux, toujours à genoux dans ce blanc immaculé. Souillé. Non, ici, c`est moi, la souillée.
- JUNE !
Je me relève, chancelante. La voix de Matthew résonne dans le local des toilettes, et j`ose à peine relever les yeux. Qu`est ce que tu fous dans les toilettes des filles, bordel. Relever la tête, je m`en crois incapable. Mais je le fais, avec tout le courage qu`il me reste. J`eus à peine le temps de croiser son regard haineux avant de sentir sa main contre ma joue. Je manque de trébucher, mais le bras du garçon le plus en vue du lycée attrape le mien. Il ressemble tellement à April. Il est son portrait craché.
- Le suicide ne parle pas de tristesse ou de mystère mais d`égoïsme pur & simple. On se charge des décisions qu`il convient à dieu de faire. Steven ne méritait pas de vivre s`il a mis fin à ses jours ainsi ! June, je refuse de te voir comme ces pouffiasses sans personnalité.
Je croirais entendre April. Elle me comprenait, elle me connaissait. Mais d`une désinvolture glaciale, et accompagné d`un geste brutal pour le repousser, je laisse mon visage tirer ses traits. Je m`approche de la porte, les sens me revenant peu à peu. La June que vous connaissez est morte. Je regarde Matthew une dernière fois, et je me remets à marcher dans le couloir. J`aurais dû aller en cours. Allemand. J`aurais dû me mettre à côté d`April et rigoler avec elle. J`aurais pu montrer à tous ma supériorité dans la langue en la parlant parfaitement. J`aurais dû lire les magasines récents sur Tokio Hotel, au lieu de suivre le cours. Car de toute façon, j`emmerdais le monde. J`aurais dû, aussi, prendre April dans mes bras, et lui montrer qu`elle serait toujours ma s½ur de c½ur. Mais au lieu de prendre cet interminable couloir, où les rires résonnaient dans mes tympans abimés, je suis sortie du lycée, et je suis rentrée chez moi.
Un mois plus tard, je n`étais toujours pas revenue. C`est là, que ma vraie descente aux enfers commença.
_________________STANDORT VON MERYL
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_________________________________ deux semaines passées
J`aperçus au milieu d`une foule impressionnante de garçon ma nouvelle meilleure amie. D`un sourire, et en quelques enjambées, je la rejoins. Cette dernière, satisfaite de ma venue, abandonna son fan club et me pris dans ses bras. J`ignorais si elle ressentait une réelle affection pour moi, ou si elle avait juste tout reversé sur moi. June partie, j`avais eu tout le loisir de prendre sa place. Autrefois, j`étais l`une des filles de leur bande. On ne connaissait pas mon nom, et on ne m`appréciait pas pour ma juste valeur. J`étais juste une de leur amie. J`admirais tellement les deux princesses que j`étais devenue leur sosie. Leur stéréotype complet, avec la prestance en moi, pensais-je. Mais April était venu vers moi. Elle m`avait montré le délicieux chemin de la notoriété. Mais cette fois, June accaparait encore mon esprit. Une fois encore, et aux demandes de nombreux camarades, je tentais le dangereux sujet tandis qu`on marchait côte à côté.
- April, tu n`as toujours pas de nouvelles de June ?
- On s`en fiche, de June. J`ai arrêté de croire qu`elle décrochera.
- Tu ... Non, rien, oublie. On a cours d`anglais.
