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_________________STANDORT VON APRIL
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# Du bist alles was ich bin (8) #
Je souris bêtement. Tom parle de ses derniers exploits pendant que Bill boit chacun des mots de son jumeau, comme si ceux-ci allaient le déshaltérer d`une soif sans fin de lui. Georg, écoutant attentivement le dreadeux, affiche un petit sourire en coin alors que Gustav regarde ses mains qui battent la mesure à un rythme réguiler. Je les aime ces mecs, même s`ils nous font parfois souffrir
June et moi. L`interview terminée, je ferme la fenêtre et quitte l`ordinateur. Je prends mes tout nouveau livres de cours et les fourre à la hâte dans mon sac. Une bouteille d`eau, ma trousse de maquillage, un peu d`argent pour ce midi, mon portable, mon Ipod, sans oublier le cadeau que j`ai ramené de Grèce pour June. Ca devrait lui plaire, je ne peux pas m`être trompée, je connais ses goûts par coeur ...
Il n`y a plus personne dans la cour de l`école. Normal. Je suis en retard, comme toujours. Les profs ne m`en tiendront pas rigueur, je suis la reine ici.
Je m`avance vers la porte d`entrée, la tête haute, le sourire aux lèvres. Je vais revoir June. J`espère qu`elle a passé de bonnes vacances. Je n`ai pas eu beaucoup de nouvelles d`elle mais bon, je suppose qu`elle était trop occupée pour pouvoir m`appeler.
J`ouvre la dite porte. Rien n`a changé. Le sol est toujours recouvert de cet horrible carrelage gris, les murs n`ont pas été épargnés de leur couleur blanc cassé déprimante, il manque toujours des portes aux casiers défoncés par les petites racailles, les serrures des portes de classe sont toujours bouchées par des mouchoirs en papier ou encore par le chewing-gum d`un p`tit malin de troisième. Vraiment n`importe quoi. Je pense mériter mieux quand même.
Le bureau du proviseur se trouve, lui aussi, toujours au fond du couloir à gauche. L`écriteau « Proviseur Segher » a, quant à lui, été remplacé apparemment. Quelques élèves rancuniers ?
J`hésite à aller chercher mon retard. Bah, je suis de toute façon forcée de passer par là, je ne sais pas dans quelle classe on m`a mise cette année. Encore avec des p`tits cons je suppose. Il n`y a que ça ici. June et moi, on les remettra bien à leur place dès qu`ils feront un peu trop de leur gueule à notre goût.
Je me dirige d`un pas assuré vers la pièce. Je n`ai aucun mal à garder la tête froide devant les " autorités compétentes " comme dirait June x) Ils ne nous font absolument pas peur, leurs sanctions encore moins. Nos parents ne sont jamais au courant de nos aventures car on a appris, à force de retenues pour causes diverses, à détourner la faute sur les autres. Oh et puis merde ! On profite de notre jeunesse, on ne s`enferme pas dans des règles, on ne nous impose rien, on fait ce qu`il nous plait même si ça dérange et on vous emmerde.
J`empoigne la poignée de porte d`un geste vif, je passe ma tête en premier pour voir si Mr Segher est bien présent car je n`ai pas pris la peine de frapper avant. Il relève la tête et m`adresse un sourire quelque peu ironique. Il dépose lentement son stylo, croise les bras comme pour me dire qu`il attend des explications et se redresse sur sa chaise de bureau.
- Qu`est-ce que vous m`avez encore préparé comme excuse cette fois-ci mademoiselle Smith ?
