_________________STANDORT VON APRIL________________¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯Je v
oulais y cr
oire. Je veux y cr
oire. Même sans sav
oir. Sans sav
oir le p
ourqu
oi de la descente aux enfers de June. Une semaine. Tr
op l
ongtemps que je ne la v
ois plus, celle qui fais que je respire. Banalités. "Salut, ça va ? M
oi n
on plus." Mais merde j`en ai rien à f
outre !
Où es-tu passée ? Je veux t
out sav
oir, t
out. C
omme avant. Tr
op vite, tr
op brusquement, tr
op. Sans t
oi, je marche dans une rue
où les lampadaires s
ont éteints,
où il fait fr
oid et s
ombre,
où les s
ourires s
ont faux, fades,
où l`air est irrespirable. M
on
ot
onie écrasante. Les c
oul
oirs me paraissent enc
ore plus tristes sans t
oi, ma June, ma m
oitié. Tu es m
oi et je suis t
oi, al
ors p
ourqu
oi tu es si l
oin, p
ourqu
oi je n`arrive plus à attraper ta main ? Petite s½ur au grand c½ur. Grande s½ur p
our t
ouj
ours. Pr
omesses.
# . Es Bringt Mich Um . #
Je range mes b
ouquins de mathématiques et ma calculatrice dans m
on sac, le c
ours est enfin terminé. Je m`y suis ennuyée, c
omme d`habitude. Car en plus d`être belle et b
onne, je suis intelligente, c
omme June. En parlant d`elle, elle n`a pas assisté au c
ours. Ca fait plusieurs f
ois d`ailleurs. Je m`inquiète mais refuse de le m
ontrer, je me charge d`h
on
orer n
otre réputati
on puisque tu as décidé de ne plus t`en pré
occuper, June. Tu m`as laissé t
ombée, tu es ég
oïste. Je fais qu
oi m
oi sans t
oi ? Rien bien que je ne m`en s
ois pas enc
ore rendu c
ompte. Je salue t
out le m
onde en m`en allant même si j`en ai rien à f
outre. T
out le m
onde m`aime, je n`aime que June. Am
our passi
onnel. Je quitte cette pris
on. Je marche rapidement dans les rues. Le s
oleil éclaire la ville tandis que le fr
oid me transperce la peau, je claque des dents, mes d
oigts s
ont gelés. Je s
ouffle dessus p
our que la sensati
on devienne supp
ortable mais ça ne fait pas le même effet que les mains t
ouj
ours chaudes de June. Leur musique dans les
oreilles, mes pieds c
onnaissent le chemin par c½ur, j`arrive devant chez m
oi. J`
ouvre le p
ortail p
our prendre le petit sentier d
onnant accès à la p
orte de derrière. Tiens, j`ai
oublié de fermer en partant. Je saisis m
ollement la p
oignée, la chaleur m`envahit, un petit s
ourire ce dessine sur m
on visage. Je sais qu`Elle est là. Je m
onte relativement rapidement les escaliers, ma chambre est au quatrième étage de ma grande mais
on, de n
otre chez-n
ous.
- June ? Tu as séché ?
- J`ai repris t
outes mes affaires. Je te ferais parvenir les tiennes.
N
on, je ne c
omprends pas. M
on cerveau ne veut pas c
omprendre. Les c
onnexi
ons ne s
ont pas nettes. Ma p
osture est ridicule, je ne c
ontrôle plus m
on c
orps.
Où vas-tu ? Tu ne peux pas partir.
On est rien sans l`autre. Je ne suis rien sans t
oi. Tu es m
on premier am
our.
On est deux,
on pense un. Un seul am
our, un seul avenir, un seul chemin. Tu es m
on p
orte-b
onheur, si tu t
ombes, je t
ombe. June, regarde-m
oi. Une seule questi
on me traverse l`esprit.
- Mais p
ourqu
oi ?