Oui. April avait continué son bonhomme de chemin. Toujours dans l`élite du lycée, et devenue déléguée de classe, elle parcourt les couloirs majestueusement. Entourée de garçons, et portant le presque fardeau d`être l`amie de tout le monde, elle se saisissait d`un air hautain quand le sujet de June refaisait surface. « T`as vu, je suis encore la reine, moi » C`est ce que son air semblait dire. Mais je pensais savoir que çà faisait mal à April d`avoir été abandonné par June. Mais elle ne voulait juste pas le montrer devant les autres. Evidemment, j`ignorais tout, de la réalité. Je ne savais pas qu`April passait chaque soir chez June, attendant des heures devant la porte en espérant que cette fois là, elle ouvrirait. Mais toujours devant cette porte close, je ne pouvais savoir qu`elle n`attendait qu`une chose, le retour de sa meilleure amie. Chaque soir, elle appelait chez elle, attendant en vain que son ancienne amie décroche. Chaque soir, elle pleurait, en regardant ses posters, et les nombreuses photos de June. Comment pouvais-je savoir qu`April allait aussi mal depuis la perte de l`autre princesse ? Je n`en savais rien.
Et je n`en su rien, jusqu`au retour, six semaines plus tard, de notre autre reine. Mais le changement nous tua tous. Elle était là, à la porte de la classe. Mais elle avait changé. Les joues creusées, et le corps aminci, elle n`était qu`une pâle copie de la fille de notre souvenir. Même ainsi, elle était belle, et ma passion n`en fut que ravivée. Mais ce fut April qui m`intéressa. Elle regarda la silhouette de celle qui avait été sa meilleure d`un ½il apeuré. June n`était plus la même. Et nous savions que çà changerait tout. Elle avança, du même pas gracieux qu`auparavant, et elle s`installa dans le fond de la classe. April ne la regarda pas pendant toute l`heure de cours, et sortit parmi les premières. Elle s`était glissée dans sa bande de copine, et ignora June. Je compris alors que tout avait changé, au lycée. April restait reine. Et June devenait une ombre.
Nimm Meine Hand.
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Je voulais y croire. Je veux y croire. Même sans savoir. Sans savoir le pourquoi de la descente aux enfers de June. Une semaine. Trop longtemps que je ne la vois plus, celle qui fais que je respire. Banalités. "Salut, ça va ? Moi non plus." Mais merde j`en ai rien à foutre ! Où es-tu passée ? Je veux tout savoir, tout. Comme avant. Trop vite, trop brusquement, trop. Sans toi, je marche dans une rue où les lampadaires sont éteints, où il fait froid et sombre, où les sourires sont faux, fades, où l`air est irrespirable. Monotonie écrasante. Les couloirs me paraissent encore plus tristes sans toi, ma June, ma moitié. Tu es moi et je suis toi, alors pourquoi tu es si loin, pourquoi je n`arrive plus à attraper ta main ? Petite s½ur au grand c½ur. Grande s½ur pour toujours. Promesses.
# . Es Bringt Mich Um . #
Je range mes bouquins de mathématiques et ma calculatrice dans mon sac, le cours est enfin terminé. Je m`y suis ennuyée, comme d`habitude. Car en plus d`être belle et bonne, je suis intelligente, comme June. En parlant d`elle, elle n`a pas assisté au cours. Ca fait plusieurs fois d`ailleurs. Je m`inquiète mais refuse de le montrer, je me charge d`honorer notre réputation puisque tu as décidé de ne plus t`en préoccuper, June. Tu m`as laissé tombée, tu es égoïste. Je fais quoi moi sans toi ? Rien bien que je ne m`en sois pas encore rendu compte. Je salue tout le monde en m`en allant même si j`en ai rien à foutre. Tout le monde m`aime, je n`aime que June. Amour passionnel. Je quitte cette prison. Je marche rapidement dans les rues. Le soleil éclaire la ville tandis que le froid me transperce la peau, je claque des dents, mes doigts sont gelés. Je souffle dessus pour que la sensation devienne supportable mais ça ne fait pas le même effet que les mains toujours chaudes de June. Leur musique dans les oreilles, mes pieds connaissent le chemin par c½ur, j`arrive devant chez moi. J`ouvre le portail pour prendre le petit sentier donnant accès à la porte de derrière. Tiens, j`ai oublié de fermer en partant. Je saisis mollement la poignée, la chaleur m`envahit, un petit sourire ce dessine sur mon visage. Je sais qu`Elle est là. Je monte relativement rapidement les escaliers, ma chambre est au quatrième étage de ma grande maison, de notre chez-nous.