Il avait posé cette question d`un ton à la fois las et énervé. Il se souvenait bien de moi. Comment nous oublier June et moi ? Smith est le nom de ma mère. Cela vous parait peut-être bizarre mais je n`ai jamais voulu qu`on m`appelle par mon vrai nom de famille : Leblanc. Ce serait comme porter le nom d`une personne que je ne connais pas. Je vis avec ma mère qui est australienne d`origine mais qui a vécu toute son enfance et son adolescence dans le sud du Canada. Elle a quitté ses parents à l`âge de 18 ans pour venir s`installer en France à cause d`un beau jeune homme brun aux yeux verts, mon père. Ils ont vécu une divine idylle pendant plus de cinq ans. Je suis née la sixième année. Autant vous dire tout de suite que je n`étais pas en enfant désiré. Mon père, Adrien, a été rejoindre sa maitresse, laissant ma mère livrée à elle-même avec un enfant à sa charge, après deux ans de mensonges. Oui, j`étais une charge pour elle mais elle n`a jamais bronché et m`a élevée du mieux qu`elle pouvait. C`est grâce à elle que je suis telle que je suis auourd`hui. Elle s`appelle Heather. C`est joli, non ? Comme elle.
- Mon réveil n`a pas sonné.
Cette fois, je ne mentais pas. Il soupire.
- Asseyez-vous.
Je m`exécute tout en prenant bien mon temps. Je lui souriai pour lui montrer qu`il ne m`impressionnait pas. Si June avait été là, elle n`aurait même pas pris la peine de prendre place sur la chaise vide à côté de moi, on se serait lancé un regard complice et serions parties en rigolant.
Un léger grincement se fit soudain entendre. Je me retourne et constate avec satisfaction que June et moi étions toujours aussi synchronisées qu`avant. Je lui adressa le fameux sourire complice alors que Mr Segher vint briser le silence.
- Mademoiselle Ulhde. Encore en retard. Vous rejoindrez votre amie, Mademoiselle Smith, en retenue.
Et une de plus. June s`empare des deux petits papiers violets pendant que je me lève et sors de la pièce et ferme la porte derrière elle. De retour dans le long couloir. J`ai un besoin de la serrer contre moi. Je passe mes bras autour d`elle et dépose mes lèvres sur sa joue gauche.
- Tu m`as tellement manqué ma June.
Mais, pourquoi tu me repousses ? Pourquoi ton regard est si froid ? Où est la lueur qui brillait dans tes si beaux yeux noirs ? Pourquoi tu me tournes le dos ? Pourquoi tu t`en vas ?
- Je ne veux plus te voir, April. Je te hais, autant que je hais ces idiots d`allemand dont nous nous prétendions être des fans. Je passerais chez toi ce soir, chercher mes affaires.
June ? Je meurs sans toi, sans ton regard, sans ton sourire ... Si tu t`en vas, une partie de moi disparait ..
_________________STANDORT VON JUNE
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♪ Wenn nichts mehr geht Wird ich ein Engel sein Für dich allein ((8))
Je recouvre ma tête de mes draps blancs, ignorant presque que je suis déjà en retard. Une vieille habitude que j`avais longtemps gardée avec April. Mes yeux se ferment, bercés par la musique. J`ai depuis longtemps oublié qui ils étaient. Les Tokio Hotel. Un nom absurde, en plus. Dans un élan de colère l`autre jour, j`ai déchiré chacun de leur poster, et brûlé ce qui leur appartennait. J`avais capturé la serviette de Tom, mais elle a fini dans ma cheminée, balancée dans les flammes comme un torchon négligé. Chacun des bruits que faisait le papier déchiré m`emplissait d`une haine de plus en plus insolente. Je les haïssais, je les aimais. Je passais d`un statut à un autre, jusqu`à ce que l`indifférence s`empare de mon coeur. C`était fini. En une après midi, je venais de détruire ce qui me nourrissait. Ce qui me nourrit, ce qui me détruit. Cette attitude me faisait à présent vomir. Mon reflet, ma vie, mon monde. Comment pouvais-je dans une saleté pareille ? Depuis quand étais-je ainsi ? Si April me voyait ... J`en vomis. Je balance les draps, et mes pieds touchent enfin le sol froid de ma chambre. Même elle, dans laquelle je me sens habituellement bien, me répugne. Je crois que je suis dans une période où chacun des faits de ma vie me donne enfin de gerber. Je suis à bout. Alors c`est ça, la dépression ? Pauvre conne. Mon reflet me débecte. Mais lui, je ne peux pas le déchirer, ou le brûler. Je dois m`en contenter, inlassablement. Mon téléphone se tait enfin, & penchant mes doigts habiles sur le clavier déjà souillé, j`observe le nom d`April clignoter sur l`écran. Depuis quand ne lui ai-je pas parlé ? Les heures défilent, et je repousse à plus tard notre discussion.