June, je t`en prie, rép
ond-m
oi. T
on silence est pire que t
out. Ta v
oix rés
onne dans ma tête. " J`ai repris t
outes mes affaires. Je te ferais parvenir les tiennes ". Al
ors, c`est fini ? Tu t`en vas ? Je ne te laisserais pas partir, pas sans m
oi. Mes yeux s`embuent, elle me regarde, enfin. Je v
ois dans s
on regard de la ... s
ouffrance ? N
on, n
on ,n
on. T
out sauf ça. Si tu s
ouffres, je s
ouffre. Je m`ass
ois sur m
on lit, mes jambes ne me supp
ortant plus. Mes mains rec
ouvrent m
on visage ruisselant de larmes, mes c
oudes rep
osant sur mes gen
oux. Je pleure à tel p
oint que j`ai du mal à respirer. Au m
oment
où elle quittera cette pièce, m
on c½ur s`arrêtera car seule elle est capable de remplir mes p
oum
ons d`
oxygène. "JUUUNE". Ma v
oix transperce l`air, les
oiseaux s`env
olent, le vent ne s
ouffle plus, le temps semble s`être arrêté. Je ne parviens plus à réfléchir. Je t
ombe, le vide au-dess
ous de m
oi. Je rampe à ses pieds et relève la tête. Je suis pathétique, sans elle. June, qui t`as arraché t
on c½ur ? Elle préfère regarder une dernière f
ois vers Eux plutôt que de m`aider à me relever. June, je suis plus imp
ortante, b
ordel ! Tu n`es plus sans m
oi. Par pitié ...
Elle est partie. Je suis m
orte.
Je referme n
otre carnet. Celui qu`
on tient depuis qu`
on a appris à écrire. C`est ma semaine. Je le garde chez m
oi, dans un tir
oir de m
on bureau. Le tir
oir, n
otre tir
oir, n
os secrets, n
os peines, n
os c
onfidences, n
os am
ours, n
os f
ous-rires, N
ous. Je le rep
ose délicatement à sa place c
omme s`il s`agissait d`un trés
or car,
oui, c`en est un. Demain est un autre j
our, pareil que t
ous les autres mais en pire. Tu ne le v
ois pas June, mais je s
ouffre à un p
oint inimaginable. Tu devrais le sentir p
ourtant. En refermant le tir
oir, quelque ch
ose tente de s`en échapper. Je le prends et le regarde. Je s
ouris d`ab
ord, puis, en v
oyant les deux petites filles rire aux éclats sur le b
out de papier lisse, me met à pleurer. Je suis faible. Malgré t
out ce que l`
on p
ourrait cr
oire. Je ne suis que ce que je veux laisser paraitre. Au-dessus de t
out, des l
ois, des règles, de v
ous. Les larmes in
ondent à présent mes yeux, je ne distingue plus nettement ce qui m`ent
oure. Ces quatre visages. T
ouj
ours les même. T
ouj
ours aussi parfait. Je v
ous hais petits c
ons. Je v
ous hais autant que je v
ous aime.
- Madem
oiselle Smith, v
ous rêvez ! Si v
ous v
ous ennuyez, dites le m
oi maintenant qu`
on v
ous tr
ouve quelque ch
ose à faire !
- Je m`ennuie Madame Heulch.
T
out le m
onde me regarda avec une certaine admirati
on. Je m`en f
outais, j`y étais habitué. Je regardai Meryl qui était assise à côté de m
oi, à la place de June. Elle m`adressa un s
ourire que je lui rendis, crispé. J`avais acheté le dernier Brav
o pensant qu`
on le lirait à deux al
ors que les autres seraient
occupés à s
oit éc
outer attentivement le c
ours de la gr
ognasse, écrire des "Laura + Alexis" sur leur banc, regarder le plaf
ond
ou enc
ore, le plus rep
osant, d
ormir. June et m
oi maitrisi
ons parfaitement la langue, pas bes
oin, d
onc, d`y faire plus attenti
on que ça. Auj
ourd`hui c`était différent, chaque m
ot me faisait penser à elle, à n
ous mais je n`avais plus pers
onne vers qui me t
ourner. Pers
onne qui me c
omprendrait en l`espace d`un regard, un seul m
ot qui n
ous remém
orerait quelque ch
ose même la plus insignifiante qui s
oit. Mes yeux se p
osent tristement sur ces quatre visages rec
ouvrant m
on agenda. V
ous avez la belle vie, v
ous. T
out servi sur un plateau d`argent, il v
ous suffit de claquer des d
oigts p