- June ? Tu as séché ?
- J`ai repris toutes mes affaires. Je te ferais parvenir les tiennes.
Non, je ne comprends pas. Mon cerveau ne veut pas comprendre. Les connexions ne sont pas nettes. Ma posture est ridicule, je ne contrôle plus mon corps. Où vas-tu ? Tu ne peux pas partir. On est rien sans l`autre. Je ne suis rien sans toi. Tu es mon premier amour. On est deux, on pense un. Un seul amour, un seul avenir, un seul chemin. Tu es mon porte-bonheur, si tu tombes, je tombe. June, regarde-moi. Une seule question me traverse l`esprit.
- Mais pourquoi ?
June, je t`en prie, répond-moi. Ton silence est pire que tout. Ta voix résonne dans ma tête. " J`ai repris toutes mes affaires. Je te ferais parvenir les tiennes ". Alors, c`est fini ? Tu t`en vas ? Je ne te laisserais pas partir, pas sans moi. Mes yeux s`embuent, elle me regarde, enfin. Je vois dans son regard de la ... souffrance ? Non, non ,non. Tout sauf ça. Si tu souffres, je souffre. Je m`assois sur mon lit, mes jambes ne me supportant plus. Mes mains recouvrent mon visage ruisselant de larmes, mes coudes reposant sur mes genoux. Je pleure à tel point que j`ai du mal à respirer. Au moment où elle quittera cette pièce, mon c½ur s`arrêtera car seule elle est capable de remplir mes poumons d`oxygène. "JUUUNE". Ma voix transperce l`air, les oiseaux s`envolent, le vent ne souffle plus, le temps semble s`être arrêté. Je ne parviens plus à réfléchir. Je tombe, le vide au-dessous de moi. Je rampe à ses pieds et relève la tête. Je suis pathétique, sans elle. June, qui t`as arraché ton c½ur ? Elle préfère regarder une dernière fois vers Eux plutôt que de m`aider à me relever. June, je suis plus importante, bordel ! Tu n`es plus sans moi. Par pitié ...
Elle est partie. Je suis morte.
Je referme notre carnet. Celui qu`on tient depuis qu`on a appris à écrire. C`est ma semaine. Je le garde chez moi, dans un tiroir de mon bureau. Le tiroir, notre tiroir, nos secrets, nos peines, nos confidences, nos amours, nos fous-rires, Nous. Je le repose délicatement à sa place comme s`il s`agissait d`un trésor car, oui, c`en est un. Demain est un autre jour, pareil que tous les autres mais en pire. Tu ne le vois pas June, mais je souffre à un point inimaginable. Tu devrais le sentir pourtant. En refermant le tiroir, quelque chose tente de s`en échapper. Je le prends et le regarde. Je souris d`abord, puis, en voyant les deux petites filles rire aux éclats sur le bout de papier lisse, me met à pleurer. Je suis faible. Malgré tout ce que l`on pourrait croire. Je ne suis que ce que je veux laisser paraitre. Au-dessus de tout, des lois, des règles, de vous. Les larmes inondent à présent mes yeux, je ne distingue plus nettement ce qui m`entoure. Ces quatre visages. Toujours les même. Toujours aussi parfait. Je vous hais petits cons. Je vous hais autant que je vous aime.
- Mademoiselle Smith, vous rêvez ! Si vous vous ennuyez, dites le moi maintenant qu`on vous trouve quelque chose à faire !
- Je m`ennuie Madame Heulch.