« Tu étais où ? - En dépression »
Le lycée me parait être l`endroit le plus apte à la souffrance. Une punition de la vie, pour naître imbécile et mourir stupide. L`absurdité de l`homme résumée dans un bâtiment aux couleurs blanchâtres. Voir les mêmes gens, les mêmes hypocrisies, encore, et toujours. La fatigue se fait sentir, et mon visage n`en démontre pas moins une jeune fille parfaire. Je me présente. June Ulhde. Dans cet établissement, mon nom résonne sur chaque lèvre, autant que celui d`April Smith. À nous deux, nous formons les deux personnes les plus populaires du lycée. Belles, intelligences & supérieures. Nous dominons le monde car nous le détestons. D`apparences, April et moi n`étions que des filles superficielles. Mais derrière ce rideau de beauté, April et moi n`étions que deux filles, meilleures amies depuis nos couches culottes et complices au possible. Nous nous foutions éperdument des gens, tant que l`on était l`une & l`autre ensemble. Elle était moi, et j`étais elle. Passé. Il n`aura suffit que de deux semaines. Deux semaines pour détruire dix sept ans de vie commune. April était ma vie, mon souffle. Elle était mon oxygène et le sang qui coulait dans mes veines.
Je me rendais chez elle. Ces vacances s`annonçaient merveilleuses. Et puis, le drame. Tout se déroulait à merveille. Chaque détail avait été minutieusement étudié. Mais il a fallu que tout s`effondre. Ce monde, construit depuis des années, cette solidité que je m`efforçais de conserver. J`ai pris le bus, comme chaque matin. Ecouteurs aux oreilles, je me laissais emporter dans ce monde que personne ne connaissait. On appelle ça la pensée, j`appelle ça mon secret. L`arrêt était passé, et j`oubliais de descendre. Etourdie, mais pas pour autant exaspérée, je pris le suivant. De toute façon, April serait sûrement dans son lit, avec un garçon qu`elle ne connaissait que de la veille. En y repensant, j`aurais peut-être dû me diriger directement vers chez elle, pourtant, ce matin là, le soleil surplombant la ville, je me suis avancée jusqu`au quartier bourgeois. Marcher me plaisait. Le bruit de la ville m`amusait. J`étais une fille urbaine, technologie et modernité étant mes idéaux. Un pas, deux pas, et un carrefour. Il était là. Je l`aurais reconnu entre mille. Steven. Ce garçon était, par définition, notre victime. Il avait eu le malheur de tomber amoureux d`April. Une fille comme elle n`aurait jamais pû sortir avec un garçon comme lui. Le poussant à la dépression, il avait quitté l`école il y a quelques jours, sous le regard moqueur de l`école toute entière. Je me suis approchée du passage piéton. Le bonhomme était vert. Pourquoi ne traversait-il pas ? Son regard s`est tourné vers moi. Un triste sourire s`afficha sur ses lèvres, tandis qu`un sombre voile traversa son regard. Le vert remplaça le rouge, et son pied se posa sur la première bande blanche. S`en suivit d`un deuxième, puis d`un troisième. Ses pas s`enchaînèrent. Le camion roulait trop vite, non conscient qu`un adolescent traverserait le passage à ce moment précis. Je laissai tomber mon ipod, tandis que lentement, mes yeux se fermèrent. Cela me rendait aveugle, et non sourde. Le choc projeta le corps, et les ténèbres m`entourèrent.