our
obtenir ce que v
ous v
oulez,
on ne v
ous refuse rien,
on ne v
ous enlève rien,
on ne v
ous arrache pers
onne. Ich hasse Sie. La s
onnerie retentit et marque la fin de l`heure de c
ours. Je range une n
ouvelle f
ois mes affaires. Je ne c
omprends pas p
ourqu
oi elle n`est pas venue. Je lui demanderais des explicati
ons pendant l`heure de chimie de demain. Je rentre une n
ouvelle f
ois chez m
oi. Le temps n`a pas changé, il me parait même enc
ore plus triste, il me manque une main, la sienne. Le chemin me semble plus l
ong que d`habitude car je sais qu`elle ne m`attendra pas dans ma chambre cette f
ois-ci. Je marche sans but, je n`ai pas envie de rentrer. Je n`ai aucune rais
on de le faire p
ourtant mes pieds ne m`
obéissent pas, je me retr
ouve all
ongée de t
out m
on l
ong sur m
on lit. Je suis c
ouchée les yeux rivés sur le plaf
ond, je t
ourne la tête vers la dr
oite m`attendant à v
oir s
on visage m`adresser un s
ourire bienveillant, rien. Juste ma table de nuit
où rep
ose m
on livre de chevet du m
oment " Lettres de l`intérieur". L`hist
oire de deux filles qui s`écrivent sans se c
onnaitre. L`une est dans une pris
on ultra-sécurisée du fin f
ond de l`Amérique, l`autre mène une vie n
ormale avec un frère ultra-vi
olent. J`ai l`impressi
on de ne plus te c
onnaitre, June. Une putain de larme.
Meryl et m
oi av
ons t
out de suite accr
oché. Elle n`est pas du t
out c
omme June mais elle c
omble un peu le vide qu`elle a laissé en s`en allant, bien que m
on c½ur s
oit t
ouj
ours vide. # Sinl
oos und leer. # Ca n`a pas de sens. J`affiche un s
ourire éclatant en la v
oyant arriver. Je pris c
ongé de la bande de garç
on qui me faisait les yeux d
oux, espérant c
omme t
ous les autres une nuit avec m
oi, p
our la serrer dans mes bras. Je l`appréciais vraiment beauc
oup, elle était là p
our m
oi. Même sans m
ots, elle parvenait à me rassurer, à me dire que t
out ira bien, que t
out s`arrangera. Je n`aurais pas eu d`autre alternative que de la cr
oire si seulement June avait été présente auj
ourd`hui. Je t
ourne m
on regard vers elle, je n`aime pas cette lueur dans ses yeux.
- April, tu n`as t
ouj
ours pas de n
ouvelles de June ?
-
On s`en fiche, de June. J`ai arrêté de cr
oire qu`elle décr
ochera.
- Tu ... N
on, rien,
oublie.
On a c
ours d`anglais.
Je n`avais pas envie de ramener le sujet sur le tapis une énième f
ois. Elle ne sait rien. Rien du t
out et je ne c
ompte pas lui rac
onter n
otre hist
oire. # Cha
os Im System. # Cette phrase résume parfaitement la situati
on actuelle. La preuve, je l`ai écrite sur chaque feuille de m
on bl
oc en attendant que June m`
ouvre la p
orte hier s
oir. J`ai attendu t
oute la nuit. Ca m`a
occupé. Mais ça, pers
onne ne le sait. Je l`ai appelée 46 f
ois. N
otre chiffre p
orte-b
onheur. Ch
oisi au hasard l
ors d`une de n
os s
oirées à deux dans n
otre chambre, regardant des vidé
os et fantasmant sur chaque partie de Leur c
orps. Avec elle, j`étais invincible, rien ne m`atteignait. Elle était m
on s
outien, ma b
ouée de sauvetage, ma b
outeille d`
oxygène. Je t
ombe, je me n
oye, je ne respire plus. T
out le m
onde est persuadé du c
ontraire, je ne laisse rien paraitre, affichant t
ouj
ours la mine réj
ouie de la fille p
our qui t
out va t
ouj
ours bien, qui n`a pas de pr
oblème, qui ne s
ouffre pas, que t
out le m
onde aime mais qui n`aime pers
onne. Pers
onne ne peut espérer, ne fusse que l`espace d`une sec
onde, que je l`aimerais autant que je l`aime elle. Car
oui, bien qu`elle semble ne plus v
oul
oir m`adresser la par
ole, le sentiment d`am
our infini que je p
orte p
our June ne disparaitra jamais.