Tout le monde me regarda avec une certaine admiration. Je m`en foutais, j`y étais habitué. Je regardai Meryl qui était assise à côté de moi, à la place de June. Elle m`adressa un sourire que je lui rendis, crispé. J`avais acheté le dernier Bravo pensant qu`on le lirait à deux alors que les autres seraient occupés à soit écouter attentivement le cours de la grognasse, écrire des "Laura + Alexis" sur leur banc, regarder le plafond ou encore, le plus reposant, dormir. June et moi maitrisions parfaitement la langue, pas besoin, donc, d`y faire plus attention que ça. Aujourd`hui c`était différent, chaque mot me faisait penser à elle, à nous mais je n`avais plus personne vers qui me tourner. Personne qui me comprendrait en l`espace d`un regard, un seul mot qui nous remémorerait quelque chose même la plus insignifiante qui soit. Mes yeux se posent tristement sur ces quatre visages recouvrant mon agenda. Vous avez la belle vie, vous. Tout servi sur un plateau d`argent, il vous suffit de claquer des doigts pour obtenir ce que vous voulez, on ne vous refuse rien, on ne vous enlève rien, on ne vous arrache personne. Ich hasse Sie. La sonnerie retentit et marque la fin de l`heure de cours. Je range une nouvelle fois mes affaires. Je ne comprends pas pourquoi elle n`est pas venue. Je lui demanderais des explications pendant l`heure de chimie de demain. Je rentre une nouvelle fois chez moi. Le temps n`a pas changé, il me parait même encore plus triste, il me manque une main, la sienne. Le chemin me semble plus long que d`habitude car je sais qu`elle ne m`attendra pas dans ma chambre cette fois-ci. Je marche sans but, je n`ai pas envie de rentrer. Je n`ai aucune raison de le faire pourtant mes pieds ne m`obéissent pas, je me retrouve allongée de tout mon long sur mon lit. Je suis couchée les yeux rivés sur le plafond, je tourne la tête vers la droite m`attendant à voir son visage m`adresser un sourire bienveillant, rien. Juste ma table de nuit où repose mon livre de chevet du moment " Lettres de l`intérieur". L`histoire de deux filles qui s`écrivent sans se connaitre. L`une est dans une prison ultra-sécurisée du fin fond de l`Amérique, l`autre mène une vie normale avec un frère ultra-violent. J`ai l`impression de ne plus te connaitre, June. Une putain de larme.
Meryl et moi avons tout de suite accroché. Elle n`est pas du tout comme June mais elle comble un peu le vide qu`elle a laissé en s`en allant, bien que mon c½ur soit toujours vide. # Sinloos und leer. # Ca n`a pas de sens. J`affiche un sourire éclatant en la voyant arriver. Je pris congé de la bande de garçon qui me faisait les yeux doux, espérant comme tous les autres une nuit avec moi, pour la serrer dans mes bras. Je l`appréciais vraiment beaucoup, elle était là pour moi. Même sans mots, elle parvenait à me rassurer, à me dire que tout ira bien, que tout s`arrangera. Je n`aurais pas eu d`autre alternative que de la croire si seulement June avait été présente aujourd`hui. Je tourne mon regard vers elle, je n`aime pas cette lueur dans ses yeux.
- April, tu n`as toujours pas de nouvelles de June ?
- On s`en fiche, de June. J`ai arrêté de croire qu`elle décrochera.
- Tu ... Non, rien, oublie. On a cours d`anglais.
Je n`avais pas envie de ramener le sujet sur le tapis une énième fois. Elle ne sait rien. Rien du tout et je ne compte pas lui raconter notre histoire. # Chaos Im System. # Cette phrase résume parfaitement la situation actuelle. La preuve, je l`ai écrite sur chaque feuille de mon bloc en attendant que June m`ouvre la porte hier soir. J`ai attendu toute la nuit. Ca m`a occupé. Mais ça, personne ne le sait. Je l`ai appelée 46 fois. Notre chiffre porte-bonheur. Choisi au hasard lors d`une de nos soirées à deux dans notre chambre, regardant des vidéos et fantasmant sur chaque partie de Leur corps. Avec elle, j`étais invincible, rien ne m`atteignait. Elle était mon soutien, ma bouée de sauvetage, ma bouteille d`oxygène. Je tombe, je me noye, je ne respire plus. Tout le monde est persuadé du contraire, je ne laisse rien paraitre, affichant toujours la mine réjouie de la fille pour qui tout va toujours bien, qui n`a pas de problème, qui ne souffre pas, que tout le monde aime mais qui n`aime personne. Personne ne peut espérer, ne fusse que l`espace d`une seconde, que je l`aimerais autant que je l`aime elle. Car oui, bien qu`elle semble ne plus vouloir m`adresser la parole, le sentiment d`amour infini que je porte pour June ne disparaitra jamais.