Mes pas claquent contre le sol, et je me rends directement chez le directeur. Proviseur Segher. Son nom me rappelle mes origines. June, la fille dont la mère, Katia, en plus d`être propriétaire d`un bar à la mode, est allemande. June est alors intelligente. Elle parle anglais, allemand, et français. Elle excèle dans toutes les matières, et accompagne les premiers de classe. En plus, June est belle et elle est bonne. June est à la fois l`amie à avoir, et la petite copine idéale. June traîne avec des tas de gens, et elle connaît tout le monde. Vous voyez, cette fille exaspérante, c`était moi. Merde. J`ai juste arrêté de faire semblant d`être quelqu`un d`autres. Je frappe, et j`entre.
- Mademoiselle Ulhde. Encore en retard. Vous rejoindrez votre amie, Mademoiselle Smith, en retenue.
Mon regard se pose sur April, assise devant le proviseur. Merde, April, je suis morte. Ne te retourne pas. Pourtant, elle pivote, et me sourit. Bonjour, bienvenue en enfer. Le directeur me tend les deux papiers de couleur violette, & April se lève. Complétant mes pas, elle m`accompagne jusqu`à la sortie, et nous nous retrouvons dehors, dans ce long couloir un peu glacial. Des bras m`entourant, et une bouche se colle contre ma joue.
- Tu m`as tellement manqué ma June.
Je la repousse. Elle trébuche, et se retrouve à quelques pas de moi. Je vois que son regard a changé. Je vois que dès maintenant, le drame commençait à s`approcher. Le compte à rebours venait de commencer. Mon adieu à April se ferait. Mon dégoût venait d`en témoigner. Je connaissais April par coeur, et elle n`allait pas crier. Elle allait juste me regarder, s`attendant à un éclat de rire. Mais je n`en fis rien. Resserrant la bandouillère de mon sac dernier cri, je la dépassa et avança dans le couloir. Elle resta immobile. April. Elle était mon passé. Et je ne pouvais encore savoir que sa propre destruction me ferait connaître les garçons que des milliers de fans convoitaient. Je les aimais ces mecs, même s`ils nous faisaient parfois souffrir, April et moi. Quitter April me permettra de les rencontrer. Mais comment pouvais-je savoir alors que le drame était fin prêt à être enclenché ?
- Je ne veux plus te voir, April. Je te hais, autant que je hais ces idiots d`allemand dont nous nous prétendions être des fans. Je passerais chez toi ce soir, chercher mes affaires.
Désolée. Le mot ne sort pas, et pendant que je suis encore dos à elle, je sens les larmes s`emparer de mon regard. Mais mon attitude hautaine n`en démontre rien. J`avance majestueusement dans le couloir, m`éloignant un peu plus d`elle à chaque pas. Je te hais. Et c`est parce que je t`aime que je te hais. Voilà, le drame pouvait commencer.
_________________STANDORT VON GUSTAV
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- Alors, il paraît que tu as une grande nouvelle à nous annoncer, David ?
- Et oui ! Nous avons réussi à organiser une tournée française. Ca peut paraître sommaire, mais les fans françaises sont de plus en plus nombreuses. Ce sera en octobre
- Mais c`est génial David !
La voix euphorique de Bill traversa la salle, tandis que des éclats de rire emplissaient la salle. Emu, David regarda ces quatres garçons, sortis à peine de l`adolescence. Ils étaient sa nouvelle famille et ils les avaient mené jusqu`à la gloire. Aujourd`hui, savoir qu`ils étaient les idôles du moment le remplissait de fierté.
La France n`était qu`à un pas.
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Voilà, le second chapitre. Présentation des deux personnages féminins de l`histoire, & Introduction des Tokio Hotel. On veut des critiques, des avis, & des commentaires . La suite arrivera progressivement.
Sachez que notre but, sinon le tragique, est à la fois de critiquer certains aspects de la vue et de vous faire ressentir des choses. Nous aimons par dessus tout le fait que certains vivent nos mots. Que ces derniers ne soient pas juste là pour former des phrases, mais qu'ils servent à vous prendre aux tripes.