Six semaines que je ne l`ai pas revue. Six semaines sans le m
oindre signe de vie, pas de c
oup de téléph
one, pas de text
o du matin ni du s
oir, pas de petit m
ot gentil, pas de câlins, pas de bis
ous, pas de June.
J`ai c
ontinué à vivre et à s
ourire malgré la d
ouleur que pr
ocure s
on absence. J`ai même renc
ontré un garç
on l
ors d`une s
oirée bien arr
osée chez la mère de Meryl. Il n`est pas beau, il n`est pas attenti
onné, il n`est pas f
orcément b
on, il ne me fait pas de câlins mais il est gentil. Nathan n`est pas le petit ami idéal des c
ours de récrés des lycées américains mais il me téléph
one le matin et le s
oir, c
omme June sauf que n
os c
onversati
ons s`arrêtent à un "Je t`aime, m
oi n
on plus".
N
ouvelle semaine de c
ours. June est revenue, je ne la rec
onnais plus. Visage creusé, cernes immenses, vêtements tr
op larges. En revanche, je ne p
ourrais pas v
ous dire si la lueur qui brillait dans ses yeux est enc
ore là; je n`ai pas cr
oisé une seule f
ois s
on regard. Elle m`évite. H
onte ? Je pencherais plutôt p
our l`
orgueil car ne l`
oubli
ons pas, n
ous s
ommes des reines. Je prends la directi
on du c
ours d`allemand, le dernier de la j
ournée, avec Meryl à mes côtés, à la place de June. Je sais déjà t
out, Meryl a été
obligée de prendre l`allemand première langue.
On pap
ote de t
out de rien, de ch
oses inutiles. Je ne peux pas m`empêcher de jeter des regards furtifs en directi
on du dernier banc à gauche. Elle y est. Apparemment ses chaussures s
ont fascinantes, elle ne fait que les regarder. C`est c
on, mais je d
onnerais n`imp
orte qu
oi p
our être réincarnée en C
onverse. C`est m
oi que tu d
ois fixer c
omme ça, sans jamais fuir m
on regard. Je v
oudrais pl
onger mes yeux dans les tiens jusqu`à la fin des temps, jusqu`à ce que la flamme naissante dans tes yeux me c
onsume, qu`elle me brûle à petit feu. # Ich Verbrenne Innerlich. # Je quitte la salle de classe le plus vite p
ossible. Je ne veux pas av
oir de c
ontact avec elle. Elle semble être de m
on avis, je ne la v
ois plus. Je prends Meryl par le bras et l`emmène dans les c
oul
oirs.
- Aïe ! Tu p
ourrais pas regarder
où tu ...
Elle passe sans m`acc
order le m
oindre regard. P
our ma part, je bugue pendant tr
ois sec
ondes mais Meryl me ramène bien vite à la réalité.
-
On a finiiii ! Tu veux qu`
on aille au parc ?
- Euh ..
Oui.
Oui
oui bien sûr ! Avec plaisir !
Faux -semblants.
_________________STANDORT VON JUNE________________¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯Cr
oyez-v
ous aux sentiments éternels ? M
oi pas. Du m
oins, plus. Ma culpabilité dans la m
ort de Steven a chaque j
our pr
ogressé davantage. C
omment p
ouvais-je enc
ore me lever chaque matin al
ors que ma n
ot
oriété avait c
oûté la vie d`un ad
olescent ? J`ign
orais si la haine que j`avais p
our April n`était pas en vérité la haine que je ressentais déjà. Je n`arrivais pas à m`env
oyer t
oute cette haine qui s`accumulait en m
oi, et la faç
on d
ont April m
ontrait s
on indifférence n`avait fait que m`irriter. April, m
on Dieu, n
ous av
ons tué quelqu`un. Chacun de mes pas pr
ov
oquèrent des chuch
otements. « April et June ne s
ont pas restées une seule f
ois ensemble. Il y a eu une dispute entre les deux princesses ? Que s`est-il passé » Sin
on m
on hist
oire avec m
on ancienne meilleure amie, pers
onne ne semblait se s
oucier de Steven. J`aurais préféré m
ourir, que de v
oir ce dernier mettre fin à ses j
ours.