Six semaines que je ne l`ai pas revue. Six semaines sans le moindre signe de vie, pas de coup de téléphone, pas de texto du matin ni du soir, pas de petit mot gentil, pas de câlins, pas de bisous, pas de June.
J`ai continué à vivre et à sourire malgré la douleur que procure son absence. J`ai même rencontré un garçon lors d`une soirée bien arrosée chez la mère de Meryl. Il n`est pas beau, il n`est pas attentionné, il n`est pas forcément bon, il ne me fait pas de câlins mais il est gentil. Nathan n`est pas le petit ami idéal des cours de récrés des lycées américains mais il me téléphone le matin et le soir, comme June sauf que nos conversations s`arrêtent à un "Je t`aime, moi non plus".
Nouvelle semaine de cours. June est revenue, je ne la reconnais plus. Visage creusé, cernes immenses, vêtements trop larges. En revanche, je ne pourrais pas vous dire si la lueur qui brillait dans ses yeux est encore là; je n`ai pas croisé une seule fois son regard. Elle m`évite. Honte ? Je pencherais plutôt pour l`orgueil car ne l`oublions pas, nous sommes des reines. Je prends la direction du cours d`allemand, le dernier de la journée, avec Meryl à mes côtés, à la place de June. Je sais déjà tout, Meryl a été obligée de prendre l`allemand première langue. On papote de tout de rien, de choses inutiles. Je ne peux pas m`empêcher de jeter des regards furtifs en direction du dernier banc à gauche. Elle y est. Apparemment ses chaussures sont fascinantes, elle ne fait que les regarder. C`est con, mais je donnerais n`importe quoi pour être réincarnée en Converse. C`est moi que tu dois fixer comme ça, sans jamais fuir mon regard. Je voudrais plonger mes yeux dans les tiens jusqu`à la fin des temps, jusqu`à ce que la flamme naissante dans tes yeux me consume, qu`elle me brûle à petit feu. # Ich Verbrenne Innerlich. # Je quitte la salle de classe le plus vite possible. Je ne veux pas avoir de contact avec elle. Elle semble être de mon avis, je ne la vois plus. Je prends Meryl par le bras et l`emmène dans les couloirs.
- Aïe ! Tu pourrais pas regarder où tu ...
Elle passe sans m`accorder le moindre regard. Pour ma part, je bugue pendant trois secondes mais Meryl me ramène bien vite à la réalité.
- On a finiiii ! Tu veux qu`on aille au parc ?
- Euh .. Oui. Oui oui bien sûr ! Avec plaisir !
Faux -semblants.
_________________STANDORT VON JUNE
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Croyez-vous aux sentiments éternels ? Moi pas. Du moins, plus. Ma culpabilité dans la mort de Steven a chaque jour progressé davantage. Comment pouvais-je encore me lever chaque matin alors que ma notoriété avait coûté la vie d`un adolescent ? J`ignorais si la haine que j`avais pour April n`était pas en vérité la haine que je ressentais déjà. Je n`arrivais pas à m`envoyer toute cette haine qui s`accumulait en moi, et la façon dont April montrait son indifférence n`avait fait que m`irriter. April, mon Dieu, nous avons tué quelqu`un. Chacun de mes pas provoquèrent des chuchotements. « April et June ne sont pas restées une seule fois ensemble. Il y a eu une dispute entre les deux princesses ? Que s`est-il passé » Sinon mon histoire avec mon ancienne meilleure amie, personne ne semblait se soucier de Steven. J`aurais préféré mourir, que de voir ce dernier mettre fin à ses jours.