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_________________STANDORT VON APRIL
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# Du bist alles was ich bin (8) #
Je souris bêtement. Tom parle de ses derniers exploits pendant que Bill boit chacun des mots de son jumeau, comme si ceux-ci allaient le déshaltérer d`une soif sans fin de lui. Georg, écoutant attentivement le dreadeux, affiche un petit sourire en coin alors que Gustav regarde ses mains qui battent la mesure à un rythme réguiler. Je les aime ces mecs, même s`ils nous font parfois souffrir
June et moi. L`interview terminée, je ferme la fenêtre et quitte l`ordinateur. Je prends mes tout nouveau livres de cours et les fourre à la hâte dans mon sac. Une bouteille d`eau, ma trousse de maquillage, un peu d`argent pour ce midi, mon portable, mon Ipod, sans oublier le cadeau que j`ai ramené de Grèce pour June. Ca devrait lui plaire, je ne peux pas m`être trompée, je connais ses goûts par coeur ...
Il n`y a plus personne dans la cour de l`école. Normal. Je suis en retard, comme toujours. Les profs ne m`en tiendront pas rigueur, je suis la reine ici.
Je m`avance vers la porte d`entrée, la tête haute, le sourire aux lèvres. Je vais revoir June. J`espère qu`elle a passé de bonnes vacances. Je n`ai pas eu beaucoup de nouvelles d`elle mais bon, je suppose qu`elle était trop occupée pour pouvoir m`appeler.
J`ouvre la dite porte. Rien n`a changé. Le sol est toujours recouvert de cet horrible carrelage gris, les murs n`ont pas été épargnés de leur couleur blanc cassé déprimante, il manque toujours des portes aux casiers défoncés par les petites racailles, les serrures des portes de classe sont toujours bouchées par des mouchoirs en papier ou encore par le chewing-gum d`un p`tit malin de troisième. Vraiment n`importe quoi. Je pense mériter mieux quand même.
Le bureau du proviseur se trouve, lui aussi, toujours au fond du couloir à gauche. L`écriteau « Proviseur Segher » a, quant à lui, été remplacé apparemment. Quelques élèves rancuniers ?
J`hésite à aller chercher mon retard. Bah, je suis de toute façon forcée de passer par là, je ne sais pas dans quelle classe on m`a mise cette année. Encore avec des p`tits cons je suppose. Il n`y a que ça ici. June et moi, on les remettra bien à leur place dès qu`ils feront un peu trop de leur gueule à notre goût.
Je me dirige d`un pas assuré vers la pièce. Je n`ai aucun mal à garder la tête froide devant les " autorités compétentes " comme dirait June x) Ils ne nous font absolument pas peur, leurs sanctions encore moins. Nos parents ne sont jamais au courant de nos aventures car on a appris, à force de retenues pour causes diverses, à détourner la faute sur les autres. Oh et puis merde ! On profite de notre jeunesse, on ne s`enferme pas dans des règles, on ne nous impose rien, on fait ce qu`il nous plait même si ça dérange et on vous emmerde.
J`empoigne la poignée de porte d`un geste vif, je passe ma tête en premier pour voir si Mr Segher est bien présent car je n`ai pas pris la peine de frapper avant. Il relève la tête et m`adresse un sourire quelque peu ironique. Il dépose lentement son stylo, croise les bras comme pour me dire qu`il attend des explications et se redresse sur sa chaise de bureau.
- Qu`est-ce que vous m`avez encore préparé comme excuse cette fois-ci mademoiselle Smith ?