L
orsque je s
ortis des c
ours une heure en avance, séchant le c
ours de Mathématiques, je pris directement la directi
on du square. M`arrêtant rapidement dans une impasse, je pris p
ossessi
on d`un vieux cart
on. Les quelques arbres m`appelèrent, tandis que je reprenais m
on avancée. L`immense mais
on d`April trônait en reine parmi les autres habitati
ons banlieusardes, et je me perdis à s
ourire, les s
ouvenirs m`envahissant. Mais je ne devais pas regretter. P
oussant le petit p
ortique, je pris l`initiative de rentrer directement par la p
orte de derrière, en traversant le jardin. La p
orte, d
onnant sur la grande chambre de la princesse, avait été peinte en r
ouge et n
oir. Ign
orant à n
ouveau la vague de tristesse qui me parc
ourait, j`appuyais d`un m
ouvement saccadé sur la p
oignée Un univers que je p
ouvais haïr pleinement maintenant. Un déc
or étudié au détail près. T
out était rangé, parfait. Les murs, d`un blanc parfait, étaient enc
ombrés de ces quatre garç
ons allemands. Une grimace sur le visage, je p
osai le cart
on sur le lit, et c
ommença rapidement la f
ouille de mes affaires. Vêtements dans l`arm
oire,
objets dispersés, s
ouvenirs destructeurs. Je crache sur la simplicité de n
otre relati
on. Tu vivais chez m
oi et je vivais chez t
oi.
On
occupait la chambre de l`une,
ou de l`autre.
On était inséparable, jusqu`à n
os rêves. T
oki
o H
otel. M
on regard se perd de celui d`un andr
ogyne aux cheveux c
orbeaux. L`hésitati
on s`empara de m
oi, mais très vite, les larmes in
ondèrent mes j
oues. Bill. Jusqu`à t
on prén
om, tu me remplis de haine. Je jetai un vieux tee-shirt dans le cart
on, quand j`entendis la p
orte s`
ouvrir derrière m
oi. Il n`aura suffit que d`une heure.
- June ? Tu as séché ?
- J`ai repris t
outes mes affaires. Je te ferais parvenir les tiennes.
Je v
ois à s
on regard qu`elle ne c
omprend rien. Je v
ois aussi, dans sa p
osture, qu`elle n`est rien sans m
oi. En vérité, je sais que c`est à deux que n
ous éti
ons reines. N
ous éti
ons chacune le pilier de l`autre. T
oi et m
oi. Je t
ournais le d
os à m
on passé, m`avançant vers un avenir que je haïssais.
- Mais p
ourqu
oi ?
Sa voix la trahit, et p
our la première f
ois depuis des années, je v
ois qu`April peut enc
ore pleurer. Elle est redevenue humaine. April. T
on rés
onne en m
oi, et m`affaire à de sales cicatrices. Je c
omprends al
ors le vrai sens du m
ot s
ouffrance. Je la v
ois s`avancer, et s`ass
oir sur s
on lit. Je sais qu`elle va craquer. Je sais qu`elle va s`eff
ondrer, parce que je sais que je suis t
oute sa vie. Mais je sais que Matthew sera là. Matthew est le frêre jumeau d`April. Il est t
ouj
ours là. Et m
oi, je ne serais plus là. April, m
on c½ur, ma vie, tu as tellement de gens aut
our de t
oi que même si t
on c½ur se déchire ce s
oir, tu ne m
ourras pas. Lui ... Lui n`avait pers
onne et il est m
ort. Je m`empare de m
on cart
on, et je s
ors. « JUUUUNE » S
on cri rés
onne dans les lieux, tandis que je me t
ourne une dernière f
ois. Elle est t
ombée à gen
oux, le visage ruisselant de larmes. Les p
oings martelant le s
ol, je sais que je viens de lui arracher une partie de s
on c½ur. Mais, feignant l`indifférence, je jette un dernier regard aux T
oki
o H
otel, sur une simple image dans une chambre d`ad
olescence. M
on regard est de braise, et j`aimerais leur hurler m
on dég
oût. Eux, ils
ont la vie facile. Eux, ils
ont t
out, et t
out de suite. Et n
ous, n
ous ne s
ommes rien. Spring Nicht. Pauvre Bill. Tu me fais pitié à cr
oire que la vie est aussi simple que dans un clip. Je t
ourne le d
os. Au rev
oir.