Lorsque je sortis des cours une heure en avance, séchant le cours de Mathématiques, je pris directement la direction du square. M`arrêtant rapidement dans une impasse, je pris possession d`un vieux carton. Les quelques arbres m`appelèrent, tandis que je reprenais mon avancée. L`immense maison d`April trônait en reine parmi les autres habitations banlieusardes, et je me perdis à sourire, les souvenirs m`envahissant. Mais je ne devais pas regretter. Poussant le petit portique, je pris l`initiative de rentrer directement par la porte de derrière, en traversant le jardin. La porte, donnant sur la grande chambre de la princesse, avait été peinte en rouge et noir. Ignorant à nouveau la vague de tristesse qui me parcourait, j`appuyais d`un mouvement saccadé sur la poignée Un univers que je pouvais haïr pleinement maintenant. Un décor étudié au détail près. Tout était rangé, parfait. Les murs, d`un blanc parfait, étaient encombrés de ces quatre garçons allemands. Une grimace sur le visage, je posai le carton sur le lit, et commença rapidement la fouille de mes affaires. Vêtements dans l`armoire, objets dispersés, souvenirs destructeurs. Je crache sur la simplicité de notre relation. Tu vivais chez moi et je vivais chez toi. On occupait la chambre de l`une, ou de l`autre. On était inséparable, jusqu`à nos rêves. Tokio Hotel. Mon regard se perd de celui d`un androgyne aux cheveux corbeaux. L`hésitation s`empara de moi, mais très vite, les larmes inondèrent mes joues. Bill. Jusqu`à ton prénom, tu me remplis de haine. Je jetai un vieux tee-shirt dans le carton, quand j`entendis la porte s`ouvrir derrière moi. Il n`aura suffit que d`une heure.
- June ? Tu as séché ?
- J`ai repris toutes mes affaires. Je te ferais parvenir les tiennes.
Je vois à son regard qu`elle ne comprend rien. Je vois aussi, dans sa posture, qu`elle n`est rien sans moi. En vérité, je sais que c`est à deux que nous étions reines. Nous étions chacune le pilier de l`autre. Toi et moi. Je tournais le dos à mon passé, m`avançant vers un avenir que je haïssais.
- Mais pourquoi ?
Sa voix la trahit, et pour la première fois depuis des années, je vois qu`April peut encore pleurer. Elle est redevenue humaine. April. Ton résonne en moi, et m`affaire à de sales cicatrices. Je comprends alors le vrai sens du mot souffrance. Je la vois s`avancer, et s`assoir sur son lit. Je sais qu`elle va craquer. Je sais qu`elle va s`effondrer, parce que je sais que je suis toute sa vie. Mais je sais que Matthew sera là. Matthew est le frêre jumeau d`April. Il est toujours là. Et moi, je ne serais plus là. April, mon c½ur, ma vie, tu as tellement de gens autour de toi que même si ton c½ur se déchire ce soir, tu ne mourras pas. Lui ... Lui n`avait personne et il est mort. Je m`empare de mon carton, et je sors. « JUUUUNE » Son cri résonne dans les lieux, tandis que je me tourne une dernière fois. Elle est tombée à genoux, le visage ruisselant de larmes. Les poings martelant le sol, je sais que je viens de lui arracher une partie de son c½ur. Mais, feignant l`indifférence, je jette un dernier regard aux Tokio Hotel, sur une simple image dans une chambre d`adolescence. Mon regard est de braise, et j`aimerais leur hurler mon dégoût. Eux, ils ont la vie facile. Eux, ils ont tout, et tout de suite. Et nous, nous ne sommes rien. Spring Nicht. Pauvre Bill. Tu me fais pitié à croire que la vie est aussi simple que dans un clip. Je tourne le dos. Au revoir.