Il avait posé cette question d`un ton à la fois las et énervé. Il se souvenait bien de moi. Comment nous oublier June et moi ? Smith est le nom de ma mère. Cela vous parait peut-être bizarre mais je n`ai jamais voulu qu`on m`appelle par mon vrai nom de famille : Leblanc. Ce serait comme porter le nom d`une personne que je ne connais pas. Je vis avec ma mère qui est australienne d`origine mais qui a vécu toute son enfance et son adolescence dans le sud du Canada. Elle a quitté ses parents à l`âge de 18 ans pour venir s`installer en France à cause d`un beau jeune homme brun aux yeux verts, mon père. Ils ont vécu une divine idylle pendant plus de cinq ans. Je suis née la sixième année. Autant vous dire tout de suite que je n`étais pas en enfant désiré. Mon père, Adrien, a été rejoindre sa maitresse, laissant ma mère livrée à elle-même avec un enfant à sa charge, après deux ans de mensonges. Oui, j`étais une charge pour elle mais elle n`a jamais bronché et m`a élevée du mieux qu`elle pouvait. C`est grâce à elle que je suis telle que je suis auourd`hui. Elle s`appelle Heather. C`est joli, non ? Comme elle.
- Mon réveil n`a pas sonné.
Cette fois, je ne mentais pas. Il soupire.
- Asseyez-vous.
Je m`exécute tout en prenant bien mon temps. Je lui souriai pour lui montrer qu`il ne m`impressionnait pas. Si June avait été là, elle n`aurait même pas pris la peine de prendre place sur la chaise vide à côté de moi, on se serait lancé un regard complice et serions parties en rigolant.
Un léger grincement se fit soudain entendre. Je me retourne et constate avec satisfaction que June et moi étions toujours aussi synchronisées qu`avant. Je lui adressa le fameux sourire complice alors que Mr Segher vint briser le silence.
- Mademoiselle Ulhde. Encore en retard. Vous rejoindrez votre amie, Mademoiselle Smith, en retenue.
Et une de plus. June s`empare des deux petits papiers violets pendant que je me lève et sors de la pièce et ferme la porte derrière elle. De retour dans le long couloir. J`ai un besoin de la serrer contre moi. Je passe mes bras autour d`elle et dépose mes lèvres sur sa joue gauche.
- Tu m`as tellement manqué ma June.
Mais, pourquoi tu me repousses ? Pourquoi ton regard est si froid ? Où est la lueur qui brillait dans tes si beaux yeux noirs ? Pourquoi tu me tournes le dos ? Pourquoi tu t`en vas ?
- Je ne veux plus te voir, April. Je te hais, autant que je hais ces idiots d`allemand dont nous nous prétendions être des fans. Je passerais chez toi ce soir, chercher mes affaires.
June ? Je meurs sans toi, sans ton regard, sans ton sourire ... Si tu t`en vas, une partie de moi disparait ..
_________________STANDORT VON JUNE
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♪ Wenn nichts mehr geht Wird ich ein Engel sein Für dich allein ((8))
Je recouvre ma tête de mes draps blancs, ignorant presque que je suis déjà en retard. Une vieille habitude que j`avais longtemps gardée avec April. Mes yeux se ferment, bercés par la musique. J`ai depuis longtemps oublié qui ils étaient. Les Tokio Hotel. Un nom absurde, en plus. Dans un élan de colère l`autre jour, j`ai déchiré chacun de leur poster, et brûlé ce qui leur appartennait. J`avais capturé la serviette de Tom, mais elle a fini dans ma cheminée, balancée dans les flammes comme un torchon négligé. Chacun des bruits que faisait le papier déchiré m`emplissait d`une haine de plus en plus insolente. Je les haïssais, je les aimais. Je passais d`un statut à un autre, jusqu`à ce que l`indifférence s`empare de mon coeur. C`était fini. En une après midi, je venais de détruire ce qui me nourrissait. Ce qui me nourrit, ce qui me détruit. Cette attitude me faisait à présent vomir. Mon reflet, ma vie, mon monde. Comment pouvais-je dans une saleté pareille ? Depuis quand étais-je ainsi ? Si April me voyait ... J`en vomis. Je balance les draps, et mes pieds touchent enfin le sol froid de ma chambre. Même elle, dans laquelle je me sens habituellement bien, me répugne. Je crois que je suis dans une période où chacun des faits de ma vie me donne enfin de gerber. Je suis à bout. Alors c`est ça, la dépression ? Pauvre conne. Mon reflet me débecte. Mais lui, je ne peux pas le déchirer, ou le brûler. Je dois m`en contenter, inlassablement. Mon téléphone se tait enfin, & penchant mes doigts habiles sur le clavier déjà souillé, j`observe le nom d`April clignoter sur l`écran. Depuis quand ne lui ai-je pas parlé ? Les heures défilent, et je repousse à plus tard notre discussion.