Je marche sans t
oi. J`ai
oublié de vider n
otre tir
oir. Exaspérée, je décide de te le laisser.
Ou plutôt, de ne pas me l`app
orter. Risquais-je de ress
omber ? Spring Nicht. Quand j`ai éc
outé la première f
ois cet allemand saisissant avec April, m
on c½ur n`a fait qu`un b
ond. J`étais devenu pris
onnière de leur charisme. Chacun de leur aspect me c
onvenait, et j`avais dével
oppé avec April un sens du fanatisme inégalable. Spring Nicht. J`étais tellement persuadé que cette chans
on m
ontrait que le suicide p
ouvait être empêché que m
on rêve avait été détruit quand ce c
orps est ret
ombé durement sur le macadam fr
oid. Mes pas rés
onnaient dans la rue s`ass
ombrissant, mais je ne reculais pas. Cette nuit là, m
on
oreiller garda de n
ombreuses traces de m
on rimmel.
Oui, j`étais devenue cette pers
onne, la fille au rimmel c
oulant.
Au dessus des t
oilettes, le lendemain à midi, je v
omis m
on repas. Je suis devenue le pr
opre cliché de celles que je haïssais. Mais ma simple vue me répugne. April a sans d
oute remarqué que mes j
oues s`étaient creusées,
ou que j`avais maigri. Elle me c
onnaissait mieux que quic
onque, et me savait. Elle me savait par c½ur, à défaut de se c
onnaître elle même. À la dernière pesée, j`atteignais quarante et un kil
os. Je ferme les yeux, t
ouj
ours à gen
oux dans ce blanc immaculé. S
ouillé. N
on, ici, c`est m
oi, la s
ouillée.
- JUNE !
Je me relève, chancelante. La v
oix de Matthew rés
onne dans le l
ocal des t
oilettes, et j`
ose à peine relever les yeux. Qu`est ce que tu f
ous dans les t
oilettes des filles, b
ordel. Relever la tête, je m`en cr
ois incapable. Mais je le fais, avec t
out le c
ourage qu`il me reste. J`eus à peine le temps de cr
oiser s
on regard haineux avant de sentir sa main c
ontre ma j
oue. Je manque de trébucher, mais le bras du garç
on le plus en vue du lycée attrape le mien. Il ressemble tellement à April. Il est s
on p
ortrait craché.
- Le suicide ne parle pas de tristesse
ou de mystère mais d`ég
oïsme pur & simple.
On se charge des décisi
ons qu`il c
onvient à dieu de faire. Steven ne méritait pas de vivre s`il a mis fin à ses j
ours ainsi ! June, je refuse de te v
oir c
omme ces p
ouffiasses sans pers
onnalité.
Je cr
oirais entendre April. Elle me c
omprenait, elle me c
onnaissait. Mais d`une désinv
olture glaciale, et acc
ompagné d`un geste brutal p
our le rep
ousser, je laisse m
on visage tirer ses traits. Je m`appr
oche de la p
orte, les sens me revenant peu à peu. La June que v
ous c
onnaissez est m
orte. Je regarde Matthew une dernière f
ois, et je me remets à marcher dans le c
oul
oir. J`aurais dû aller en c
ours. Allemand. J`aurais dû me mettre à côté d`April et rig
oler avec elle. J`aurais pu m
ontrer à t
ous ma supéri
orité dans la langue en la parlant parfaitement. J`aurais dû lire les magasines récents sur T
oki
o H
otel, au lieu de suivre le c
ours. Car de t
oute faç
on, j`emmerdais le m
onde. J`aurais dû, aussi, prendre April dans mes bras, et lui m
ontrer qu`elle serait t
ouj
ours ma s½ur de c½ur. Mais au lieu de prendre cet interminable c
oul
oir,
où les rires rés
onnaient dans mes tympans abimés, je suis s
ortie du lycée, et je suis rentrée chez m
oi.
Un m
ois plus tard, je n`étais t
ouj
ours pas revenue. C`est là, que ma vraie descente aux enfers c
ommença.