Je marche sans toi. J`ai oublié de vider notre tiroir. Exaspérée, je décide de te le laisser. Ou plutôt, de ne pas me l`apporter. Risquais-je de ressomber ? Spring Nicht. Quand j`ai écouté la première fois cet allemand saisissant avec April, mon c½ur n`a fait qu`un bond. J`étais devenu prisonnière de leur charisme. Chacun de leur aspect me convenait, et j`avais développé avec April un sens du fanatisme inégalable. Spring Nicht. J`étais tellement persuadé que cette chanson montrait que le suicide pouvait être empêché que mon rêve avait été détruit quand ce corps est retombé durement sur le macadam froid. Mes pas résonnaient dans la rue s`assombrissant, mais je ne reculais pas. Cette nuit là, mon oreiller garda de nombreuses traces de mon rimmel. Oui, j`étais devenue cette personne, la fille au rimmel coulant.
Au dessus des toilettes, le lendemain à midi, je vomis mon repas. Je suis devenue le propre cliché de celles que je haïssais. Mais ma simple vue me répugne. April a sans doute remarqué que mes joues s`étaient creusées, ou que j`avais maigri. Elle me connaissait mieux que quiconque, et me savait. Elle me savait par c½ur, à défaut de se connaître elle même. À la dernière pesée, j`atteignais quarante et un kilos. Je ferme les yeux, toujours à genoux dans ce blanc immaculé. Souillé. Non, ici, c`est moi, la souillée.
- JUNE !
Je me relève, chancelante. La voix de Matthew résonne dans le local des toilettes, et j`ose à peine relever les yeux. Qu`est ce que tu fous dans les toilettes des filles, bordel. Relever la tête, je m`en crois incapable. Mais je le fais, avec tout le courage qu`il me reste. J`eus à peine le temps de croiser son regard haineux avant de sentir sa main contre ma joue. Je manque de trébucher, mais le bras du garçon le plus en vue du lycée attrape le mien. Il ressemble tellement à April. Il est son portrait craché.
- Le suicide ne parle pas de tristesse ou de mystère mais d`égoïsme pur & simple. On se charge des décisions qu`il convient à dieu de faire. Steven ne méritait pas de vivre s`il a mis fin à ses jours ainsi ! June, je refuse de te voir comme ces pouffiasses sans personnalité.
Je croirais entendre April. Elle me comprenait, elle me connaissait. Mais d`une désinvolture glaciale, et accompagné d`un geste brutal pour le repousser, je laisse mon visage tirer ses traits. Je m`approche de la porte, les sens me revenant peu à peu. La June que vous connaissez est morte. Je regarde Matthew une dernière fois, et je me remets à marcher dans le couloir. J`aurais dû aller en cours. Allemand. J`aurais dû me mettre à côté d`April et rigoler avec elle. J`aurais pu montrer à tous ma supériorité dans la langue en la parlant parfaitement. J`aurais dû lire les magasines récents sur Tokio Hotel, au lieu de suivre le cours. Car de toute façon, j`emmerdais le monde. J`aurais dû, aussi, prendre April dans mes bras, et lui montrer qu`elle serait toujours ma s½ur de c½ur. Mais au lieu de prendre cet interminable couloir, où les rires résonnaient dans mes tympans abimés, je suis sortie du lycée, et je suis rentrée chez moi.
Un mois plus tard, je n`étais toujours pas revenue. C`est là, que ma vraie descente aux enfers commença.