« Tu étais où ? - En dépression »
Le lycée me parait être l`endroit le plus apte à la souffrance. Une punition de la vie, pour naître imbécile et mourir stupide. L`absurdité de l`homme résumée dans un bâtiment aux couleurs blanchâtres. Voir les mêmes gens, les mêmes hypocrisies, encore, et toujours. La fatigue se fait sentir, et mon visage n`en démontre pas moins une jeune fille parfaire. Je me présente. June Ulhde. Dans cet établissement, mon nom résonne sur chaque lèvre, autant que celui d`April Smith. À nous deux, nous formons les deux personnes les plus populaires du lycée. Belles, intelligences & supérieures. Nous dominons le monde car nous le détestons. D`apparences, April et moi n`étions que des filles superficielles. Mais derrière ce rideau de beauté, April et moi n`étions que deux filles, meilleures amies depuis nos couches culottes et complices au possible. Nous nous foutions éperdument des gens, tant que l`on était l`une & l`autre ensemble. Elle était moi, et j`étais elle. Passé. Il n`aura suffit que de deux semaines. Deux semaines pour détruire dix sept ans de vie commune. April était ma vie, mon souffle. Elle était mon oxygène et le sang qui coulait dans mes veines.
Je me rendais chez elle. Ces vacances s`annonçaient merveilleuses. Et puis, le drame. Tout se déroulait à merveille. Chaque détail avait été minutieusement étudié. Mais il a fallu que tout s`effondre. Ce monde, construit depuis des années, cette solidité que je m`efforçais de conserver. J`ai pris le bus, comme chaque matin. Ecouteurs aux oreilles, je me laissais emporter dans ce monde que personne ne connaissait. On appelle ça la pensée, j`appelle ça mon secret. L`arrêt était passé, et j`oubliais de descendre. Etourdie, mais pas pour autant exaspérée, je pris le suivant. De toute façon, April serait sûrement dans son lit, avec un garçon qu`elle ne connaissait que de la veille. En y repensant, j`aurais peut-être dû me diriger directement vers chez elle, pourtant, ce matin là, le soleil surplombant la ville, je me suis avancée jusqu`au quartier bourgeois. Marcher me plaisait. Le bruit de la ville m`amusait. J`étais une fille urbaine, technologie et modernité étant mes idéaux. Un pas, deux pas, et un carrefour. Il était là. Je l`aurais reconnu entre mille. Steven. Ce garçon était, par définition, notre victime. Il avait eu le malheur de tomber amoureux d`April. Une fille comme elle n`aurait jamais pû sortir avec un garçon comme lui. Le poussant à la dépression, il avait quitté l`école il y a quelques jours, sous le regard moqueur de l`école toute entière. Je me suis approchée du passage piéton. Le bonhomme était vert. Pourquoi ne traversait-il pas ? Son regard s`est tourné vers moi. Un triste sourire s`afficha sur ses lèvres, tandis qu`un sombre voile traversa son regard. Le vert remplaça le rouge, et son pied se posa sur la première bande blanche. S`en suivit d`un deuxième, puis d`un troisième. Ses pas s`enchaînèrent. Le camion roulait trop vite, non conscient qu`un adolescent traverserait le passage à ce moment précis. Je laissai tomber mon ipod, tandis que lentement, mes yeux se fermèrent. Cela me rendait aveugle, et non sourde. Le choc projeta le corps, et les ténèbres m`entourèrent.