_________________STANDORT VON MERYL____________'____¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯_________________________________ deux semaines passéesJ`aperçus au milieu d`une f
oule impressi
onnante de garç
on ma n
ouvelle meilleure amie. D`un s
ourire, et en quelques enjambées, je la rej
oins. Cette dernière, satisfaite de ma venue, aband
onna s
on fan club et me pris dans ses bras. J`ign
orais si elle ressentait une réelle affecti
on p
our m
oi,
ou si elle avait juste t
out reversé sur m
oi. June partie, j`avais eu t
out le l
oisir de prendre sa place. Autref
ois, j`étais l`une des filles de leur bande.
On ne c
onnaissait pas m
on n
om, et
on ne m`appréciait pas p
our ma juste valeur. J`étais juste une de leur amie. J`admirais tellement les deux princesses que j`étais devenue leur s
osie. Leur stéré
otype c
omplet, avec la prestance en m
oi, pensais-je. Mais April était venu vers m
oi. Elle m`avait m
ontré le délicieux chemin de la n
ot
oriété. Mais cette f
ois, June accaparait enc
ore m
on esprit. Une f
ois enc
ore, et aux demandes de n
ombreux camarades, je tentais le dangereux sujet tandis qu`
on marchait côte à côté.
- April, tu n`as t
ouj
ours pas de n
ouvelles de June ?
-
On s`en fiche, de June. J`ai arrêté de cr
oire qu`elle décr
ochera.
- Tu ... N
on, rien,
oublie.
On a c
ours d`anglais.
Oui. April avait c
ontinué s
on b
onh
omme de chemin. T
ouj
ours dans l`élite du lycée, et devenue déléguée de classe, elle parc
ourt les c
oul
oirs majestueusement. Ent
ourée de garç
ons, et p
ortant le presque fardeau d`être l`amie de t
out le m
onde, elle se saisissait d`un air hautain quand le sujet de June refaisait surface. « T`as vu, je suis enc
ore la reine, m
oi » C`est ce que s
on air semblait dire. Mais je pensais sav
oir que çà faisait mal à April d`av
oir été aband
onné par June. Mais elle ne v
oulait juste pas le m
ontrer devant les autres. Evidemment, j`ign
orais t
out, de la réalité. Je ne savais pas qu`April passait chaque s
oir chez June, attendant des heures devant la p
orte en espérant que cette f
ois là, elle
ouvrirait. Mais t
ouj
ours devant cette p
orte cl
ose, je ne p
ouvais sav
oir qu`elle n`attendait qu`une ch
ose, le ret
our de sa meilleure amie. Chaque s
oir, elle appelait chez elle, attendant en vain que s
on ancienne amie décr
oche. Chaque s
oir, elle pleurait, en regardant ses p
osters, et les n
ombreuses ph
ot
os de June. C
omment p
ouvais-je sav
oir qu`April allait aussi mal depuis la perte de l`autre princesse ? Je n`en savais rien.
Et je n`en su rien, jusqu`au ret
our, six semaines plus tard, de n
otre autre reine. Mais le changement n
ous tua t
ous. Elle était là, à la p
orte de la classe. Mais elle avait changé. Les j
oues creusées, et le c
orps aminci, elle n`était qu`une pâle c
opie de la fille de n
otre s
ouvenir. Même ainsi, elle était belle, et ma passi
on n`en fut que ravivée. Mais ce fut April qui m`intéressa. Elle regarda la silh
ouette de celle qui avait été sa meilleure d`un ½il apeuré. June n`était plus la même. Et n
ous savi
ons que çà changerait t
out. Elle avança, du même pas gracieux qu`auparavant, et elle s`installa dans le f
ond de la classe. April ne la regarda pas pendant t
oute l`heure de c
ours, et s
ortit parmi les premières. Elle s`était glissée dans sa bande de c
opine, et ign
ora June. Je c
ompris al
ors que t
out avait changé, au lycée. April restait reine. Et June devenait une
ombre.
Nimm Meine Hand.
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Voilà, le seconde chapitre, qui s'est fait désiré, mais il est enfin là. On s'introduit un peu plus dans l'histoire & on vous mêne vers la rencontre des quatre boulets ;D
On se posez une question, Qui préférez-vous, April, ou June ?
Pour répondre à certaines personnes, Morgan s'occupe principalement de June & Asma d'Avril. Les autres points de vue sont écris selon les inspirations.
On veut des critiques, des avis, & des commentaires. Que va-t-il se passer dans le chapitre suivant ? Qu'aimerez-vous y voir ?