_________________STANDORT VON MERYL
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_________________________________ deux semaines passées
J`aperçus au milieu d`une foule impressionnante de garçon ma nouvelle meilleure amie. D`un sourire, et en quelques enjambées, je la rejoins. Cette dernière, satisfaite de ma venue, abandonna son fan club et me pris dans ses bras. J`ignorais si elle ressentait une réelle affection pour moi, ou si elle avait juste tout reversé sur moi. June partie, j`avais eu tout le loisir de prendre sa place. Autrefois, j`étais l`une des filles de leur bande. On ne connaissait pas mon nom, et on ne m`appréciait pas pour ma juste valeur. J`étais juste une de leur amie. J`admirais tellement les deux princesses que j`étais devenue leur sosie. Leur stéréotype complet, avec la prestance en moi, pensais-je. Mais April était venu vers moi. Elle m`avait montré le délicieux chemin de la notoriété. Mais cette fois, June accaparait encore mon esprit. Une fois encore, et aux demandes de nombreux camarades, je tentais le dangereux sujet tandis qu`on marchait côte à côté.
- April, tu n`as toujours pas de nouvelles de June ?
- On s`en fiche, de June. J`ai arrêté de croire qu`elle décrochera.
- Tu ... Non, rien, oublie. On a cours d`anglais.
Oui. April avait continué son bonhomme de chemin. Toujours dans l`élite du lycée, et devenue déléguée de classe, elle parcourt les couloirs majestueusement. Entourée de garçons, et portant le presque fardeau d`être l`amie de tout le monde, elle se saisissait d`un air hautain quand le sujet de June refaisait surface. « T`as vu, je suis encore la reine, moi » C`est ce que son air semblait dire. Mais je pensais savoir que çà faisait mal à April d`avoir été abandonné par June. Mais elle ne voulait juste pas le montrer devant les autres. Evidemment, j`ignorais tout, de la réalité. Je ne savais pas qu`April passait chaque soir chez June, attendant des heures devant la porte en espérant que cette fois là, elle ouvrirait. Mais toujours devant cette porte close, je ne pouvais savoir qu`elle n`attendait qu`une chose, le retour de sa meilleure amie. Chaque soir, elle appelait chez elle, attendant en vain que son ancienne amie décroche. Chaque soir, elle pleurait, en regardant ses posters, et les nombreuses photos de June. Comment pouvais-je savoir qu`April allait aussi mal depuis la perte de l`autre princesse ? Je n`en savais rien.
Et je n`en su rien, jusqu`au retour, six semaines plus tard, de notre autre reine. Mais le changement nous tua tous. Elle était là, à la porte de la classe. Mais elle avait changé. Les joues creusées, et le corps aminci, elle n`était qu`une pâle copie de la fille de notre souvenir. Même ainsi, elle était belle, et ma passion n`en fut que ravivée. Mais ce fut April qui m`intéressa. Elle regarda la silhouette de celle qui avait été sa meilleure d`un ½il apeuré. June n`était plus la même. Et nous savions que çà changerait tout. Elle avança, du même pas gracieux qu`auparavant, et elle s`installa dans le fond de la classe. April ne la regarda pas pendant toute l`heure de cours, et sortit parmi les premières. Elle s`était glissée dans sa bande de copine, et ignora June. Je compris alors que tout avait changé, au lycée. April restait reine. Et June devenait une ombre.
Nimm Meine Hand.
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Voilà, le seconde chapitre, qui s'est fait désiré, mais il est enfin là. On s'introduit un peu plus dans l'histoire & on vous mêne vers la rencontre des quatre boulets ;D
On se posez une question, Qui préférez-vous, April, ou June ?
Pour répondre à certaines personnes, Morgan s'occupe principalement de June & Asma d'Avril. Les autres points de vue sont écris selon les inspirations.
On veut des critiques, des avis, & des commentaires. Que va-t-il se passer dans le chapitre suivant ? Qu'aimerez-vous y voir ?
On se posez une question, Qui préférez-vous, April, ou June ?
Pour répondre à certaines personnes, Morgan s'occupe principalement de June & Asma d'Avril. Les autres points de vue sont écris selon les inspirations.
On veut des critiques, des avis, & des commentaires. Que va-t-il se passer dans le chapitre suivant ? Qu'aimerez-vous y voir ?