Chérie tu a entendu ? steven c suicidé . kesketu fou ?
on sinkiète avec les filles. apel moi. April
on sinkiète avec les filles. apel moi. April
Mes pas claquent contre le sol, et je me rends directement chez le directeur. Proviseur Segher. Son nom me rappelle mes origines. June, la fille dont la mère, Katia, en plus d`être propriétaire d`un bar à la mode, est allemande. June est alors intelligente. Elle parle anglais, allemand, et français. Elle excèle dans toutes les matières, et accompagne les premiers de classe. En plus, June est belle et elle est bonne. June est à la fois l`amie à avoir, et la petite copine idéale. June traîne avec des tas de gens, et elle connaît tout le monde. Vous voyez, cette fille exaspérante, c`était moi. Merde. J`ai juste arrêté de faire semblant d`être quelqu`un d`autres. Je frappe, et j`entre.
- Mademoiselle Ulhde. Encore en retard. Vous rejoindrez votre amie, Mademoiselle Smith, en retenue.
Mon regard se pose sur April, assise devant le proviseur. Merde, April, je suis morte. Ne te retourne pas. Pourtant, elle pivote, et me sourit. Bonjour, bienvenue en enfer. Le directeur me tend les deux papiers de couleur violette, & April se lève. Complétant mes pas, elle m`accompagne jusqu`à la sortie, et nous nous retrouvons dehors, dans ce long couloir un peu glacial. Des bras m`entourant, et une bouche se colle contre ma joue.
- Tu m`as tellement manqué ma June.
Je la repousse. Elle trébuche, et se retrouve à quelques pas de moi. Je vois que son regard a changé. Je vois que dès maintenant, le drame commençait à s`approcher. Le compte à rebours venait de commencer. Mon adieu à April se ferait. Mon dégoût venait d`en témoigner. Je connaissais April par coeur, et elle n`allait pas crier. Elle allait juste me regarder, s`attendant à un éclat de rire. Mais je n`en fis rien. Resserrant la bandouillère de mon sac dernier cri, je la dépassa et avança dans le couloir. Elle resta immobile. April. Elle était mon passé. Et je ne pouvais encore savoir que sa propre destruction me ferait connaître les garçons que des milliers de fans convoitaient. Je les aimais ces mecs, même s`ils nous faisaient parfois souffrir, April et moi. Quitter April me permettra de les rencontrer. Mais comment pouvais-je savoir alors que le drame était fin prêt à être enclenché ?
- Je ne veux plus te voir, April. Je te hais, autant que je hais ces idiots d`allemand dont nous nous prétendions être des fans. Je passerais chez toi ce soir, chercher mes affaires.
Désolée. Le mot ne sort pas, et pendant que je suis encore dos à elle, je sens les larmes s`emparer de mon regard. Mais mon attitude hautaine n`en démontre rien. J`avance majestueusement dans le couloir, m`éloignant un peu plus d`elle à chaque pas. Je te hais. Et c`est parce que je t`aime que je te hais. Voilà, le drame pouvait commencer.
_________________STANDORT VON GUSTAV
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- Alors, il paraît que tu as une grande nouvelle à nous annoncer, David ?
- Et oui ! Nous avons réussi à organiser une tournée française. Ca peut paraître sommaire, mais les fans françaises sont de plus en plus nombreuses. Ce sera en octobre
- Mais c`est génial David !
La voix euphorique de Bill traversa la salle, tandis que des éclats de rire emplissaient la salle. Emu, David regarda ces quatres garçons, sortis à peine de l`adolescence. Ils étaient sa nouvelle famille et ils les avaient mené jusqu`à la gloire. Aujourd`hui, savoir qu`ils étaient les idôles du moment le remplissait de fierté.
La France n`était qu`à un pas.
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Voilà, le second chapitre. Présentation des deux personnages féminins de l`histoire, & Introduction des Tokio Hotel. On veut des critiques, des avis, & des commentaires . La suite arrivera progressivement.
Sachez que notre but, sinon le tragique, est à la fois de critiquer certains aspects de la vue et de vous faire ressentir des choses. Nous aimons par dessus tout le fait que certains vivent nos mots. Que ces derniers ne soient pas juste là pour former des phrases, mais qu'ils servent à vous prendre aux tripes.